2-Des femmes et des plantes
Des femmes et des plantes
Comme le souligne Tela Botanica, "les femmes ont été au fil de l’Histoire et aujourd’hui encore, bien souvent sous-représentées et mal considérées dans les domaines scientifiques et en botanique tout particulièrement".
Vu dans Anna Atkins
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Anna Atkins (1799-1871) pionnière de la photographie en botanique (cyanotype) en 1861, à gauche,
et à droite cyanotype de Bryopsis plumosa (espèce d'algues vertes de la famille des Bryopsidaceae)
[Dans un passé reculé, les femmes étaient] devenues, traditionnellement, les dépositaires des secrets des plantes médicinales. Héritières d'un riche savoir familial, par la transmission des connaissances, elles témoignaient avant tout, d’un savoir adapté à leur famille et à leurs besoins. Le savoir sur les simples était indispensable à la survie dans les hameaux isolés.
Voir Femmes et plantes à la Préhistoire
Les Femmes de l'Arc alpin ont constitué un savoir identitaire alpin. Les plantes alimentaires sauvages souvent consommées devenaient d'usage habituel en temps de disette. La dureté de la vie montagnarde et l'éloignement contraignaient les habitants à se soigner avec leurs propres remèdes, les plantes constituaient un recours fréquent, par défaut, pour les populations dépourvues de ressources, d’alimentation et de soins. Néanmoins, dans les Alpes il existait une répartition des connaissances, librement consentie, entre les femmes et les hommes, les soins vétérinaires étant réservés aux hommes. Un corpus s’est peu à peu constitué chez les femmes, qui utilisent des plantes pour se nourrir et se soigner. Les "recettes" sont consignées dans des cahiers confidentiels transmis de génération en génération (D. Delcourt 2002*). Sachant que les effets thérapeutiques des fleurs sauvages pouvaient s’avérer dangereux, par une utilisation non initiée, cet enseignement, accru par l'expérience, s'effectuait au sein des familles. Ce savoir, utilisé par un groupe culturel donné, est cohérent dans le foyer qui le possède. Il lui appartient.
* D. Delcourt fait référence aux travaux de l'auteur et chercheur qui a documenté l'histoire de la pharmacopée traditionnelle et des plantes médicinales. Maladies et recours à la pharmacopée traditionnelle en Vallouise et dans le Briançonnais, Gap, édition du Fournel 2002.
. Lire Plantes médicinales du Briançonnais (Wikipédia)
. Les plantes médicinales du Briançonnais (Fiche d'inventaire du patrimoine culturel immatériel 2015) PDF
Les femmes, ayant une connaissance des particularités écologiques des espèces, avaient largement recours à la flore sauvage. En effet, la répartition des plantes dépend de nombreux facteurs écologiques propres au milieu montagnard, l’altitude, la pente, l’exposition, la nature du substrat… (silice, calcaire). En montagne, les plantes ont dû faire preuve de beaucoup d’adaptabilité. La température diminue de 0,6° C tous les 100 m, les précipitations augmentent et sont irrégulières. L’action mécanique de la neige, l’hygrométrie élevée, le vent, l’ensoleillement intense, favorisent la synthèse des pigments (vivacité des couleurs). En altitude, les plantes ne poussent pas au hasard, la diversité climatique détermine un biotope spécifique.
· Les plantes à potentialité froide des versants Nord, frais et ombragés ou des sommets, sont très efficaces contre les maladies dites "de nature chaude".
· Les plantes à potentialité chaude des versants Sud, bien ensoleillés, combattent les affections "de nature froide".
· Les plantes purgatives "qui entraînent vers le bas", sont cueillies en période descendante (automne-hiver)
· Les plantes émétiques "qui attirent vers le haut", sont ramassées en période ascendante (printemps-été).
