• 2-Khella Ammi visnaga

    Page créée le 21 mai 2022

    Khella

    Ammi visnaga

    Plante annuelle ou bisannuelle, le khella Ammi visnaga est une Apiacée - ex-Ombellifère - robuste, rameuse, très feuillue mais intégralement glabre. Cette profusion foliaire se retrouve même au niveau des involucres à folioles découpées en très fines lanières qui enserrent de petites fleurs blanc jaunâtre.

    Khella ombelle ouverte

    En anglais : toothpickweed, khella

    Synonymes : ammi visnage *, ammi cure, cumin d’Éthiopie, fenouil annuel, bisnago, noukha, kell, herbe aux gencives, carotte aux dents, cure-dent d’Espagne, herbe au cure-dent...

    Mon fils m’avait rapporté du Maroc quelques sommités fleuries séchées utilisées comme cure-dents (exactement comme sur cette photo mais en brun !). On casse une "branchette" et c’est parti… Cela m’a longtemps intrigué… Maintenant, je sais ;-)

    Autres espèces :

    Ammi commun (Ammi majus), ammi élevé, ammi officinal, grand ammi. (En anglais : large bullwort, Bishop's weed, Bishop's flower)

    Ammi vrai ou Ajowan (Trachyspermum ammi)

    Quelques autres Apiacées : les Berces, Buplèvre ligneux, Carotte, les Céleris, Laser, Persil...

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    * "Ce nom de visnaga est un vrai phénomène linguistique. Il désigne, au Mexique, les échinocactées et dérive par corruption du mot nahuatl (langue des Aztèques) huiznahuac, signifiant ‘entouré d’épines’. Adopté par les conquérants espagnols, ce mot, castillanisé en bisnaga ou visnaga, est d’un usage courant dans le langage populaire mexicain et sud-américain. Par analogie, au Mexique, au Chili, en Argentine, ou l’herbe aux cure-dents s’est naturalisée et est parfois cultivée, on lui a donné le même nom, qui, de là, est revenu en Europe au XVIe siècle" (Paul-Victor Fournier, Dictionnaire des plantes médicinales et vénéneuses de France, p. 77) [Books of] Dante

    L’ammi était le nom que les Grecs et les Romains donnaient à différentes ombellifères aromatiques, ce qui explique que l’ammi de Dioscoride ne soit peut-être pas la plante dont il est question ici, c’est-à-dire le khella. Mais, dans le doute, ne nous abstenons pas d’en parler un peu. Voici la description qu’il en donne :

    "C’est une graine vulgaire et connue, menue et bien plus petite que celle du cumin. Elle a la saveur de l’origan [sic : bien possible qu’il parle là de l’ajowan]. [Sa semence] est chaude1, fervente, dessiccative. L’on la boit avec du vin contre les tranchées, les douleurs urinaires et les morsures d’animaux venimeux. Elle provoque le flux menstruel […] et purge la matrice"2.

    De plus, elle corrigerait l’ardeur provoquée par l’usage des cantharides. Enfin, "emplâtrée avec du miel, elle résout les meurtrissures"2.

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    Notes de [Books of] Dante

    1. Dans la littérature on trouve habituellement un ammi au nombre des "quatre semences chaudes mineures". Mais celle qui tient compagnie aux graines de persil, d’ache et de carotte n’est pas le khella mais Ammi majus. (Voir Persil)

    2. Dioscoride, Materia medica, III, 59.

    Très semblable à la carotte mais en plus rustique cependant, le khella fut autrefois nommé Daucus visnaga (daucus = carotte) pour signaler cette ressemblance. Il faut dire que sa racine en pivot est un premier critère de similitude.

    Khella vue d'ensemble

    Cependant, il s’en distingue par sa grande taille (80 à 120 cm), ainsi que par le nombre très élevé (jusqu’à cent) de rayons qui composent ses ombelles. Et, contrairement à la carotte, ils s’écartent par temps humide, attendant un temps plus sec pour se recroqueviller en forme de nid ou à la manière des baleines d’un parapluie fermé, lorsque les semences parviennent à maturité.

    D’ailleurs, elles aussi se distinguent des graines griffues et éperonnées de la carotte puisque les semences de khella sont courtaudes, ovoïdes, vaguement hexagonales, sans poils ni aiguillons.

    Le khella est un hôte des sols rudéralisés (terrains vagues, jachères), se plaisant également en bordure de route, dans les champs sableux et les vignes. Exigeant une situation bien ensoleillée et un sol correctement drainé, le khella explique ainsi sa présence naturelle dans le sud et le sud-ouest de la France. Cependant, on ne l’y retrouve pas plus au nord qu’une ligne liant la Charente à la Drôme.

    Au-delà du territoire national, on croise le khella dans une grande partie du pourtour méditerranéen, des Canaries à la Perse en passant par l’Égypte et l’Afrique du Nord. Il a été également naturalisé en Australie et en Amérique du Sud.

