3-Arts Martiaux & Yoga

Publié par Yantra

Le yoga, dès le Rig-Véda (Ṛgveda)1, remontant entre 1500 et , s’inscrit dans une dimension guerrière, le terme désignant à la fois le char du guerrier, la préparation à la guerre, et parfois la guerre elle-même. Cette association se poursuit dans les grandes épopées indiennes, où les qualités du yogi – maîtrise de soi, concentration et équanimité – font écho aux vertus des guerriers accomplissant leur dharma. Historiquement, certains yogis ont endossé des rôles guerriers : ascètes armés dès le VIIe siècle, armées de yogis nagas au XVe siècle, jusqu’à leur splendeur militaire au XVIIIe siècle2... 

Ces éléments révèlent un entrelacement ancien entre yoga et combat et soulèvent une question essentielle : le yoga peut-il être considéré comme un art martial ? En quoi s’en distingue-t-il ? Quelles influences mutuelles yoga et arts martiaux indiens ont-ils exercées l’un sur l’autre ? Examinons ces connexions historiques et philosophiques, en s’appuyant sur leur évolution et leurs pratiques respectives, dans le cadre d’une recherche sur les rapports entre yoga, violence et discipline martiale.

1. Voir Textes fondateurs du yoga
Voir aussi Au commencement... (Conseils Yoga)

2. Voir Les Chevaux du Yogi – Trancher l'ego

 

Aperçu historique en Inde

Le Mallavidyā, l'art de la lutte

Voir Luttes indiennes 

Le Mallakhamb

Du Mallavidyā naît une autre discipline : le Mallakhamb, pratique physique traditionnelle indienne consistant à grimper et descendre un poteau ou une corde tout en exécutant des postures acrobatiques afin de conditionner le corps. Initialement, il s’agissait d’un exercice auxiliaire pour les lutteurs.

Le Mallakhamb remonte au moins à la première moitié du XIIᵉ siècle. Ses premières mentions écrites se trouvent dans le Mānasollāsa, une encyclopédie rédigée en 1135 par le roi Chalukya Someshvara III, qui parle d’un “exercice de poteau” (stambhaśrama) sans citer explicitement le "Mallakhamb". Le terme, formé des mots sanskrit malla (lutteur) et marathi khāmba (poteau), n’apparaît clairement qu’à partir de 1750.

La formalisation dans les écrits de cette pratique remonte seulement au XXᵉ siècle. Bien qu'elle soit devenue un symbole national célébré lors de la "Journée Internationale du Mallakhamb", elle reste encore relativement méconnue à l’échelle mondiale.

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Une participante à l'épreuve de Mallakhamb lors des 36e Jeux nationaux, janvier 2025

La littérature tamoule, notamment durant la période Sangam (de -300 à 300), mentionne des acrobates pratiquant des voltiges sur bambous, ce qui pourrait être un précurseur de la pratique du Mallakhamb. Des œuvres d’art des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles montrent des acrobates et lutteurs utilisant des poteaux, confirmant une pratique similaire avant la formalisation du Mallakhamb. La pratique connaît une renaissance sous les Peshwas (1750-1800), période durant laquelle elle devient partie intégrante d’une tradition revitalisée.

Il existe également un lien possible avec les rituels védiques : le yūpa (pilier sacrificiel), utilisé dans les cérémonies religieuses, pourrait avoir inspiré cette forme d’exercice. Des textes anciens comme la Vājasaneyīsaṃhitā (600 av. J.C.) et le Śatapathabrāhmaṇa (300 av. J.C.) évoquent des danseurs sur poteaux dans un contexte rituel. Les troupes itinérantes du Deccan, telles que les kīrtankāras (artistes mêlant musique, danse et théâtre), jouaient aussi un rôle important en introduisant des acrobaties sur poteaux, influençant le développement du Mallakhamb.

Historiquement, le Mallakhamb semble être une synthèse des rituels védiques, des traditions martiales et des danses populaires, évoluant au fil du temps dans des contextes communautaires, éducatifs et artistiques. Il est considéré aujourd'hui comme un sport traditionnel indien, souvent décrit comme l’un des plus anciens, mêlant lutte et yoga.