Les préparations médicinales dites "de bonnes femmes", on écrivait autrefois "de bonne fame", c’est-à-dire "bien famée", "de bonne réputation" (d'après le latin bona fama, application étymologique à la plante et non à la femme) à travers les assemblages découverts par nos aïeules, se révélèrent des thérapeutiques remarquables, pour peu que l’on sache les préparer. Cependant, celles qui connaissaient les arcanes des plantes (rites de la cueillette à des périodes ou des jours particuliers, en fonction de la configuration des planètes et de l'influence lunaire) se retrouvèrent souvent assimilées aux sorcières. Certaines guérisseuses hors pair avaient trouvé le moyen d'utiliser, sous forme d'onguent, certaines espèces contenant des alcaloïdes qui déploient des effets hallucinogènes. Ces pratiques, dont les préparations abortives, furent dénoncées et condamnées par l’Église du XIIIe au XVIIe siècle. (J. Mann 1996*)
* John Mann : Magie, Meurtre, Médecine - Des Plantes et de leurs Usages, Genève, Georg SA 1996
(titre original Murder, Magic, and Medicine)
"Les Femmes" dans Relation Hommes Plantes Médicinales [archive] de Hominidés.com
Au Moyen Âge, on n’avait pas une vision scientifique de la plante, mais médicinale. Tous les couvents et monastères avaient un jardin de simples, simplicis herbae, les herbes qui soignent. Cet art était majoritairement sous la responsabilité des femmes. Notons en particulier sainte Hildegarde (1098-1179), mystique allemande, médecin et apothicaire, auteur de livres faisant référence sur leurs propriétés médicales.
Voir "Femmes de Salerne" médecins du Moyen Âge à l'École de Salerne (IXe s. - 1811)
300 ans après, à partir du XVe siècle, ces guérisseuses prennent un relent de sorcellerie, puis au fur et à mesure que la science émerge, les hommes se ré-emparent de la médecine. Le basculement du statut de la plante est parallèle avec le statut de la femme.
Vu dans "Cécité" botanique
Lire
. L’effet Matilda ou comment les femmes ont tendance à disparaître de l’histoire des sciences
(Le Monde 19/02/2020)
. La disparition progressive des femmes médecins du Moyen Âge (The Conversation)
Les correspondantes botanistes d’Esprit Requien (lettres reçues entre 1810 et 1851)
La lecture de ces courriers montre que vingt-huit femmes ont évoqué des plantes dans leurs échanges avec E. Requien. Ont été comptées toutes celles qui faisaient référence directement à au moins une espèce botanique, quel qu’en soit l’usage. Le terme botanique est donc compris ici au sens large comme faisant référence au monde végétal, sans forcément que celui-ci fasse nécessairement l’objet d’une approche scientifique ou savante.
La part des femmes dans l’histoire de la botanique a été largement sous-estimée (Benharrech 2018 ; Pépy 2018). Récemment, il a été montré que pour une partie de cette science, la floristique, plus de 100 femmes ont eu une contribution significative durant l’intervalle 1700-1870 (André & Philippe1 2020), alors que les synthèses sur l’histoire de la botanique n’en citent pratiquement aucune (par ex. Dayrat2 2003 ; Magnin-Gonze 2015). Les sources disponibles pour évaluer cette sous-estimation sont peu nombreuses. Comme l’a démontré Benharrech (2018), la mémoire des activités botaniques féminines a été relativement moins bien conservée, potentiellement sciemment minorée.
. Note : en gras, femmes historiennes et/ou botanistes.
1. Gilles André et Marc Philippe sont deux chercheurs et historiens des sciences connus pour leurs travaux conjoints sur l'histoire de la botanique.
2. Benoît Dayrat est un historien des sciences et auteur français connu pour ses travaux sur l'histoire de la botanique et la systématique.
Le naturaliste avignonnais Esprit Requien* (1788-1851, précurseur de la phytosociologie, Req. est son abréviation botanique standard) a laissé une collection de près de 14 000 lettres, qu’il a reçues de plus de 2 000 correspondant(e)s. Quatre pour cent sont des femmes. Ce corpus de lettres féminines a été étudié dans l’espoir de repérer des femmes botanistes méconnues. Vingt-huit femmes1 abordent des sujets botaniques. Les correspondantes sont de milieux sociaux variés, mais majoritairement bourgeois. La plupart s’intéressent aux plantes dans une sphère domestique.
