Le patou, gardien de troupeau
Le patou, gardien de troupeau
Ne doit pas être confondu avec le berger des Pyrénées ou labrit
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Le chien de montagne des Pyrénées (dit en français "patou", en gascon pastou ou patou, écrit en occitan pastor prononcé "pastou") est une race ancienne de chien de berger. Il est utilisé dans le sud-ouest de la France et dans le nord-est de l'Espagne, en particulier dans les Pyrénées pour la protection des troupeaux contre les prédateurs, notamment les ours qui y vivent. Chien de grande taille, fortement charpenté, à poils longs et robe blanche, il est mentionné dans des écrits dès le XIVe siècle. Le standard de race est fixé au début du XXe siècle. Élevé et socialisé en famille, c'est aussi un chien de garde ou un chien de compagnie.
Le patou s'était fait plus rare dans les campagnes en raison de la disparition des grands prédateurs. À la suite du retour des loups dans les Alpes et de celui des ours dans les Pyrénées, il connaît un regain d'intérêt auprès des bergers, contraints à protéger les troupeaux.
Il est beau, le patou. Ce chien de montagne des Pyrénées est un bon gros géant que les petits enfants d’hier ont découvert au cinéma, dans Belle et Sébastien, d’abord série télévisée, puis film à succès. Chien de troupeau par excellence, compte tenu de son impressionnant gabarit, c’est une race très ancienne, bien française, originaire des Pyrénées centrales. Selon les données de la Fédération cynologique internationale (FCI), une femelle pèse de 50 à 59 kg et mesure de 65 à 75 cm au garrot. Un mâle, lui, peut peser jusqu'à 64 kg et affiche 80 cm au garrot. Très belle bête, donc, avec un long poil blanc, bien épais, et une bonne bouille de gentil compagnon sous ses petites oreilles en pointe.
Et apparaît le nouvel "ennemi" du bobo des villes : le patou
Un internaute
Mais voilà, pour garder les troupeaux contre le loup, les bergers ont dû acheter des chiens. Mais voilà, les extraordinaires qualités du patou font qu'il colle une trouille bleue aux randonneurs du dimanche. [...] Une internaute qui connaît la chanson, expose, sur la page Facebook du journal Le Dauphiné : "Personne ne s'est fait attaquer. Menacé, pincé, poursuivi, peut-être, mais pas attaqué ! Le jour où quelqu'un se fera réellement attaquer par des patous, on en entendra parler aux infos, parce qu'il ne restera pas grand-chose de la personne... Utilisons les bons mots pour commencer, les patous menacent, pincent parfois... C'est tout."
Exact. Le patou fait sa job, comme disent les Québécois, et sa job est impressionnante, pour ceux qui ne connaissent que le petit toutou qu’on emmène au toilettage et promène de plus en plus souvent en poussette.
[...] Consciente toutefois de la difficulté qu’il y a à faire cohabiter l’élevage en estive et le tourisme, la Fédération française de la randonnée pédestre (FFRandonnée) édite [juin 2025] pour la deuxième année consécutive une carte (MapPatou) qui recense les alpages où les chiens patous sont présents pour protéger les troupeaux face à la prédation du loup. Elle est consultable en ligne et via plusieurs applications comme IGNrando et Visorando.
Extraits de l'article de Boulevard Voltaire 30/07/2025
Remettons un peu l’église au centre du village avec l'internaute Daniel
Un article qui fleure bon la méconnaissance des alpages et le boboïsme pourtant décrié... Je suis montagnard !
1) Quand j’étais jeune, les bergers étaient des propriétaires de troupeaux ou des employés agricoles. Ils vivaient 24/24 avec les troupeaux. Et ils avaient des chiens, surtout des border collies.
2) Dans les années 1990, le gardiennage de troupeaux a radicalement changé. Les "bergers" sont des employés saisonniers, et beaucoup sont des bobos en "reconversions pour donner un sens à leur vie"… Ils ne vivent plus avec les troupeaux, mais dans des bergeries aménagées. Souvent ils laissent les troupeaux de moutons divaguer toute la journée sans aucune surveillance.
3) La majorité de ces "bergers" ne les maîtrisent pas car ne sont PAS LEURS CHIENS ! Au final, il y a énormément de problèmes : morsures sur les randonneurs, les locaux eux-mêmes, sur les autres chiens, prédation sur des animaux sauvages (marmottes, faons, chevreuils, cerfs…)
Des internautes apportent d'autres précisions
Si les bergers restaient avec les troupeaux, il y aurait encore moins de problèmes. Johann connaît un berger qui reste avec les troupeaux dont il a la charge et qui ne descend que quand c'est vraiment nécessaire. Il est là, fait de la prévention, surveille ses chiens et ça se passe très bien avec les randonneurs et les VTTistes.
Cela dépend aussi des lignées de patous, certaines sont vraiment trop agressives. Bien choisir l'élevage de la part des bergers et/ou éleveurs serait non négligeable.
