2-Plantes toxiques et sortilèges

Publié par Yantra

Page créée le 12 février 2023, en construction

Plantes toxiques et sortilèges

Cette page compile peu à peu des articles et données diverses sur les plantes toxiques. En filigrane s'esquisse une notion de "sortilèges" qui se développe peu à peu.

Voir aussi

Quand héroïne, cocaïne et autres drogues...

Intoxication par des plantes et des arbustes

Seules quelques plantes fréquemment cultivées sont très toxiques, mais de nombreuses autres ont des effets toxiques moins graves.

Généralement, l’intoxication est improbable, sauf si la plante est très toxique ou si d’importantes quantités sont ingérées (par exemple, si les feuilles ou d’autres composants sont concentrés dans une pâte ou infusés pour faire du thé).

Parmi les plantes hautement toxiques et potentiellement mortelles, citons les graines de ricin et les graines de jéquirity (pois rouge), la ciguë vénéneuse et la ciguë aquatique, ainsi que le laurier-rose et la digitale (pourprée) ou encore le muguet.

Seuls quelques poisons végétaux ont des antidotes spécifiques. Les médecins traitent donc généralement simplement les symptômes des personnes. De nombreuses autres plantes provoquent des effets toxiques moins grave.

Manuels MSD [archive]

Voir également Présentation de l’intoxication (Manuels MSD)

Voir aussi Intoxination et intoxication – Poisons !

Plantes médicinales et préparations faites maison

Certaines plantes médicinales ne doivent pas être ingérées dans des préparations faites maison, sous peine de risques graves sur la santé. Jacques Fleurentin, pharmacien et président de la Société française d’ethnopharmacologie, répertorie au cloître des Recollets à Metz (57), ces végétaux, courants dans les jardins, qui demandent de la vigilance en présence d'enfants ou d'animaux.

Les plantes toxiques du jardin (Rustica) [archive sans vidéo de @RusticaTV]

Les bourgeons de peuplier contiennent de l'acide gallique et une résine se rapprochant du "baume de tolu" (Myroxylon balsamum). Ils entrent dans la composition de l'onguent "populeum", pommade verte anti-hémorroïdaire, renfermant également des feuilles de belladone, jusquiamemorelle * et pavot. (Larousse médical illustré 1924)

Vu dans Peupliers Populus

* Voir Les morelles dans Lexique "phyto-bota"

 

Liste de quelques plantes

 

Absinthe

Artemisia

L'absinthe est un arbrisseau vivace très robuste, très résistant à la sécheresse, de la famille des Astéracées. Ses feuilles finement découpées dégagent une forte odeur enivrante.

La grande absinthe (Artemisia absinthium) est appelée vulgairement herbe sainte, herbe aux vers, herbe des vierges, aluyne, alvine, alvine aloïne... autant de noms communs qui justifient son faste dans les plates-bandes.

Voir Lexique "phyto-bota"

Au XIXe siècle, l'absinthe, mélange de spiritueux ("fée verte"), est appréciée pour son goût. Cette boisson très puissante est réputée pour ses effets aphrodisiaques et de stimulation de créativité.

Ceux-ci sont à l'origine de l'abus et les interdictions qui s'en sont suivies, d'autant que l'absinthe est accusée de contenir une substance toxique du système nerveux, la thuyone, qui à forte dose provoque des hallucinations. L'absinthe est donc interdite en France en 1915.

Un rituel consistait à verser depuis une fontaine de l'eau fraîche sur l'alcool dans un grand verre sur un morceau de sucre placé sur une cuillère percée pour atténuer son amertume.

Voir aussi Chassez ces petites bêtes 2

 

Belladone

Atropa belladona

Le nom de la belladone vient de bella dona ("belle dame" en italien). À la Renaissance, les Italiennes l’employaient comme moyen de séduction en mettant des extraits de fruits dans leurs yeux pour dilater la pupille et augmenter la profondeur du regard.

La belladone, associée à d’autres plantes, était utilisée au Moyen-Âge en décoction dans les rites de magie noire. On raconte que les sorcières enduisaient d’onguent le manche qu’elles chevauchaient pour se rendre au sabbat, ce qui provoquait des délires hallucinatoires.

Cette belle plante est réputée pour son odeur fétide. De grande ampleur, la belladone s’élève jusqu’à 1,50-2 m, sa tige se recourbant en hauteur. Elle présente de belles fleurs pourpres, rarement jaunes, en forme de tube. À la fin de l’été, elle produit des baies noires luisantes. Elle pousse en sol calcaire, drainant, léger et caillouteux, sableux, mais tolère en sol argileux. Elle se multiplie par semis.

Toute la plante est toxique car elle contient des alcaloïdesatropine

Les baies, très toxiques, renferment donc de l’atropine : 4 ou 5 baies suffisent à donner la mort à un adulte. Cette atropine sert à la fabrication d’un médicament pour dilater la pupille en ophtalmologie.

Attention, ne pas confondre

Il faut être prudent avec les enfants qui peuvent être tentés par les baies de belladone, voir :

Baies rouges – noires attention !

• Belladone confusion dangereuse avec la prunelle

Datura et belladone : deux plantes de sorcières (Rustica) [vidéo de @RusticaTV]

Belladone et datura ont été employés par les prêtres de l’Antiquité ou les chamans pour entrer en transe dans les rites magiques ou religieux. Jacques Fleurentin s’appuie sur les savoir-faire empiriques pour vérifier les pouvoirs des plantes médicinales.

 

Berce du Caucase

Heracleum mantegazzianum

Le nom botanique du genre, Heracleum, est dédié au héros Hercule, par allusion au port robuste de la Berce. L'épithète spécifique mantegazzianum est donnée à cette plante par les botanistes Sommier et Levier en 1895, en hommage à Paolo Mantegazza (1831-1910), anthropologue et explorateur italien

La berce du Caucase, ou berce de Mantegazzi, de la famille des Ombellifères – les plantes à ombelles – récemment implantée chez nous, mais devenue courante dans les jardins car très décorative, est, sans être une plante "toxique" à proprement parler, extrêmement dangereuse pour la raison suivante : sa sève contient un produit aqueux fluide, incolore et indolore au moment du contact sur la peau. Mais exposez-vous au soleil, apparaîtront des brûlures douloureuses et des cloques qui laisseront parfois des cicatrices définitives – on dit qu'elle est phototoxique.