Seules trois ont une démarche scientifique : Aglaé Adanson*, Clémence Lortet* et Victoire Maille*. Elles sont déjà relativement connues de l’histoire de la botanique. En revanche, cette correspondance apporte des éléments sur le rôle des femmes dans la vente de collections et d’objets d’histoire naturelle en France au XIXe siècle.
* Voir dans le PDF : Esprit Requien page 2 – Aglaé, Clémence et Victoire page 5
1. Tableau de 28 femmes qui "abordent des sujets botaniques" PDF page 3
et voir aussi quelques infos sur quelques femmes du "Tableau"
. Lire aussi Contributions féminines à la floristique de la France avant 1870 (article sur Persée)
Source et suite Les correspondantes botanistes d’Esprit Requien (PDF)
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Album Vilmorin : fleurs rustiques, annuelles et vivaces, légumes et plantes fourragères,
peintes d'après nature par Mme Champin et Mlle Coutance (Paris 1851-1861)
Fleurs à partir de là – Légumes à partir de là
Documentation
Tableau de femmes qui "abordent des sujets botaniques"
dans Les correspondantes botanistes d’Esprit Requien (PDF page 3)
quelques infos complémentaires glanées çà et là, dans l'ordre d'apparition dans la liste
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Marie-Rose Reine Reynier (1794-1861) "jardin". Correspondante et passionnée française liée au milieu scientifique du XIXe siècle, elle est l'épouse de Joseph Aubert (1790-1861), un propriétaire foncier. Elle s'intéresse de près aux sciences naturelles et en particulier à la botanique. Les archives et documents historiques mentionnent plusieurs lettres de sa part évoquant non seulement des plantes, mais également des prêts ou des échanges de livres. Elle a été en contact avec le célèbre botaniste et naturaliste avignonnais Esprit Requien (1788-1851), notamment pour l'aider à estimer ou valoriser les collections botaniques de son entourage. |
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Marie-Françoise Prevost (1782-v.1848) épouse vers 1802 François-Michel Bellard, né en 1771 à Avignon. Elle connaît Camille Montagne (1784-1866), médecin militaire, botaniste et mycologue français (Mont. est son abréviation botanique standard). |
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Anne Doumenq (1776-1862) "jardin, vente herbier de feu son mari". Fille d’un riche négociant, elle est l'épouse (et veuve) de Dominique Bouchet (1771-1844), botaniste amateur (Bouchet est son abréviation botanique) connu pour son herbier qui porte le nom des deux époux.
Sa dot permettra à son mari de se consacrer entièrement à sa passion pour la botanique et l’agronomie et d’acquérir des herbiers, dont ceux de Girard*, Pierre Magnol (1638-1715), Philipp Salzmann (1781-1851) ou encore les plantes qu'Auguste Broussonet (1761-1807) avaient recueillies aux Canaries et sur le continent de l'Afrique. Cet herbier est aujourd’hui conservé à la Faculté des sciences de Montpellier, sous le nom d’herbier Bouchet-Doumenq. Comme Dominique Bouchet devait à son épouse le fait d'avoir pu se consacrer à sa passion sans gros efforts, il avait ajouté en son honneur son nom au sien. * L'expression "herbier de Girard" fait référence à un fonds historique de botanistes ou à des spécimens de plantes récoltés et étudiés par le botaniste Frédéric de Girard (1809 ou 10 - 1850 ou 51) notamment pour des genres comme statice/Limonium ou Armeria, ou les collections conservées au Muséum national d'Histoire naturelle et à Montpellier. Parmi les éléments clés des collections de Girard, on trouve des parts d'herbier attribuées au botaniste, contenant des plantes d'Algérie ou de France (notamment des Plombaginacées comme Statice dufourii ou Statice duriaei). Des échantillons de la collection de Girard sont intégrés dans de grands fonds universitaires et muséaux en France, par exemple rattachés aux herbiers historiques de Montpellier ou de Paris. Taxons associés : plusieurs espèces ou sous-espèces portent son nom ou ont été décrites par lui, à l'instar d'Armeria girardii*. * Armeria girardii, l'armérie de Girard, est une petite plante vivace herbacée de la famille des Plumbaginacées, endémique des Grands Causses et des Cévennes en France. Documentation : L'avenir des Herbiers de Montpellier (Tela botanica 2007) PDF |
