2-Mandragore
Page créée le 18 juin 2024
Mandragore
Mandragora officinarum
La mandragore officinale (Mandragora officinarum) est une plante herbacée vivace, des pays du pourtour méditerranéen, appartenant à la famille des Solanacées, voisine de la belladone. Cette plante, riche en alcaloïdes aux propriétés hallucinogènes, est entourée de nombreuses légendes, les anciens lui attribuant des vertus *magiques* extraordinaires.
La mandragore appartient à la famille des Solanacées réputée pour héberger des végétaux très toxiques, douce-amère, belladone, datura...
Le terme français de "mandragore" vient du latin mandragoras, lui-même tiré du grec μανδραγόρας (mandragóras). Ces trois termes désignent la même plante dans ces différentes langues. L'étymologie du mot grec est obscure. Pour certains, le grec mandragoras viendrait du nom de la mandragore en assyrien nam. tar. ira, morphologiquement "la drogue (mâle) de Namta", Namta étant un démon pestilentiel provoquant des maladies1. Pour d'autres, l'origine viendrait du sanskrit mandros signifiant "sommeil" et agora signifiant "substance".
Nom scientifique - Synonymes (Wikipédia)
La mandragore est originaire du bassin méditerranéen : Afrique du Nord : Algérie, Maroc, Tunisie ; Europe méridionale (Italie, Grèce, ex-Yougoslavie, Espagne, Portugal) et Proche-Orient (Palestine, Israël, Jordanie, Liban, Syrie, Turquie, Chypre). On ne la trouve ni en France continentale, ni en Corse. Elle croît dans les bois ouverts, les oliveraies, les jachères, les bords de routes et les ruines. Cette plante est devenue très rare, même dans son aire d'origine. Les populations sont dispersées dans le domaine et certaines sont même vulnérables, comme celles du nord de l'Italie.
La plante est riche en alcaloïdes psychotropes qui peuvent être à l'origine d'une intoxication mortelle. Toutefois, diverses présentations sont décrites pour l'utilisation de cette plante. Des vertus thérapeutiques lui sont attribuées.
Voir plus bas Principes toxiques et vertus médicinales
Description de la mandragore
Planche botanique par de Chazelles (1724-1808)
Voir De Chazelles, album des Bibliothèques-Médiathèques de Metz [plein la vue]
La mandragore méditerranéenne présente un important contraste entre la touffe et la racine. La plante, haute d'une trentaine de centimètres, dégage une odeur très forte. C'est une herbacée banale, pratiquement sans tige.
La racine, brune à l'extérieur, blanche à l'intérieur, est du type pivotant, est souvent lignifiée et peut atteindre après plusieurs années des dimensions impressionnantes (jusqu'à 60 à 80 centimètres et plusieurs kilogrammes). Sa forme souvent anthropomorphe (ses ramifications lui donnant une vague apparence humaine, avec un tronc, des jambes et même — en étant imaginatif — une tête et un sexe), est à l'origine de nombreuses légendes. On parlait autrefois de racines "mâles" et "femelles", mais cela ne correspond pas à une réalité botanique la plante n'étant pas dioïque. Les vieux sujets peuvent s'enfoncer à plus d'un mètre dans la terre et sont donc difficiles à arracher.
Les feuilles sont grandes (au maximum 45 cm de long), elliptiques à obovales, molles, de forme et de taille très variables. Elles ont un limbe entier à bord sinueux et sont étalées en rosette sur le sol2.
La fleur a une corolle formée de cinq pétales soudés à la base – campanulée – de 12-65 mm de long, de couleur blanc verdâtre, bleutée ou violette. Les 5 étamines sont fixées à la partie inférieure de la corolle. Floraison de septembre à avril suivant l'abondance des pluies3.
La mandragore donne naissance à des baies jaunes ou rouges à maturité, de trois à cinq centimètres de diamètre, globuleuses à ellipsoïdes. Ces fruits juteux sont comestibles en quantité modérée. Les graines de 2,5 à 6 mm de long, sont réniformes, jaunes à brun clair.
Autres espèces de Mandragores
Deux mandragores d’espèces voisines et souvent confondues – Mandragora officinalis et M. officinarum (mandragore officinale) – sont des plantes herbacées vivaces, originaires des pays du pourtour méditerranéen. La troisième espèce du genre (Mandragora caulescens) est une mandragore sino-himalayenne *.
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* Vu dans Les terrifiantes légendes de la mandragore (vidéo de newsjardintv) [PDF]
A aussi été découverte une mandragore poussant au Turkménistan (Mandragora turcomanica)
Selon les classifications, on a naguère compté quelques espèces dont la mandragore d’automne (Mandragora autumnalis)2,3 aux fleurs violettes ou blanches, pouvant être striées de vert ou de blanc.