Chaque année en France, des centaines d’accidents ont lieu. Prenez vos précautions et évitez de toucher la berce du Caucase à main nue !

En cas de contact avec la peau, éliminez la sève le plus rapidement possible, en prenant soin de ne pas étendre la surface de la zone touchée. Enlevez la sève de la peau avec un papier absorbant sans frotter, puis lavez au savon, et rincez abondamment à l’eau l’endroit atteint. Il faudra ensuite éviter l’exposition de la zone touchée à la lumière durant plus de 48 heures.

Voir Wikipédia

Attention, ne pas confondre

L'on reconnaît la berce du Caucase à sa taille impressionnante de près de 5 m et à sa tige tachée de pourpre. Certaines plantes à ombelles (ou y ressemblant) sont délicieuses et assez faciles à reconnaître, comme l'achillée millefeuille.

Cependant, il faut rester vigilant.

• Berce commune

La berce commune (berce spondyle Heracleum sphondylium) est couverte de poils blanchâtres souples, même sur les feuilles, alors que les poils, raides et épars, de la Berce du Caucase sont localisés uniquement sur la tige, le pétiole et le rachis de la feuille. Les feuilles de H. sphondylium sont parfois simplement lobées, plus souvent divisées en 5-7 larges folioles aux contours anguleux, plus dentés que chez H. mantegazzianum1. La Berce commune est considérée en Europe comme plante comestible2, bien qu'elle présente les mêmes propriétés de phototoxicité (elle est en cause dans la majorité des cas de dermite des prés)

Notes

1. François Couplan "Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques" Delachaux et Niestlé 1994, p.126

2. Berce commune, voir

La tige de berce commune (Toutes ces plantes à manger !)

• Autres berces, voir Wikipédia

• Les angéliques

L'angélique sauvage (Angelica sylvestris) et l'angélique vraie (Angelica archangelica) peuvent être assez grandes et sont parfois confondues avec les grandes Berces, bien qu'elles soient bien moins massives et s'en différencient aisément par leurs feuilles nettement composées de folioles.

Voir aussi

(Sur)vivre dans ce monde sans vie

 

Bryone dioïque

Bryonia dioica

La Bryone dioïque est une espèce de plante à fleurs de la famille des Cucurbitacées. Comme l’épithète de son nom l'indique, c'est une plante dioïque, ses fleurs mâles et femelles se trouvant sur des pieds différents.

La plante développe des baies rouges toxiques. Sa racine charnue est fortement purgative. Plante vénéneuse par toutes ses parties (± toxiques) mais surtout la racine et les fruits.

Les gens ont tendance à confondre la bryone dioïque et la morelle noire...

 

Cerfeuil penché ou des fous 

Chaerophyllum temulum 

Une des Apiacées de France les plus toxiques. Si plusieurs Apiacées sont des légumes ou des condiments appréciés, celles-ci sont mortellement toxiques : la Ciguë vireuse, les Petite et Grande Ciguës, l'Œnanthe safranée et le Cerfeuil des fous (ou penché) dont toutes les parties seraient toxiques tant pour l'homme que pour le bétail. Leur ingestion provoquerait des paralysies...

Cerfeuil des fous ou penché Chaerophyllum temulum (planche d'illustration).jpg
Cerfeuil des fous ou penché Chaerophyllum temulum

 

... La suite dans Coriandre Coriandrum sativum

 

Ciguës

Conium maculatum L. – C. visosa Æthusa cynapium

Voir Ciguës (toxiques) PDF – Voir aussi dans Manuels MSD

Apiacées et Liste de quelques Apiacées dans Coriandre Coriandrum sativum

Les cigües, plantes des décombres et des chemins, à l’odeur désagréable, de la famille des Ombellifères (du latin umbella, parasol et ferre, porter), comprennent un certain nombre d'espèces contenant des substances TOXIQUES pour le système nerveux : alcaloïdes.

La ciguë des marais, aquatique ou vireuse (Cicuta virosa) des bords des eaux stagnantes, des fonds vaseux, des cours d'eau et la petite Ciguë ou Æthuse (Æthusa cynapium), commune dans les lieux cultivés, contiennent dans toutes leurs parties des substances toxiques dont la plus dangereuse est l'alcaloïde cicutine.

L'ingestion de la grande ciguë (Conium maculatum), pouvant atteindre 2 m de haut dans les lieux incultes, provoque dans l’heure qui suit des troubles digestifssurtout quand la racine est utilisée – des vertiges et céphalées, puis des paresthésies *, une diminution de la force musculaire, et enfin une paralysie. Son emploi comme plante médicinale est très ancien : à petites doses elle est utilisée comme calmant.

Voir Socrate dans Coriandre Coriandrum sativum

* [archive 14/09/2013] [archive 12/02/2023]

Attention, ne pas confondre

• Carotte sauvage

La carotte sauvage (Daucus carota L) peut être confondue avec une autre Apiacée, mortelle celle-là, la grande ciguë (Conium maculatum L.). Très toxique, cette dernière était à la base du poison officiel des Athéniens, pour les condamnés à mort. La plus célèbre victime fut le philosophe Socrate *.

* Vu dans Carotte compléments

Il est cependant très facile de différencier la carotte de la ciguë, car elles n’ont pas du tout la même odeur. Les feuilles de la carotte dégagent une odeur de... carotte quand on les froisse.

Froissez les feuilles de cigüe, elles exhalent une odeur fétide, d’ail, voire d’urine de rat, dit-on. Les feuilles de cigüe sont grandes, jusqu’à 40 cm, tandis que celles de carotte ne mesurent que dix centimètres au maximum *.

* Vu dans Cuisine : légumes oubliés

Cueillette Confondre plantes

• Laser odorant

Le laser odorant (Laser trilobum L.) est une Apiacée aux feuilles très découpées et à ce titre, il fait partie des risques de confusion avec plusieurs Apiacées toxiquesœnanthe safranée, ciguë, etc. Ces dernières ne fréquentent toutefois pas les mêmes biotopes.

