• ☯ Du nombre de respirations

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    Du nombre de respirations attribué à la naissance

    André Van Lysebeth disait :

    « le nombre de nos respirations est programmé dès notre naissance et peut-être même avant... »

    ☯ Du nombre de respirations attribué à la naissance

     

    Rétentions poumons pleins, arrêts poumons vides et allongement du souffle, font réduire le nombre de respirations... et allongent sainement la vie !

    Il faut donc veiller à ne pas dépasser le quota symbolique de respirations qui nous est attribué à notre naissance, sous peine de vie malsaine et étriquée.

    Et j'estime qu'il faut partager au plus grand nombre cet aspect important de la respiration yogique...

     

    Ci-contre : Une "vague de roche façonnée par le vent et la pluie" comme en suspens et en même temps durable... (DGS 2013)

    Voir aussi Pixar et la créativité

     

    Dans mon article Kit-Respiration, de 2013, j'ai écrit :

    « En Inde, une légende affirme qu'à la naissance il est attribué à chacun de nous un certain nombre de respirations.

    En respirant vite, on écourte la vie.

    En contrôlant le souffle, la jeunesse se prolonge et l'échéance de la mort recule. »

     

    À la suite de quoi, Gill-Eric Leininger, dans son message du 24 octobre 2015, me demanda des précisions :

    Vous évoquez la légende selon laquelle nous aurions un nombre de respirations qui nous serait attribué dès la naissance : savez vous où il est possible de trouver le texte de cette légende et d'où elle est tirée ?

     

    Voici la réponse que je lui ai fournie dès le lendemain (25 octobre 2015)

     

    Sans être vraiment "écrite", la "légende" est probablement née des textes et des dires des Sages et Maîtres. Elle est un "raccourci", ou une métaphore, pour indiquer qu'il faut respirer le plus lentement possible, d'une manière profonde et complète, en marquant un temps d’arrêt suffisamment prolongé en rétention, pour garder une bonne santé le plus longtemps possible.

    Le Yoga insiste particulièrement sur les rétentions du souffle qui réduisent en fait le nombre de respirations et dont le temps de suspension du souffle poumons pleins permet l’oxygénation du sang. Le Yoga préconise également l'allongement et la maîtrise du souffle, ainsi que la purification des nâdis, gages d'un bon équilibre du système nerveux.

    Ainsi, les yogis indiens connaissent la science de la respiration depuis plus de 5000 ans et l’utilité de respirer correctement pour éviter les maladies, apaiser le mental et cultiver une spiritualité élevée. Ils mesurent par conséquent leur longévité au nombre de leurs respirations.

    Je n'ai donc pas retrouvé de textes explicites mais...

     

    - dans les Yoga Sūtra de Patañjali, le prânayâma est expliqué ainsi : 

    une fois qu’est atteinte la maîtrise (des asânas) le prânayâma se produit. Il s’agit du contrôle de la respiration par l’interruption de l’inspiration et de l’expiration.

     

    - dans la Bhagavad-Gîtâ (ou Chant du Bienheureux, traduction Émile-Louis Burnouf), chapitre IV (Yoga de la science), est évoquée une notion de "sacrifice" dans le sens d'une meilleure vie :

    [...] 23. Pour celui qui a chassé les désirs, qui est libre, qui tourne sa pensée vers la science et procède au sacrifice, l’œuvre entière s’évanouit./ 24. L’offre pieuse est Dieu ; le beurre clarifié, le feu, l’offrande sont Dieu ; celui-là donc ira vers Dieu qui, dans l’œuvre, pense à Dieu. [...]

    29. D’autres sacrifient l’aspiration dans l’expiration, l’expiration dans l’aspiration et, fermant les voies de l’une et de l’autre, s’efforcent de retenir leur haleine ; [...]

    32. Les divers sacrifices ont été institués de la bouche de Brahmâ. Comprends qu’ils procèdent tous de l’Acte ; et, le comprenant, tu obtiendras la délivrance./ 33. Le sacrifice qui procède de la science vaut mieux que celui qui procède des richesses ; car toute la perfection des actes est comprise dans la science. [...]