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Marie de Castel (?) "jardin". L'expression "Marie de Castel" désigne probablement un botaniste lié à Avignon, Esprit Calvet (1728-1810) - mais il est décédé au moment du début des échanges avec Esprit Requien (1788-1851) ; ou ce dernier lui-même ? Les activités décrites ci-dessous ressemblent furieusement à son parcours ;-) qui évoquent précisément un botaniste, directeur du jardin botanique d'Avignon puis du Musée Calvet. . Lire Les botanistes et la flore de France - L'âge d'or (1790-1850) [archive] * Remarque L'expression "Marie de Castel" pourrait provenir d'une confusion ou d'une variation autour du botaniste H. Castel - ou homonyme/erreur de transcription de prénom - mais il est du XXe siècle. |
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Marie-Anne Vangaver (1766?-1819) "jardin". Épouse de Joseph Raymond François Jérôme Constantin Castion (1768-1793 ?) elle est une personnalité historique dont le nom apparaît principalement dans les archives et correspondances françaises de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle. Bien que les détails biographiques complets à son sujet soient extrêmement rares, son nom est répertorié dans les collections patrimoniales de la Ville de Paris. Une correspondance historique : Des documents liés à son nom figurent au sein de la correspondance de l'écrivain et dramaturge français Pierre-Ange Vieillard (1778-1862), conservée dans les Bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris. Ces archives incluent également des échanges impliquant le journaliste François Sauvo (1772-1859). |
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Lise Cloquet (1788-1860) ou Anne-Louise Cloquet, "jardin". Sœur de Germain Jules Cloquet, anatomiste et chirurgien, elle est une peintre et illustratrice connue pour ses peintures des plantes.
Lire Liste de florilèges et codex botaniques (Wikipédia). Cette liste recense par ordre chronologique les ouvrages illustrés de botanique publiés depuis l'Antiquité jusqu'à la fin du XIXe siècle. |
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Élisabeth Hélène Brisseau de Mirbel (ca 1802-1890) "herbier". Appelée aussi Élisa de Mirbel ou baronne Decazes, elle est une personnalité française du XIXe siècle, connue comme femme de lettres sous le nom de Baronne Decazes. On lui doit notamment des écrits littéraires et biographiques au milieu du XIXe siècle, comme une Biographie de Mme Guizot publiée dans le Journal des jeunes filles en 1846. |
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Marie Boigues (ca 1809-1864). Épouse de Hippolyte François Jaubert (1798-1874), homme politique et botaniste français (Jaub. est son abréviation standard) : entre autres activités botaniques, il fit un grand voyage en Auvergne et en Provence, en 1821, où il étudia la flore et la géologie de ces régions aux côtés de son ami naturaliste Victor Jacquemont (1801-1832). Il finança le voyage de plusieurs naturalistes en Asie, dont Rémi Aucher-Éloy (1793-1838). À partir de l'herbier qu'il constitua et de ceux du Muséum national d'histoire naturelle, et avec l'aide du botaniste Édouard Spach (1801-1879), il fit paraître ses Illustrationes plantarum orientalium (cinq volumes, Roret, Paris 1842-1857) |