• Persil

Le persil se décline en 2 sous-espèces : le Persil plat (Petroselinum sativum), meilleur au goût et le Persil frisé (Petroselinum crispum) – ce dernier offre l'avantage de ne pas ressembler à la petite ciguë (Æthusa cynapium) – de formes de feuilles découpées différentes.

Voir aussi Berce du Caucase

Lire Les Ombellifères : Un arsenal chimique pour le meilleur et pour le pire
(Jardins de France) [archive]

 

Coca

Erythroxylum coca

Elle est appelée mama kuka en langue quechua.

La coca est une plante d'Amérique du Sud de la famille des Érythroxylacées. Elle joue un rôle important dans la culture andine, à travers ses utilisations rituelles ou médicinales.

L'arbuste, de 1,5 à 4 mètres de haut, possède des feuilles de 2,5 à 7,5 cm, vert-clair.

Arbuste de coca (Erythroxylum coca)

Arbuste de coca (Erythroxylum coca)

L'arbuste fournit la coca, substance à mâcher. La cocaïne utilise la feuille de coca comme ingrédient actif mais il ne faut pas les confondre.

Cocadas

Avant que l’alcaloïde actif de la coca ne soit isolé, les feuilles ont été mâchées pendant des siècles. Parmi les premiers peuples, on retrouve les Incas. Pour les Incas de Cuzco (ville à plus de 3 600 m d'altitude), mâcher des feuilles revenait à inspirer une bouffée d’oxygène. Par ailleurs, les chasquis ne se séparaient jamais de leur churpa (poche en laine remplie de coca) et pouvaient ainsi travailler à des hautes altitudes.  

La feuille de coca est ainsi devenue une unité de mesure. Les chasquis chargés de porter de lourdes charges sur parfois plus d’une trentaine de kilomètres ne pouvaient effectuer leur mission qu’à l’aide des feuilles de coca. Les distances andines étaient donc exprimées en cocadas. Autrement dit, la quantité de feuilles nécessaires pour effectuer le trajet.  

En dehors de l’utilisation par les travailleurs, les feuilles de coca étaient principalement utilisées lors des rituels religieux ou en médecine – puissant anesthésique.

"Effet Coca"

En mâchant les feuilles, les personnes ingèrent des alcaloïdes. Cette substance provoque une augmentation de la dopamine dans le cerveau. La personne a l'impression d'être pleine d'énergie et connaît un moment de bonne humeur. Ce "flash" de dopamine peut devenir addictif, ainsi même l’anticipation d’une prochaine dose peut libérer de la dopamine. Cette théorie de "l’addiction à la dopamine" ne concerne cependant que certains individus1.

Usages de la coca

Son usage est signalé par les conquérants espagnols dès le XVIe siècle qui en condamnent d'abord l'usage la qualifiant de « satanique » avant de l'encourager en constatant l'efficacité en termes de rentabilité sur les travailleurs2. Nicolas Monardés de Séville, naturaliste espagnol, en donne la première description dans les années 1580 même si la plante ne sera vraiment connue sur le plan scientifique qu'au XVIIIe siècle2.

Les modes de consommation traditionnels de la coca en Amérique du Sud sont :

la mastication de la feuille de coca, qui provoque une stimulation légère ;

l'absorption de tisane de feuille de coca, aux effets également limités.

La mastication peut aussi consister en une chique (llipta) d'une pâte masticatoire (aculli) qui est un mélange d'un alcali (cendres de pommes de terre, de bananes ou chaux) et de feuilles de coca2.

Elle est aussi utilisée pour extraire la cocaïne, l'un de ses alcaloïdes afin de le revendre sur le marché des stupéfiants.

Dans son ouvrage intitulé "Promenade à travers l'Amérique-du-Sud" (1868), Alexis de Gabriac a écrit : "Généralement, les Indiens chassent séparément afin d'éviter les distractions, et passent volontiers une semaine au milieu des bois, n’emportant avec eux qu'une légère provision de bananes et une fiole de coca. Cette dernière matière jouit de la singulière propriété d'endormir l’estomac, et il suffit d’en avaler quelques parcelles pour apaiser subitement la faim".

Notes

1. Olivier Cechman "50 plantes qui ont changé le cours de l'histoire" dl 2018 (ISBN 978-2-7373-7811-9 et 2-7373-7811-7, OCLC 1043937335) lire en ligne

2. Denis Richard, Jean-Louis Senon et Marc Valleur "Dictionnaire des drogues et des dépendances" Paris, Larousse 2004 (ISBN 2-03-505431-1)

Wikipédia

Cocaïne, voir Quand héroïne, cocaïne et autres drogues

 

Colchique

Colchicum

Le genre Colchicum produit de très jolies fleurs d’automne, la plupart des espèces apparaissant à la fin de l’été.

Le bulbe du colchique d’automne est toxique : on en extrait la colchicine, un des seuls médicaments efficaces dans le traitement des crises de goutte.

On extrait aussi une molécule qu’on transforme pour obtenir du thiocolchicoside, un décontracturant prescrit par les médecins dans les douleurs articulaires et musculaires.

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Datura – Stramoine

Datura stramonium L.

Datura et belladone ont été employés par les prêtres de l’Antiquité ou les chamans pour entrer en transe dans les rites magiques ou religieux...

Pour une suite, voir :

Datura et belladone : deux plantes de sorcières (Rustica) [vidéo de @RusticaTV]

Voir aussi 

Jusquiame Datura Morelle (noire) + Bryone dioïque Bryonia

 

Digitale

Digitalis

Les digitales forment le genre Digitalis, environ 20 espèces de plantes herbacées classiquement placées dans la famille des Scrofulariacées. Les études récentes situent désormais ce genre dans les Plantaginacées1.

Les digitales sont originaires d'Europe, d'Afrique du nord-ouest et d'Asie occidentale et centrale. Les capsules de la digitale : la déhiscence se fait par des fentes le long des lignes de suture des carpelles, qui se trouvent ainsi séparés (déhiscence septicide2)

Digitale TOX

Ces plantes peuvent être très toxiques, dans toutes leurs parties, au maximum dans les feuilles. Chaque plante en fonction de son exposition au soleil, contient à des doses différentes le principe actif3.

