3-Arts martiaux portugais
Les arts martiaux portugais englobent l'ensemble des sports de combat conçus et pratiqués au Portugal, fondés sur des règles sportives et un code moral spécifiques.
Apparus dans l'Antiquité, et enrichis au fil des siècles, notamment pendant la Reconquista (722-1492), puis pendant l'expansion et l'Empire portugais (1415-1999), un certain nombre d'entre eux visent au départ à l'auto-défense en milieu urbain et rural. Certains, tels que le jogo do pau, sont également pratiqués en Galice, dans le Nord-Ouest de la péninsule Ibérique.
Parmi les arts martiaux et les sports de combats traditionnels portugais reconnus et recensés actuellement comme tels :
- Le jogo do pau, ou "escrime lusitanienne", sans doute l'art martial portugais ayant le plus de visibilité internationale, est une escrime d'auto-défense au bâton *, apparentée à la canne de combat française, pratiquée au moins depuis la fin du Moyen Âge au Portugal.
* Bâton, voir Un mot sur le bâton (Canne Europe, France)
- La luta galhofa 1 "lutte traditionnelle de Tras-Os-Montes", est une lutte traditionnelle ancienne pratiquée dans le Nord du Portugal, dans le district de Bragance. Elle est apparentée à la lutte gréco-romaine 2.
Notes
2. Lutte gréco-romaine, voir UWW - Fédération mondiale de lutte
- Le gauruni, "lutte traditionnelle lusitanienne", lutte ancienne apparentée à la luta galhofa, pratiquée au moins depuis le XIXe siècle dans la municipalité de Sabugal.
Parmi les sports de combat portugais présentés comme ayant des origines anciennes par leurs instances officielles, mais qui sont sans doute de conception récente :
- Le pombo, "lutte lusitanienne", est un sport de combat libre et d'auto-défense portugais, proche des arts martiaux mixtes actuels.
Voir Les luttes dans le monde dans Gouren (Bretagne, France)
Parmi les sports de combat portugais contemporains
- Le contacto total português, ou contacto total militar, art martial et sport d'auto-défense portugais remarquablement complet, mis au point au sein de forces armées pendant les guerres coloniales portugaises.
- L'artdo, ou artdo policial, art martial portugais contemporains faisant la synthèse de plusieurs techniques d'arts martiaux, enseigné aux forces de polices de Lisbonne.
- Le T.D.C.U. ou Técnicas de Defesa e de Combate urbano, est un sport de combat et self-défense * urbain portugais.
Voir Krav-maga
* Voir aussi Armes et légitime défense
Revue de quelques sports de combats et arts martiaux portugais
Jogo do pau
Le jogo do pau, "jeu du bâton" ou "bâton portugais", est un art martial portugais et galicien qui se pratique avec un bâton *, le pau. Le jogo do pau a vraisemblablement des origines rurales et populaires anciennes.
* Bâton, voir Quelques variétés de "bâtons" (ARTS MARTIAUX amérindiens)
Les premières traces du maniement codifié du bâton à des fins sportives ou festives au Portugal remontent vraisemblablement à l'époque de la Lusitanie pré-romaine. Avant l'arrivée des Romains, la tradition celte intègre, comme beaucoup d'autres sociétés, des danses exécutées avec un bâton assez proche des mouvements exécutés en jogo do pau. Ces danses sont pratiquées pendant les jeux celtiques 1. On retrouve aujourd'hui encore des danses celtisantes centrées sur l'usage d'un bâton chez les pauliteiros de Miranda, dans le Nord du pays 2. Toutefois, le bâton ne figure pas comme arme de combat dans l'arsenal des guerriers lusitaniens décrit en détail par le géographe et historien grec Strabon (vers - après 23 ap. J.-C). Et s'il existe des indices sur une filiation et des influences réciproques, rien ne permet de relier directement le jogo do pau en tant que sport de combat aux danses celtes de l'Antiquité.
Notes
2. [pt] Vidéo Pauliteiros de Palaçoulo - Festa de Santa Bárbara - Mirandum [archive]
[https://www.youtube.com/watch?v=DoQuYePHF0c]
Les origines du jogo do pau actuel remontent à l'époque médiévale, d'après les archives. Tout au long de la Reconquista (722-1492), les différents royaumes chrétiens et musulmans s'affrontent dans des guerres parfois très violentes afin d'absorber ou dominer leurs voisins.