Voir Danses indiennes dans Tour du monde de la danse 

Le Kalarippayatt

Voir Kalarippayatt – voir aussi Animaux martiaux

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Yoga et arts martiaux indiens : les différences

Dans le yoga, l’objectif est spirituel et introspectif. Il vise la libération (le moksha ou mokṣa en sanskrit) ou l’isolement absolu (kaivalya) selon les traditions. Ces états marquent la fin du cycle des renaissances (samsara) et de la souffrance matérielle. Cette libération passe par un détachement des illusions et l’accès à une conscience pure. Ainsi, le yoga est né dans des contextes majoritairement religieux, mystiques et introspectifs pour répondre à des besoins spirituels.

Voir Dis-moi où tu as mal... je te dirai quel yoga pratiquer
Voir aussi Violence vs Yoga

Dans les arts martiaux, l’objectif est martial : se préparer au combat, survivre et démontrer sa force. La défense du dharma (ordre moral et cosmique) est prioritaire. Si le guerrier peut atteindre le moksha grâce à ses actions justes, cela reste un objectif secondaire, lié à sa quête de perfection et de discipline. Les arts martiaux ont été développés dans des contextes historiques de conflit, pour répondre à des besoins militaires.

Voir Arts martiaux & Sport de combat

La nature des pratiques physiques

Dans les traditions yogiques classiques, les postures sont statiques et conçues pour la méditation. Les séquences sont souvent lentes et méthodiques. La pratique des āsanas tenus longtemps en statique est recommandée dans des textes comme les Yoga Sūtras de Patañjali (II.46 “Sthira-sukham āsanam”, les postures de yoga sont à la fois stables et confortables), la Haṭha-yoga Pradīpikā et la Gheranda-Samhitâ. Ces textes soulignent que la stabilité et la durée favorisent une meilleure préparation physique, mentale et spirituelle pour la méditation. 

Dans les arts martiaux, les postures sont dynamiques, orientées vers le mouvement, la rapidité et la réactivité. Par exemple, les daṇḍ (pompes plongeantes) et bhetak (squats, accroupis), propres aux arts martiaux indiens, sont des mouvements dynamiques. Ils impliquent un déplacement du corps ou un changement de position, plutôt qu’un maintien prolongé dans une posture fixe.

Vidéo Do 1 set of each of this 15 types for super strength (pompes)

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https://www.youtube.com/watch?v=wHhdJGHTfi0 (30/09/2022)

Voir Pompes en yoga (Pompes spéciales)

L'intensité et l'effort physique

En yoga postural, les efforts sont modérés et progressifs, souvent associés à des techniques respiratoires (prāṇāyāma) et méditatives pour une maîtrise corporelle sans épuisement. L’intensité musculaire est modérée, sauf dans certaines postures avancées.

Les arts martiaux indiens, en revanche, demandent une intensité physique plus élevée, adaptée à des objectifs pratiques comme le combat ou l’autodéfense. L’intensité de l’effort musculaire est élevée, avec une sollicitation constante des muscles.

 

Yoga et arts martiaux indiens : les points communs

La maîtrise corporelle et mentale

Le yoga et les arts martiaux indiens partagent un objectif commun : développer une maîtrise harmonieuse du corps et de l’esprit. Cette maîtrise est essentielle pour atteindre un équilibre intérieur, surmonter les obstacles, se transformer et s’élever spirituellement.

Dans le Mallapurāṇa (8.17), qui traite de l'ancienne technique indienne de lutte mallayuddha, des postures comme Kūrmāsana (posture de la tortue) favorisent la concentration et l’équilibre, démontrant l’importance du contrôle corporel et mental pour les lutteurs. Les Yoga Sūtras (2.46) de Patañjali insistent également sur la stabilité des postures corporelles (sthira-sukham āsanam), soulignant la dimension méditative de cette maîtrise.

Dans le Kalarippayatt, cette maîtrise se développe par un entraînement intensif combinant pratiques physiques rigoureuses, techniques de respiration (prāṇāyāma), méditation et discipline philosophique. Le contrôle du regard Drishti (dṛṣṭi) joue un rôle clé pour maintenir la concentration et canaliser l’énergie, que ce soit dans la pratique martiale ou dans le yoga.

