3-Sports de combat et arts martiaux français
Y a-t-il des sports de combat ou arts martiaux d'origine française méconnue ?
Oui, la Savate1 et le Chausson marseillais2 ainsi que la Canne et le Bâton3, la lutte bretonne (Gouren). Un sport de combat un peu connu mais dont l'origine l'est moins : la lutte "gréco-romaine"5. En fait c'est de la lutte française4 dont le nom a été changé à un moment de son histoire de manière un peu hasardeuse.
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Table des matières |
4. Lutte française ou "à main plate"
Lutte provençale Brancaille
Lutte corse Lutta Mora
5. Lutte gréco-romaine et
luttes olympiques - libre, féminine...
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1. La savate boxe française
La savate est un sport de combat où le pied joue le principal rôle. (Wiktionnaire)
Origine incertaine. Certains auteurs tirent le mot "savate" de l'arabe sabata "chausser" mais on ne trouve pas ce verbe chez d'autres. D'après d'autres encore, il vient du basque zapata "soulier", zapatu "mettre le pied", zapatain "cordonnier" (d'après Littré). La "savate" tirerait son nom du français "vieille chaussure" ou "vieille botte", faisant référence aux chaussures lourdes (plus précisément les bottes portées par les marins français à l'époque où la discipline est apparue)
L'histoire de la savate remonte au XIXe siècle. À cette époque, une forme de combat en pantoufles, connue sous le nom de Chausson ou jeu marseillais, pratiquait des coups de pied hauts. La savate était le nom du style de combat de rue du Nord de la France. Le côté obscur du développement des arts martiaux français s'est manifesté dans la Savate d'Apache1, un système associé aux célèbres gangs de rue parisiens de la Belle Époque2.
Durant cette période d'épanouissement culturel et de profondes divisions sociales, des années 1870 au début de la Première Guerre mondiale, des gangs criminels connus sous le nom d'Apache terrorisaient certains quartiers de Paris. Ces groupes ont développé un système de combat brutal et pragmatique, associant frappes, luttes et armes improvisées telles que couteaux, gourdins et ceintures. La Savate d'Apache représentait une adaptation des principes traditionnels de la Savate aux dures réalités de la survie urbaine, privilégiant l'efficacité et la létalité aux considérations sportives.
En réponse à ces dangereux gangs de rue, les autorités françaises ont créé des unités de police spécialisées, les Brigades du Tigre (ou "Brigades régionales mobiles")3. Ces forces d'élite se sont entraînées aux techniques de la Savate d'Apache, les adaptant aux besoins du maintien de l'ordre et les intégrant aux stratégies policières modernes pour lutter contre la violence urbaine. Cette application pratique démontre comment les arts martiaux français ont évolué pour répondre à des défis sociétaux spécifiques, démontrant une adaptabilité au-delà du contexte purement sportif.
Voir L'art complet : la savate boxe française dans Boxe
Une autre branche importante du système fut la Défense dans la Rue4, née du besoin d'autodéfense pratique dans le Paris du XIXe siècle. Ce système mettait l'accent sur l'adaptabilité et l'efficacité, particulièrement pertinent pour le maintien de l'ordre et la protection individuelle. L'inclusion de techniques de défense par armes, comme la riposte aux attaques au couteau ou aux armes improvisées, reflétait à la fois ses origines urbaines et ses influences militaires.
La boxe française en cartes postales (Musée de la Carte Postale)
Aujourd'hui encore, ces principes continuent d'inspirer les cours d'autodéfense5 modernes, illustrant la pérennité des méthodes martiales traditionnelles françaises.
5. Voir Techniques d'autodéfense en images – Voir aussi Savate défense de Wikipédia
D'après L'évolution des arts martiaux en France | Combatpit
[https://www.youtube.com/watch?v=sKj4_BEXRCg] (16/12/2021)
Commentaires : "Pour doubler/tripler un chassé il faut bien regrouper, sauf qu'avec les deux épaules de face, et le bassin de 3/4 ça ne marche pas bien. Ce qui explique pourquoi dans la Boxe Française académique, on est totalement de profil avec bras équilibreur sur les techniques comme le chassé, pour que le corps soit en bonne position pour travailler. C'est exactement la raison de travailler le chasser traditionnelle, la main arrière peut tenir une table ou un mur, permettant de faire plein d'exercices de la jambe avant."
La savate, le muay-thaï et le kick-boxing
La savate est devenue le sport de combat traditionnel français où les combattants utilisent des techniques de coups de pied et de frappe.