    Khella en phyto-aromathérapie

    Khella (HE), Apiacées (L'Aromathérapie en toute simplicité)

     

    Seules les semences du khella jouissent d’un intérêt thérapeutique. Autrefois employées comme celles du cumin par les peuples autochtones du pourtour méditerranéen, elles s’illustrent en nos temps modernes par l’huile essentielle qu’on en tire par le biais de la distillation à la vapeur d’eau. Ce produit, au rendement faible (0,10%), est incolore, liquide, mobile et limpide, de couleur jaune vert pâle à jaune d’or. On y retrouve bien la saveur un peu amère des fruits, ainsi que leur parfum agréable et doux, mix entre anis/fenouil/estragon d’une part, carotte/pomme douce d’autre part, ce qui confère à l’huile essentielle de khella des notes de cœur vertes et herbacées associées à quelque chose de terreux, racines un peu âcres.

    Quelques données chiffrées pour dessiner un portrait biochimique de l'huile essentielle.

    Propriétés thérapeutiques

    Puissante relaxante et antispasmodique des muscles lisses, qui se trouvent au niveau des organes internes – vessie, estomac, intestins et poumons – et constituent également une partie des vaisseaux sanguins : cette propriété peut se lire dans bien des points abordés plus bas, ainsi :

    • Musculotrope, décontractante.
    • Coronarodilatatrice, augmente le taux de cholestérol HDL, fluidifiante du sang, anticoagulante.
    • Apéritive, digestive, stomachique, carminative.
    • Anti-infectieuse : antibactérienne, antivirale, antifongique.
    • Bronchodilatatrice, antihistaminique.
    • Anti-inflammatoire.
    • Urétérodilatatrice, diurétique.
    • Emménagogue, décontractante utérine.
    • Stimulante, tonique.
    • Modératrice du système nerveux central, relaxante, calmante, apaisante, réconfortante.

    Usages thérapeutiques

    • Troubles de la sphère pulmonaire : asthme, spasmes bronchiques, bronchite, bronchite allergique, bronchite chronique, emphysème, toux sèche, coqueluche, gêne respiratoire, maladies pulmonaires obstructives chroniques, angine.
    • Troubles de la sphère gastro-intestinale : faiblesse stomacale, crampe d’estomac, dyspepsie, colique, gaz intestinaux, spasmes digestifs.
    • Troubles de la sphère vésico-rénale : colique néphrétique, lithiase urinaire.

    Quelques informations concernant l’efficacité du khella sur les lithiases. Le khella est efficace contre les lithiases non seulement pour des raisons lithontriptiques, mais parce qu’en détendant et en relaxant l’uretère, il favorise l’évacuation du calcul jusqu’alors bloqué. De plus, il exerce une action préventive en ralentissant la formation des cristaux d’oxalate de calcium.

    • Troubles de la sphère cardiovasculaire et circulatoire : infarctus du myocarde, prévention de l’angine de poitrine (angor), insuffisance coronarienne, artériosclérose, hémogliase, arythmie cardiaque.
    • Troubles de la sphère hépatobiliaire : calcul biliaire, colique hépatique.
    • Troubles de la sphère gynécologique : aménorrhée, syndrome prémenstruel (ballonnement, constipation, douleurs et crampes menstruelles), spasmes utérins.
    • Troubles locomoteurs : rhumatismes, spasmes musculaires.
    • Affections bucco-dentaires : carie, gingivite, hygiène bucco-dentaire.
    • Affections cutanées : rougeur, démangeaison et irritation cutanée, enflure, vitiligo.

    Concernant le vitiligo (ou leucodermie : "peau blanche") : il s’agit d’une maladie cutanée caractérisée par une achromie et une hyperchromie adjacente. Est à l’œuvre une destruction des mélanocytes, cellules responsables de la production de la mélanine impliquée dans la couleur de la peau. Ces taches non pigmentées se localisent au dos, aux mains et poignets, aux coudes et bras, aux chevilles et genoux, à la poitrine, enfin au visage.

    • Troubles du système nerveux central : attaque de panique, angoisse, oppression pectorale (à la perspective d’une modification du cadre de vie, par exemple), incertitude.

    Modes d’emploi

    Huile essentielle, voie interne, olfaction, inhalation, dispersion atmosphérique (?), voie externe sous condition.

    Précautions d’emploi, contre-indications de l'huile essentielle de khella

    • Phototoxicité : caractéristique qu’elle partage avec bon nombre d’huiles essentielles tirées d'Apiacées, à la différence que celle de khella est particulièrement agressive. On ne s’exposera donc pas au soleil après ingestion ou application cutanée durant 24 à 48 heures. L’exposition au soleil s’envisagera uniquement pour les personnes ayant besoin d’une pigmentation cutanée.
    • L’huile essentielle de khella est potentiellement allergisante.
    • Il importe de ne pas faire cohabiter l’huile essentielle de khella avec la prise d’anticoagulants car celle-ci en amoindrirait les effets.
    • Dans tous les cas, on fera de cette huile essentielle un usage raisonné et ordonné sur de brèves périodes, car une utilisation au long cours peut occasionner des nausées, de la migraine et une tendance à l’insomnie.