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Anne Roux veuve Lorey (1797-v.1841) "expertise de l'herbier de feu son mari". Félix Nicolas Lorey (1767-1841) botaniste, docteur en médecine, chirurgien-major des armées, notamment lors des campagnes en Italie, il est nommé en 1815 chirurgien en chef de l'hôpital. Il publia en 1831 une flore de la Côte d'Or en 2 volumes avec Jacques Duret (1794-1874) pharmacien militaire et docteur en médecine. Voir Lorey/Duret : Catalogue des plantes de la Côte d'Or, 1825 (eBay, pour info) |
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Clémence Richard (1777-1836). Clémence Lortet, née Richard, est une naturaliste et botaniste lyonnaise (Lortet est son abréviation standard). Elle épouse en 1791 Jean-Pierre Lortet (1756–1823). Le couple a un fils, Pierre Lortet (1792–1868), qui deviendra médecin et botaniste. ![]() Lithographie d'Étienne Rey d'après un dessin de Jean-Baptiste Vietty Clémence Lortet n'a laissé de son vivant aucun livre imprimé signé de son nom. Certaines de ses notes manuscrites ont été éditées et elle est citée pour ses contributions, notamment celle au "Calendrier de Flore pour l'année 1778 autour de Grodno et pour l'année 1808 autour de Lyon" (Amable Leroy) publié par Jean-Emmanuel Gilibert en 1809, considérée comme importante*. * Antoine Magnin "Les Lortet, botanistes lyonnais particulièrement Clémence, Pierre et Louis Lortet et le botaniste Roffavier" Annales de la Société Linnéenne de Lyon, Lyon, Inconnu, vol. 37, OCLC 1773401 Lire Les Promenades botaniques de Clémence Lortet (article sur Persée 2018) Clémence Lortet a laissé plusieurs herbiers, conservés à Lyon, au Centre de Conservation et d'Étude des Collections (CCEC) du Musée des Confluences et à la Société linnéenne de Lyon. |
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Marie-Jeanne Curt veuve Maire (1781-1849). Marie-Jeanne Victoire Curt est l'épouse de Joseph François Maire (1780-1867), botaniste, auteur d'un herbier de la flore des environs de Paris (+ chef de bureau, rédacteur et vérificateur au Ministère de la Justice vers 1840) Lire Joseph François Maire (1780-1867) et Carex mairei dans Maire & Cie, botanistes (sur Persée) |
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Jeanne Marguerite Reynaud (ca 1803-1879) ou Raynaud, est l'épouse de Pierre-Casimir Marie de Pouzols (1785–1858), militaire (capitaine d'infanterie) et botaniste français originaire de Nîmes, dont les contributions à l'étude de la flore française sont documentées par les institutions d'histoire naturelle. Jeanne a joué un rôle d'assistante, gérant régulièrement l'envoi de ses herbiers et de sa correspondance scientifique. Passionné par la flore, la position de militaire de Pierre-Casimir de Pouzols lui a permis de voyager et d'herboriser et de collecter de nombreux échantillons à travers plusieurs régions, notamment à Bonifacio en Corse. Botaniste floriste reconnu de la première moitié du XIXe siècle, il a activement collaboré avec les grands noms de l'"âge d'or" de la botanique française, comme Esprit Requien ou Jacques Gay (1786-1864, J.Gay est son abréviation botanique standard), en leur envoyant des échantillons de plantes et des parts d'herbiers. Ses précieuses collectes de terrain ont permis à des spécialistes de décrire plusieurs espèces de plantes, à l'image de Moehringia pentandra (Moehringie à cinq étamines) Lire Les botanistes et la flore de France - L'âge d'or (1790-1850) [archive] |
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Victoire Maille (1775-1871), épouse Ricard (Mme Ricard). Sœur d'Eugène Maille, député de Rouen sous la Restauration, et d'Arsène Maille, entomologiste, veuve à deux reprises, elle épouse Pierre-Prosper Ricard, ancien conservateur des forêts à Rennes et membre de l'Académie de Rouen, qui meurt en 1822.
