• 2-Sceau-de-Salomon Polygonatum

    Fiche sur le sceau-de-Salomon créée fin novembre 2021

    Sceau-de-Salomon

    Polygonatum

    Le sceau-de-Salomon, genre Polygonatum, est une plante vivace à rhizome, des bords de chemins forestiers ou des haies ombragées, poussant dans les sols riches, argileux et frais. Toxique, cette plante présente néanmoins des propriétés médicinales intéressantes notamment en externe pour soigner les contusions.

    Sceau-de-Salomon Polygonatum multiflorum

    Polygonatum multiflorum

    Le nom de genre Polygonatum vient du grec ancien poly : nombreux, et gonu : genoux, par allusion aux nombreux renflements du rhizome. "Faux Muguet" est le nom donné au genre Polygonatum (Bourgogne) (1.)

    Attention à la confusion avec le genre Polygonum, les renouées ou persicaires et avec la plante Smilacina racemosa, surnommée "Faux Sceau-de-Salomon" : son feuillage ressemble beaucoup à celui du Sceau-de-Salomon… Mais pas sa floraison (et elle est comestible) !

    Le nom commun "sceau de Salomon" vient de la forme circulaire des cicatrices laissées sur le rhizome par les tiges aériennes des années précédentes qui ont porté les fleurs. La légende a comparé cette cicatrice à l'empreinte d'un sceau de cire, à cet anneau magique qui aurait donné ses pouvoirs au roi Salomon qui l'utilisait comme talisman.

    On trouve aussi "muguet anguleux", "grenouillet", "signet", "herbe au panaris" (3.). Le Sceau de Salomon multiflore porte également le nom de "Muguet du pauvre" (Morvan) (1.)

    Le Sceau-de-Salomon est une plante qui a souvent changé de famille botanique. Il est aujourd’hui rattaché aux Asparagacées, la famille de l’Asperge, comme les Agave, Hosta, Muguet, Muscari, Jacinthe, Ophiopogon…

    Il a auparavant été classé parmi les Liliacées (Lys) et parmi les Convallariacées (ancienne famille du Muguet)… Le Sceau-de-Salomon fait d’ailleurs un peu penser au muguet (d'où certains surnoms) ! Toutes ces plantes sont monocotylédones, ce qui explique notamment les nervures parallèles de leurs feuilles (2.)

    Le Sceau-de-Salomon est bien adapté à nos climats et jouit d’une excellente rusticité (jusqu'à -20°C).

    Les plus communs sont les Polygonatum odoratum et Polygonatum multiflorum, deux espèces assez fréquentes en France. Elles ont tendance à s’hybrider, pour donner le Polygonatum x hybridum. Et en plus des sceaux-de-Salomon odorant et multiflore, une troisième espèce est présente en France :

    Polygonatum verticillatum, bien reconnaissable à ses feuilles étroites verticillées (plusieurs feuilles attachées au même niveau sur les tiges) et ses fruits rouges. Il croît dans les lieux humides de montagne au-dessus de 700 m.

    Polygonatum officinale est une plante herbacée de 40 à 50 cm, vivace par un gros rhizome à tige unique gracieusement penchée (bois et haies jusqu'à 700 m). Feuilles entières, sessiles, alternes, ovales, à nervures parallèles convergeant au sommet. Fleurs très odorantes assez grandes, blanc verdâtre en forme de tube, pendantes, solitaires ou par 2 (floraison avril-juin). Fruits, des baies globuleuses, noir bleuté à maturité, contenant 2 à 5 graines vertes peu consistantes (maturité : septembre-octobre)

    Sceau-de-Salomon Polygonatum odoratum

    Polygonatum odoratum

    Le Sceau de Salomon odorant (Polygonatum odoratum) est une plante semblable à Polygonatum multiflorum, cependant sa tige est anguleuse et ses fleurs odorantes sont solitaires ou parfois par paire. Cette plante dissimule ses fleurs sous les feuilles, la corolle tournée vers la terre. Ses baies sont noires. Le Sceau de Salomon odorant est commun à assez rare selon les régions en Bourgogne et absent du Morvan ; en France, il est commun à assez commun dans l'Est, rare ailleurs et absent du Massif armoricain.

