• 3-Escrime : 1. l'historique

     

    L'historique

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    La plus ancienne manifestation de la pratique de l’escrime remonte à 1190 avant Jésus-Christ. Une compétition est représentée sur un bas-relief du temple de Médinet-Abou, construit en Haute-Égypte par Ramsès III. Tous les détails figurent sur ce bas-relief : les armes sont mouchetées, certains escrimeurs portent un masque.

    Le pays où la tradition de l’escrime remonte le plus loin est la Chine. Quelque 40 siècles avant J.C., les Chinois connaissaient déjà parfaitement le maniement des armes et notamment du sabre. Plus tard, 22 siècles avant J.C., des écoles d’armes étaient créées en Assyrie. C’est de là que partit la légende des Amazones, réputées des guerrières implacables.

    L'escrime est issue, en Occident, des traditions de la chevalerie, dont les origines remontent elles-mêmes à la plus haute Antiquité.

    Ajax et Hector se livrent, dans L'Iliade, les premiers combats singuliers et, en Grèce, où l’escrime est également l’une des sciences les plus anciennes, des maîtres d'armes, appelés hoplomaques, donnent des leçons.

    Sous l'Empire romain, les soldats qui méritent le titre de "docteur ès armes"  reçoivent double ration de vivres et, à Rome, les gladiateurs faisaient de l'escrime, malgré eux, un spectacle.

    De leur côté, les Gaulois se battaient à l’aide d’épées très lourdes qu’il fallait tenir à deux mains.

     

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    C'est au Moyen-Âge que l'épée va être liée à toute l'histoire de la chevalerie, arme et emblème à la fois, qui sert à l'adoubement. L’escrime devint, outre son aspect militaire, une occupation pour la noblesse. C’est ainsi que les tournois furent créés. Cela permit de développer la technique des armes.

    Puis, avec l'invention de la rapière, l'usage des duels privés se répandit, décimant les rangs de la noblesse, jusqu’à l’apparition des armes à feu...

    Au XVe siècle seront édités les premiers traités d'escrime, mot d'origine allemande (schirmen "protéger"), encore que, dans les romans de la Table ronde, on donne au "joueur d'épée" le nom d'"escrimisseor" ou d'"escrimisseur".

    En fait, l'escrime moderne prit son essor en Espagne (début du XVe siècle) et, plus précisément, à Tolède, ville célèbre pour ses manufactures d'armes.

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    Mais c'est grâce aux écrits des maîtres italiens, tels Marozzo, Agrippa et Giganti, au XVIe siècle et au début du XVIIe, qu'elle acquiert sa forme actuelle.

    Les premiers, ils mirent de l’ordre dans les principes de l’escrime, avec notamment Antonio Manicolino qui, en 1531, publie un ouvrage qui répertorie trois positions de la main en garde, ou Ridolfo Capo Ferro di Cagli, de Sienne, qui détermine en 1610 six gardes.

    L’école française d’escrime naît officiellement en 1567, année où Charles IX autorise la création de l’Académie des maîtres d’armes.

    Du combat au duel

    Au cours du Moyen-Âge l’épée se maniait à deux mains et le pommeau, très lourd, servait à assommer l’adversaire ou à lui écraser la figure. Il fallait utiliser beaucoup de force et de ruse...

    Dans cette société qui n’était pas organisée, la preuve était difficile à faire : les hommes s’étaient reconnus inaptes à juger et en avaient appelé à Dieu. Dès qu’il n’y avait plus jugement, il ne pouvait plus être question d’accusation criminelle à purger, mais seulement d’obtenir satisfaction par la voie des armes ; le duel avait pris la place du combat judiciaire. Le “duel judiciaire” était une forme particulière de combat singulier ; l’issue de l’affrontement, symbole du jugement de Dieu, avait valeur de preuve juridique.

    Au sortir du Moyen-Âge (XVe siècle...), peu à peu, les hommes deviennent moins rustres, plus élégants, l’épée à deux mains est délaissée, les épées deviennent un détail vestimentaire.

    L’apparition de la rapière, venue d'Espagne, une épée à lame longue et fine pour les coups d’estoc *, marque le premier pas vers une escrime de loisir et transforme le duel, pour lequel elle est "parfaite", jusqu’alors épreuve de force, en discipline requérant finesse, astuce, technique.