Part d’Andromeda poliifolia L., récoltée par Victoire Maille à la tourbière de la Harelle, Heurteauville (Seine-Maritime) en 1844. La plante a aujourd’hui disparu de cette localité. Deuxième femme admise comme membre de la Société botanique de France en 1860, Victoire Maille reçoit à sa mort un éloge en ces termes : "car si elle cultivait la botanique avec amour, si elle trouvait les nobles plaisirs de l'intelligence dans cette contemplation des merveilles de la nature, elle évitait avec un soin particulier tout ce qui aurait pu faire croire qu'elle fût savante : contente, jusqu'à la fin de sa vie, de récolter pour son herbier aujourd'hui assez complet des plantes de France". |
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Rose-Céleste Bache (1774-1843) "agriculture". Femme de lettres française - qui fut membre des Académies royales de Bordeaux, du Vaucluse, de l'Athénée des Arts et de l'Académie des arts et belles-lettres - elle épousa le peintre Joseph-Marie Vien le jeune (1761-1848). Parmi ses activités, Rose-Céleste a été rédactrice au Journal des dames et des modes (disparu en 1839) pendant sa période "féministe", sous la direction de Marie de L'Épinay (1801-1864) de 1836 à 1839. |
Quelques femmes "autour des plantes" vues dans Yantra
- Aglaé Adanson (1775-1852) fille unique du naturaliste français Michel Adanson
- Anna Atkins (1799-1871) pionnière britannique de la photo en botanique, le cyanotype
- Élisa Champin (v.1807-1871) Élise Honorine Pitet, aquarelliste et lithographe française
- Élisa de Vilmorin (1826-1868) horticultrice et botaniste (Vilmorin)
- "Femmes de Salerne" médecins du Moyen Âge à l'École de Salerne (IXe s. - 1811)
- Hildegarde de Bingen (1098-1179) Qui est-ce ? mystique allemande, spécialiste plantes
- Jane W. Webb Loudon (1807-1858) auteur anglaise qui a écrit sur le jardinage
- notamment Le jardin de fleurs des dames d'annuelles ornementales [en]
- ci-dessous, planche tirée du Jardin des fleurs ornementales annuelles (1842) :
1. Iberis umbellata 2. Iberis umbellata var. sanguinea 3. Iberis umbellata var. alba
4. Iberis pinnata 5. Iberis coronaria
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- Jeanne Barret (1740-1807) 1ère femme de tour du monde, une pionnière de la science
- Reconnaissance et hommage et suiv. (+ autres femmes)
- Joséphine Coutance (1806-1875) aquarelliste française, fleurs, fruits
- Maria Treben (1907-1991) herboriste et auteur autrichienne
- Rousseau Mariette (1850-1926) & Ernest (1872-1920) mère et fils, naturalistes belges
- Yvette Parès (1926-2009) docteur en biologie et médecine, des plantes contre la lèpre
Mais encore
parmi les articles de Yantra, classés par ordre alphabétique
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Bananier rouge § Dessiner la botanique Agathe Haevermans, née le 11 janvier 1970, est une dessinatrice scientifique chargée de l’iconographie botanique au sein de l’Institut de Systématique, Évolution, Biodiversité du MNHN.
