• CHANDRA Swami

     

    « En me fondant en Toi, Seigneur, rends-moi parfait »

     

    Chandra Swami, « L'art de la réalisation »

    Encore inconnu il y a quelques années en Occident, le nom de Chandra Swami retentit peu à peu au-delà des frontières de l'Inde même s'il observe en permanence le silence, ne répondant à ses disciples que par écrit. Shrî Chandra Swâmi Udasin est né le 5 mars 1930 dans le village de Bhûman Shâh (actuellement au Pakistan) avec le nom de Suraj Prakash.
    Suraj eut une enfance entièrement tournée vers le Divin. Bercé tout jeune par la lecture de la Bhagavad Gita et du Gurubani, il grandit au sein de la ferveur spirituelle de ses parents. Celle-ci laissa une empreinte indélébile dans le cœur sensible de l'enfant qui alla passer de longues heures sur la tombe du grand mystique très vénéré à son époque, Bâbâ Bhûman Shâh (1687-1747). C’est par la Grâce de celui-ci qu’il atteindra la plus haute réalisation spirituelle.

    Photo Spiritualité-et-Yoga

      Suraj suivit une scolarité normale. Mais, alors qu'il était au collège, un événement changea le cours de sa vie. Une nuit, après certaines circonstances troublantes et merveilleuses, lui et son père virent apparaître en songe Bâbâ Bhûman Shâh. Dans ce rêve, il rappelait à Suraj Prakash le lien réciproque qui les unissait dans des vies précédentes, et au père, il demanda de lui dédier entièrement son fils et de l'accompagner auprès du maître Shri Girdhari Dâsji, afin qu'il lui transmette l'initiation au mantra. Cet événement eut lieu le 15 juin 1947 et transforma radicalement la vie de l'adolescent.
    Le dixième successeur de la lignée de Bâbâ Bhûman Shâh, Mahanta Girdhari Dâsji, l’accueillit, lui donna le nom de Chandra Prakash et l'initiation au mantra (mantra dîkshâ).
    Désormais, il faisait partie de l'ordre des Udasin.

    Suraj Prakash poursuivit des études universitaires et obtint un diplôme en sciences. Mais il renonça peu à peu à la maîtrise, afin de se consacrer à la vie religieuse : l’appel du Divin était plus fort que l’attrait des études. À l’université, il avait entendu parler d’un sage Udasin, du Cachemire, Swâmi Krishna Dâs qui l’avait fortement impressionné. Il obtint de lui d’être consacré moine sous le nom de Chandra Swâmi Udasin.
    Commença alors une période d’intense pratique solitaire (sâdhanâ), revêtu de la robe orange immortalisant les sadhus ; il passera huit ans en pratiquant une discipline intensive au cœur des Himalayas.
    À 29 ans, réalisant sa Véritable Nature, Chandra Swâmi prit son bâton de pèlerin et choisit d'aller vivre dans une île boisée sur le Gange, à proximité de la ville sainte d'Hardwar (nord de Delhi).
    Quelques années le séparent encore de la Réalisation spirituelle (à l’âge de 35 ans). De cet instant où le charme de l'illusion est définitivement rompu pour enfin laisser apparaître la réalité de la vie qui fait de l'homme un être absolument libre et responsable : se connaissant lui-même.
    Durant la mousson de 1970, des changements dans le cours du Gange rendirent inaccessible la hutte où vivait Chandra Swami. Ses disciples le supplièrent de s'installer sur l'autre rive. Il accepta et ils lui construisirent un petit ashram auquel ils donnèrent le nom de Sewak Nivas (la demeure des serviteurs) devenu en 1975 Seekers Trust [en] (Compagnie des chercheurs).
    En 1984 il fit vœu de silence.
    En 1990, Shrî Chandra Swâmi Udasin s'installe, avec l'ensemble des permanents de l'âshram d'Haridwar, à Sâdhanâ Kendra Âshram [en] (Centre des efforts spirituels) situé sur les bords de la rivière sacrée Yamuna, près du petit village de Domet à 50 km au nord du district de Dehra-dun (Uttar Pradesh) vers la frontière chinoise. L'âshram est ouvert à tous ceux qui sont à la recherche de la Vérité.

    Chandra Swami a écrit un petit livre qui fut salué en ces termes par Arthur Osborne * :

    « Parmi les publications de l'époque, ce petit ouvrage se détache par sa clarté. L'auteur y parle avec la même autorité de la théorie et de la pratique, et fait preuve à la fois de compréhension et de bon sens, condamnant de la même façon ceux qui font de la Voie tout juste un sujet de conservation et ceux qui en sont fanatiques. Il est évident que sa grande expérience des choses lui permet de faire la part de ce qui doit être délaissé et de ce qui doit être recherché. »

    Arthur Osborne (1906-1970) écrivain anglais traitant de spiritualité et de mysticisme, fut un disciple influent et le biographe de Ramana Maharshi (1879-1950 ; philosophie : Advaita Vedanta). Il fut aussi le biographe de Sai Baba de Shirdi.

    C'est simplement la vérification concrète, pratique, dans notre vie quotidienne, de cette vérité éternelle que ne cessent d'énoncer les sages et dont lui-même est le témoignage vivant.

     

    Bibliographie

    • Chandra Swami, L'art de la réalisation, Albin Michel, colt. "Spiritualités vivantes", Paris, 1985.
    • Les entretiens de la Bergerie, Éditeur Gordes : Homo Ludens, 1991.
    • Le rosaire des instructions spontanées, Les éditions du Relié, 1992.
    • Le chant du silence 1, Éditions du Relié, 1998.
    • Instructions spontanées, Le Relié poche, réédition 2005.

     

    Sources

     

     

    Haut de page