L'absorption d'environ une dizaine de feuilles provoque des troubles graves sur un sujet humain de corpulence moyenne. Les premiers symptômes d'intoxication sont les nausées, les vomissements, les diarrhées, les troubles cardiaques importants. La mort peut survenir rapidement selon la dose ingérée3.

Attention, ne pas confondre

Les feuilles de digitale pourpre (Digitalis purpurea) peuvent être confondues avec celles de la bourrache (Borago) ou de la consoude (Symphytum)4 parfois utilisées en salade ou en complément culinaire.

Notes
2. Septicide (adj.). En botanique, qui s'ouvre par le dédoublement. la désagrégation des septums, ces cloisons entre deux parties d'un tissu vivant. Exemple : "L'ovaire [dans la fleur du lin] se transforme à maturité en une capsule septicide à cinq loges" (J. Lourd, Le Lin et l'industrie linière, 1964) CNRTL – Voir aussi Wiktionnaire
3. Hyma La Hyène, Les plantes dont il faut se méfier, Survival n°5,‎ décembre 2016 / janvier 2017 (p.42)

4. Joly A., Intoxication digitalique non médicamenteuse : un risque non négligeable (2010) Thèse à l’université Henri Poincaré de Nancy, pp 40-44 et 97-108.

Suite dans Wikipédia
Voir aussi dans Manuels MSD 
(toxicité) – "Digitales" (jardin) vidéos de NewsJardinTV

Avec la Grande Ciguë ou la Digitale pourpre, l’Œnanthe safranée fait partie des plantes sauvages de France les plus mortelles. Voir dans Coriandre Coriandrum sativum - les Apiacées

 

Éphédra

Ephedra vulgaris

L'éphédra (ou éphèdre) est un petit arbuste trapu vivant en Europe, en Amérique et principalement en Asie. Il pousse en bord de mer et dans des zones désertiques. En France, une seule espèce pousse naturellement sur les côtes sablonneuses : c'est Ephedra distachya, également appelée raisin de mer à cause de ses fruits rouges comestibles.

Ce qui est recherché dans l'éphédra, c'est sa substance active : l'éphédrine *. Mais toutes les espèces n'en renferment pas forcément. Les espèces d'Ephédras couramment utilisées en thérapeutique sont pour la plupart d'origine asiatique. (Ooreka)

* L'éphédrine est un alcaloïde de l'Éphédra. Le chlorhydrate d'éphédrine sert à faire des collyres et des solutions pour pulvérisations nasales décongestionnantes : dangereux, tableau C. Vu dans Oignon (PDF)

Éphédra ''Le.Loup.Gris'' baies rouges

Le.Loup.Gris/CC BY SA 3.0/Wikimedia

L’éphédra est une plante médicinale controversée. Lorsqu'elle est utilisée pour ses indications traditionnelles, comme décongestionnant ou pour l’asthme, la plupart des auteurs s’entendent sur son efficacité et même sur son innocuité.

Cependant, là où le bât blesse, c’est lorsqu’elle est employée pour des indications plus "contemporaines".

Concrètement, il est presque impossible de trouver en vente libre de l’éphédra en capsules, en comprimés ou en teinture, ou une préparation en contenant. De plus, la vente de la plante en vrac est interdite. Les praticiens de médecine traditionnelle peuvent cependant employer l’éphédra pour leurs patients dans le cadre d’un traitement personnalisé. (Passeport-santé)

À la fin des années 1920, le monopole commercial d'Ephedra vulgaris, la plante dont est tirée l'éphédrine, entraîne la raréfaction et le renchérissement de ce principe actif. Ce qui conduit au développement d'alternatives thérapeutiques pour le traitement de l'asthme et de la congestion des voies respiratoires.

Vu dans Quand héroïne, cocaïne et autres drogues

Attention, associés à l'Éphédra, les effets du Guarana sont dangereux.

 

Fusain d'Europe

Euonymus europaeus

Le fusain d'Europe contient des substances très cardiotoxiques

On ne l’emploie pas dans la fabrication de médicaments.

Voir BAIES ROUGES – NOIRES attention !

 

Hellébore

Helleborus

Voir Vératre blanc

 

If commun

Taxus baccata

Les ifs communs sont fréquemment plantés aux abords des cimetières. Les Gaulois utilisaient l’if pour, entres autres usages, empoisonner leurs flèches à partir des extraits de la plante. Toutes les parties sont toxiques : écorces, tronc, feuilles, tiges, graines, sauf le petit arille rouge, mais prudence. Cette plante est utilisée pour la préparation de médicaments anticancéreux.

Voir If commun Taxus baccata

 

Jusquiame

Hyoscyamus

Les jusquiames sont des plantes appartenant au genre Hyoscyamus et à la famille des Solanacées. On en connaît deux espèces en Europe : la jusquiame blanche (Hyoscyamus albus L.) qui pousse sur le pourtour du bassin méditerranéen, et la jusquiame noire (Hyoscyamus niger L.) beaucoup plus cosmopolite.

Les deux plantes sont toxiques, contenant divers alcaloïdes tels que l'atropine, l'hyoscyamine et la scopolamine. Elles sont cependant moins dangereuses que le datura ou la belladone, qui contiennent les mêmes alcaloïdes mais en plus grandes proportions.

Suite dans Jusquiame Datura Morelle (noire)

 

Lauriers toxiques

Attention, ne pas confondre

... le laurier noble (Laurus nobilis) avec les autres plantes qu'on appelle "laurier" – laurier-rose, laurier-tin, laurier-cerise (Prunus laurocerasus), laurier des bois, laurier du Portugal, etc. – que l’on voit souvent dans les jardins et dont l’utilisation médicinale est interdite aux non-initiés. Donc n'y touchez pas.