Sans doute influencés par les soldats arabo-berbères pratiquant le matrag à des fins militaires pendant la période d'Al-Andalus (711-1492) dès le Moyen Âge central (ou classique XIe - début XIVe), les paysans, bergers et boieiros portugais vivant au Nord du Tage (traverse le Portugal où il se jette dans l'océan Atlantique à Lisbonne) ont l'habitude de se déplacer avec un long bâton afin de se défendre contre le brigandage sur les routes. Les bergers, notamment, ont une canne spécifique, le cajado (du latin baculus, “vara, bordão, bastão” par la forme cajatus), varapau ou bordão, qu'ils utilisent pour corriger leurs bêtes ou les sauver en cas de chute, et dont ils peuvent se servir en cas d'agression. On retrouve des pratiques semblables en milieu urbain, pour des raisons similaires de sécurité, mais les citadins ont un bâton plus court, moins encombrant, adapté à la vie en ville.
À l'époque, d'un point de vue sociologique, le port du bâton marque le passage à l'âge adulte. Il est autorisé aux garçons à la suite de leur première barbe. Arme peu chère et efficace, elle est intégrée dans l'habit quotidien typique des Portugais, aux côtés du barrete, le "bonnet phrygien portugais", sur la tête, du lenço, le "foulard", autour du cou, de la cinta (ou faixa), la ceinture au niveau de la taille, et de la capa, la "cape", sur le dos. Quel que soit le milieu, lors de rixes, de guerres ou de révoltes, les bâtons servent de canne de combat.
Généralisé comme arme d'autodéfense au sein de la population, le pau est également utilisé dans les armées dès le Moyen Âge. À l'instar de ce qui se passe dans le reste de l'Europe, il est très présent dans les Salles d’Armes, pour l'initiation à l'escrime médiévale (l'épée longue), ou en tant qu'arme à part entière 4. Du fait du mode de recrutement de l'ost (service d’ost, l'armée à l'époque féodale), qui intègre les paysans, les techniques acquises au sein des armées influencent nécessairement l'usage fait du pau dans la vie civile, et réciproquement. Ces interactions expliquent sans doute la proximité entre certaines techniques du jogo do pau et celles de l'escrime médiévale, notamment pour les mouvements parfois légèrement accroupis et la prise à deux mains. Pendant la Reconquista (722-1492), le pau est utilisé par les troupes chrétiennes aux côtés des épées, au maniement similaire...
[...] Suite et développement dans Wikipédia
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Entraînement au pau dans les Salles d'Armes de l'Époque moderne (vers 1453 - 1792)
Au cours du XIXe siècle, les techniques rurales du jogo do pau sont importées dans la région de Lisbonne, où elles subissent une adaptation leur permettant d'être applicables au combat au sabre 4. À la fin du XIXe siècle, le Gymnase Royal de Lisbonne accueille dans la confrérie des sports le jogo do pau. La seconde école de jogo do pau naît à cette époque dans le centre du Portugal. Dans la capitale, le jogo do pau perd progressivement son aspect brutal et guerrier pour devenir une discipline sportive individuelle, où les deux adversaires s’efforcent de se toucher sans se molester. À l'époque, à l'instar de ce qui se fait dans les campagnes, les bourgeois des grandes villes utilisent couramment un bastão pour se défendre.
Note
4. Canne d'arme (Batoncanne) autres archives [11/11/2015] [24/02/2025]
Voir aussi Escrime et Arts Martiaux Historiques Européens
Au XXe siècle, les combats de rue sont fréquents dans tout le pays. Parfois, les rixes intègrent des villages entiers. D'autres fois, les combats sont individuels, ou opposent un combattant à plusieurs assaillants. C'est l'époque des puxadores, les "tireurs", nom donné aux joueurs dans le Nord, et aux varredores de feira, les "balayeurs des marchés", des combattants affamés qui se déplacent dans les foires (feiras) et les fêtes populaires (romarias) pour défier leurs adversaires, afin de prouver leur valeur. La pratique des combats au pau diffèrent considérablement d'une région à l'autre du pays...
[...] pour la région du Minho dans la première moitié du XXe siècle [...] chaque homme ou adolescent amène avec lui son bâton (vara), qu'il conserve à ses côtés en position verticale pendant l'office religieux. Souvent, après la messe, les hommes des deux localités se retrouvent et s'affrontent dans un lieu environnant, dans des combats permettant le règlement par les armes de rivalité amoureuse, de jalousies ou de conflits terriens. En dépit de leur aspect improvisé, d'une façon générale, dans la région, les affrontements sont régis par un code éthique précis : les combattants ont par exemple l'interdiction formelle d'agresser un homme désarmé, ou à terre.
