1-Fumée

Publié par Yantra

Page finalisée fin septembre 2022

La fumée, ou boucane au Québec et en Acadie1 (le mot "fumée" est tout de même utilisé) est un nuage de gaz, de vapeurs (plus ou moins chaudes) et de particules solides émis par un feu, certaines réactions chimiques ou un échauffement mécanique.

1. Grand Dictionnaire Terminologique
GDT [archive plus récente] => Vitrine linguistique de l’Office québécois de la langue française
 

Fumée d'un incendie de steppe, est du Kazakhstan

Ces particules sont principalement de la suie (du carbone imbrûlé), ainsi que des cendres volantes. Souvent la fumée contient aussi une grandes quantités de composants métalliques et organiques en faible quantité, mais qui pour beaucoup sont toxiques.

Voir Bistre (couleur)

 

Sources des fumées toxiques

Dans le monde, les humains sont statistiquement principalement exposés aux fumées de feux de bois, de charbon, de cigarette et d'incendie.

Sur la base des accidents recensés (par exemple dans base ARIA du BARPI, utilisée par l'INERIS) et de leur analyse accidentologique, les accidents sources de fumées les plus dangereux naissent d'abord dans l'industrie chimique - qui fabrique et/ou manipule des matières inflammables et/ou dangereuses, parfois sources de réactions exothermiques... - puis dans l’agrochimie (secteur industriel qui développe la chimie à destination du secteur agricole) et les phytosanitaires (production et stockage) et enfin dans les entrepôts, décharges ou stocks de pneus, etc.*

Fumée opaque d'un feu de pneus

Fumée opaque particulièrement riche en suies, issue d'un feu de pneus, aussi source de HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques, sous-famille des hydrocarbures aromatiques, molécules constituées d’atomes de carbone et d’hydrogène), de particules de zinc et d'acide sulfurique.

Des produits ou matériaux fréquemment impliqués sont les plastiques (PVC, néoprène, polystyrène...), des caoutchoucs (pneumatiques), des revêtements synthétiques, isolants, textiles, tapis, moquettes, vernis, colles, carburants et solvants, isolants thermiques, câbles électriques, tous souvent à fort potentiel de fumées toxiques.

* Les fumées toxiques d'incendie, l'INERIS les classe en trois catégories

  1. fumées asphyxiantes : ce sont les plus rapidement mortelles, avec principalement : NO, H2S, SO2, HCN, CO ;
  2. fumées irritantes : outre les suies (composé microparticulaires polycycliques azotés et carbonés), il peut s'agir d'acides minéraux et de divers produits organiques irritants. Les gaz acides inorganiques les plus fréquents dans les fumées d’incendie sont HCl, HBr, HF, NOx, SOx, P2O5. Les produits organiques irritants sont les composés carbonés (formaldéhyde, acroléine, butyraldehyde...), des dérivés de l'azote (NO, NH3, isocyanates, amines) ;
  3. fumées à "toxicité spécifique" : elle contiennent certains produits - souvent en faible quantité - qui peuvent être cancérigène, mutagène, allergisant... Généralement les effets ne sont pas aigus mais se manifestent à long terme (ex : benzène, dioxine, dibenzofurane...).

INERIS Toxicité des fumées (PDF) [archive] voir p 9/66

Documentation de Wikipédia

Fumée Panache en forêt, nord-ouest pacifique

Panache d'incendie de forêt dans le nord-ouest pacifique

Voir aussi Asphyxie - Ingrédients à éviter

 

Ceci étant, il y a tout de même des usages pour la fumée !

 

Fumigène

Un système qui génère de la fumée est dit "fumigène". Dans les quatre cas cités ci-dessous, les fumées sont à ce jour considérée comme non-toxiques.

  1. Les fumigènes sont parfois utilisés par l'armée pour masquer la position exacte des soldats ;
  2. ils sont également utilisés pour effectuer un balisage visible de jour depuis le ciel, par exemple pour marquer la zone d'atterrissage d'un hélicoptère (drop zone ou DZ).
  3. Des machines à fumées sont également utilisées pour créer des ambiances dans les discothèques.
  4. Les fumigènes peuvent être utilisés à des fins récréatives, au même titre que les pétards. Leur fabrication est simple et ils sont souvent fabriqués soi-même, par exemple à partir de balles de ping-pong1.

Wikipédia

Voir aussi Poudre noire

 

Fumage

L'exposition de certains aliments à la fumée - procédé appelé fumage - permet d'accroître leur durée de conservation. Les plus connus sont le jambon, le poisson, le fromage...