À l'Institut ou en voyages, son activité d'illustratrice naturaliste consiste à dessiner des plantes, parfois des insectes et des fossiles. Elle entre au MNHN en 1993, sur concours, pour devenir soigneuse animalière après des études d’agriculture en Auvergne avant qu'un accident du travail, aux alentours de 2000, lui permette une réorientation vers le dessin, dont elle rêvait depuis petite. Voir aussi dans Beaux herbiers et belles planches Lien externe Au jardin des Plantes avec Agathe Haevermans, illustratrice botanique |
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Beaux herbiers et belles planches Artiste 1011, derrière sa signature binaire (code barre d’un couple), une maîtrise d'Arts Plastiques & Histoire de l'Art, Université Rennes 2. Elle est membre de la Fondation Taylor depuis 2021. ![]() Artiste 1011 (portrait 2021) à gauche, et à droite Panicaut géant en hommage à Fedor Ganitschew, soldat russe du 4e Rgt d'Artillerie de Forteresse, dans l'esprit des planches naturalistes du XVIIIe siècle mais "sous le dessin de chaque plante, n'est pas inscrit le nom de la plante comme il est d'usage mais le nom d'un soldat mort, venu du pays correspondant". Voir Polémoflore (Fleurs de guerre) Ce qu'il y a d'intéressant aussi, cette artiste montre des étapes dans la création de l'image avant la touche finale. Jetez un œil sur Polémoflore, 10 dessins aux crayons 2025 [archive] Emily Blincoe, photographe américaine qui s’est fait connaître grâce aux thématiques nature, travail de la couleur, visages, lumière et beauté au quotidien. ![]() Herbier d'Emily - Vert Enfin, mentionnons Pour un Herbier mêlant la plume de Colette aux pinceaux de Raoul Dufy. |
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Vilmorin 6 générations de botanistes et grainetiers depuis avant la Révolution de 1789 Mélanie de Vilmorin (1876-1937), épouse du botaniste Philippe de Vilmorin (1872-1917), elle accompagne celui-ci dans ses explorations autour du monde. Première conférence sur les iris en 1922. Documentation. Grainier – Répartition géographique et à travers le temps du métier [en] (Geneanet) |
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Misogynie ? (!)
Des deux extraits suivants, d'articles traitant d'idées savoureusement "féministes", l'un rapporte une affirmation toutefois pertinente, perdue dans un fatras idéologique, de l'historienne Émilie-Anne Pépy : "Les femmes herboristes font l’objet d’une double disqualification en raison de leur sexe et de leur origine sociale."
S’il vous plaît, ne dites plus : « Belle comme une fleur » (Causeur 06/07/2026)
À Rousson (30), dans les Cévennes, des femmes dénoncent les biais sexistes subsistant dans la botanique à travers les noms des plantes et remettent en avant certains savoirs effacés par l’horrible patriarcat, tels que l’étude de ces plantes sans système reproducteur apparent. "En Europe, la domination des femmes s’est aussi perpétuée via les plantes", affirment-elles savamment... [Commentaires]
« Le patriarcat s’est infiltré dans nos jardins »... (Boulevard Voltaire 06/07/2026) Extrait :
[...] S’il est une chose dont on peut convenir en partie, c’est sans doute la dépossession des femmes de leur savoir ancestral sur les plantes, savoir qui était au service de leur famille et particulièrement des filles et des femmes, notamment pour tout ce qui se rapportait à la maternité. L’historienne Émilie-Anne Pépy affirme qu’il y a au XVIIIe siècle "une volonté masculine de limiter l’autonomie des femmes dans les pratiques liées à leur fécondité". Elle écrit : "Les femmes herboristes font l’objet d’une double disqualification en raison de leur sexe et de leur origine sociale."
L’Histoire est un grand balancier, et le XVIIIe est pour bien des choses l’aube d’une régression. La Révolution n’a pas, que l’on sache, été particulièrement favorable à la gent féminine. Pire, c’est le Code Napoléon, de mars 1804, qui a légalement soumis les femmes à l’autorité de leur mari. En médecine, comme dans le négoce ou les affaires de l’État, elles avaient connu des périodes autrement plus fastes. Pour revenir à l’herboristerie, les livres de remèdes d’Hildegarde de Bingen (1098-1179)*, ancêtre des naturopathes, ont traversé les siècles.
Voir Les grandes réformes de Louis XVI
* Hildegarde de Bingen était une nonne catholique. À ce titre, je ne pense pas qu’elle puisse intéresser nos bien pensantes féministes. (internaute Marcelle)
Mais qu’importe, Angeline Julien et ses randonneuses ont rempli leur mission : débusquer les "messagères involontaires du patriarcat". Un patriarcat qui continue d’exercer ses ravages, nous dit-on, car ces dames en sont sûres : "La botanique reste un domaine dominé par les hommes." On serait tenté de rajouter l’agriculture aussi, le maraîchage, l’élevage souvent, et puis le bûcheronnage, la construction peut-être, les travaux de voirie sans doute et d’autres choses...