Pour la région Centre, les témoignages des anciens pratiquants et des contemporains permettent de reconstituer les pratiques de certaines localités. Dans la freguesia de Cortes, près de Leiria, dans la première moitié du XXe siècle, tous les hommes possèdent un pau, qui sert d'arme de combat, et accessoirement de bâton de bouvier. Celui-ci porte indifféremment les noms de pau, ou cajado. Différant de ceux du Nord par plusieurs aspects, ici la plupart des paus possèdent un pommeau spécial appelé maçaroca destiné à accentuer la force, la portée et les dommages des coups. Alors que ceux du Minho sont fabriqués prioritairement en alisier, à Cortes les bâtons sont taillés à partir de jeunes pieds d'eucalyptus * dont les nœuds épais des racines sont utilisés pour créer les pommeaux, afin que l'ensemble soit constitué d'un seul corps massif. Choisis jeunes, les arbres sont arrachés, séchés pendant six mois, dépecés, puis soigneusement taillés. La taille des paus, qui mesurent entre 1 et 1,50 m, est ajustée à la taille de leurs propriétaires, de façon à leur arriver à l'épaule...
* Voir plus bas
[...] Développement dans Wikipédia
D'abord ignoré par les autorités et les intellectuels du pays, le jogo do pau reste longtemps une pratique populaire. À partir des années 1930, sa pratique dans la rue commence à décliner, pour diverses raisons. Soucieuse d'éviter les luttes sanglantes, la police salazariste interdit le port du pau dans l'enceinte des foires. L'émigration massive des hommes à partir du milieu du XXe siècle dépeuple les campagnes et diminue le nombre de combattants. Enfin, la généralisation des armes à feu en milieu rural rend obsolète l'apprentissage long et difficile de cette technique de défense personnelle.
Au fil des décennies, le style de la région Centre se perd totalement, celui du Minho décline au point de presque disparaître, tandis que l'école de Lisbonne perdure. Aujourd'hui, il existe un grand nombre d'écoles de jogo do pau au Portugal, mais les deux plus célèbres sont : l'école de la région du Minho (Nord du Portugal), dont la tradition est rétablie, et celle de la région de Lisbonne (Sud du Portugal). Ces deux styles diffèrent par certains points mineurs.
[...] Fruit d'une tradition millénaire, le jogo do pau présente des techniques et des effets remarquablement efficaces. Les mouvements sont beaucoup plus rapides que dans d'autres sports utilisant un bâton, notamment que dans la canne ou le bâton de combat français 6. Aux championnats du monde d'arts martiaux de 1986, en France, des combattants portugais de jogo do pau affrontent pour la première fois des lutteurs au bâton asiatiques pratiquant des arts martiaux similaires, et deviennent champions du monde, sans subir aucune défaite 5.
Notes
5. [pt][en] Vidéo Jogo do pau Documentary Master Russo 1991 [archive]
6. [de][en] Vidéo Stick fighting - jogo do pau - Portugal
https://www.youtube.com/watch?v=i2--e31NXN0&t=0s
[...] Développement dans Wikipédia
Modalités de combat et caractéristiques du Pau (bâton)
Parmi les modalités de combat * :
- le contra-jogo, ou combat singulier
- la quelha, qui oppose un combattant à plusieurs adversaires
- le um bater dois, qui oppose un combattant à deux adversaires
- le roda do meio, qui vise à paralyser le jeu d'un combattant pris en tenaille par un groupe
- le abrir e fechar.
* [pt] jogo do pau: centro cultural e recreativo de juventude de cepães [archive]
Actuellement, les pratiquants du jogo do pau utilisent soit un pau de 1,50 m de long, qui renvoie au combat de rue en milieu rural, soit un bastão de combate de 80 cm de long, qui renvoie au combat de rue en milieu urbain. Les essences courantes utilisées pour la fabrication des bâtons sont selon les régions le châtaignier, le chêne ou le roseau, et surtout le bois d'alisier (Sorbus) *, qui est utilisé majoritairement dans la confection du pau. Cette essence confère au bâton une grande souplesse combinée à une résistance importante. Dans le nord du Portugal, les paus sont fabriqués par les habitants des villages eux-mêmes, et les techniques de fabrication, détenues par les anciens, sont transmises aux plus jeunes (note 6 op. cit.).
* "Le type de bois idéal pour les différents bâtons est le rotin, et chez nous, tous les bois durs, acacias, frêne, prunelier...". Lu dans Canne (France, Europe)
Source principale
Voir aussi
Canne (France, Europe)
Quelques définitions (Micocouliers Celtis) objets en bois
Yoga et bâton (exercices)
Luta galhofa
La luta galhofa, plus simplement galhofa, maluta, ou encore luta tradicional transmontana, est un sport de combat portugais, et plus spécifiquement une lutte traditionnelle portugaise, proche de la lutte gréco-romaine 1. Originaire de Tras-Os-Montes, elle est pratiquée dans le Nord du Portugal, notamment dans la région de Bragance. Sorte de wrestling tradicional, particulièrement riche en termes moteurs 2, elle est actuellement considérée comme la seule lutte au corps à corps ayant des origines portugaises, et typiquement portugaise 3. Soumise à des règles et des valeurs précises, elle mobilise une série de techniques de lutte ancestrales dont la transmission se faisait au départ de façon informelle, d'une génération à l'autre, à l'oral. Elle permet aux hommes l'ayant acquise de se défendre et d'immobiliser leurs adversaires. Dans le Soito, à Sabugal, la luta galhofa est appelée maluta.