Voir Boxe pieds-poings dans Lexique "sportif"
Dans les compétitions officielles de savate, les combattants visent à marquer des points en frappant des coups de poing ou de pied nets et contrôlés dans les zones cibles autorisées. Le règlement interdit les coups de genou, de coude et de tibia, des techniques courantes en muay-thaï (boxe thaïe). En outre la savate diffère du kick-boxing et du muay-thaï par le port de chaussures et l'utilisation de coups de pied à longue distance, uniquement avec les pieds.
Lire Savate : l'élégant kickboxing français (Combatpit)
Lire aussi Le Muay Thai est-il efficace dans un combat de rue ? [archive sans vidéo]
Parmi les noms célèbres, on compte Théophile Gautier (voir plus bas), Alexandre Dumas (père 1802-1870), le poète britannique Lord Byron (1788-1824) qui affectionnait la boxe et se flattait d'avoir été l'élève du gentleman-boxer John Jackson (1769-1845), le grand maître Gioachino Rossini (1792-1868)... Parmi les autres figures importantes, Michel Casseux (né en 1794) et Charles Lecour (né en 1808), qui ont contribué à la création de ce sport.
La Savate Défense (FFBFS Cahier 9) 26/06/1998
Des combattants modernes comme Richard Sylla, ancien champion du monde*, et Amri Madani, le Francilien plusieurs fois champion de France, d'Europe et du monde, sont également connus. À 24 ans, Eliott Martineau, originaire de Durtal (Maine-et-Loire), est devenu champion du monde de Savate Boxe Française le 12 octobre 2024, en Slovénie.
* Richard Sylla dix fois champion de France, cinq fois champion du monde et trois fois champion d’Europe en boxe française et full contact dans les années 1980. 137 combats pour 127 victoires, 6 nuls et 4 défaites.
2. Le Chausson marseillais
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Le chausson marseillais est un sport de combat axé sur la défense. Tout comme dans la savate à laquelle il est apparenté, les pieds sont utilisés contre l'adversaire. Il intègre en plus les coups portés avec les tibias, les saisies, les coups de pied avec les mains au sol, et les coups de pied dos à l'adversaire. Le chausson marseillais est un sport que pratiquaient les marins pour se défendre. La tenue traditionnelle de combat comporte d'ailleurs un "capri" (ou corsaire) et un maillot de marin bleu ou rouge...
Le chausson marseillais tient ses origines de multiples inspirations : d'une part la pratique médiévale d'une forme de sport de défense incluant la "chausse" est attestée1 ; d'autre part les idées que les marins de Marseille échangeaient lors de leurs voyages au long cours, notamment en Asie et au Brésil2. Le chausson marseillais est un sport de combat né en partie sur les navires marchands : les marins incluent, dans leur gestuelle, le roulis d'un bateau afin de mieux toucher l'adversaire3, mais aussi l'exigüité d'un lieu de combat comme un pont, un bar ou un milieu urbain, les ustensiles disponibles sur un navire (cordages, sacs de céréales, etc.) pour l'entraînement ou encore l'importance de la lecture de l'adversaire pour gagner la supériorité tactique4. Cette lutte permet dans un 1er temps de régler d'éventuels conflits pacifiquement dans l'environnement d'un navire, d'une taverne ou autre milieu urbain auquel les marins devaient s'adapter.
N.B. Il est intéressant de noter que François Vidocq (1775-1857) utilisa la savate pour la formation au combat des policiers de la capitale (à noter ses Mémoires publiées en 1828, dans lesquelles il se remémore son passé de forçat dans les prisons de Bicêtre où il aurait appris les premiers rudiments de cet art de combat aux alentours de 1798).
4. Chausson Marseillais - SAVATE (sur frenchboxingsavate) YouTube 27/12/2007
Dans son texte Le maître du chausson (1842), Théophile Gautier (-) résume la différence que prend la Savate boxe française sur le Chausson marseillais dans la première moitié du XIXe siècle :
« Pour le chausson, on tirait les coups bas, les temps d’arrêt à demi-hauteur ; on courait beaucoup et l’on moulinait des bras. Le jeu du bâton n’était pas développé et se composait principalement des coups de bout, de coupés et d’enlevés-dessous. La canne se tirait comme le sabre.
