3-La Tunisie et l'activité physique
La Tunisie en bref
Le nom de Tunis, issu de la toponymie antique de l’Afrique romaine, a probablement le sens de "campement de nuit", "bivouac" ou "halte". Comme Tunis, de nombreuses localités berbères se situaient sur des voies romaines et ont sans doute servi de relais ou de halte. Le jasmin est la fleur emblématique de la Tunisie car elle symbolise la pureté, la douceur de vivre et la tolérance. Elle est abondamment utilisée dans les campagnes de promotion destinées à attirer les touristes dans le pays. La Tunisie est le premier pays exportateur au monde de dattes (palmier-dattier). Elle est aussi connue pour l'élevage des camélidés.
Voir Tunisie dans l'"Article de qualité" de Wikipédia
L'activité physique en Tunisie
Les arts martiaux tunisiens, aussi appelés "jeux de combats" en Tunisie, sont pratiqués depuis la nuit des temps et semble avoir fait partie du patrimoine des Îles Kerkennah, où les techniques auraient commencer à se former. Puis ces techniques se sont transmises aux Capsiens (culture archéologique du Maghreb, environ 7500 à ), quelques traces ayant été découvertes dans plusieurs gravures rupestres. Entre 4500 et 2500 av. J.-C., les Berbères s'installent en Tunisie et commencent à apprendre ces méthodes de combats et à les propager en Algérie, au Maroc et aux îles Canaries. Elles sont pratiquées en tant que sport dans l'amphithéâtre d'El Jem, ville tunisienne aux portes de la région du Sahel, où l'on trouve beaucoup de traces. Elles continuent à être pratiquées sous les Aghlabides (de 800 à 909), les Zirides (entre 972 et 1014 et jusqu'en 1148 sur l'Ifriqiya) et les Hafsides (entre 1228 et 1547). Pendant le protectorat français de Tunisie ( au ), plusieurs sports de combat connaissent leur apogée en Tunisie, comme la boxe anglaise ou encore l'escrime, le judo ou le ju-jutsu.
D'après EverybodyWiki
Le football est le sport le plus populaire en Tunisie, comme dans de nombreux pays. Le taekwondo est le second sport le plus pratiqué dans le pays, où les arts martiaux sont très en vogue. Tel aussi le yoseikan budo, un art martial développé à la fin des années 1960 au Japon dont la pratique peut se faire à main nue ou avec des armes.
Le yoseikan budo (養正館武道, Yōseikan Budō) (1) est un art martial qui se pratique à main nue (2) ou avec des armes : coups (poings, coudes, pieds, genoux, tête), projections, les immobilisations, clefs, étranglements, armes (traditionnelles ou recouvertes de mousse). C'est une des disciplines associées de la Fédération française de karaté. Ce sport a été développé à la fin des années 1960 et fondé officiellement en 1975 (fédération française) par Maître Hiroo Mochizuki (né en 1936 à Shizuoka). En Tunisie, il existe des tournois et un championnat chaque année entre différents clubs (3).
Cf. Ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative "Yoseikan budo" sports.gouv.fr [archive] [archive 18/02/2025]
Voir aussi Yoseikan Budo de MMArtial dans Arts martiaux que vous ne connaissez peut-être pas (archive)
(3) Cf. Top 5 des sports les plus insolites en Tunisie (yoseikan budo) par L'instant-M [archive]
D'après Fiche jeux Tunisie (2017) PDF
En Tunisie, carrefour des civilisations, le sport [qui à l'instar du jeu peut être considéré comme le "sel de la civilisation" (1)] a su adhérer, coller à l'histoire d'une société continuellement soumise à l'acculturation, transformée par les multiples conquêtes, ballotée par les changements et le rythme effréné du développement et de la vie moderne. Le sport tunisien a oscillé entre l'antique, le traditionnel et le moderne. Se plaçant au début au cœur des premières fêtes comme un grand drame populaire, il a su remplir à travers des siècles dominés par les Phéniciens, les Romains, les Vandales, les Byzantins, les Arabes, les Turcs et les Français, ses multiples fonctions de catharsis, de culte religieux, de rites sacrés destinés à conjurer la mort, assurer la prospérité, obtenir par des rogations pour la pluie, l'eau, source de la vie et surtout apporter aux groupes la cohésion et l'esprit de corps nécessaires à leur survie. En accédant aux règles rigides du sport moderne, l'accent fut mis sur son rôle déterminant dans l'éducation, la formation, l'enrichissement de la personnalité, la forme physique, la compensation des méfaits de la vie moderne et du machisme. [...]