Ainsi, ces disciplines convergent dans leur quête de dépassement personnel, qu’il s’agisse de protéger le dharma ou d’atteindre un état de paix intérieure.

L'utilisation des āsanas 

Âsana : mode de station assise. Position. D'une manière générale, ce terme désigne la posture yogique, notamment celle propice à la méditation (buste droit, tête haute, jambes croisées). Ce qui la caractérise est une double attitude d'aisance et de fermeté, en plus de sa stabilité. En sanskrit, c'est un mot neutre, qui signifiait à l'origine "demeure terrestre des dieux" ; ce mot est construit sur la racine âs- qui signifie : être, habiter, exister, s'asseoir, assiette (équitation) ou plus simplement siège ou assise. En français, on peut le rencontrer au masculin (comme un "neutre") aussi bien au féminin (en parallèle avec "posture"). Lu dans Postures d'animaux [archive]

Les āsanas sont présentes dans les deux disciplines, mais leur usage diffère

En yoga, les postures sont conçues pour stabiliser le corps et l’esprit afin de préparer à la méditation. Dans les arts martiaux, elles servent à adopter des positions dynamiques adaptées au combat.

Comme le souligne Patrick S. D. McCartney, le Mallapurāṇa mentionne des postures comme Agrāsana (position d’attaque), Paścādāsana (position de défense) et Madhyāsana (position de maintien) (8.17).

Le Manasollasa contient une liste de 18 āsanas, parmi lesquels Shirshāsana (Śīrṣāsana, posture sur la tête). Selon Rob Zabel, cela établit un lien pré-britannique entre la lutte et la pratique des āsanas. Cette observation est significative, car elle démontre que l’intégration de techniques issues des arts martiaux dans le yoga ne résulte pas uniquement d’une réaction à l’oppresseur colonial britannique, mais s’inscrit dans une tradition bien antérieure.

Rob Zabel illustre ce lien en observant que dans le Mallakhamb (mallkhāmb), qui date d’une époque similaire aux premiers textes de haṭha yoga, certains mouvements rappellent Padāṅgustāsana (dans le yoga de Bikram) ou Natarājāsana (dans le yoga d’Iyengar), montrant ainsi une continuité entre l’art martial et les postures yogiques.

La dimension performative

Les deux traditions ont une dimension démonstrative. Le yoga enseigne ou démontre la maîtrise physique dans des cadres similaires. Les arts martiaux impressionnent les mécènes ou recrutent des élèves par des démonstrations.

Dans le contexte martial, les lutteurs ou pratiquants du Mallakhamb exécutent des séries ou séquences mémorisées, semblables aux démonstrations fluides de yoga Vinyāsa.

Vidéo [en] Bande-annonce de « Breath of the Gods » - Jan Schmidt-Garre

Bande-annonce de ''Breath of the Gods'' - Jan Schmidt-Garre (capture 08 05 2026).jpg
cliquer sur les photos pour accéder à la vidéo YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=79XZmXfbqk8 (08/05/2026)

« Il est indéniable que des innovateurs comme Krishnamacharya, souhaitaient également exposer les compétences de leurs étudiants à leurs mécènes et au monde, comme on le voit dans les images d’actualités de 1938 où lui et Iyengar passent sans effort d’une posture à une autre. » (R. Zabel)

La dimension spirituelle et symbolique

Lire Yoga et Arts Martiaux : Quelles connexions ?

Le corps subtil

« Le Kalarippayattu offre un système incroyablement complet, englobant la médecine, le massage, l'anatomie subtile appliquée et la pratique dévotionnelle, des aspects qui sont également centraux dans le yoga postural moderne. »

Rob Zabel, Martial Medical Mystical: The Triple Braid of a Traditional Yoga

Lire Yoga et Arts Martiaux : Quelles connexions ?