Le jeu développé fut apporté en France par les prisonniers des pontons d’Angleterre : durant les longues heures de la captivité, ils s’étaient beaucoup exercés, avaient travaillé les coups, et, faute d’autre occupation, faisaient assaut du matin jusqu’au soir ; ce qui les rendit les plus redoutables bâtonnistes de l’univers. »
T. Gautier : Le maître de chausson (1842) sur bmlisieux.com
En 1896, un match entre Michel Ginoux (dernier grand spécialiste du Chausson marseillais au XIXe siècle) et Charles Charlemont (1862-1944, professeur et théoricien de la nouvelle école de savate boxe française) fait chanceler l'image du Chausson marseillais auprès du public, alors que Ginoux perd contre Charlemont. C'est par ailleurs Joseph Charlemont (-) père de Charles, qui avait lancé l'idée que la Savate "parisienne" devait être inspirée des apports du Chausson marseillais.
Le Chauss'fight est à présent l'héritier plus connu du chausson marseillais. Officialisé et codifié à Marseille en 2007, il dépend étonnamment de la Fédération française de Kick boxing Muay thai et Disciplines Associées (FFKMDA) et non de la Fédération Française de Savate boxe française et Disciplines Associées. Depuis 2019, l'évolution du Chausson est supervisée en France par le Comité national de Chausson marseillais, situé dans le quatrième arrondissement de Marseille.
Source et pour en savoir plus, Wikipédia
3. La Canne et le Bâton
Le bâton de combat, bâton fédéral ou bâton français est une technique de combat associée à la fédération de boxe française et disciplines associées. Elle est parfois qualifiée d'art martial français, notamment du fait de sa codification...
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La boxe française en cartes postales (Musée de la Carte Postale)
La France a vu naître plusieurs pratiques comme la Savate au début du XIXe siècle. En effet celle-ci est née dans les salles d’armes et était une sorte d’escrime de pied et de poing bien utile pour se défendre ! En l’occurrence, en même temps, avec les mêmes professeurs et pour les mêmes raisons, a été créé sa sœur jumelle : la Canne et le Bâton français ! Celle-ci est un sport de combat de percussion où les tireurs évoluent dans une aire de combat, un cercle de 9 m de diamètre, et en plusieurs reprises de chacune 1 minute 30 à 2 minutes suivant les catégories.
Les assauts et les duos qui sont réalisés obéissent à deux grands principes simples mis en œuvre par Maurice Sarry (1935-1994), inventeur du sport :
"L’arme étant en bois, chaque coup doit réaliser un vaste mouvement de rotation et d’inertie pour devenir potentiellement dangereux."
Ainsi les tireurs enchaînent des fentes, sauts, esquives et des ripostes en recherchant la vitesse et la précision de leurs touches à travers des phases successivement offensives ou défensives.
La Canne et le Bâton, un sport pour tous
Particulièrement spectaculaire, la Canne et le Bâton est une discipline où chaque pratiquant développe son ambidextrie, sa souplesse et sa tonicité toute en jouant.
Ce sport est très accessible à tous les publics. Enfants et adolescents peuvent y développer une grande aisance gestuelle et s’y défouler tout en apprenant à respecter son adversaire et à contrôler la puissance de ses propres coups.
Hommes comme femmes peuvent y réussir car, contrairement à d’autres disciplines, les qualités de réflexes et de coordination y sont souvent plus utiles que la seule différence de force pure.
Enfin, depuis déjà près d’une décennie, une pratique adaptée de la discipline se développe, d’abord pour les personnes en fauteuil, mais aussi, désormais, pour l’ensemble des handicaps, faisant de la Canne et du Bâton, un sport adapté complet.
La Canne et le Bâton, un sport avec deux armes
Cette discipline d’escrime contondante reste un sport très simple où chaque tireur enchaine des coups, des parades et des esquives… Il peut toutefois pratiquer les attaques avec deux armes différentes, toujours deux tiges légèrement tronconiques du même bois de châtaignier :
Le Bâton est un peu plus lourd (environ 300g) et doit atteindre l’aisselle (généralement 140cm). Il se tient à deux mains en pronation.
Les coups de Bâton étant les mêmes, à deux mains, que les coups de Canne, les fentes et les autres auxiliaires techniques comme les voltes et les esquives étant les mêmes, l’apprentissage commun de l’un et de l’autre est particulièrement naturel, aisé et complémentaire.
La Canne et le Bâton s'ouvre et se développe
La Canne et le Bâton français se pratique actuellement dans quelques dizaines de clubs et de sections tout autour de l’Hexagone mais aussi en Outre-mer, par exemple sur les îles de la Réunion ou de la Martinique. Elle se développe aussi à l’étranger, on trouve ainsi des pratiquants dans près d’une quinzaine de pays comme en Allemagne, au Japon, en Australie, en République Tchèque, à Rodrigues (Maurice) ou au Canada… Se développent ainsi des compétitions internationales.
