• ♪ Les Lettres - Maxime Le Forestier ♪

    Maxime Le Forestier : Les Lettres

    Cette chanson est un hommage aux soldats de la Première Guerre Mondiale

    Maxime le Forestier aurait écrit cette chanson à partir de lettres découvertes dans un grenier.

    Reproductions de cartes postales de l'époque 14-18 illustrant la chanson sur YouTube (voir plus bas)

     

    Quoi qu'il en soit, ce joli texte, en hommage aux soldats de la Première Guerre Mondiale, donne à réfléchir sur l'absurdité de la guerre, celle de 14-18 mais aussi de toutes les autres...    

     

    Les Lettres

    Avril 1912, ma femme, mon amour,
    Un an s'est écoulé depuis ce mauvais jour
    Où j'ai quitté ma terre.
    Je suis parti soldat comme on dit maintenant.
    Je reviendrai te voir, d'abord de temps en temps,
    Puis pour la vie entière.
    Je ne pourrai venir sans doute avant l'été.
    Les voyages sont longs quand on les fait à pied.
    As-tu sarclé la vigne ?
    Ne va pas la laisser manger par les chardons.
    Le voisin prêtera son cheval aux moissons.
    Écris-moi quelques lignes.
     
    Hiver 1913, mon mari, mon amour,
    Tu ne viens pas souvent, sans doute sont trop courts
    Les congés qu'on te donne
    Mais je sais que c'est dur, cinquante lieues marchant
    Pour passer la journée à travailler aux champs,
    Alors, je te pardonne.
    Les vieux disent qu'ici, cet hiver sera froid.
    Je ne sens pas la force de couper du bois
    J'ai demandé au père.
    Il en a fait assez pour aller en avril
    Mais penses-tu vraiment, toi qui es à la ville,
    Que nous aurons la guerre ?
     
    Août 1914, ma femme, mon amour,
    En automne au plus tard, je serai de retour
    Pour fêter la victoire.
    Nous sommes les plus forts, coupez le blé sans moi.
    La vache a fait le veau, attends que je sois là
    Pour le vendre à la foire.
    Le père se fait vieux, le père est fatigué.
    Je couperai le bois, prends soin de sa santé.
    Je vais changer d'adresse.
    N'écris plus, attends-moi, ma femme, mon amour,
    En automne au plus tard je serai de retour
    Pour fêter la tendresse.
     
    Hiver 1915, mon mari, mon amour,
    Le temps était trop long, je suis allée au bourg
    Dans la vieille charrette.
    Le veau était trop vieux, alors je l'ai vendu
    Et j'ai vu le vieux Jacques, et je lui ai rendu
    Le reste de nos dettes.
    Nous n'avons plus un sou, le père ne marche plus.
    Je me débrouillerai, et je saurai de plus
    En plus être économe
    Mais quand tu rentreras diriger ta maison,
    Si nous n'avons plus rien, du moins nous ne devrons
    Plus d'argent à personne.
     
    Avril 1916, ma femme, mon amour,
    Tu es trop généreuse et tu voles au secours
    D'un voleur de misères
    Bien plus riche que nous. Donne-lui la moitié.
    Rendre ce que l'on doit, aujourd'hui, c'est jeter
    L'argent au cimetière.
    On dit que tout cela pourrait durer longtemps.
    La guerre se ferait encore pour deux ans,
    Peut-être trois ans même.
    Il faut nous préparer à passer tout ce temps.
    Tu ne fais rien pour ça, je ne suis pas content,
    Ça ne fait rien, je t'aime.
     
    Ainsi s'est terminée cette tranche de vie,
    Ainsi s'est terminé sur du papier jauni
    Cet échange de lettres
    Que j'avais découvert au détour d'un été
    Sous les tuiles enfuies d'une maison fanée
    Au coin d'une fenêtre.
    Dites-moi donc pourquoi ça s'est fini si tôt.
    Dites-moi donc pourquoi, au village d'en haut,
    Repassant en voiture,
    Je n'ai pas regardé le monument aux Morts
    De peur d'y retrouver, d'un ami jeune encore,
    Comme la signature.

    Paroles et musique : Maxime Le Forestier, 1975

     

    La chanson sur YouTube : Les Lettres Maxime Le Forestier 1975

    Hommage aux soldats de la Première Guerre Mondiale, toutes les photos de ce petit montage sont des reproductions de cartes postales de l'époque.

    [https://www.youtube.com/watch?v=D5Fp5QUgbzw]

     

     

    Une autre chanson de Maxime Le Forestier : Petit Robot

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