    Le Sceau de Salomon multiflore (Polygonatum multiflorum) est très commun en Bourgogne, en Morvan et en France (bois et haies jusqu'à 700 m) sauf en région méditerranéenne, au Sud-Ouest et dans une partie des Alpes où il est absent. C'est une plante glabre haute de 30 à 80 cm, à tige cylindrique, simple, dressée et feuillue en haut.

    Au printemps, ses grandes feuilles apparaissent deux par deux. Elles ne sont pas sans rappeler le feuillage du muguet ; d’ailleurs, les deux plantes se partagent souvent le même habitat (d'où parfois des surnoms comprenant le mot "muguet" pour le sceau-de-Salomon...)

    Peu de temps après l’apparition des feuilles, en mai, une hampe florale de 30 à 60 cm de longueur s'élance. D’un côté se trouvent insérées des petites fleurs inodores groupées par 2 à 6, en clochettes étroites, blanches ourlées de vert.

    Après fécondation, elles produiront en automne (septembre-octobre) des baies noires.

     

    Les sceaux-de-Salomon sont des plantes toxiques

    Même toxicité que le muguet.

    L'intoxication se fait notamment par le rhizome et les baies (saponosides à sapogénines spirostaniques), ces dernières particulièrement responsables d'intoxication chez l'enfant. Aussi par ingestion des feuilles ou des fleurs.

    Les signes d'intoxication sont : troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales, hyper-salivation) - troubles cardiaques.

    En savoir + : Sceau de salomon (Société française de médecine d'urgence)

    Voir aussi

    Baies... attention !

    Centres antipoison (intox / détox)

     

    Usages du sceau-de-Salomon

     

    Avant toute considération, à manipuler avec précaution ! Le sceau-de-Salomon demande la même prudence dans sa manipulation que le muguet, car ces deux plantes sont toxiques.

    Déjà connu au XIIe siècle, le sceau-de-Salomon fournissait un remède contre divers troubles. Cette plante présente des propriétés émétiques et expectorantes.

    Les herboristes utilisent les rhizomes du sceau-de-Salomon pour soulager les rhumatismes, traiter les panaris comme les furoncles et soigner les contusions.

    Voir

    Argile (Les 4 éléments : la Terre)

    Douleurs, arthrose et remèdes naturels

    Racines et tubercules comestibles (liste)

     

    Une décoction de sceau-de-Salomon contre les ecchymoses à appliquer en compresse

    • Mettez deux poignées de racines dans un litre d’eau
    • Faites bouillir 15 minutes, laissez infuser encore 15 minutes.
    • Passez et laissez refroidir un peu.
    • Trempez ensuite une serviette dans la préparation et appliquez celle-ci sur les endroits douloureux.
    • Renouvelez si nécessaire (4.)

     

    Dans son Traité pratique et raisonné des plantes médicinales indigènes, publié en 1868, François-Joseph Cazin, un médecin généreux, défenseur de remèdes accessibles à tous sans intermédiaire, donne une recette pour soigner les inflammations des doigts à partir des rhizomes du sceau-de-Salomon.

    « Dans quelques campagnes, on vante beaucoup contre les panaris le cataplasme suivant :

    • racine de sceau de Salomon 60 g,
    • saindoux 60 g,
    • eau commune,
    • un verre.
    • On fait cuire jusqu’à ce que la racine puisse s’écraser facilement ;
    • puis on fait prendre au doigt malade un bain d’un quart d’heure dans ce mélange,
    • et on applique ensuite la racine en cataplasme.
    • On renouvelle chaque jour le remède. » (3.)

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    Voir

    Les Achillées

    Phytothérapie & Herboristerie

     

    En Morvan, le sceau-de-Salomon est employé pour différents usages

    Usages médicinaux

    • Soins des plaies, coupures, boutons de mal blanc et panaris : action désinfectante et cicatrisante des cataplasmes imbibés d'une alcoolature de feuilles fraîches ou de feuilles enduites de crème.
      "Ça vous fait mûrir le mal et ça tire tout le pus".
    • Soins des cors : cataplasmes de racines fraîches et écrasées.
      Théorie des Signatures : ressemblance des excroissances des racines de cette plante avec celle des cors,

    Soins vétérinaires

    • Plante anti-galactogène conférant un goût amer au peu de lait produit par les vaches qui en consomment (1.)