    Rapière

    L’estoc et la taille sont des termes anciens désignant un coup porté respectivement par la pointe et par le tranchant de l'arme. Estoc est également le nom d'une arme blanche destinée uniquement à frapper "d'estoc", avec sa pointe.

    Estoc

    Au XVIe siècle, en Italie, se développe la mode des duels qui gagne rapidement la France (en 1566 dans Apologie pour Hérodote, Henri Estienne rapporte que la France a pris le style de l’Italie en matière de tueries).

    L’apogée des duels se situe sous les règnes d’Henri IV et de Louis XIII et ce, malgré de nombreux édits visant à endiguer cette coutume qui décime les rangs de la noblesse (Louis XIV promulgue 11 édits les interdisant entre 1643 et 1711 !).

    Plusieurs projets de loi de proscription sont soumis au vote au fil des époques, mais n’emportent jamais la majorité. L’un des derniers duels à l’épée a opposé les députés René Ribière et Gaston Defferre, le 21 avril 1967.

    Naissance d’un sport

    La codification de cette discipline commence à être établie dès le XVe siècle : en 1474, Ponce de Perpignan et Pedros de Torre éditent un ouvrage de technique et de tactique.

    C’est au cours du XVIIIe siècle que l’escrime française se réglemente, mais il faudra attendre un siècle de plus pour qu’elle s’impose réellement comme un sport, grâce notamment au perfectionnement des armes.

    Au XIXe siècle, les salles d’entraînement se multiplient, tout comme le nombre de pratiquants.

    Vers 1890, on décider de "juger" les assauts et de compter les coups. C’est donc tout naturellement que l’escrime (fleuret et sabre) s’inscrit comme discipline olympique lors des premiers Jeux olympiques.

    Voir aussi

     

     

    Les Français (Saint-Didier, Thibaust) codifient à leur tour les règles de l'escrime, allégeant considérablement le poids des armes, et en 1653 le maître d'armes Besnard imagine le fleuret (appelé ainsi car il est moucheté comme une fleur), arme d'estoc - de pointe -, inoffensive et légère.

    Le fleuret fera faire des progrès considérables à la technique de pointe. L’école française dépassera l’école italienne et publiera toutes sortes de traités sur la technique : dégagements, parades, bottes ou ripostes. L’ouvrage le plus complet paraît en 1766 : "le traité de l’art des armes" de Guillaume Danet ; il est considéré comme le départ de la théorie de l’escrime française moderne.

    Bibliothèque | AMHE On Web

     

    Sous le règne (1673-1715) de Louis XIV, l'art de l'escrime fait partie de l'éducation. L'école française peut alors rivaliser avec l'école italienne, et les assauts livrés en public permettent aux tireurs de montrer tout leur savoir. Une courtoisie extrême est de rigueur.

    Pour éviter tout accident, les pointes des fleurets sont mouchetées et, au tout début du XIXe siècle, le port du masque en treillis, inventé par La Boëssière père, devient obligatoire dans les salles et en assauts.

    La Boëssière fils complétera l'œuvre de codification, et aux quatre positions élaborées par Agrippa - la prime, la seconde, la tierce, la quarte - il ajoutera la quinte et la sixte.

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    Après Danet, de nombreux maîtres de talent établiront de façon définitive tout au long du XIXe siècle les principes théoriques de l’escrime tels que nous les connaissons encore aujourd’hui : l’escrime opère ainsi  sa mutation vers le sport à la fin du XIXe siècle.

    En 1870, des matinées d’escrime sont organisées à l’Élysée. C’est également l’époque des défis entre maîtres italiens et maîtres français, des matches de gala qui remplissent théâtres ou stades. C’est l’époque de Gaudin, le Français, contre Gaudini, l’italien.

    Les maîtres Jean-Louis, Lhomandie, La Faugère, Gonard, Grisier et Cordelois contribueront aussi à l'essor de l'escrime sportive, qui, à partir de 1880, comprend, outre le fleuret, l'épée et le sabre sous leur forme actuelle.

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    En France, le premier tournoi se déroule le 15 janvier 1893 ; il s’agit d’une compétition entre amateurs de plus de vingt ans organisée par la société d’encouragement à l’escrime. Le vainqueur est un officier de cavalerie nommé Demouchy.
    Un match international franco-italien est ensuite officiellement organisé, mais le jury, composé à parité de Français et d’Italiens, ne put jamais départager les concurrents et le match fut annulé.