Les aiguilles de pin sont utilisées pour fumer les aliments, pratique très courante dans les Pays scandinaves.

De même, le bois de hêtre (Fagus sylvatica) sert au fumage des saumons en Norvège.

 

Autres usages de la fumée

 

Enfumoir

La plante séchée [Tanaisie commune] est utilisée par certains apiculteurs comme combustible pour l'enfumoir1. Elle aurait l'avantage d'avoir un effet calmant sur les abeilles et l'odeur de la fumée2 produite serait sans incidence sur le goût du miel (contrairement à l'usage du carton par exemple).

Vu dans Tanaisie commune Tanacetum vulgare

1. Tanacetum (Tanaisies) Tanaisies - Intérêt apicole.

2. Voir Cendres

 

Fumée qui chasse les guêpes

On peut chasser les guêpes avec la fumée dégagée par du café moulu (non utilisé) brûlé, déposé dans des coupelles. Opération à renouveler régulièrement. L’odeur de café n’est désagréable que pour les guêpes ! (grands-meres.net)

Vu dans Chassez ces petites bêtes !

 

Fumigations et nuages d'encens

Fumée d'encens avec pierres et cristaux de soins

Fumée d'encens avec pierres et cristaux de soins

Du benjoin de Siam au papier d'Arménie

Le benjoin de Siam est le plus important des principes actifs du papier d'Arménie, utilisé dans les maisons pour assainir, purifier l’air ambiant dans un premier temps et diffuser un parfum agréable, relaxant, invitant à la paix intérieure, à la détente.

Dans les années 1880, l'industriel Auguste Ponsot découvre, lors d’un séjour en Arménie, que les gens font brûler du benjoin pour désinfecter et parfumer les maisons. Avec son ami pharmacien Henri Rivier, ils mettent au point le célèbre papier d’Arménie, né du mélange benjoin alcool à 90° et papier buvard.

Vu dans Benjoin - Styrax/Storax Liquidambar orientalis

Voir aussi Papier d'Arménie (Remèdes anciens)

Encens de Pâques - Revue des ingrédients et documentation

Encens de Pâques

Voir aussi

Les "cendres" dans les rituels (Cendres) - Les senteurs de Noël

La sauge

Pour désinfecter des locaux où des malades graves ont séjourné, brûler des feuilles de Sauge (Salvia) sur des charbons

Rituel de la sauge brûlée - Sauge blanche Salvia apiana

Vous allez utiliser les effets bénéfiques produits par les fumées de la sauge brûlée afin d'éliminer les influences négatives qui vous environnent. Ce rituel se pratique souvent aussi quand on emménage dans un nouvel endroit afin de neutraliser les "vibrations" des habitants précédents.

  • Fermez toutes les fenêtres.
  • Déposez quelques feuilles de sauge dans une casserole (ou poêle) et brûlez-les.
  • Faites le tour de votre domicile en marchant lentement et laissez la fumée bienfaisante - dont l'odeur rappelle celle de l'encens - se diffuser dans toute votre habitation.
  • Dès que vous aurez terminé, attendez 10 minutes et ouvrez, une à une, les fenêtres afin de laisser s'évacuer les mauvaises énergies que vous voulez chasser de chez vous.

Lu dans Travailler avec l'Aura - En savoir plus dans Sauge Salvia

Nous connaissons les bâtons de fumigation faits de Sauge blanche, grande plante de purification et de protection. Mais il existe d’autres plantes... Il faut savoir que la fumigation a existé dans beaucoup de régions. Les Anciens utilisaient les plantes qu’ils trouvaient dans leur environnement.

Bâtons de fumigation du maquis corse

Résines des Conifères

Lorsque le pin, le sapin ou l’épicéa sont blessés (branches coupées ou arrachées, entailles sur l’écorce...), ils sécrètent un "pansement" qui va se cristalliser en résine. Celle-ci doit être prélevée quand elle est en excès. Pour l’utiliser, elle doit être dure et bien sèche.

  • Un encens simple et naturel. Faites brûler la résine sur des charbons qui auront été rendus incandescents. Variez les propriétés et les intentions en concoctant des mélanges dans un mortier : résines, épices, poudres de plantes sauvages, baies de genièvre, poudres d’écorces...
  • Allumer un feu. La résine sécrétée par les Conifères est très inflammable et peut aider à démarrer un feu, même par temps humide.