 

Influences des arts martiaux sur le yoga

Les techniques physiques 

Les mouvements de lutte traditionnels indiens, comme les daṇḍ (pompes plongeantes) et les bhetak (squats), ont influencé le développement de certaines postures du yoga moderne. Par exemple, le daṇḍ, utilisé par les lutteurs pour renforcer la force du haut du corps et la flexibilité de la colonne vertébrale, trouve son équivalent dans des poses telles que :

« Ce type de pompe est très ciblé épaules/deltoïdes/pectoraux et c’est bon pour le dos et la flexibilité. C’est le genre de pompes que je fais beaucoup lors des entraînements de
ju-jitsu brésilien
. » (Pierre)

Ces mouvements, bien que martiaux à l’origine, ont été intégrés au yoga en mettant davantage l’accent sur la fluidité, la respiration et l’alignement du corps.

La nature des pratiques : dynamisme des séquences

Tandis que les postures de yoga privilégient la statique et la durée, la dynamique en yoga semble remonter à la salutation au soleil*, dont les premières traces apparaîtraient au XVIIᵉ siècle.

* Sur l’origine de la salutation au soleil, lire Du champ de bataille au studio de Yoga

Les séquences fluides du yoga moderne (Vinyāsa) et les salutations au soleil rappellent les enchaînements martiaux dynamiques du Kalarippayatt. Ces enchaînements, combinant des pas et des postures animales, incluent :

  • Des coups de pied,
  • Des frappes à mains nues,
  • Des sauts acrobatiques,
  • Des esquives

Ces mouvements simulent des situations de combat réelles. À la fois esthétiques et pratiques, ils préparent les pratiquants à des confrontations tout en développant leur force, leur souplesse et leur concentration.

Voir Guerrières ! (postures diverses) 

Selon Jason Birch auteur du livre Āsanas of the Yogacintāmaṇi [en], c’est au XVIIIe siècle que les āsanas dynamiques, enchaînés en séquences, répétitifs et debout – par opposition aux postures majoritairement assises – commencent à se développer. Ces évolutions seraient sans doute dues à l’influence des arts martiaux, en particulier de la lutte indienne Kushti, qui intègre des mouvements dynamiques exigeant force et souplesse, ainsi qu’à l’entraînement militaire.

Kushti, à l'entraînement.jpg
https://agencevu.com/serie/le-kushti-la-lutte-indienne-2017

Ces pratiques nécessitaient de nombreuses années d’entraînement et n’étaient pas destinées aux débutants, mais aux pratiquants expérimentés et disciplinés. Les manuels de lutte indienne décrivent ces mouvements comme une composante d’un entraînement martial structuré visant à renforcer la force physique et l’endurance.

Des āsanas "modernes"

Certains mouvements et postures spécifiques aux arts martiaux ont influencé des āsanas modernes. Des poses comme Shirshāsana (Śīrṣāsana, équilibre sur la tête) ou Natarājāsana (pose du danseur cosmique) s’inspirent de contorsions martiales.
On peut raisonnablement penser que les arts martiaux ont influencé le yoga postural, les textes anciens mentionnant les techniques martiales bien avant l’apparition détaillée des āsanas physiques dans les textes de haṭha yoga.

''Desakyha'' Artiste inconnu - Cornell Ragamala Paintings Collection.jpg
''Desakyha'' Artiste inconnu - Cornell Ragamala Paintings Collection

https://newsletter.dancohen.org/archive/humane-ingenuity-10-the-nature-and-locus-of/ [en]

Les textes anciens (période de -1500 à 200 ans) montrent que les techniques martiales étaient documentées bien avant que les āsanas physiques ne soient codifiées. Ces dernières apparaissent en détail dans des textes de yoga comme la Haṭha Yoga Pradīpikā (XVᵉ s.) et la Gheraṇḍa Saṃhitā (XVIIᵉ s.). Cela suggère une évolution où les arts martiaux, enracinés dans les traditions guerrières anciennes, ont influencé certaines pratiques physiques intégrées au yoga.

 

Influences du yoga sur les arts martiaux

Les techniques de méditation et de concentration du yoga

Les concepts de dhyāna (méditation profonde), tels qu’enseignés dans les textes yogiques, ont été adoptés dans les arts martiaux pour développer la concentration et la maîtrise. Dans des disciplines comme le Kalarippayatt, la méditation est utilisée pour calmer l’esprit avant le combat et visualiser des stratégies, une pratique directement inspirée du yoga.