    Teinture-mère de semences de khella.

    Infusion : 1 c. à c. de graines de khella en infusion dans 100 g d’eau pendant 10 minutes.

    Décoction : 100 g de graines de khella dans un litre d’eau. À proportion de 60 g par litre d’eau, on peut utiliser cette décoction en guise de gargarisme.

    Pommade : 100 g de graines de khella en macération au bain-marie dans 100 g d’un substrat gras (on peut éventuellement broyer les semences avant opération).

    Les rayons, à l’état sec, sont traditionnellement employés comme cure-dents (Espagne, Maroc).

     

     

     

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    Source principale : [Books of] Dante [archive]

     

    Ajowan

    Trachyspermum ammi - Ammi copticum L.

    L'Ajowan appartient à la famille des Apiacées. Ses autres noms sont Ammi des Indes, Anis de l'Inde, Thym indien...

    Ajowan en cuisine

    On utilise les feuilles et les tiges. Proche du Carvi et de l'Aneth, le goût de l'ajowan rappelle celui du Thym.

    Les Indiens utilisent l'ajowan à la place du céleri et l'emploient comme celui-ci. On peut l’utiliser dans des hors-d’œuvre feuilletés, dans des plats de haricots ou dans des galettes indiennes.

    En Asie, l'ajowan est surtout utilisé dans la fabrication des pains et des pâtisseries ainsi que sur les légumes cuits.

    Petit sondage du Dico des Épices (site malheureusement disparu)

    À votre avis, l'ajowan est plutôt une épice ou un aromate ?

    ...

    ...

    Résultat des votes

    Pour l'épice : 101 votes sur 163

    Pour l'aromate : 62 votes sur 163

    Les épices sont des produits agricoles issus de cultures ou de cueillettes dans la nature. Elles peuvent être issues d’écorces (Cannelle), de fleurs (Safran, clou de Girofle...), de bulbes ou de racines (Ail, Oignon, Gingembre...), de fruits à maturité ou de graines (Piment, Poivre, Aneth, Moutarde, Fenouil, Coriandre...)... Elles contiennent des substances organiques volatiles, souvent appelées arômes... Aromatiques Épices 1. (PDF pp 6-7)

    Les herbes et aromates de cuisine sont des substances végétales, et parfois animales dans le cas des aromates, utilisées pour donner du goût et de l'arôme aux aliments. Les herbes et les autres substances sont parfois employées à l'état naturel et parfois après un traitement comme la torréfaction. Remarque : certains produits, comme le sel, n'appartiennent ni au règne végétal ni au règne animal. Il ne s'agit donc ni d'une épice ni d'un aromate, mais d'un condiment *. Aromatiques Épices 1. (PDF p.5)

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    * Un condiment est une substance destinée à assaisonner, à relever le goût des préparations culinaires, notamment les sauces. C'est le plus souvent une substance d'origine végétale, Moutarde par exemple, les épices et herbes aromatisantes (et leurs extraits)... mais il peut être aussi d'origine animale (bouillon de viande) ou minérale (sel)

    Pff... Bien compliqué tout ça... Mais comme le dit mon PDF "Aromatiques Épices" dans son intro : "Les définitions de 'aromate', 'épice' voire 'condiment' sont pour le moins confuses. Plutôt que de cloisonner ces thèmes qui se chevauchent et finissent par nous embrouiller, nous nous laisserons guider intuitivement par le bon sens : après tout, cet espace est celui du parfum et du plaisir !" ;-)

    Ajowan thérapeutique

    L’Ajowan est surtout utilisé pour soigner les problèmes gastriques. Il suffit pour cela de mâcher des graines.

    Cette plante peut aussi soigner des rhumatismes et l’asthme, sous forme de cataplasmes.

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    Voir

    Phytothérapie & Herboristerie

    Tisane (Lexique "phyto-médical")

    Vidéo de Ooreka

    Ajowan sous forme d'huile essentielle

    Les graines sont distillées par entraînement à la vapeur d’eau.

    L'huile essentielle d'ajowan est un antiseptique puissant. Elle est également tonifiante et permet de prévenir et traiter de nombreuses infections. (Doctissimo)

    Une recette pour un problème cutané : la scabiose ou gale

    Pour une forme solide en crème (Baudoux) :

    • HE Ajowan et Litsea cubeba : 5 ml chaque
    • HE Menthe poivrée : 3 ml
    • HE Ylang Ylang complet, Chénopode et Camomille romaine : 2 ml chaque
    • HE Tanaisie annuelle et Clou de Girofle : 1 ml chaque
    • Excipient gras
      • Eucérine pH5 : complément à 300 g
      • Ou beurre de karité, lanoline, vaseline… complément à 300 g
    • 1 application sur toute la surface corporelle, bandez et laissez en contact 12 h.

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    https://www.aroma-zone.com/

    Voir aussi Ajowan (PDF)

     

     

     

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