Info Tarpan & Przewalski

Publié par Yantra

Tarpan

Equus ferus

Le Tarpan est une espèce éteinte1 de mammifère ongulé Périssodactyle de la famille des Équidés. "Tarpan" vient d'un mot turkmène, signifiant "cheval sauvage".

Tarpan (Equus ferus) dessin de Borisov, 1841 couleur.png

La seule illustration connue d'un tarpan réalisée d'après nature,
représentant un poulain âgé de cinq mois (Borissov, 1841)

Ce cheval sauvage vivait en Europe et est parfois considéré comme l'ancêtre de la plupart des races actuelles de chevaux. D'après les rares photographies prises avant l'extinction de l'espèce, il s'agissait d'un petit cheval d'environ 1,30 m au garrot, à la robe gris souris. Au cours du XVIIIe s., des spécimens ont été trouvés et identifiés comme des tarpans. Il en existait 2 types :

• le tarpan des steppes (Equus ferus ferus) qui vivait au nord de la mer Noire, dans la steppe pontique. Découvert en 1769 par un explorateur allemand, Samuel Gottlieb Gmelin, il fut exterminé au XIXe siècle ;

• le tarpan forestier (Equus ferus silvaticus), plus petit, qui vivait dans les forêts des actuelles Pologne, Ukraine occidentale, Moldavie et Roumanie2. Disparu vers 1850, il a été victime de la chasse et de la destruction de son habitat par l'homme, ainsi que de la concurrence avec des chevaux domestiques.

Le dernier tarpan aurait "disparu" en 1887 au zoo Hellabrunn (?!)3 de Munich4, mais des témoignages isolés revendiquent la survie de l'espèce jusqu'en 1919. Ce cheval sauvage pourrait être à l'origine de nombreuses races d'équidés domestiques en Europe5, voire "l'ancêtre du cheval".
Tarpan représenté dans un ouvrage de zootechnie (Cuyer & Alix, 1886).jpg

Vu dans Anthropozoologica no 21,‎ 1995 (Bernadette Lizet et Piotr Daszkiewicz) PDF

Certains naturalistes s'interrogent sur le caractère réellement sauvage des tarpans

L'hypothèse de chevaux domestiques rustiques retournés à la vie sauvage (marronnage) a été envisagée, mais sans preuve tangible, cette hypothèse reste aujourd'hui minoritaire, sans pouvoir être définitivement rejetée. Une autre approche considère que même si le tarpan originel était bien un cheval sauvage, sa longue cohabitation européenne avec les chevaux domestiques aurait pu engendrer des croisements avec des animaux ré-ensauvagés. Les tarpans du XVIIIe siècle étaient donc peut-être le produit de ces mélanges. Finalement, faute de matériel paléontologique ou génétique de qualité, le statut exact du tarpan (cheval sauvage, cheval domestiqué retourné à la vie sauvage ou combinaison des deux) reste indécis. 
Alors qu'on sait maintenant que le cheval de Przewalski n'est pas l'ancêtre du cheval moderne, le tarpan reste un candidat possible (mais non certain) comme ancêtre des chevaux domestiques actuels. Il est cependant possible que certaines lignées de chevaux domestiques soient croisées avec des Przewalski et qu'elles aient dès lors une ascendance mixte.

Tentatives de "reconstitution" du tarpan

Le tarpan a été "reconstitué"1 phénotypiquement par Tadeusz Vetulani, un scientifique polonais (le Konik) et par les frères Heck (cheval de Heck). Mais ces chevaux issus de races domestiques sont différents par leur héritage génétique et leur morphologie du Tarpan sauvage.

• Le Konik, une race de chevaux domestique polonaise aux caractéristiques primitives sélectionnée par Tadeusz Vetulani (à partir des années 1920) est souvent présenté de façon erronée comme un Tarpan reconstitué ou comme un descendant du Tarpan. Pour différents auteurs dont l'ethnologue Bernadette Lizet, cette confusion relève d'un mythe populaire de re-fabrication du sauvage, aucune preuve génétique de parenté entre Konik et Tarpan n'ayant pu être trouvée6.