Le drishti (dṛṣṭi, techniques oculaires), dont les premières mentions explicites apparaissent dans des textes yogiques anciens comme la Bhagavad Gītā, est associé à la méditation et à la stabilité mentale. Ce concept a ensuite été adapté dans des contextes martiaux, notamment dans le Dhanurveda (l'art de l'archerie) et le Mahābhārata (livre sacré de l'Inde), pour développer la précision visuelle et la concentration stratégique.

La physiologie yogique

Les arts martiaux indiens ont intégré des concepts fondamentaux issus du yoga, enrichissant leurs pratiques par une compréhension énergétique et stratégique.

Marmas, chakra et nāḍī. Les marmas (points vitaux) sont mentionnés dans des textes comme l’Atharva-Véda (1200-1000 av. J.-C., présent dans la culture védique sous le nom de Atharvāngiras) et le Suśruta Saṃhitā (VIᵉ siècle av. J.-C., traité de médecine et de chirurgie, l'un des deux textes fondateurs de l'Áyurvéda), où ils sont utilisés à des fins thérapeutiques. Ces points, qui jouent un rôle central dans la physiologie subtile, ont été intégrés aux arts martiaux comme le Kalarippayatt pour neutraliser ou affaiblir un adversaire de manière stratégique. Les chakra (cakra) et nāḍī (canaux énergétiques) sont issus des traditions yogiques tantriques (1ᵉʳ millénaire), ils sont décrits en détail dans la Haṭha Yoga Pradīpikā (XVᵉ siècle) et influencent les pratiques martiales. Dans les arts martiaux, ces concepts ont été adaptés pour optimiser la circulation de l’énergie (prāṇa), renforcer les capacités physiques, et affiner les mouvements.

Les références aux marmas, chakra et nāḍī sont antérieures aux descriptions formalisées des arts martiaux indiens, qui apparaissent dans le Mahābhārata (500 av. J.-C.) et le Dhanurveda (400 av. J.-C. – 200 apr. J.-C.). Issus des traditions spirituelles et thérapeutiques du yoga, ils ont enrichi les pratique martiales en leur apportant une dimension énergétique et stratégique.

Prānayāma. Les textes fondamentaux du yoga, comme les Upanishads, la Bhagavad Gītā (verset 4.29) et les Yoga Sūtras (2.49), montrent que le prāṇāyāma est une pratique essentielle visant à maîtriser l’énergie vitale (prāṇa) et à renforcer la stabilité intérieure.

« La discipline du souffle comporte trois éléments : l’inspiration, l’expiration et, le plus important, la suspension à plein. » (Amrita-Nāda Upaniṣad*)

* 21ème Upanishad du canon Muktika, appartenant au Yajur-Véda noir (Krishna) classée comme Upanishad du Yoga. Elle démontre que celui qui a un mental pur peut atteindre le but de l'existence simplement par l'étude, la réflexion, etc., tandis que celui qui a un mental impur parvient au même but en ayant recours à la méditation sur le Brahman et la pratique du Sadanga Yoga (Yoga à 6 membres au lieu de 8 comme le stipulent les yoga-sûtras).

Dans les arts martiaux, le prāṇāyāma est utilisé pour optimiser l’énergie vitale pendant les combats, et renforcer la force, l’endurance et la rapidité. Par exemple, dans le Kalarippayatt, des exercices respiratoires spécifiques accompagnent les enchaînements pour maintenir un flux énergétique constant.

 

Yoga-Kshema

Voir Yoga-Kshema

Source pour cette partie :
Yoga et Arts Martiaux : Quelles connexions ? [archive] (Inclusive Yoga)

 

Un témoignage

Coupler yoga et sports de combat

Quand vous pensez boxe, vous imaginez ring, combat, gants, coups… Quand vous pensez yoga, vous imaginez musique douce, sérénité, calme... Deux sports que tout semble opposer et pourtant étonnamment complémentaires. Harmonie raconte son histoire entre ring et tapis de yoga.

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« J’ai commencé le judo à 4 ans jusqu’en 2013, j’ai fait énormément de compétitions nationales et dans d’autres pays. J’ai atteint le niveau ceinture noire. Et en 2012, je suis rentrée à l’armée où j’ai commencé d’autres sports. Toutes mes années d’armée, j’ai pratiqué le grappling et la boxe anglaise et thaïlandaise. Depuis que j’ai quitté l’armée il y a plus d’un an, j’ai continué de pratiquer ces sports.