Et dans Démarrer un feu quand tout est trempé (Bois d'allumage)

Romarin

Voir Le romarin brûlé n’est pas une mode récente 
(
Romarin Rosmarinus officinalis, Salvia rosmarinus)

 

Signaux de fumée

Le signal de fumée 1905 Frédéric Remington Indiens d’Amérique

Le signal de fumée 1905 Frédéric Remington Indiens d’Amérique

Un des moyens de communication des Amérindiens les plus connus sont les signaux de fumées. Pour envoyer son message au village d’à côté, un indien choisissait un endroit dégagé et se faisait aider. L’un allumait un feu de branchage. Celui qui connaissait les signaux donnait l’ordre à deux aides de recouvrir le feu un instant, puis de dégager d’un coup. Cela formait un gros nuage...

Vu et suite dans Amérindiens - Langage des signes

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Documentation

Thèmes connexes

Fumer

Pour les asthmatiques, mais aussi pour le plaisir : Sauge Salvia et Stramoine Datura stramonium, Tussilage Tussilago farfara, pour Fumer... autrement.

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Vu dans Tabac, une histoire fumeuse

Pour allumer le feu 

Allumer un feu sans petit bois (Bois d'allumage)

Allumez un feu (Vaseline)

Amadou

Bois d'allumage ou "fatwood"

Bois de chauffage

 

La suie

La suie est un agrégat polluant de composés chimiques pour la plupart riches en carbone, se présentant comme une substance d'aspect noirâtre, salissante et d'odeur âcre résultant de la combustion incomplète de matières carbonées. Les "grains" de suie ont l'apparence trompeuse de minuscules grains ronds et d'un noir mat, qui en réalité, observés au microscope électronique s'avèrent être des agrégats complexes de particules bien plus petites, organisées dans des configurations décrites par Jullien et Botet en 1987 et dans des morphologies ensuite décrites par Köylü et al. ; Sorensen & Feke (1996) et Brasil et al.

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Wikipédia

La suie : un engrais ancien

À l'époque où les engrais étaient encore trop coûteux pour une utilisation systématique par les jardiniers amateurs, bon nombre d'entre eux avaient recours à la suie de cheminée (qui est un résidu de combustion du bois différent de la cendre) pour fertiliser les cultures, dans le potager ou le jardin d'ornement. Et pour cause : la suie de bois contient, entre autres, de l'azote, de la potasse et des sels ammoniacaux... autant de nutriments nécessaires aux plantes.

Cette pratique perdure encore aujourd'hui auprès de certains d'entre nous. Deux types d'utilisations comme engrais naturel semblent possibles : soit en épandage direct sur le sol, soit en infusion.

À savoir : la suie semble également avoir des effets répulsifs sur les limaces.

Mise en garde : agent cancérogène

La suie est classée comme agent cancérogène chez les professionnels du ramonage. La toxicité des particules de suie (qui peut être sous forme pulvérulente ou collante, goudronneuse) est due :

• à leurs caractéristiques physico-chimiques (elles pénètrent profondément dans l’appareil respiratoire) ;
• à leur composante organique : hydrocarbures aromatique polycycliques, métaux... autant d'éléments au potentiel cancérigène.

Malheureusement, aucune donnée publique ne vient confirmer ou infirmer la possibilité de migration de ces éléments toxiques dans le sol ou dans les plantes.

Dans tous les cas, il convient de la manipuler avec un matériel de sécurité adéquat : masques, gants et vêtements couvrants.

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Gerbeaud [archive]

Voir Bistre (couleur)

 

Divers

Cendres

Cendres (Des produits ''éco...'' pour ma maison)

Charbon actif (Eau bonne à consommer)

Charbon de bois (Peuplier Populus) - voir aussi Eucalyptus regnans

Charbon végétal (PDF)

Comment faire un extincteur (Recettes maison au quotidien)

Des produits "déo..." pour ma maison

Essence ou huile essentielle (Lexique "essentiel")

Essence minérale (Des produits ''éco...'' pour ma maison)

Lampe Berger (Des produits ''éco...'' – Remèdes anciens)

Le tabac, une histoire fumeuse

Les "cèdres"

Mélèze Larix decidua

Oléorésine - Les térébenthines (Lexique "essentiel") + Essence de térébenthine

Pins et Sapins (PDF)

Poix (Lexique "phyto-médical")

Poudre noire

Récoltez le Labdanum Cistus creticus (voir aussi Les Cistes Cistus)

Curiosité

Séquoia géant Sequoiadendron giganteum s’est adapté aux feux de forêt naturels en les utilisant à son avantage pour sa reproduction. L’écorce très épaisse résiste aux incendies de faible intensité car elle est dépourvue de résine et peut se régénérer même si le feu pénètre le tronc. Ses cônes s’ouvrent grâce à la chaleur dégagée par le feu, puis déversent de minuscules graines sur le sol brûlé laissé à nu.

 

 

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