Les patous correctement dressés ne posent aucun problème. Ceux qui s'attaquent aux randonneurs ou aux VTTistes ne menaçant pas le troupeau ne font pas leur boulot qui est de protéger des loups : le danger est alors leur absence de dressage par les éleveurs par souci d'économie.
Le patou est un chien de défense, pas un chien d’attaque. Ce molosse de montagne n’est ni plus ni moins intelligent et comme tous les chiens doit être éduqué. L’éducation des éleveurs de moutons consiste à mettre le chiot patou au milieu des brebis et à l'y laisser grandir jusqu'à ce qu'il s'identifie à elles. Il devient dès lors évident que, si ce que le patou perçoit comme un "prédateur" s’approche du troupeau, il se sente attaqué et protégera les brebis en tant que dominant. Il ne saura pas faire la différence entre un voleur de mouton ou un touriste bruyant et un paisible randonneur. Il aboiera jusqu’à ce que l’intrus rebrousse chemin. Le berger sera alerté. Il faut bien comprendre que l’instinct de ce chien de berger est d’éloigner tout danger de son troupeau. Toutefois, si le chiot est sociabilisé aux humains, il saura faire la différence entre juste un passage et une attaque. Malheureusement les propriétaires de troupeaux n’ont pas le temps de l’éduquer en ce sens. À noter qu'on peut aussi se faire agresser par un roquet, en ville...
Un portrait de patou par Bruno
Ma première rencontre avec un patou remonte à une vingtaine d’années [début années 2000]. J’étais sur un sentier de montagne, je redescendais, donc impossible de faire demi-tour.
À plusieurs centaines de mètres je vois un gros clébard sur le sentier qui aboie, tout seul, rien autour. Je trouve ça bizarre et je continue en me demandant après quoi (ou qui) ce chien pouvait bien aboyer. En avançant, j’ai compris que c’était après moi ! J’ai glissé une grosse pierre dans mon chapeau en guise d’arme improvisée et j’ai coupé les lacets en descendant sur les fesses. Je n’ai jamais compris ce que ce chien solitaire faisait à cet endroit, mais il ne m’a pas poursuivi.
Comme je retourne au même endroit depuis plus de 20 ans, j’ai vu le nombre de patous augmenter d’année en année, ils sont aujourd’hui inévitables, ou presque.
Bon, un patou, c’est gros et c’est con, mais j’avoue que j’ai appris à mieux le connaître. Le patou, c’est le genre de clebs qui vous aboie dessus quand vous êtes sur la rive droite d’un torrent, qu’il se trouve sur la rive gauche à 1 km et qu’une gorge infranchissable vous sépare de lui ! Ne cherchez pas à comprendre, le patou fonctionne ainsi.
Le patou n’est pas un chien ordinaire, c’est gros, c’est impressionnant, mais c’est tout. Jamais un patou ne vous coursera pour vous mordre, il n’est pas agressif par essence, il se considère comme un membre du troupeau qu’il protégera quoi qu’il arrive. Toute présence est considérée comme un menace potentielle, homme ou bête. C’est votre conduite qui déterminera la sienne.
D’abord, on ne fait pas un selfie avec un patou (très mauvaise idée !), on ne le caresse pas, on ne va pas au contact et surtout on ne s’approche pas des bêtes dont il a la garde. On ne court pas non plus (c’est valable pour tous les chiens), en cas de face à face (ça peut arriver en terrain accidenté), on s’immobilise et on laisse le chien vous renifler. Vous avez peur ? C’est très bien ! Le patou le sentira et ça le rassurera sur vos intentions, car ce n’est pas l’attitude d’un prédateur. Pas de gestes brusques, pas de cris, votre présence le stresse, il faut que la tension retombe, s’il ne vous identifie pas comme un prédateur, vous pourrez partir… en sens inverse. Après, les patous, c’est un peu comme les humains, il y en a des plus sympas que d’autres. Son seul but, c’est de signaler sa présence, de signaler qu’ils vous a repéré et qu’il ne veut pas vous voir approcher, quand vous avez compris ça, vous avez tout compris ou presque. Un patou agit un peu comme un policier qui vous interpelle pour un contrôle d’identité, si vous vous arrêtez, que vous êtes courtois et que vous présentez vos papiers, ça se passe bien, si vous mettez un coup au policier et que vous vous sauvez en courant, ça se passe forcément moins bien. C’est du bon sens.
Certains accidents avec des estivants, sont parfois liés à l’affluence touristique. Quand un patou voit deux randonneurs par jour, il est plus détendu qu’un chien qui verra des dizaines de touristes bruyants, parfois avec des chiens (là ça devient compliqué, parce que le chien est reconnu comme un prédateur) et souvent avec des comportements inadaptés (cris, comportements agressifs, etc.) En gros le patou fait un burn out et finit par mordre n’importe qui.
Internaute Bruno dans Boulevard Voltaire 30/07/2025
Documentation diverse