     

    - dans la Hatha-Yoga-Pradîpikâ (texte intégral traduit en français chez Natha-yoga), chapitre II, est évoqué ceci au sujet de la maîtrise du prânayâma :

    1) Maintenant le Yogi qui a dominé ses passions intérieures et qui a une alimentation équilibré et modérée, après qu’il a acquis la stabilité dans l’âsana, doit pratiquer selon les enseignements de son Maître le Prânâyâma.

    2) Quand la respiration est instable, le mental est instable ; quand la respiration est stable, le mental est stable et le Yogi atteint l’immobilité. C’est pourquoi l’on doit maîtriser la respiration.

    3) On dit qu’il y a la vie dans le corps tant qu’il y a le souffle vital ; la mort correspond au départ du souffle vital : c’est pourquoi il faut enfermer le souffle vital. [...]

     

    - Enfin, dans la Shiva-Samhitâ (traduction intégrale et commentaires "italiques" de Christian Tikhomiroff) chapitre Le prânâyâma, est évoqué le côté rétentions et "purification" des nâdis :

    21) Le yogi doit d'abord maintenir son corps droit avec fermeté. Les mains en anjali-mudrâ il doit s'incliner vers le Maître, puis saluer à droite Ganesha, celui qui ôte les obstacles, et s'incliner à gauche pour saluer les gardiens du monde et Ambikâ. "Ambikâ est la Déesse, un des aspects de la Shakti". / 22) Ensuite il doit fermer avec le pouce pingalâ, inspirer l'air par idâ et le retenir le plus longtemps possible. Enfin il expire par pingalâ lentement et avec douceur. / 23) Et de nouveau il inspire par pingalâ, retient l'air le plus longtemps possible, puis expire par idâ, sans forcer, tout doucement. "L'auteur décrit la pratique de nâdî-shodhana avec rétentions de souffle excessivement prolongées".

    24) En suivant cette technique unique du Yoga il faut faire 20 kumbhaka chaque jour, avec une fermeté absolue en étant intérieurement immobile. "Un cycle fait 20 rétentions de souffle de plusieurs minutes chacune. Fermeté et immobilité intérieures sont requises. Durant chaque rétention un travail spécifique de purification de nâdî doit être effectué".

    25) On doit faire quatre séries de ces kumbhaka à quatre moments de la journée : à l'aube, à midi, au crépuscule et à minuit.

    26) Si l'on fait assidûment ainsi  tous les jours pendant trois mois on obtient immédiatement la purification des nâdî. "Purifier les nâdî revient également à purifier les énergies qui y circulent et à rendre fluide leur écoulement. Les tendances intérieures véhiculées dans les nâdî par les énergies se trouvent à leur tour "nettoyées" et le yogi atteint la pureté stable".

    27) Quand ils sont purs, les nâdî permettent de percevoir la réalité. Alors le yogi voit beaucoup de ses défauts détruits et atteint le niveau que l'on nomme ârambha. / [...] / 29) Le corps de celui qui pratique ce prânâyâma devient harmonieux, il sent bon et devient beau [...]. / 30) Ârambha a déjà été décrit. Nous allons maintenant décrire les autres niveaux et les avantages d'une parfaite fluidité des souffles vitaux : ils détruisent les souffrances dans lesquelles se noient les humains. / 31) Le yogi a un bon appétit et une bonne digestion. Il est joyeux et la beauté émane de tout son être. Il a grand cœur, beaucoup de force et d'énergie. Voilà comme est le yogi qui a pratiqué. [...]

     

    Voilà, j'espère vous avoir donné une réponse utile.

     

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    Pour l'allongement du souffle, voir Prânayâma - des exercices

    Voir aussi

    ida, pingala, sushumnâ

    RESPIRER

     

    Collection "Prânayâma" de Yantra

    Prânayâma

    Prânayâmas calmants

    Prânayâmas dynamisants

    Prânayâmas équilibrants

     

    Pour info, voir Le Livre des respirations

     

     

     

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