Laurier-rose ou Oléandre blabla

Parmi tous les lauriers, le laurier-rose (Nerium oleander) est une des plantes les plus dangereuses et toutes ses parties sont toxiques. L'ingestion d'une simple feuille peut s'avérer mortelle pour un adulte, en raison des troubles cardiaques provoqués. Cet arbre vivace possède d'élégantes fleurs parfumées qui peuvent être blanches, rouge-rose, jaune, orangées ou rouge-orangé.

À suivre dans BAIES ROUGES – NOIRES attention !

Voir aussi dans Manuels MSD

 

Lierre grimpant

Hedera helix

Les fruits du lierre grimpant sont toxiques mais on peut utiliser les feuilles pour la préparation de sirops contre la toux sèche et la toux grasse.

Jacques Fleurentin déconseille le lierre en infusion. Les extraits de lierre sont complexes : choisissez de préférence des formes médicamenteuses, des sirops dispensés en pharmacie.

Voir Lierre grimpant Hedera helix

Voir aussi BAIES ROUGES – NOIRES attention !

 

Mandragore

Mandragora officinarum

La mandragore officinale (Mandragora officinarum) est une plante herbacée vivace, des pays du pourtour méditerranéen, appartenant à la famille des Solanacées, voisine de la belladone.

La mandragore officinale, riche en alcaloïdes aux propriétés hallucinogènes, est entourée de nombreuses légendes, les anciens lui attribuant des vertus *magiques* extraordinaires.

Suite dans Mandragore

Voir notamment Principes toxiques et vertus médicinales

 

Morelle noire

Solanum nigrum

La Morelle noire est une plante herbacée de la famille des Solanacées. Comme toutes les plantes de cette famille, certaines parties – dont le fruit non mûr – contiennent des gluco-alcaloïdes toxiques.

Voir Jusquiame Datura Morelle (noire)

... + une "invitée" de dernière minute : la bryone dioïque (Bryonia)

  

Muguet commun

Convallaria majalis

On peut cueillir du muguet commun pour le 1er mai sans risque, mais il ne faut pas consommer ses feuilles en salade ou ingurgiter ses baies, on encourt un danger mortel. Feuilles, fleurs et fruits sont toxiques. Le muguet renferme la molécule de cardénolide, appelée convallatoxine, qui est cardiotoxique et mortelle. On trouve aussi des cardénolides dans la digitale qui servent à la fabrication de grands médicaments cardiotoniques. À très faible dose on peut produire avec cette molécule un médicament qui renforce le cœur.

Voir Muguet Convalaria majalis

Voir aussi BAIES ROUGES – NOIRES attention ! et dans Manuels MSD

 

Œnanthe safranée

Oenanthe crocata

Voir Ciguës (pour la photo)

L’œnanthe safranée – en français, traduction littérale du nom latin de l'espèce crocata "jaune safran"1, couleur de l'exsudat racinaire jaune-orangé de la plante2 – est une plante herbacée de grande taille de la famille des Apiacées, commune dans les zones humides de l'ouest européen. En néerlandais, elle est appelée Dodemansvingers (doigts de mort), et en espagnol nabo del diablo (navet du diable)

Notes

1. Crocatus — Wiktionnaire [archive]

2. Oenanthe crocata - Oenanthe safranée [archive] Tela Botanica 

Voir aussi Œnanthe safranée Oenanthe crocata dans Coriandre Coriandrum sativum

L’œnanthe safranée se rencontre dans les régions atlantiques de l'Europe tempérée (Royaume-Uni, Irlande, Belgique, France, Espagne, Portugal) et sous climat méditerranéen dans l'ouest de l'Espagne. Elle pousse dans les zones humides où elle participe à la formation de communautés de mégaphorbiaies. On la rencontre également dans les sous-bois des forêts alluviales claires, surtout en lisière.

Description succincte de l’œnanthe safranée, qui est une plante vivace (géophyte) herbacée de grande taille. Sa tige érigée, creuse, porte de nombreuses feuilles pennatipartites, rappelant celles du persil (voir plus bas Attention, ne pas confondre), produit à la fin du printemps de grandes ombelles de fleurs blanches. Ses racines forment des tubercules allongés exsudant un suc jaune safran. 

Toxicité. Toute la plante est toxique, surtout ses parties souterraines, et la dessication, si elle en diminue la toxicité, ne l'élimine pas complètement. L'intoxication par cette plante est une urgence médicale. L'œnanthe safranée a fait l'objet d'une thèse de pharmacie en 18783.

Parmi les Apiacées (ex-Ombellifères), l’œnanthe safranée est, avec la grande ciguë (Conium maculatum) et la ciguë vireuse (ou ciguë aquatique, Cicuta virosa) "l'une des 3 principales espèces dangereuses trouvées en France"4.

Notes

3. C. Ordonneau "Études sur l’œnanthe safranée (Œnanthe crocata) ; thèse présentée et publiquement soutenue à l’École supérieure de pharmacie de Montpellier" Montpellier 1878

4. Durand, M. F., Pommier, P., Chazalette, A., & de Haro, L. (2008) "Intoxication par une apiacée sauvage : à propos d’une observation pédiatrique" Archives de pédiatrie, 15(2), 139-141, résumé [archive]

Attention, ne pas confondre

Le risque étant aggravé par son odeur et son goût agréables, l'on peut confondre

• les feuilles d'œnanthe safranée avec celles de certaines variétés de persil

• ou le tubercule avec ceux du radis, du navet ou du céleri.

L’œnanthe safranée est également potentiellement toxique chez l'animal. Certains animaux domestiques peuvent notamment en consommer les racines mises au jour avec l'épandage de boues de curage de mares, fossés, étangs *.

* Cf. Affections neurologiques des bovins, intoxications par l’œnanthe safranée [archive] Neurobovin

+ Référence : Geoffrion, R. (2000) "Les plantes toxiques dans les cultures : à redouter dans des parcelles non ou mal désherbées" Phytoma-La Défense des végétaux, (532), 8-11.