Source La Canne et le Bâton, discipline d’escrime contondante [archive] (FF Savate)
Voici la vidéo "Démo - Finales ÉLITE A 2025" de FF SAVATE boxe française & D.A.
https://www.youtube.com/watch?v=X92XDM1XXv8 (18/04/2025)
Maurice Sarry, l'inventeur de la Canne et du Bâton
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Maurice Sarry (Paris 14e - 0Créteil, Val-de-Marne, à ) est un maître d'armes et boxeur français, deux fois vice-champion de France de Savate1. Il a notamment contribué à l'émergence de la forme moderne de la canne de combat. |
Constamment en recherche sur la thématique des armes anciennes1, Sarry codifie dans les années 1960 des règles pour la Canne de combat adaptée à sa pratique compétitive2, publiant en 1978 une méthode dédiée à cette discipline (Arme de défense, sport de combat)3.
Il est responsable du comité de la Fédération de Savate responsable du développement de la Canne et du Bâton (Comité National de Canne et de Bâton - CNCB) à partir de 1977, et en devient président d'honneur à partir de 19863.
– Vidéos "Présentation bâton français ASCA" & "Présentation canne de combat ASCA"
3. Fédération Française de SAVATE boxe française et Disciplines Associées, Historique : Cahier N°2, pp 24-27
– Vidéo "Canne de Combat et Bâton 2003 - SAVATE (CABAT)"
Maurice Sarry (1935-1994) [archive] (La Rose couverte de Paname - Canne de combat)
"On le fait même si on pratique le Kendō, le Taekwondo, ou d’autres disciplines asiatiques. Finalement nous perpétuons nos traditions juste avec une autre langue." (Nathan 2024)
Les 3 armes d'arts martiaux les plus populaires du taekwondo (Sandoval Karaté, traduction Google)
Voir
La gymnastique militaire française
Voir aussi Escrime (Europe)
Sauter la pub pour aller à "4. La lutte "à main plate" ou "française" d'Exbrayat"
4. La lutte "à main plate" ou "française" d'Exbrayat
La lutte c'est quoi ? La lutte est un sport de préhension dont la finalité est de renverser l’adversaire au sol au moyen de combinaisons technico-tactiques et de le maintenir les deux épaules plaquées au tapis : c’est le tombé. La lutte appartient aux disciplines sportives les plus anciennes et ses origines se confondent avec celles de l’humanité… Elle a évolué au fil du temps et s’est adaptée à chaque ethnie, il existe donc des dizaines de disciplines différentes. La règle d'or : il est interdit de faire mal.
Voir aussi
La lutte | Les styles [archive sans vidéo] La lutte est un système de combat à mains nues au cours duquel les adversaires se mesurent au corps à corps.
La "lutte à mains plates" est rapidement devenue très populaire dans toute l'Europe au début des années 1800. Cette Lutte française étant la seule à l'époque à permettre des matchs internationaux clairs, ce fut le sport phare dans la plupart des pays d'Europe au XIXe siècle.
Un Français du nom de Jean Exbrayat, ancien grognard de l'armée napoléonienne, qui tenait une baraque foraine, est généralement désigné (par la FILA notamment) comme celui qui a mis en place les règles basiques de la discipline. Exbrayat appelait son style "lutte à mains plates" pour le différencier des autres combats populaires des foires où les frappes avec poings fermés étaient autorisées. Néanmoins cette appellation est illégitime car en vigueur depuis au moins la Révolution française (fin XVIIIe siècle).
Avant Exbrayat, la "lutte à mains plates" était utilisée en opposition à la "lutte de boxe", cette dernière autorisant le coup de poing - on lui trouve aussi des vocables patoisants comme "lutte à pugnes" (de la déformation "pognes", "poigne", "poing"). La "lutte à mains plates" était alors présentée comme une lutte de défense où, à titre sécuritaire, les frappes d'entraînement n'étaient pratiquées qu'à mains ouvertes, donc "plates" (des baffes). Cette pratique de défense peut se comparer à certaines "luttes à frappe" africaines.
Voir Luttes en Afrique (liste) dans Gouren (Bretagne, France)
En 1848, Exbrayat interdit les prises en dessous de la ceinture et limite les prises douloureuses, susceptibles de blesser les adversaires (pour l'anecdote, au cours d'une tournée ambulante en Amérique, il écrasa la tête d'un lutteur noir entre ses mains), ce qui l'éloigna définitivement des règles des luttes traditionnelles qui faisaient toutes usage des jambes comme le gouren ou lutte bretonne, la lutte provençale, la lutte bourguignonne (le style "lutte à mains plates" émerge toutefois en Bourgogne au milieu de XIXe s.) ou les diverses luttes corses par exemple.