Principes toxiques et vertus médicinales de la mandragore
La plante est riche en alcaloïdes psychotropes (environ 0,4 % d'alcaloïdes totaux) et autres composants nocifs. Ces substances parasympatholytiques entraînent notamment une mydriase et des hallucinations suivies d'une narcose. Il s'agit entre autres d'atropine, de scopolamine (premier sérum de vérité) et surtout d'hyosciamine. En théorie, ces molécules peuvent être à l'origine d'une intoxication mortelle. Compte tenu de cette toxicité qui peut rivaliser avec la belladone (Atropa belladonna), la jusquiame (Hyoscyamus spp.) et le datura (Datura spp.), il n’est nullement question de l’utiliser aujourd’hui en décoction ou en autre usage interne.
Riche en alcaloïdes aux propriétés hallucinogènes, la mandragore est entourée de nombreuses légendes.
Même si le suc a été extrait de la tige, des feuilles ou du fruit, la racine débitée en rondelles et présentée sous forme d'alcoolat4 dans du vin de miel et les fruits peuvent être consommés séchés, seul l’usage externe doit être envisagé : appliquée en cataplasmes, la mandeagore soulagerait rhumatismes et arthrite ; d’ailleurs elle est entrée dans la composition de médicaments homéopathiques traditionnellement utilisés dans le traitement symptomatique des manifestations douloureuses d’origine rhumatismale.
Cultiver la mandragore
La mandragore demande pour se développer un sol profond, non pierreux, frais, sans être excessivement humide. Le sol doit être extrêmement riche, un compost de feuilles et de fumier très décomposé par exemple. L'exposition doit être ensoleillée.
Les semis se font en automne, dans des pots suffisamment hauts, ou en pleine terre ; le substrat doit rester frais, et la germination, pas toujours facile, a lieu en mars l'année d'après. La plante rentre en repos en juin et juillet, toutes les feuilles disparaissent alors (il faut impérativement marquer l'emplacement des plantes dans le cas d'une plantation en pleine terre).
Un moyen efficace de faire germer les graines consiste à les stratifier, en les plaçant simplement dans le bac à légumes d'un réfrigérateur trois jours avant le semis. Cela permet aussi de les semer en début d'année avec pratiquement 100 % de germination.
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Notes
1. Jean-Loïc Le Quellec "La mandragore : 'celle qui expulse'" Actes du séminaire d'ethnobotanique de Salagon, Les cahiers de Salagon 11, vol. 3, 2003–2004
2. Au Maroc, pousse la variété jadis nommée Mandragora autumnalis, dont les feuilles sont velues et ondulées ; dans le nord de l'Italie et la Dalmatie, poussent des plantes aux fleurs blanches apparaissant au printemps. La plante a des caractères très variables dans son aire de répartition.
3. Pour Ungricht et coll. "il est évident qu'il n'y a véritablement qu'une période étendue d'activité reproductive allant de l'automne au printemps. En fait, c'est seulement durant les mois les plus chauds de l'été que le cycle s'interrompt. Lorsque les conditions sont favorables, le même individu peut fleurir deux fois dans l'année, comme l'attestent les annotations des herbiers, en particulier des formes cultivées dans les jardins botaniques". Il faut donc renoncer à la distinction faite par Sprengel en 1825, entre une mandragore de printemps (M. vernalis) et une autre d'automne (M. automnalis)...
4. Alcoolat : autrefois appelé "esprit", résultat de macération et distillation de l'alcool (alambic) sur une (ou plusieurs) substance(s) aromatique(s) : l'eau de Cologne est un alcoolat. On le distingue de l'alcoolature, fabriquée exclusivement à partir de plantes fraîches. La colature est le filtrage d'un liquide par divers procédés (décoction, infusion)
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Sources :
https://jardinage.lemonde.fr/dossier-2266-mandragore.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mandragore
Documentation Mandragore
La mandragore, la plus célèbre des plantes magiques (Limédia Galeries) [archive]
Les terrifiantes légendes de la mandragore (vidéo de newsjardintv)
Documentation plus générale
Baies rouges – noires Attention !
Jusquiame Datura Morelle (noire)
Les plantes toxiques du jardin (Rustica) [archive sans vidéo]
Liste des fleurs toxiques (Gerbeaud)
Plantes "maléfiques" vs plantes "bénéfiques", est-ce raisonnable ([Books of] Dante)
Plantes toxiques et sortilèges
Quand héroïne, cocaïne et autres drogues
Toxicité des huiles essentielles (Sauge Salvia)



