Info Yoga-Kshema

Publié par Yantra

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Le Yoga-Kshema

 

Une série de définitions

Kshema (sanskrit क्षेम kṣema n. ou adj.) 1. confortable, douillet, accueillant, offrant paix et sécurité, porteur de chance, bénéfique, utile ; 2. fondation, base ; résidence, repos, demeure paisible ; 3. tranquillité, paix, sécurité, état sûr et confortable, bien-être, bonheur, protection ; 4. substance parfumée. 5. Khemā (Khema, Kshema) est la belle reine du roi Bimbisāra, qui finit par devenir disciple de Bouddha. + Différentes orthographes pour Kshema

Bouddha dans le bonheur intérieur.JPG
Bouddha dans le bonheur intérieur

Yogawiki [de] [traduction fr] [archive]

Par l’expression "demander le bonheur, kuçalam" c’est-à-dire la santé brahmanique*1, on entend demander des nouvelles du bonheur, et ainsi de suite. S’informer auprès du Vaîçya*2 de son succès, kshema, ce qui est un terme de commerce3, et signifie proprement l’avoir qu’on a gagné, le profit, c’est du succès de ses affaires qu’on veut parler. Au Çûdra*4 il faut demander des nouvelles de sa santé, par où on entend une certaine santé ou, proprement, la non-maladie, ârogyam.

Extrait de Le Rituel brahmanique du respect social [archive] Wikisource

* Voir Comment sont nées les castes dans Hindoustan

1. Le terme "brahmanique" est dérivé de "brahmane" (brāhmaṇa), c'est-à-dire celui qui détient le Brahman. Le terme "brahmane" n'indique pas le fidèle qui vénère le dieu Brahmā - tardive personnification védique - mais plutôt celui qui appartient à la caste des prêtres. La religion brahmanique (brahmanisme ou hindouisme ancien) correspond à la 2ème des trois phases historiques distinguées habituellement dans le développement de la religion des hindous. Elle se situe après le védisme et occupe une période comprise entre -600 et 500 de l'ère courante. (Wikipédia)

2. Membre de la 3ème caste du brahmanisme, constituée des marchands, éleveurs, agriculteurs.

3. C’est parce que c’est un terme de commerce qu’on est assez étonné de le trouver employé dans les doctrines théologiques des Upanishads. Ainsi Krishna [voir Vishnou] dit (Bhagavad-Gîtâ IX.22) : "Aux hommes qui me vénèrent, en n’attachant leur pensée à aucun autre (objet), qui (sont) toujours appliqués (au yoga), je donne le yogakshema (c’est-à-dire : la possession tranquille de ce qu’ils ont acquis)." (Wikisource)

4. Membre de la classe inférieure, la 4ème des quatre grandes classes de l’Inde.

 

Une quête de pacification commune

Dans le Rig-Véda (Ṛgveda), le terme yoga est fréquemment utilisé comme une métaphore de conflit, en particulier pour désigner des situations de guerre. En outre le mot yoga est souvent associé à "kshema" (kṣema) formant le composé yoga-kshema*.

* Christian Lee Novetzke et Sunila Kalé, The Yoga of Power: Yoga as Political Thought and Practice in India

Yoga-Kshema peut être traduit par "paix obtenue par la guerre" ou "repos gagné après un conflit". Yoga a ici le sens de "guerre", tandis que kshema signifie "paix". En français, cette notion peut être interprétée comme "le repos du guerrier" ou "la paix après la bataille".

Dans le Mallapurāṇa* texte dédié à l'ancienne technique indienne de lutte mallayuddha, le yoga-kshema est explicitement cité comme un objectif du lutteur, associant l’action martiale à une forme de pacification ou de repos mérité :

« Les sons qui doivent être exécutés traditionnellement autour du gymnase, je vais tous les expliquer dans le but d’accomplir le yoga-kshema. » (Mallapurāṇa 7.01)

* Le Mallapurāṇa (मल्लपुराण Mallapurāṇ), texte sanskrit probablement composé au Gujarat, répertorie différents types et techniques de lutte, en plus de donner des informations détaillées sur l'arène, les règles d'engagement ou le régime alimentaire et d'entraînement des lutteurs.

Les auteurs du Mallapurāṇa évoquent peut-être avec nostalgie une dualité culturelle perçue dans le Rig-Véda, où le terme "yoga-kshema" apparaît (Rig-Véda 10.166.5), mais ne fait pas référence à une pratique spirituelle du yoga. Au contraire [...] le terme "yoga" désigne une période d’application militaire de l’action martiale (yoga), contrastée avec la période d’interruption ou de repos (kshema). Le yoga exprimé dans le texte implique donc un mouvement transformateur vers le jita-śrama ("l’effort de celui qui est victorieux")*.

* Patrick McCartney, From Wrestling and Mallkhāmb to Pole Yoga dans Journal of Yoga studies

Voir Hopak, art martial des Cosaques (Ukraine)

Voir aussi Les soldats "Verts" pratiquent le yoga

 

Une résonance moderne : Yoga Kshema pour yogi contemporain

Cette dynamique entre effort et repos trouve une résonance dans les pratiques yogiques modernes, notamment dans la posture de relaxation Shavāsana (śavāsana), qui conclut une séance de yoga. Ne pourrait-on pas y voir le yoga-kshema du yogi moderne ? Ce moment de calme après l’effort symbolise un repos mérité, évoquant la quête plus large de pacification intérieure et extérieure qui unit ces deux traditions.

Yoga-Kshema - Shavāsana.jpg
Shavāsana

Voir "L'intégration" en yoga (Ventre plat - exercices)

Bien que leurs objectifs diffèrent — libération spirituelle pour le yoga et défense du dharma pour les arts martiaux — ces deux disciplines convergent dans leur quête commune de pacification, qu’elle soit individuelle ou collective.

Voir Conseils Yoga généraux

Yogakshema désigne le bien-être de tous, tandis que Dharma représente l'essence intemporelle et essentielle de la réalité ; il est perçu comme une règle cosmique sous-tendant le comportement moral et l'harmonie sociale. L'Inde a été pionnière dans la promotion de la responsabilité sociale des entreprises et du "développement durable".

Voir Hindoustan

Source principale Yoga et Arts Martiaux : Quelles connexions ?
[archive] (=> Inclusive Yoga)

 

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Précis lexical

Le Dhanurveda (धनुर्वेद) désigne la "connaissance de la guerre" et, en tant qu'upaveda (un art annexe aux Védas) est associé au Rig-Véda. Remontant au IIe-IIIe millénaire avant notre ère, il contient des instructions sur la guerre et les arts martiaux indiens anciens, il est l'art de l'archerie c'est-à-dire la connaissance des arcs. De ce sens particulier, il est devenu la science des arts martiaux en général au même titre que la shastra-vidya : l'art des épées, par exemple.

Lire Dhanurveda dans The Brhat Sarngadhara Padhhati [en] [archive], un traité en sanskrit du XVe siècle

Il existe quatre Upavedas 1. l'Áyurvéda (médecine) associé au Rig-Véda ; 2. le Dhanurveda (traitant de l’art et de la guerre) Upaveda du Yajur Veda ; 3. le Gandharva Veda (traitant de l’art, de la musique et danse sacrée) Upaveda du Sama Veda ; 4. le Shilpa Veda (traitant de l’architecture) et/ou Arthashastra (économie) Upavedas de l’Atharva Veda.

 

Pratiques diverses

Autres liens

Liens externes

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