Lire Le mythe du cheval des origines dans l'« article de qualité » de Wikipédia

• Le cheval de Heck. Les frères Heck, créateurs de l'aurochs de Heck1 ont mené leur propre projet de "reconstitution" du tarpan. Le premier tarpan "reconstitué" naquit le au zoo de Munich7, sous le nom de "cheval de Heck". De ces chevaux existent encore aujourd'hui.

Notes

2. Alesandru Filipaşcu "Bêtes sauvages du temps de nos ancêtres (Sălbăticiuni din vremea strămoşilor noştri)" Éd. Ştiinţifică, Bucarest 1969, pp 170-177.
3. ... impossible, ce zoo a ouvert ses portes en 1911 !
4. Bernard Belin "Le loup & le chien & l'homme" (p. 18) Paris/Budapest/Torino, L'Harmattan ISBN 2-7475-4184-3
5. Judith Draper (trad. de l'anglais) "Le grand guide du cheval : les races, les aptitudes, les soins" Romagnat, Éditions de Borée,  (ISBN 2-84494-420-5 et 9782844944207)
6. Bernadette Lizet et P. Daszkiewicz "Tarpan ou Konik polski ? Mythe contemporain et outil de gestion écologique" [PDF pp 63-72] [archive] Anthropozoologica no 21,‎  (ISSN 0761-3032)

7. Moira C. Harris "Cheval sauvage de Heck" in Chevaux sauvages du Monde, Delachaux et Niestlé, Paris 2010, pp 138-141 (ISBN 978-2-603-01685-5)

Source et suite dans le « bon article » de Wikipédia

Source et suite dans Wikipédia dont Systématique

Voir Cheval du Yukon † Equus lambei

Documentation Tarpan - Faits, Alimentation, Habitat & Photos [archive] [vidéo] (Animalia.bio)

 

Cheval de Przewalski

Equus caballus przewalskii – Equus ferus przewalskii

Toujours existant, le cheval de Przewalski, ou cheval de Prevalski ou takhi ("esprit") en mongol, est une espèce ou une sous-espèce du cheval (Equus caballus). Il est découvert en 1879 en Dzoungarie, par l'explorateur Nikolaï Prjevalski au cours de son expédition tibétaine, qui lui lègue son nom. À noter, "Przewalski" (\pʁe.val.ski\) est la graphie polonaise du nom de famille du Russe Nikolaï Prjevalski.

Cheval de Przewalski, au Hustai National Park en Mongolie.jpg

Cheval de Przewalski, au Hustai National Park [en] [fr] en Mongolie

Le cheval de Przewalski est souvent décrit comme petit et trapu, avec une taille moyenne de 1,30 m au garrot. Il est caractérisé par un aspect massif, une forte encolure, des membres courts, une couleur de robe bai dun, rappelant les représentations de l'art préhistorique1. Derrière sa grosse tête, la crinière est dressée, foncée, semblable à celle d'un zèbre, sans toupet. Une raie foncée court de la crinière le long de la colonne vertébrale jusqu'à une queue sombre et touffue. Le ventre est blanc jaunâtre, les membres inférieurs sont foncés et des rayures zébrées ornent l'arrière des genoux. Robuste et peu sujet aux maladies, le cheval de Przewalski peut vivre jusqu'à 36 ans.

Voir Cheval des Fjords (Peuples de la mer du Nord)

Les Przewalski vivent en petits groupes comportant un étalon à l'état sauvage, mais il s'agit en fait d'une population férale dont les ancêtres ont été domestiqués il y a près de 5 500 ans par la culture Botaï, au Kazakhstan, avant de retourner à l'état sauvage.

Ils constituent la plus ancienne population de chevaux vivant à l'état sauvage et représentent à cet égard un groupe dont la protection est fondamentale. Perpétués dans les zoos à partir d'un petit groupe de reproducteurs, les chevaux de Przewalski souffrent de consanguinité. Depuis les années 1990, différents programmes visant à leur réintroduction ont permis de rendre de petits groupes à l'état sauvage dans différentes régions, et notamment en Mongolie, en République populaire de Chine, en France, en Espagne mais aussi en Ukraine sur le site de la catastrophe de Tchernobyl2. Des réserves animales dont le Domaine des Grottes de Han (Belgique) accueillent des chevaux de Przewalski dans le but de protéger l'espèce et de la réintroduire dans son milieu naturel en Mongolie.