Une vidéo "Jean Exbrayat et la lutte des mains plates"
https://www.youtube.com/watch?v=a9lBMPDCwE8 (19/09/2024)
D'ailleurs, aussi loin que l'on remonte, l'iconographie de la lutte peut montrer des saisies de vêtement(s) et des prises de jambe(s), qu'il s'agisse de supports écrits, de poteries, de sculpture ou de bas-reliefs. Exbrayat se serait inspiré d'un style pratiqué en France et internationalement dit pour cette raison "Lutte Française". Sa démarche aurait donc, en anticipation, été de même nature que celle du Marquis de Queensbury en Angleterre lorsque furent proclamées les London prises ring rules. Ces "règles londoniennes" formalisèrent les rencontres de boxe et en firent le style international aujourd'hui connu de nous sous le nom de "Boxe Anglaise"...
Voir Reconstituer l'orthépale (Orthépale, l'antique lutte grecque)
... pour une suite voir Lutte_gréco-romaine#Histoire (Wikipédia)
Lutte provençale. La Lutte traditionnelle provençale pratiquée jadis dans le sud de la France, qui, selon certains historiens locaux, serait en Europe l'héritière de l'antique Pancrace grec (Pankration). Pancraçi est le nom que lui donnait les anciens Provençaux. Elle prit par la suite celui de Brancaille ou Brancace en l'honneur du Saint du même nom, "saint Pancrace" en français. Assimilée à la Lucho Libro, qui ressemblait à du Catch, la Brancaille s'en différenciait par l'application de coups, c'est uniquement lorsque les deux combattants se mettaient d'accord sur l'application des coups que la Lucho Libro devenait Brancaille. Les combats étaient rapides et violents. Cette lutte qui était pratiquée lors des fêtes, autorisait l'usage des coups de pieds, de poings, de coudes, de genoux, de tête, ainsi que les étranglements, les clefs et la frappe au sol. Les combats tombèrent dans la clandestinité après la seconde guerre mondiale - à l'exception des rares tournois à caractère "culturels" - mais l'enseignement de cette discipline continua d'être transmis publiquement jusque dans les années 1970, date à laquelle Maître Ernest Banon (1908-1993) fonda l'Association Culturelle des Luttes et Arts Pugilistiques de Provence qui fusionna après sa mort avec l'Union Internationale de Pancrace et prit le nom de Fédération des Luttes Traditionnelles Provençales sous la direction de Maître Régis Renault.
Voir Les luttes en Provence (Pankration)
Lutte traditionnelle provençale, Brancaille (Acantari 19/02/2013) [archive]
Lutte corse. Jean-Antoine Santarelli est un passionné des arts martiaux, des sports de combat en général et il a toujours souhaité que la Corse ait sa propre discipline. "Je souhaitais que la Corse possède un sport de combat respectable. Dans l’Antiquité les Romains ou les Grecs pratiquaient déjà le pancrace. Au fil des années et des siècles, la lutte a alors pris différentes appellations, selon les régions. Mais souvent ces variantes n’ont jamais été codifiées. Dans toute l’histoire de la Corse cela n’a jamais été fait. Je suis très fier d’avoir apporté à la Corse un sport de combat noble et juste par sa règlementation et le respect qu’il impose par sa technique. La Lutta Mora [ne pas confondre avec la Mourra, un jeu corse] est une combinaison de plusieurs techniques" précise t-il. Un adepte de cette discipline doit ainsi maîtriser les trois distances du combat : courte (boxe), mi-distance (pieds, poings et genoux) et très courte (le corps à corps). Mais un sport, quel qu’il soit, doit avoir ses propres règles. Alors Jean-Antoine s’est mis au travail pour codifier sa lutta corsa. Les combats se déroulent sur un ring de boxe. La durée des rounds est de 3 x 3 minutes pour les amateurs qui doivent être protégés par un casque et des protège-tibias. En ce qui concerne les professionnels, le combat comprend 4 reprises de 3 minutes. Debout, sont autorisées les frappes avec les poings, les pieds et les genoux. Au sol, les combattants peuvent utiliser les frappes au corps avec les poings et les genoux. À l’image d’autres disciplines de ce genre les combattants peuvent aussi avoir recours à la soumission : clefs de bras, de jambes ou les étranglements, même en phase debout. Le règlement proscrit par contre certaines pratiques : les frappes à la gorge, à la colonne vertébrale, les morsures, les coups de têtes, les doigts dans les yeux. Au sol, les frappes au visage sont également bannies...
suite dans La lutta mora : Un sport identitaire, Journal de la Corse 18/07/2013 [archive]
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Lutteurs (1875) de Alexandre Falguière (1831-1900)
5. La "Lutte gréco-romaine"
Comme nous venons de le voir, le style de "lutte française" émerge au milieu de XIXe siècle. Également appelé "lutte à mains plates" par contraste avec les autres sports de combat où les coups sont permis, il se répand à travers l'Europe.