La préférence des Africains allait plutôt vers les vrais jeux du cirque : les courses de chevaux et de chars, le pugilat, la lutte, ainsi que vers la chasse et la pêche. Un panneau de la "Mosaïque aux chevaux" de Carthage (2) décrit la foulée d'un coureur dans un stade. Une autre représentation provenant des thermes de Gichtis (Bou Ghrara) montre deux lutteurs nus aux prises, dotés d'une musculature très développée. Deux mosaïques découvertes à Thyna et à Bou-Argoub montrent des athlètes aux prises et sur la table sont exposées une palme et des couronnes et vraisemblablement des prix très alléchants : des bourses pansues. Le pugilat était à l'honneur. Sur une mosaïque de Thuburbo Majus, site archéologique au nord de la Tunisie, le meneur, poings tendus en avant vient d'ouvrir la tempe de son adversaire encore sur sa garde.
[...] [Et bien d'autres jeux] la rekla, ruade d'un seul pied qui relève de la lutte, une sorte de savate, la zgara, genre de danse et d'assauts avec bâtons (3), ancêtre de l'escrime tunisienne (4), gymnastique... [etc.]
[Mais parlons] de la lutte... (5) (6) el grech qui se déroulait sur la Rahba (la place). Delphin (7) et quelques vieux Tunisiens (tradition orale) nous ont permis de constater que la lutte comporte 7 ou 10 phases. Celle-ci est ludique mais celle importée de Constantinople avait un caractère beaucoup plus professionnel et les lutteurs, nommés bahlaouane, s'exhibaient à la cour du Bey au Bardo (8), à l'ouest de Tunis.
et classé au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1979. ("Article de qualité" de Wikipédia)
Voir aussi Le tahtib (Égypte) ou "l’art du bâton", originaire d’Afrique du Nord, qui remonte à l’Ancien Empire de l’Égypte antique... (ARTS MARTIAUX africains)
Voir aussi Borhane Errais et Mohamed Ben Larbi Itinéraire d'une pratique : l'escrime en Tunisie [archive]
pp 39-47 Cahiers de la Méditerranée no32, (ISSN 1773-0201)
(8) Le musée national du Bardo (arabe المتحف الوطني بباردو) est un musée de Tunis situé dans la banlieue du Bardo. C'est l'un des plus importants musées du bassin méditerranéen et le second du continent africain après le musée égyptien du Caire par la richesse de ses collections. ("Article de qualité" de Wikipédia)
Source Pratiques corporelles et sportives dans la culture tunisienne - Persée (pp 25-26 et 29)
Voir aussi ARTS MARTIAUX africains
Documentation Les jeux traditionnels : Pour ne pas oublier le passé, pour éclairer l’avenir (Presse de Tunisie 29/11/2020) [archive]
Les musulmans et la lutte
[...] Les luttes qu’organisent les musulmans étaient accompagnées de rituels spéciaux : la prière appelant Allah, louant les lutteurs, le patron et l’organisateur, et donnant des indications morales sur le déroulement des épreuves et le comportement des lutteurs, leurs rituels d’entrée et de salut au public, de choix de l’adversaire et de début de l’épreuve elle-même, et les rituels exécutés aux moments où sont désignés et récompensés les vainqueurs [Kowalski, 1940 ; Laqueur, 1979 : 24 ; Petrov et Dimitrov, 1958 : 95-96].
_______________
Même s’ils notent que la participation commune de Bulgares et de Turcs mène à des influences mutuelles et à l’établissement de traits communs dans le style de lutte et dans la terminologie, les chercheurs spécialisés affirment qu’il existait deux types de lutte, la lutte "sèche" et la lutte "huilée" (les lutteurs enduisent leur corps d’huile d’olive ou de tournesol) ; la "sèche" est une pratique authentique du Bulgare, alors que l’"huilée" était en priorité une pratique turque* ; les Bulgares luttent vêtus, les Turcs portent le kispet, un pantalon de cuir arrivant jusque sous les genoux [Enciklopediya balgariya, 1984 : 448 ; Petrov R., 1982 : 126-127 ; Petrov et Dimitrov, op. cit. : 92-94] [...]
* Voir Luttes turques, les Gûres
Extraits Les utilisations politiques de la lutte traditionnelle (Cairn.info 2001) [archive]