    L’escrime fait sa grande entrée dans le concert sportif international en étant inscrit au programme des premiers Jeux Olympiques de 1896. Quatre pays et treize escrimeurs participent aux épreuves de fleuret et de sabre individuels.

    Photographie noir et blanc montrant deux épéistes en plein duel. Derrière eux posent sept hommes devant un mur de briques. (Agrandir l'image). 2.

    Le premier Championnat de France de fleuret amateurs est organisé en 1897 ; un certain Louradour en est le premier lauréat, ce championnat devenant ensuite annuel.

    Les jeux de Paris en 1900 rassemblent 156 escrimeurs appartenant à sept nations mais 141 participants sont des Français… Depuis, le nombre de représentants par pays a été limité. C’est l’apparition de l’épreuve d’épée. les Français raflent trois médailles au fleuret, deux en épée et deux au sabre.

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    Pas de fleuret en 1908 car Français et Italiens n’ont pas pu se mettre d’accord sur le déroulement de l’épreuve et apparition de la compétition par équipes.
    En 1912, les organisateurs des Jeux de Stockholm veulent modifier les règles de la surface valable au fleuret. C’est la grogne du côté des deux grandes écoles européennes et un besoin d’unification se fait sentir. C’est ainsi que naît la Fédération Internationale d’Escrime le 29 novembre 1913.

    Ensuite, tout s’enchaîne.

    Création des championnats d’Europe en 1921.
    Définition de la surface valable au fleuret qui exclut les membres et la tête en 1923.
    Apparition du fleuret féminin aux jeux de 1924.

    Première utilisation de l’appareillage électrique à l’épée en 1933.
    Les championnats d’Europe se transforment en championnats du monde en 1936.

    Des championnats du monde des moins de vingt ans sont créés en 1955.
    Le fleuret électrique est adopté aux championnats du monde en 1955.

    La Coupe du monde dans chaque arme est officialisée en 1972.

    Le sabre électrique est utilisé depuis 1986.
    Apparition officielle de l’épée féminine aux championnats du monde en 1989.

       
    Texte imprimé, orné de blasons couleur sur lequel on lit : Société de gymnastique et d’armes d’Arras. Dimanche 14 janvier 1903 à 3 heures et demie. Fête d’escrime sous les auspices de la municipalité, avec le gracieux concours de la musique du 3e régiment du génie. Mlle Alice Foyer, lauréate du conservatoire. M. Henri Jude, pianiste accompagnateur. Directeurs des assauts : M. P. Michonneau et M. E. Carlier. Programme : première partie. Musique militaire. Épée : Ch. Marchandise, amateur. J. Coëz, amateur. Fleuret : J. Lesage, amateur. A. Bloquel, amateur. Épée : E. Cassel, amateur. G. Didion, d’Albert, amateur. Fleuret : Lieutenant Sevin, amateur. Lieutenant Perrot, amateur. Chant : Alice Foyer, air de Louise (Charpentier). […] (Agrandir l'image). 2.

    Historique technique

    L'escrime moderne doit beaucoup à un certain nombre d'inventions capitales, tant sur le plan de la sécurité que de l'arbitrage. La plus significative est sans conteste l'épée électrique, permettant un contrôle électrique des zones touchées par les adversaires. La Société d'Escrime de Lyon est très fière d'avoir compté son inventeur, Paul Valentin, parmi ses membres - et a par hommage, dans les années 1970/80, baptisé de son nom son tournoi international junior. Voici ci-dessous les innovations importantes avec leur date d'apparition.

    1800 - La Boïssière invente le Masque en Fil de Fer
    1840 - Le célèbre illusioniste Robert Houdini invente le Plastron Électrique
    1933 - Électrification de l’Épée grâce à Paul Valentin, membre de la S. E. LYON
    1955 - Électrification du Fleuret
    1986 - Électrification du Sabre

    L'électrification des armes a été très importante, car en assistant les arbitres pour rendre les contrôles plus fiables, elle a libéré les escrimeurs. La vitesse a pu se développer dans des proportions parfois spectaculaires, et les tactiques ont pu rapidement évoluer.

    Société.escrime.Lyon

     

    Sources

     

    Voir aussi

     

     

    Les autres pages de l'Escrime

    Intro

    2. Technique et vocabulaire

    3. Valeurs et bienfaits

     

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