Durant cette période, au milieu des années 1800, le lutteur italien Basilio Bartoletti inventa le terme "lutte gréco-romaine", en écho au regain d'intérêt de son époque pour les valeurs de l'Antiquité, en référence aux origines grecques des luttes des Jeux Antiques et pour la rattacher à ces valeurs et traditions anciennes - c'est le terme que nous utilisons le plus couramment aujourd'hui, d'une façon particulièrement surprenante, l'expression étant infondée car ni les Grecs ni les Romains ne pratiquèrent un tel style de lutte (si ce n'est vraisemblablement comme dérivatif dans les entraînements à la palestre).
Voir Orthépale, l'antique lutte grecque
Contre toute attente, cette appellation non fondée fut reprise par tous les pratiquants de la discipline. À cette époque, les leaders du monde sportif encourageaient les pratiquants à retourner aux valeurs classiques et anciennes de la Grèce et de Rome. De nombreux tournois furent organisés dans les capitales du Vieux Continent sous un mode précurseur du professionnalisme. Cette lutte fut inscrite au programme des 1ers Jeux Olympiques Modernes d'Athènes en 1896 sous le nom de "lutte romaine et grecque", et devint définitivement discipline olympique en 1908. Ainsi, sur ce "fond historique", la lutte est devenue "gréco-romaine" ou "classique".
Voir
Doc sur les jeux olympiques (Arts martiaux et Sport de combat)
Voir aussi [en] Save the wrestling! A short history of wrestling | HROARR
La lutte gréco-romaine olympique est régie par la Fédération internationale des luttes associées (FILA), créée en 1905. La règle principale, qui différencie le style gréco-romain de la lutte libre ou féminine, est l'interdiction d'attaquer les jambes et de travailler jambe sur jambe.
Ainsi, l’une des premières règles établies dans la lutte, dite "gréco-romaine" - à tort donc, mais curieusement ce nom a sans doute contribué à faire gagner de la popularité à ce sport - était l’interdiction des prises et des retraits sous la taille. Aucune soumission n'était autorisée pour s’assurer que personne ne soit blessé.
Dans la lutte gréco-romaine, vous ne pouvez abattre votre adversaire qu’avec des mises au sol et des lancers depuis ses hanches et vers le haut : certains l'ont décrite comme du judo sans "gi"1, car les deux sports donnent la priorité aux éliminations et interdisent les attaques aux jambes.
La lutte gréco-romaine se fait donc avec et sur le haut du corps, les compétiteurs attaquant leur adversaire depuis la position debout, avec des clés de tête (headlocks, autorisées que si le lutteur contrôle également un bras de son adversaire, une prise de tête sans bras étant illégale car exerçant une pression dangereuse sur les cou/tête de l'adversaire) et des bras à la volée (arm throws), ainsi que des contrôles au corps (bodylocks, ceinturer des bras le corps de l'adversaire avant de le jeter au tapis)2. Cette règle cruciale a un impact direct sur la position des lutteurs, qui, n'ayant pas à se protéger d'attaques aux jambes, adoptent une garde plutôt haute. Par extension, les lutteurs gréco-romains sont plus forts sur le haut du corps, plus sollicité.
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Garde haute. Lutte et lutteurs de Paul Pons (1904) PDF p.16 |
Voir aussi Paris Lutte Olympique | Lexique franco-anglais [archive]
D'après La lutte gréco-romaine est… française [archive] (Le Point 30/12/2018)
La lutte gréco-romaine est basée sur la lutte de style folklorique, qui était le type principal pratiquée en Europe. La vidéo ci-dessous nous explique ce combat.
https://www.youtube.com/watch?v=JQbtM5_1SgY (29/11/2017)
Déroulement d'un match de lutte gréco-romaine
Le match a lieu sur deux périodes de trois minutes. Au début du match, après avoir été appelés par l'arbitre, les lutteurs viennent au centre du tapis et se serrent la main. L'arbitre siffle ensuite le début du match. Au bout de 60 secondes de combat debout, le combat passe en position "à terre" : un lutteur, en général celui qui n'a pas l'avantage, se place les deux mains et deux genoux au sol et doit se défendre pendant 30 secondes des attaques de son adversaire. Puis c'est au tour de son adversaire.