Wikipédia 

Documentation

Rire sardonique

L’expression "rire sardonique" date de l’Antiquité et viendrait soit de Sardaigne pré-romaine ou de l’île de Sardon au large de Carthage. Dans tous les cas, elle découle d’un rituel associé au sacrifice des personnes âgées, jugées inutiles, ou des enfants, en offrande à Cronos (père, notamment, de Zeus). Les vieillards étaient jetés du haut d’une falaise ou battus à mort, mais avant cela on leur faisait boire un poison composé d’"herbes sardoniques", qui provoquait une crispation des muscles du visage. Le rictus des condamnés semblait indiquer qu’ils riaient et mouraient heureux…
Plusieurs plantes entraient probablement dans la composition du breuvage : la renoncule de Sardaigne (Ranunculus sardous), la renoncule scélérate (Ranunculus sceleratus) ainsi que l’œnanthe safranée (Oenanthe crocata). Cette grande plante herbacée vivace à odeur de persil, appréciant les milieux humides comme les berges et les fossés, est extrêmement toxique. Mais ce sont les racines tubéreuses, laissant exsuder un liquide jaune à la coupe (d’où le nom de safranée), qui auraient été utilisées pour la préparation de la potion funeste. On comprend mieux ainsi l’origine de son surnom "navet du diable". Mais la vérité populaire s’exprime encore plus clairement avec cet autre surnom : l’"herbe aux héritages".

Nul doute que Maupassant aurait pu s’y référer dans L’Héritage, une de ses nouvelles réalistes portant sur l’argent.

Pierre Meppiel 
Jardinier du Jardin botanique du col de Saverne

Source Jardins de France [archive]

.Vu dans Rire sardonique (Coriandre Coriandrum sativum)

Toutes les Œnanthes sont toxiques. Voir Œnanthe safranée et autres Œnanthes

 

Pavot

Papaver somniferum

L'incision de la capsule du pavot somnifère encore verte laisse écouler un latex qui fournit l'opium. 

Pavot Papaver somniferum Latex suintant d'une capsule (Wikimedia Wikipedia commons 2021)

Latex suintant d'une capsule de Pavot Papaver somniferum (Wikipedia commons 2021)

Le pavot somnifère ou pavot à opium, appelé également "pavot des jardins", est une espèce de plante herbacée annuelle de la famille des Papaveraceae originaire d'Europe méridionale et d'Afrique du Nord. Connue pour ses propriétés psychotropes sédatives, elle est aussi cultivée à des fins ornementales ou alimentaires. (Wikipédia)

L'opium est le latex qu'exsude le pavot somnifère. On le récolte en le laissant couler le long d'incisions faites sur les capsules des fleurs de la plante au petit matin, après la chute de leurs pétales. Il contient une grande concentration d'alcaloïdes comme la morphine ou la codéine, dont elles sont extraites. Il en résulte, après préparation, un produit hautement psychotrope. L'opium induit notamment une euphorie, une somnolence et un état hypnotique et onirique que de nombreux écrivains, penseurs et artistes ont recherché, comme Charles Baudelaire, Jean Cocteau ou Antonin Artaud. De nombreuses substances dérivées de l'opium sont utilisées en médecine ou pour des usages dits récréatifs, ce sont les opiacés : morphine, codéine ou encore laudanum (macération d’opium, safran et girofle dans du vin de Malaga, analgésique et anti-diarrhéique). (Wikipédia)

L'héroïne est développée initialement pour améliorer la sécurité de la morphine, un alcaloïde de l'opium trop addictif – et non comme agent analgésique.

Voir aussi

Argémone (Papaver argemone L.)
Coquelicot (Papaver rhoeas)

Eschscholzia californica

 

Pervenche de Madagascar

Catharanthus roseus

La pervenche de Madagascar est une espèce de plante herbacée pérenne originaire et endémique de Madagascar appartenant à la famille des Apocynacées.

Pervenche de Madagascar (Curtis).jpg

Des fleurs de couleur blanche à rose foncé avec un centre rouge sombre

Plante tropicale ornementale, la pervenche de Madagascar est aussi cultivée pour la réalisation de médicaments anticancéreux. On connaît les principes actifs de cette plante depuis les années 1960. Mais il ne faut ne pas l’utiliser soi-même car les risques de toxicité sont importants.

Il en va de même avec la grande pervenche (Vinca major), la petite pervenche (Vinca minor), utilisée en médecine populaire, et la pervenche difforme (Vinca difformis). Toutes les parties de ces plantes sont toxiques, pouvant provoquer des vomissements en cas d'ingestion.

À noter

La pervenche de Madagascar (Catharanthus roseus) ne fait plus partie du genre Vinca, dans lequel elle a été classée par le passé sous le synonyme de Vinca rosea L. ou Vinca speciosa Salisb.

"Pervenche" en français vient de vinca pervinca (dérivé du latin vincio "je conquiers"), formule *magique* car la pervenche aurait des vertus médicinales permettant de vaincre de nombreux maux ou aurait la capacité de résister aux froids de l'hiver...

Voir Wikipédia

 

Pois rouge – graine de jéquirity 1

Abrus precatorius L.

Le pois rouge ou abrus à chapelet2 (Abrus precatorius L.) est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Fabaceae (ex-Légumineuses). C'est un arbuste grimpant à graines rouge et noir hautement toxiques.

 Jéquirity Abrus precatorius L. Plusieurs aspects.jpg

Jéquirity Abrus precatorius L. Plusieurs aspects

Voir Jéquirity ou Pois rouge Planche Köhler–s_Medizinal-Pflanzen-002

Étymologies : du tupi guarani jekirití "pois rouge". Abrus est un mot latin, de l'arabe abrūz.

Noms vernaculaires ou locaux. Haricot paternoster, graine l'église, liane réglisse, cascavelle. Zyé a krab ("œil de crabe"2, créole), azénoukoun ("œil de sorcier" en langue fon parlée au Bénin), ditso la djini ("œil du diable" aux Comores3). Anglais : jequirity, Indian liquorice ou crab's eye. Espagnol : jequiriti.