Les chevaux de Przewalski ressemblent beaucoup aux chevaux figurés dans l'art paléolithique1 des grottes du Périgord, des Pyrénées et des monts Cantabriques, selon des études préliminaires basées sur des mesures morphologiques, mais n'ont qu’un rapport phylogénétique lointain avec ces chevaux paléolithiques3. Ces ressemblances ont été attribuées à la similarité du milieu dans lequel ces animaux vivent, incluant un climat froid et une alimentation exclusivement herbeuse3. La crinière hérissée et la raie cruciale du Przewalski sont des caractéristiques partagées par de très nombreux équidés sauvages3. Ce sont donc vraisemblablement des caractères plésiomorphes.

Les chevaux de Przewalski sont les derniers chevaux dits "sauvages" mais sont en danger critique d'extinction. Longtemps considérés comme les ancêtres des chevaux domestiques, ils n'en sont en réalité que des cousins ​​éloignés. L'ADN mitochondrial suggère qu'ils ont divergé d'un ancêtre commun il y a 500 000 ans.

Przewalski, mère et son poulain.jpg

Les chevaux de Przewalski possèdent 66 chromosomes, contre 64 pour les chevaux domestiques. Leur particularité réside dans leur capacité à donner naissance à des hybrides fertiles avec le cheval domestique (65 chromosomes), capables de se reproduire et d'engendrer une descendance. Ces hybrides ressemblent aux chevaux de Przewalski et leur identification repose exclusivement sur l'analyse chromosomique. Cf. https://nationalzoo

Notes

1. Le gène dun est un trait primitif chez le cheval : les preuves incluent la présence de peintures pariétales préhistoriques montrant des robes baies dun – comme cette représentation de cheval à Lascaux (Dordogne), renforçant l'hypothèse du caractère primitif du gène

3. Romain Pigeaud "Les proportions des chevaux figurés dans l'art pariétal paléolithique : problème esthétique ou affaire de point de vue ?" Paléo, no 9,‎ , pp 295-324

Source et suite dans Wikipédia

Voir Cheval mongol (Activités en Mongolie)
Voir aussi Onagre et Kiang.dans Wikipédia

 

Documentation

Des chevaux sauvages

Les chevaux domestiques ont été sélectionnés pour donner naissance à tellement de races différentes qu'une comparaison superficielle ne permet pas de distinguer clairement les chevaux domestiques des chevaux sauvages. Toutefois, ces derniers présentent quelques caractéristiques qui permettent de les distinguer des chevaux domestiques.

Parmi celles-ci figurent leur constitution robuste, leur crinière et leur queue plus épaisses, ainsi que leur comportement social particulier. Comme ils n'ont généralement pas le même accès à une alimentation adéquate que les chevaux domestiques, les chevaux sauvages ont en partie évolué pour être en moyenne plus petits et plus trapus. L'observation de ces traits peut faciliter leur identification.

Par ailleurs, si vous approchez un cheval dans la nature, un habitué à l'homme, par curiosité et/ou pour vérifier si vous n'avez pas quelque friandise, ne s'enfuira pas, au contraire d'un "sauvage" qui, s'il ne peut fuir, risque de vous mordre ou de vous donner un coup de pied, vous assimilant par atavisme à un prédateur.

Les chevaux sauvages consacrent très peu de temps au sommeil. Dans la harde, ils ne dorment jamais tous en même temps, se couchent et s'allongent très peu et se relaient en cas de danger, comportement hérité de l'époque où de dangereux prédateurs pouvaient les surprendre à n'importe quel moment. Leurs prédateurs peuvent être des chiens sauvages, des loups, des grands félins (lynx, puma, par exemple)… L'angle d'attaque de ces prédateurs se situe au ventre, aux flancs, à la croupe du cheval, et le prédateur arrive le plus souvent dans la "zone aveugle" du cheval, c'est-à-dire derrière lui.

Sources principales

La Compagnie des Animaux [archive] L'instinct grégaire

Reddit r/Horses 2019 [JPG] [archive en]

Voir aussi https://fr.wikipedia.org/wiki/Cheval_sauvage

Thème approchant, voir La fuite ou le combat dans Aïkido verbal

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