2-Les Hémérocalles

Publié par Yantra

Hémérocalles

Hemerocallis

Hémérocalle est le nom commun d’espèces, d’hybrides ou cultivars du genre Hemerocallis qui appartiennent à la famille des Liliacées dans la classification classique ou à celle des Xanthorrhoeacées, sous-famille Hemerocallidoidées dans la classification phylogénétique*.

Hemerocallis flava et Hemerocallis fulva, Liliacées, planche.jpg

Hémérocalle jaune (Hemerocallis flava)
Hémérocalle fauve (Hemerocallis fulva)

* Système de classification des êtres vivants qui rend compte des degrés de parenté entre les espèces et qui permet de comprendre leur histoire évolutive ou phylogénie.

Le nom Hemerocallis vient du grec hemera ("jour") et kalos ("belle") en référence à la fleur qui ne dure qu’un jour. La hampe florale porte beaucoup de boutons donnant une floraison sur plusieurs semaines.

L’Hémérocalle est originaire d’Europe et d’Asie (Chine, Corée, Japon) et provient de 16 espèces sauvages dont les plus connues sont Hemerocallis citrina (originaire de Chine), Hemerocallis flava ou lilioasphodelus (origine Sibérie orientale et Japon) et Hemerocallis fulva (originaire d’Asie, zone tempérée).

 

Historique des Hémérocalles

La première mention d’hémérocalle a été faite vers 656 après J.C., dans un livre chinois Materia Medica* et en 1554, en Europe, dans Cruydeboeck du botaniste flamand Dodoens sous le nom de "lilium jaune" avec la mention du nom possible d’Hemerocallis. Puis en 1570 et 1576 par Pena et de l'Obel.

* Lire, sur Persée
Contribution à l'histoire de la Matière médicale végétale chinoise (Pen-ts'ao, traités de matière médicale)
Contribution à l'histoire de la Matière médicale végétale chinoise (suite, arbres)

En 1753, Linné publie Species plantarum dans lequel il cite sous le nom d’hemerocallis, Lilio asphodelus flavus (Hemerocallis flava maintenant connue comme Hemerocallis lilioasphodelus), Lilio asphodelus fulvus (Hemerocallis fulva) et Lilastrum (qui n’est pas une hémérocalle mais Paradisea liliastrum). Dans l’édition suivante, en 1762, il change les noms qui deviennent Hemerocallis flava et Hemerocallis fulva.

À la fin du XIXe siècle, d’autres espèces d’hémérocalles ont été décrites :

  • Hemerocallis minor
  • Hemerocallis fulva à fleurs doubles
    (maintenant connue comme Hemerocallis fulva ‘Kwanso’ et Hemerocallis fulva ‘Kwanso variegata’)
  • Hemerocallis graminea
  • Hemerocallis disticha
    (maintenant connue comme Hemerocallis fulva var. disticha)
  • Hemerocallis dumortieri
  • Hemerocallis middendorffii
  • Hemerocallis longituba
    (maintenant connue comme Hemerocallis fulva var. longituba)
  • Hemerocallis fulva var. angustifolia
  • Hemerocallis thunbergii
  • Hemerocallis aurantiaca var. major
  • Hemerocallis citrina
  • Hemerocallis fulva var. maculata

 

Description des Hémérocalles

L’hémérocalle est une plante vivace à racines charnues, à feuilles vertes (rarement panachées). Il existe trois types de feuillage : persistant en hiver (en climat froid, le feuillage persistant peut réduire fortement), semi-dormant (réduit en hiver), ou dormant (le feuillage disparaît en hiver et repousse au printemps)

La fleur d’Hémérocalle est composée de trois pétales et trois sépales (l’ensemble appelé tépales) ayant chacun une nervure centrale de même couleur ou contrastante, un cœur (ou gorge) et six étamines porteuses de pollen. 
Si la fleur est pollinisée, il se forme une capsule à 3 compartiments.