La victoire en lutte gréco-romaine peut s'obtenir de différentes façons...
- tombé, c'est-à-dire lorsque le lutteur parvient à maintenir les deux épaules de son adversaire au sol assez de temps pour que le tombé soit validé par l'arbitre. Cela interrompt le match et donne la victoire au lutteur ayant réalisé le tombé ;
- blessure, abandon, forfait ou disqualification de son adversaire. Il y a des interdictions sous peine de disqualification : les étranglements, les torsions de bras ou des doigts, toucher les muqueuses comme les yeux ;
- supériorité technique, c'est-à-dire lorsqu'un des lutteurs atteint 8 points de plus que son adversaire, ce qui arrête le match et donne la victoire à ce lutteur ;
- aux points, à la fin des deux périodes. Les cotations de points sont uniformisées et s’étalent de 1 à 5 points.
Lire Bras roulé, passivité, portée du pompier… comprendre ce sport millénaire (Le Monde 2017)
... source et pour en savoir plus dans Wikipédia
La lutte gréco-romaine et les luttes olympiques
La lutte telle que pratiquée au cours de l’Antiquité a connu une évolution notable au fil des siècles. Dès le Moyen-âge et jusqu’à la Renaissance, elle reste un sport réservé à l’élite sociale romaine. En France, la lutte professionnelle apparaît dans les années 1830 et fait partie des sports les plus en vogue, avant de connaître un essoufflement à partir de 1900 pour diverses raisons. Cette situation n’empêche pas cependant son développement. On distingue aujourd’hui trois formes de ce sport : la lutte gréco-romaine, la lutte libre et la lutte féminine, les seuls styles de lutte en tant que sports olympiques officiels.
La lutte gréco-romaine était déjà une épreuve décisive au programme des Jeux Olympiques modernes en 1896 à Athènes. La lutte libre vit son introduction au programme des Jeux de Saint-Louis de 1904. Pour ce qui est de la lutte féminine, son entrée au programme des Jeux Olympiques est plus récente, lors des épreuves d'Athènes en 2004. Plusieurs modifications sont apportées en termes de règles afin de la démarquer de la lutte libre et garantir la sécurité des compétitrices.
d'après Agathocles – Lire aussi La Lutte Olympique [archive] (France Lutte)
Voir La lutte Olympique et le Pancrace (docs.google.com) [archive]
Voir aussi Règlements - Lutte Olympique (PDF à télécharger)
La lutte gréco-romaine aujourd’hui
Si la lutte libre est le style le plus pratiqué dans le monde, la gréco-romaine demeure un sport emblématique de l’olympisme et l’un des styles les plus renommés aujourd’hui, en particulier dans les pays d’Europe de l’Est, qui produisent les meilleurs lutteurs gréco-romains. Si les pays nordiques, les pays baltes ou l'Allemagne possèdent une forte tradition de lutte gréco-romaine, la France a également connu des générations en or dans la discipline (Ghani Yalouz, puis les frères Steeve et Christophe Guénot ou encore Mélonin Noumonvi).
La lutte gréco-romaine et le ju-jitsu brésilien
La lutte gréco-romaine et le jiu-jitsu brésilien sont deux arts martiaux aux nombreuses similitudes et différences. Ces deux arts martiaux sont pratiqués dans le monde entier et ont prouvé leur efficacité dans les compétitions de MMA. Les éliminations sont enseignées dans les deux styles. Aucune frappe n’est autorisée dans l’un ou l’autre sport en compétition. Ces deux styles de grappling ont des objectifs très différents pour gagner dans leurs compétitions.
Voir
Ju-jutsu – Ju-jitsu brésilien (Le Judo)
Dans le Ju-jitsu brésilien, il existe deux manières de gagner un match. Ces méthodes incluent l’obtention d’une soumission ou le fait de marquer le plus de points pendant le match. Les points en Ju-jitsu sont gagnés en exécutant avec succès des techniques telles que les démontages (takedown), les balayages et le passage de la garde*. Les combattants obtiennent également des points pour le contrôle d’une position dominante, y compris le genou sur le ventre, la monture ou la prise du dos.
* Voir Lutte et lutteurs de Paul Pons (1904) PDF p.17
Commentaire de Max (28/08/2022). "La lutte libre est bien plus efficace pour le MMA que la lutte gréco-romaine. Aucun lutteur ayant percé au plus haut niveau dans le MMA ne vient de la gréco-romaine. Ce sont tous d’anciens lutteurs libres (Cejudo, Romero, Usman, Cormier…). C’est logique, puisque les amenées au sol utilisées en MMA sont aussi des attaques au niveau des jambes de l’adversaire. La lutte libre est plus complète, et au passage bien plus pratiquée dans les pays d’Europe de l’est, à l’exception de certains pays, comme la Serbie."