     

     

     

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    Documentation

    Sources

    1. Patrimoine du Morvan [archive]
    2. Promesse-de-fleurs [archive]
    3. Reporterre [archive]
    4. Rustica [archive]

     

    Coups, contusions, et tout ça

    Revue de quelques plantes et préparations... mais liste non exhaustive ;-)

    Arnica montana, très utilisé en externe contre les coups et les bosses - teinture d'Arnica - est également appelé Herbe aux chutes, Herbe vulnéraire, Herbe à éternuer, Quinquina des pauvres, Plantain des Alpes, Tabac des Savoyards, Tabac des Vosges...

    L’effet protecteur de la peau de l'huile essentielle du Famonty consiste en un véritable film de protection qui prévient des agressions extérieures pour les peaux réactives et limite la sécheresse cutanée. Son intérêt ne se limite pas à la prévention, c’est un remède précieux en cas de brûlures, d’hématomes, d’allergie cutanée à utiliser pure ou diluée dans l’huile végétale de Calophylle (Calophyllum inophyllum).

    Lorsque l’on évoque les propriétés anti-traumatiques du Famonty, on se doit de citer l’huile essentielle d'Hélichryse italienne (Helichrysum italicum) en référence, utilisée pure et seulement localement sur un coup, un bleu ou une bosse.

    La Gaulthérie (Gaultheria procumbens), et son huile essentielle, a la réputation d'être une "Aspirine végétale" très appréciée pour ses bienfaits sur les douleurs musculaires ou articulaires, mais aussi sur les inflammations.

    Parmi ses nombreuses applications, le Baume du Tigre rouge (contient de l'huile essentielle de cannelier de Chine qui lui donne sa couleur rouge) soulage les contusions, tout type de douleurs. Il peut être utilisé comme un analgésique en l'appliquant directement sur les zones d’inconfort (lbas du dos, jambes en cas de jambes lourdes, muscles endoloris ou fatigués...)

     

    Cartes, géographie et histoire

    Bourgogne

    Bourgogne (carte relief)

    Bourgogne. Carte du relief et villes principales

    La Bourgogne est une région historique du centre-est de la France. Elle est réputée pour ses vins, ainsi que pour le Pinot Noir, le Chardonnay, le Chablis et le Beaujolais. La région est traversée par un réseau de canaux et parsemée de châteaux majestueux, dont certains ont été transformés en hôtels de luxe. Dijon, la capitale célèbre pour sa moutarde, abrite l'imposant palais des ducs, où le musée des Beaux-Arts a été établi en 1787 – voir "Bourgogne (ancienne région administrative)" de Wikipédia

    Morvan

    Le Morvan est un massif de basse montagne situé en Bourgogne-Franche-Comté, aux confins des départements de la Côte-d'Or, de la Nièvre, de Saône-et-Loire et de l'Yonne, entourée de dépressions péri-morvandelles constituées de plaines sédimentaires que sont à l'ouest le Bazois, au nord la Terre-Plaine, au nord-est l'Auxois, au sud-est l'Autunois et au sud, le Charolais – la suite dans "Morvan" de Wikipédia

    Un Parc naturel régional

    La validation d’un territoire en Parc naturel régional est le gage que l’État français reconnaît sa haute valeur patrimoniale. Le Morvan peut être fier de figurer dans ce cercle fermé !

    Mais au-delà de Vézelay et Bibracte, figures emblématiques de l’histoire et du patrimoine morvandiau, le Morvan est riche d’une nature généreuse, de sites géologiques, archéologiques, historiques témoins de son passé, de 123 communes méritant toutes d’être découvertes, d’hommes et de femmes, célèbres ou non, etc.

    C’est de tout cela dont est fait ce site www.patrimoinedumorvan.org  avec plus de 40 000 pages et photographies, fruit d’un travail de collecte mené par le Parc naturel régional depuis sa création en 1970.

    Voir aussi Par communes | Patrimoine du Morvan

     

     

     

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