Notes

1. Étonnantes graines entre nature et culture Isabelle Archambault, Orphie 2013, pp 110-111

2. Le pois rouge : graine du languissement et poison violent [archive] Tela-botanica

3. Guide de la flore spontanée des agrosystèmes de Mayotte (PDF p.46) Joël Huat, Marie Nagy, Anaïs Carpente, Marion Schwartz, Thomas Le Bourgeois et Pascal Marnotte, CIRAD (Recherche agronomique pour le développement) et RITA (Réseau d'innovation et de transfert agricole) Mayotte 2021, agritrop.cirad.fr

La plante est originaire des régions tropicales de l'Ancien Monde – Inde, Asie, Afrique – d'Australie et d'îles du Pacifique. Son aire de répartition actuelle s'est élargie aux régions tropicales du Nouveau Monde, et on la trouve maintenant, notamment en Nouvelle-Calédonie, à Mayotte, à Madagascar, à l'île Maurice, à l'île de la Réunion, à Hawaï, en Amérique du Sud, au Suriname, en Floride et aussi aux Antilles.

Le pois rouge est une liane pantropicale4, une plante grimpante dicotylédone ligneuse à feuilles caduques, qui peut atteindre 5 mètres en hauteur et 6 à 9 mètres de long. Elle forme de nombreuses tiges volubiles prenant pour support de grands arbres. Les feuilles composées, alternes, paripennées, ont de 8 à 17 paires de folioles opposées, membraneuses, oblongues. La corolle, avec un large étendard, est rose à pourpre, parfois blanches.

Les fruits sont des gousses qui souvent se mêlent, s'entortillent en grappe et renferment de 3 à 7 graines ovoïdes de 2 à 7 cm – les graines de jéquirity – très dures5,6, d'abord roses puis écarlates – rouge brillant – avec un point noir près du hile. Elles sont décoratives 

Notes

4. Pantropical. Se dit des plantes qui se localisent dans toute la zone tropicale (palmiers, fougères arborescentes, ébénacées, loganiacées, etc.)

5. Plantes magiques et médicinales des Féticheurs de l'Oubangui A.-M. Vergiat, Journal d'agriculture traditionnelle et de botanique appliquée, vol. 17, nos 5-6,‎ 1970, pp 171-199 (+ voir pp 183-184) [archive]

6. Étude de l'activité hémagglutinante des lectines extraites des graines de la flore malienne M. Doumbia (thèse de pharmacie) Bamako, FMPOS (Faculté de Médecine, de Pharmacie et d'Odontostomatologie) 2004 (PDF pp 22-23, 48) [archive]

La graine renferme une lectine hautement toxique (abrine) proche de la ricine de la graine de ricin, provoquant gastro-entérite sévère, collapsus, troubles neurologiques graves. Le traitement est symptomatique. Les accidents sont rares mais potentiellement mortels, dus à la mastication des graines utilisées pour leur aspect décoratif dans des bijoux (colliers, bracelets), des chapelets (d'où le nom vernaculaire "haricot paternoster"), ou encore dans des hochets musicaux (maracas). Heureusement, l’enveloppe très dure du pois rouge est presque impossible à croquer. L'intoxication peut aussi être due à la consommation d'eau souillée par les graines, car l'abrine est très hydrosoluble.

Anciens usages en thérapeutique. La racine a été utilisée en succédané de la réglisse. Les extraits de graines ont été utilisés en ophtalmologie.

Autre utilisation des graines de jéquirity : Unité de mesure. Les graines, de par leur remarquable unicité de poids (1/10e de gramme), comme celles du caroubier, étaient utilisées en Afrique par les peuples Ashantis, Akan et du Ghana comme carat pour peser la poudre d'or. Cette pratique se répandit jusqu'en Inde. Elle donna naissance à une forme d'orfèvrerie raffinée, les graines ayant pour équivalent des poids à peser, représentant divers animaux ou objets, en fonction de l'atelier d'origine.

Sources Jéquirity (Le dictionnaire) – Wikipédia

Documentation

Abrus precatorius L. [archive] (Toxiplante)

Pois rouge (Wikiphyto)

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Ricin

Ricinus communis

Les graines et les coques de ricin contiennent des produits toxiques *, le principal étant la ricine. Elles renferment également un allergène plus difficile à rendre inactif que la ricine et pouvant provoquer une hypersensibilité chez les humains en contact avec ce produit. Cet allergène semble peu nocif pour les animaux.

* Voir aussi Quelle différence entre intoxination et intoxication ?

Suite dans Ricin & Huile de ricin

Voir aussi dans Manuels MSD

 

Sumac vénéneux

Toxicodendron radicans

Le sumac grimpant, herbe à puces, bois de chien, sumac vénéneux ou poison ivy (Toxicodendron radicans, anciennement Rhus radicans) est une liane de la famille des Anacardiaceae, comme les anacardiers * et les pistachiers. C'est une plante sauvage originaire d'Amérique du Nord, où elle est commune dans une grande partie des États-Unis et du Canada. Il est aussi possible de la voir en Amérique du Sud et en Asie tempérée.

* À noter, la noix de cajou (ou noix d'anarcade) est un "superaliment

Cette plante adopte divers ports : rampante, dressée et buissonnante, ou longuement grimpante. Les feuilles sont pétiolées, trifoliolées, à folioles ovées ou rhomboïdales, entières ou crénelées ou irrégulièrement paucidentées (qui possèdent un petit nombre de dents). Les fleurs (longueur 3 mm) sont verdâtres, en panicule axillaire lâche Le fruit est glabre, blanc.

Sumac grimpant Toxicodendron radicans

Feuilles du Sumac grimpant Toxicodendron radicans

Comme celle d'autres espèces proches, sa sève peut être sensibilisante et induire de sévères réactions allergiques – dermatite de contact (réaction cutanée résultant de l'exposition à des substances allergènes ou irritantes).

À noter, les plantes toxiques ne sont pas mortelles pour toutes les créatures. Par exemple, les cerfs et d’autres animaux de pâturage broutent du sumac vénéneux sans problème.

Lire aussi 

Sumac vénéneux (SanteChezNous) [archive]

Comment identifier du sumac vénéneux (dans Wiki How) [archive]

Documentation diverse

Poivre rose, saveur délicate, sucrée, légèrement piquante, provient d'un arbuste d'Amérique du Sud, de la famille de... l'"herbe à puces" ; cette "baie rose" ne se conserve pas très longtemps.