Différence entre Ju-jitsu (brésilien) et lutte gréco-romaine [archive] (sportsdecontact.fr)
Pour terminer l'exposé, ne résistons pas à ce Clin d’œil : Une histoire africaine
Documentation
À voir et/ou à revoir
Abécédaire MMA Techniques
Arts martiaux Canne (Europe, France) dont Un mot sur le bâton
Arts martiaux & Sport de combat
Arts martiaux Karaté (Japon)
Judo (Japon)
La gymnastique militaire française
Lexique "sportif"
Lutte Catch Pancrace Pugilat
Série ACTIVITÉS PHYSIQUES de Yantra
Série ARTS MARTIAUX de Yantra
Liens externes
Dictionnaire Encyclopédique des Arts Martiaux et Sports de Combat (France)
Les INOUBLIABLES combats de lutte (Olympics) vidéos
Série "Catégorie" (listes) de Wikipédia : Art martial français
Pour une "documentation-Histoire"
Les articles sur la "boxe française" foisonnent sur le net. Voici quelques liens sélectionnés
Historique de la Boxe Française [archive] (SC Montredon Bonneveine)
Voir "Extrait du remarquable site 'www.martialonline.net'" (archive)
Martial OnLine (archive pour mémoire)
Histoire de coups [archive] (Juvignac Savate Boxe Française) ... Il semblerait [...] que le terme de boxe française ait été utilisé pour la première fois dans le texte de Théophile Gautier "le maître de chausson" vers 1840. Une version indiquant que le chausson Marseillais fut également à l’origine de la boxe française est mentionnée pour la première fois en 1911 dans le livre de Julien Leclerc * [1859-1919, professeur] mais il faut savoir que le chausson marseillais n’est apparu que vers 1840 (en même temps que le chausson militaire) et que le terme de savate marseillaise que l’on peut rencontrer dans certains ouvrages n’est que pure fantaisie...
Dont Petit historique illustré de la Savate boxe française
* Télécharger La boxe anglaise et française – Julien Leclerc – 1911
* Lire 1828 : les Mémoires controversées du commissaire Vidocq [archive 27/07/2025]
De même pour la "lutte française"
L'histoire de la Lutte [archive] (Club de Lutte de Belleu Soissons) Nous pouvons supposer que la lutte fut pratiquée dès l'apparition des premiers hommes sur la terre. Lesquels devaient lutter pour se défendre et aussi, pour se nourrir. Des gravures, découvertes en Égypte sur des sépultures et datant d'environ 7000 ans, laissent penser que la lutte se pratiquait déjà à cette époque, en tant que sport de compétition et d'exhibition. Il semble qu'en Grèce, la lutte ait été introduite sous l'influence de l'Égypte et d'autre peuple de l'Asie. Les Grecs, il y a plusieurs siècles, se servaient de la lutte comme préparation physique en vue de guerres éventuelles. Elle était également, en ce temps-là, un divertissement...
Les avatars d’un sport de foire [archive] (Presses universitaires du Midi) La parenté du catch – comme celle du sport ouvrier en général – est difficile à cerner ; les racines du sport de lutte dont le catch est l’héritier, sont paysannes donc lointaines ; sa généalogie est ouvrière donc plus récente. Entre les traditions européennes du cirque, ou plus exactement du champ de foire et la modernité du spectacle de music-hall d’importation américaine, le témoignage historique permet d’établir quelques filiations mais qui restent approximatives car peu visibles dans les archives du sport officiel. À vrai dire, la mauvaise réputation qui a toujours entourée le catch dans les milieux sportifs de la lutte ne facilitent pas le travail de recherche historique ; pour le catch il n’y a point, en effet, de fédération officielle qui donnerait, à différents moments, un comptage approximatif du nombre de pratiquants ; il n’y a pas non plus de cadre réglementaire qui fixerait, une fois pour toute, des normes et des usages établis, organisant la pratique ; il y a moins encore d’éléments d’information sur l’organisation marchande du spectacle qui se déploie souvent dans le plus grand secret. Certes, le compte rendu journalistique, l’évocation littéraire ou plus rarement la fiction cinématographique permettront quelquefois de trouver, sous la forme anecdotique, les traces d’un passé glorieux mais les sources d’information restent peu fiables, éparses, déconnectées de leur contexte, bref beaucoup trop fragmentaires pour que l’on s’autorise à faire des recoupements ayant valeur de preuve historique...
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