Quelques autres commentaires
Mon Dieu, quel charabia. Ces gens ont un cerveau bizarre dont ils sortent des théories fumeuses... (D29)
"Angeline part à la chasse de toutes ces plantes odieusement 'associées aux femmes' et 'nommées d’après Vénus'. Il y a la baignoire de Vénus, le sourcil de Vénus, le peigne de Vénus*, la capillaire cheveux de Vénus et même le bouquet de Vénus..." Mais ce ne sont que des noms vernaculaires, populaires, et qui existaient d'ailleurs, pour la plupart, bien avant que botanistes ne les définissent et leur donnent un nom scientifique... (commentaire de Yantra)
* Peigne-de-Vénus, Scandix pecten-veneris L., petite plante messicole dont la floraison débute généralement en mars. Les fruits sont des akènes allongés surmontés d’un très long bec (6 cm), dressés comme les dents d’un peigne : ce qui vaut à cette plante le nom de "Peigne-de-Vénus".
Dans ce monde décadent où certains se prennent pour des animaux, les "thérians", aurons-nous bientôt ceux qui se prennent pour des plantes ? On saisit là comment meurt une civilisation. (Jacques)
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Documentation plus large
Il me semble que l'on donne une bien trop grande importance à ce qui ne reste que des épiphénomènes (une infime nomenklatura, hommes et femmes, du XVIIe, qui aurait civilisé la France alors qu'elle était concentrée dans les palais et les salons.). Ainsi, dans le cas initial, plutôt que la correspondance de ces deux illustres personnes1 et la mode des salons, le développement de l'instruction publique a peut-être joué un rôle plus important quant à notre civilisation. Peut-être. En effet, surtout si l'on admet ce que se sont échinés à montrer François Furet (historien français, 1927-1997) et Jacques Ozouf (historien français, 1928-2006, mari de Mona et de sa singularité française) : l'instruction publique est le fruit d'une évolution lente.
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On notera les chiffres de la Lorraine, coïncidence avec Jeanne d'Arc, mais sans doute avant tout un front idéologique entre catholiques et réformés, qui incite les premiers à déployer un plus vaste effort d'éducation populaire qu'ils ne le font ailleurs, ce qui serait aussi le sens des quelques isolats pilotes dans le sud et l'ouest de cette ligne qui coupe la France en deux, dite “Saint-Malo/Genève” par les auteurs. Mais peut-être pas, si la civilisation c'est quelque chose de plus large que de savoir lire (les lettres de Mme de Sévigné et les histoires de Mme de La Fayette, toutes au format idéal pour les programmes de l'instruction publique actuelle). Plusieurs historiens ont souligné la perte de prestige et d'influence des femmes en France au XIXe siècle. Celui-ci fut pourtant celui du développement de l'enseignement public en France. (des internautes)2.
1. Emmanuel Tresmontant et Pierre Teilhard de Chardin.
Se rapprocher de l'article "Échange divin" dans Une prof en France 26
2. Ce texte est extrait de commentaires sur l'article en question
En 1946 il n’y avait aucune femme magistrate, la parité est atteinte en 2002 et en 2026 les femmes représentent plus de 7 juges sur 10. Au fur et à mesure de la diminution de la prétendue influence néfaste du patriarcat sur la magistrature, on a constaté un fort délitement de la confiance du peuple en la justice et une aggravation considérable de sa lenteur et de son mauvais fonctionnement. On pourrait faire la même constatation pour la féminisation de l’enseignement, administration qui, actuellement, ne brille guère par son efficacité. C’est pourquoi je me méfie des analyses simplistes qui présentent la présence des hommes comme la cause de tous les maux et celle des femmes comme un gage incontournable de réussite. Comme disent nos amis les gauchistes ”c’est plus compliqué que ça”. (internaute T. 2026)
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