La floraison débute vers fin mai en climat doux, vers fin juin en climat plus froid, pour durer jusqu’à fin juillet et août pour les climats plus rigoureux.
Chez la plupart des espèces, les fleurs s’ouvrent au lever du soleil et fanent au coucher et sont remplacées le lendemain ou surlendemain par une autre, sur la même tige. 
Certaines variétés sont remontantes : elles refleurissent à l’automne, et même tout l’hiver, pour les climats doux. L’étalement de la floraison peut être obtenu en choisissant des variétés hâtives, hâtives moyennes, moyennes, moyennes tardives ou tardives.

 

Utilisation des Hémérocalles

Les Hémérocalles sont peu parfumées, sauf quelques espèces et certains cultivars. Elles sont peu utilisées en fleurs coupées bien qu’elles continuent de s’ouvrir en vase pendant quelques jours. 

Les Hémérocalles sont comestibles, les boutons et les fleurs étant les parties les plus savoureuses, d’un goût sucré. Elles se mangent en salade, à la vapeur, marinées ou sautées. Les boutons et les fleurs peuvent être trempés dans une pâte et frits. Elles peuvent être farcies avec de la crème fouettée ou servir à la décoration d’un dessert. Les jeunes pousses, récoltées au printemps, sautées au beurre ou à l’huile, auraient un goût comparable à des oignons au beurre.

En Chine, les Hémérocalles sont utilisées en cuisine, vendues fraîches ou sèches dans les marchés asiatiques, ou comme médicament pour soulager la douleur.

Cultivars, voir Iris-bulbeuses [archive]

 

Culture des Hémérocalles

Les Hémérocalles sont des plantes de culture et d’entretien facile et avec peu d’entretien, le jardinier est récompensé par de belles floraisons. Elles peuvent rester à la même place au moins dix ans. Elles ont peu d’ennemis et sont rarement touchées par des maladies.

Les Hémérocalles aiment le soleil mais supportent la mi-ombre, aiment les sols bien drainés (pH peu important) et ne craignent qu’une sècheresse prolongée ou une humidité constante. Elles ne craignent pas la compétition d’autres plantes ou de mauvaises herbes et sont également résistantes au sel en bord de mer.

Un engrais équilibré (de type 5-8-8 ou approchant) peut leur être apporté avant et après la floraison et de la matière organique (compost, fumier décomposé) à la plantation pour enrichir le sol. Des arrosages suivis en période sèche permettent un bon développement. Les Hémérocalles s’adaptent très bien en pot d’au moins 4 litres, dans un mélange terre et terreau avec un peu de compost et d’engrais, et des arrosages réguliers.

La multiplication se fait par division de touffes en séparant les plants, à partir de début août jusqu’à l’automne ou au printemps avant fin mars. Certains cultivars présentent des proliférations sur les tiges au départ d’une feuille, qui donnent de nouveaux plants. Il faut laisser grossir la prolifération, puis couper la hampe florale en dessous et au dessus de la prolifération que l’on replante en terre ou en pot en gardant humide.

Parasite

Depuis quelques années, certains pays ou régions (Angleterre, nord de la France, Allemagne…) ont vu apparaître une mouche cécidomyie (Contarinia quinquenotata) qui pond des œufs dans les jeunes boutons des variétés à floraison précoce et surtout jaunes. Les larves se nourrissent des boutons qui gonflent ensuite anormalement et ne s’ouvrent pas. Ces boutons contiennent beaucoup de vers blancs d’environ 3 mm de long. Les larves arrivées à maturité s’enfoncent dans le sol pour hiverner et adultes sortent l’année suivante. Il n’y a qu’une seule génération par an. Une prévention peut consister à détruire systématiquement les boutons atteints (les brûler ou les jeter dans un sac étanche à la poubelle) pour que les mouches ne se développent pas pour l’année suivante, mais également en choisissant une variété piège (une jaune précoce que les mouches préfèrent) pour les attirer et épargner les autres.

 

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Documentation

Source

Laure Anfosso pour Iris-bulbeuses

Voir aussi Wikipédia

Ressources bulbeuses - hémérocalles

Voir aussi Iris

Glossaires

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