Voir Lexique "phyto-médical" – Voir aussi Poivre (+ huile essentielle) PDF

Vinaigrier Sumac

 

Tulipe

Tulipa

La tulipe est toxique, car elle contient des glucosides qui peuvent provoquer des douleurs abdominales, des étourdissements voire des convulsions. Le bulbe est le principal organe toxique.

Principes toxiques : Le bulbe contient des alcaloïdes thermostables et des cristaux d’oxalate de calcium. 

Les ingestions, généralement accidentelles (voir plus bas Attention, ne pas confondre), peuvent entraîner des troubles digestifs, neurologiques – si l’ingestion est massive – et cardiaques. Le contact cutanéo-muqueux provoque une inflammation douloureuse, la "gale des Tulipes" (voir). La poussière soulevée lors de la manipulation des bulbes peut provoquer des conjonctivites, des rhinites et des crises d’asthme.

Attention, ne pas confondre

Les ingestions sont généralement accidentelles par suite de confusions alimentaires avec des bulbes de Liliacées comestibles : ail, oignon, échalote.

Voir aussi Une autre forme de "toxicité" ;-)

 

Vératre blanc

Veratrum album

Le vératre blanc est toxique par ingestion. Le bétail ne le consomme pas.

Toutes les parties de la plante sont toxiques et sont nocives pour l'homme comme pour les animaux d'élevage. C'est en particulier le cas pour la racine. La plante contient en effet plusieurs alcaloïdes comme la protoveratrine A (proA), la protoveratrine B (proB), la veratrine, la cevadine et la jervine. Ces trois molécules constituent en cas d'ingestion un cocktail toxique entraînant des vomissements puis une sévère bradycardie * (rythme cardiaque habituellement inférieur à la normale ≠ tachycardie) et une hypotension. Une dose de 20 mg ingérée, soit 1 à 2 g de racine séchée peut être mortelle.

L'intoxication se soigne par injection d'atropine, qui aide le cœur à retrouver un rythme normal.

* Chez un sportif entraîné en endurance, la fréquence cardiaque peut être proche de 30 battements par minute sans que cela soit anormal (bradycardie physiologique).
En pathologie, la bradycardie peut être révélatrice d'un trouble de la conduction cardiaque, plus rarement d'un trouble du rythme cardiaque (ou arythmie)

L’odeur nauséabonde du rhizome du vératre est un premier signe, qui s’accompagne d’un second : il s’avère âcre, amer, corrosif, après avoir fait place à une douceur initiale mais traîtresse, lorsqu’on le mâche, à l’état frais comme sec.

Cela est à mettre sur le compte d’une substance alcaline, complexe d’alcaloïdes stéroïdiques, la vératrine, plus exactement composée de jervine et de pseudo-jervine, de proto-vératrine, de vératroïdine et de vératralbine...

À suivre dans Vératre blanc Veratrum album

Voir aussi Histoire de noms (Vératre blanc Veratrum album)

 

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Documentation

Arbre (symbole)

Baies rouges – noires Attention !

Bâton & Baguette

Bâtons de fumigation du maquis corse

Cueillir les plantes sauvages

Damiana Turnera aphrodisiaca

Des "mauvaises herbes" ?

Différencier les plantes toxiques des plantes comestibles
((Sur)vivre dans ce monde sans vie)

Fumigations et nuages d'encens (Fumée)

Interactions : parasitisme et symbioses

Jusquiame Datura Morelle (noire)

L'Homme "Medicine"

Rituel des feuilles de Sauge brûlées (Travailler avec l'Aura)

Rituel de la sauge brûlée (Sauge Salvia)

Tabac, une histoire fumeuse

Toxicité des huiles essentielles (Sauge Salvia)

Vératre blanc Veratrum album

PDF

Ciguës (toxiques) 

Facteurs de dangerosité des drogues p.4 (Tabac bienfaits et toxicité)

Genévriers (plantes dangereuses p.9)

Le poison dans l’histoire_crimes et empoisonnements par les végétaux (p.14)

Livret des cueillettes des baies et petits fruits

Périodes des collectes de baies et autres petits fruits (tableau récapitulatif)

[Books of] Dante

Flore magique et astrologique de l’Antiquité (livre de Guy Ducourthial) [PDF]

Graine & Semence : quelques aspects symboliques [archive]

Plantes "maléfiques" vs plantes "bénéfiques", est-ce raisonnable ?

Spiralisation de la Nature [archive]

Documentation : Livres de [Books of] Dante

Autres liens externes et outils

Datura et belladone : deux plantes de sorcières (Rustica) [archive sans vidéo]

Glossaire sur l'étude des drogues et des addictions (OFDT)

Le dictionnaire de l'Académie nationale de Pharmacie

Le tabac : une plante sacrée (Soleil bio décembre 2003) JPG

Les plantes toxiques du jardin (Rustica) [archive sans vidéo]

Les poisons dans les romans policiers [archive 25/11/2014] [archive 10/07/2025]

Liste des fleurs toxiques (Gerbeaud)

Plantes médicinales : de la Grèce antique à aujourd’hui (The Conversation 22/04/5025) [archive] Pavot, millepertuis, safran et autres plantes médicinales utilisées depuis la Grèce antique sont étudiées par l’ethnopharmacologie, une discipline au croisement de la botanique, de la chimie, de l’anthropologie et de la médecine, pour inspirer les approches thérapeutiques de la médecine contemporaine...

Soigner ou tuer : petite visite dans les dangereux jardins de plantes à poisons (The Conversation 24/04/2025) [archiveSi magnifiques soient-elles, les fleurs qui ornent le jardin de la duchesse de Northumberland ne sont pas inoffensives. Il en est même certaines dont il vaut mieux s’abstenir de humer le parfum, pour éviter de perdre connaissance. Les plantes qui poussent en ces lieux sont en effet toutes vénéneuses...

Sport et dopage à travers les âges (La Dépêche) [archive]

Toxiplante

Un livre

Plantes des dieux, des démons et des hommes (Éditions Ouest France 2019). Jacques Fleurentin signe un livre qui présente les plantes hallucinogènes employées par les chamans et les sorcières.

 

 

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