[...] l’avantage est que le yoga peut se pratiquer assez facilement à la maison. En revanche, je pense qu’il n’y a pas mieux que de commencer avec quelqu’un qui a un regard extérieur car cela permet de corriger la position [...] les cours en vidéo, ça ne m’allait pas. Je n’arrivais pas à me concentrer, j’étais attirée par les bruits autour de moi donc j’ai vite essayé de faire mes propres séances. Maintenant je prends 1 heure où je ne fais que ça, je mets mes huiles essentielles, des encens et surtout la musique que j’ai choisie et c’est parti. C’est vraiment mon moment. Niveau préparation, je construis mes séances avant pour savoir quelle posture je vais faire et me concentrer sur un point particulier.

[...] Cela m’apporte une grande relaxation et lorsque tu pratiques de manière spirituelle, comme je peux le faire, tu relativises sur beaucoup de choses [...] Même quand je suis au sport, je m’échauffe en faisant une salutation au soleil, ça prépare tout mon corps. Cela m’apporte autant physiquement que spirituellement. Tous les jours, je fais des sports de combat et le jeudi soir, je vais courir puis quand je rentre chez moi, je fais ma séance de yoga [...] Je lis beaucoup pour créer mes séances et je m’inspire de mon ancienne professeur. Ensuite, je fais une deuxième séance de yoga le dimanche matin, ça me réveille du bon pied et je prends le temps pour moi.

[...] je pratique le hatha yoga qui est un yoga de posture, un peu ancestral et également le yoga vinyāsa qui est un peu plus dynamique. [...] le yoga est un "sport" complémentaire d’énormément de sports et moi, j’y suis venue car étant dans l’armée, j’avais beaucoup de stress et un besoin de me ressourcer, de penser à moi et j’étais très curieuse de découvrir le yoga. J’ai commencé dans une salle de sport et j’ai compris que c’était déjà très complémentaire avec les sports de combat. Au-delà de ça, ça m’a apporté beaucoup de souplesse, beaucoup de concentration aussi. Avant j’avais beaucoup de mal à me concentrer et le yoga m’a apporté cette concentration et quand j’arrive en combat de boxe, par exemple, je suis beaucoup plus lucide. J’arrive à me poser, à réfléchir et à être moins impulsive. Et bien sûr, cela m’aide à me détendre, à me ressourcer. C’est mon moment où j’oublie tout, je me mets dans ma bulle, j’apprécie l’instant présent et ça me fait vraiment du bien.

[Je conseillerais à un débutant de ne] pas se fixer d’objectif, y aller pour se faire du bien et la progression se fera toute seule. Il ne faut pas se forcer et être bienveillant avec soi-même. Au départ [quand tu dois chanter OM par exemple, tu peux te demander où tu es tombé, mais quand il s’agit de chanter des mantras, personne ne se regarde ; on est aussi] très coincé, mais au fur et à mesure de la séance, on retire des barrières et le corps s’assouplit assez rapidement [...] Une très bonne surprise sont les sensations au niveau du corps. La deuxième chose, c’est la relaxation. [...] quand tu atteins ta bulle, tu te laisses porter par la voix de la personne, tu arrives à imaginer… Cela ne dure pas très longtemps, mais ça fait un bien fou. »

Décathlon [archive]

Lire 
Construire sa séance de yoga (Votre Yoga)
Yoga : éléments d'une séance

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Consulter

Généralités

Le Yoga, une méthode, une technique ou quoi ? (partie 1)
Le Yoga, pour en finir avec la compétition (partie 2)
Les couleurs du Yoga - 
Les soldats ''Verts'' pratiquent le yoga
Où l’on discute des problèmes liés au Yoga [PDF]
Yoga-Kshema

Disciplines

Hopak, art martial des Cosaques (Ukraine)
Kung-fu, yoga chinois
Sonmudo, à la croisée des arts martiaux et du yoga (Corée du Sud)
Yoga budokon, "la voie du guerrier spirituel", un pont entre arts martiaux et yoga

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