Notes
3. PB quer "oficializar" luta tradicional do Nordeste de Portugal in Mensageiro Notícias 10 de abril de 2009
À l'origine, la lutte galhofa fait partie d'un rituel initiatique portugais pratiqué lors des fêtes marquant le passage des jeunes garçons (rapazes) à l'âge adulte, vers 18-20 ans 4. Traditionnellement, les luttes ont lieu en public pendant les "fêtes des jeunes garçons", les festas dos rapazes, la nuit, dans un enclos, une porcherie (corral) ou une grange (palheiro) dont le sol est couvert de paille 5. Les lutteurs, confinés dans l'enceinte, se battent sous les yeux de la foule, composée des habitants des localités auxquels ils appartiennent. Actuellement, la luta galhofa est encore pratiquée dans ce contexte pendant les festas dos rapazes de certains villages du district de Bragance. Elle a un caractère particulièrement important dans les tournois disputés entre des villages différents.
Notes
5. [pt] Vidéo Promo Vídeo Galhofa Clube [archive]
[https://www.youtube.com/watch?v=wnAWmO4HpjA]
Depuis quelques années, les Maîtres et les lutteurs de luta galhofa s'efforcent faire basculer leur discipline des granges vers les gymnases, afin d'en faire une discipline sportive reconnue. Dans le cadre de son institutionnalisation, en 2011, l'institut polytechnique de Bragance inscrit la luta galhofa comme matière de son Cours Supérieur de Sport. La luta galhofa est alors intégrée dans les Licences en Sport et Éducation Physique, variante Enseignement, de l’École Supérieure d’Éducation 6,7. Elle est enseignée par le professeur et maître José Bragada, initié à la galhofa dans sa jeunesse dans le contexte des luttes populaires. Depuis, le cours de luta galhofa est la discipline la plus demandée par les étudiants du cours de Sport de l’École Supérieure d’Éducation de Bragance.
Notes
7. [pt] Luta tradicional transmontana é cadeira curricular de curso superior de desporto [archive]
[https://www.youtube.com/watch?v=58Twsvx-wo4] Galhofa clube - Entrevista Sic video
Au départ réservée aux hommes, sa pratique en milieu populaire s'ouvre doucement aux femmes. Dans le cadre institutionnel, elle est une discipline mixte, accessible aux femmes, même si les combats opposent le plus souvent des lutteurs du même sexe. Les combattantes reconnaissent que la luta galhofa exige une certaine force physique, mais ajoutent qu'elle constitue néanmoins un sport agréable, par l'apprentissage déterminant des techniques de combat. La mise en place d'un règlement national officiel de luta galhofa est en cours à l'Institut Polytechnique de Bragance.
Règles de la luta galhofa
Dans la lutte galhofa, les combats commencent toujours debout. L'objectif des lutteurs est de faire chuter et d'immobiliser leur adversaire au sol, en lui maintenant le dos et les deux épaules simultanément à terre pendant quelques secondes à l'instar du tombé gréco-romain (entretien du professeur Bragada, note 2 op. cit.). Comme dans la lutte gréco-romaine, les lutteurs doivent attaquer prioritairement avec leurs bras et le haut de leur corps.
Afin de faire chuter l'adversaire, les lutteurs emploient des techniques de prise de jambes, de tronc, et de soulèvement élaborées, donnant parfois lieu à des projections impressionnantes, de grande amplitude. Les lutteurs en cours d'immobilisation au sol utilisent des techniques de crispation de membres, serrement de bras, ou de retournements rapides pour se dégager de l'emprise de leur adversaire. Tous les types de mouvements violents, comme le fait de tirer, les coups de poing ou les coups de pied sont strictement interdits. Les lutteurs ne doivent pas sortir de l'enceinte, ou du tapis de combat. Les combats, particulièrement énergiques et rapides, exigent une excellente condition physique, et une certaine endurance 8.
Bien que la corpulence et la force physique soient des critères très importants, l'agilité et l'acquisition des techniques de combat constituent des facteurs déterminants. Ainsi, il n'est pas rare que des lutteurs ayant un petit gabarit, mais particulièrement souples et expérimentés, prennent le dessus sur des adversaires plus corpulents. Exemple remarquable de fair play, les combats commencent toujours par une accolade cordiale. Lorsque la situation est bloquée et que les lutteurs à bout de force constatent l'empate, l'un des deux lutteurs peut demander l'arrêt du combat. Les combattants doivent être torse nu ou porter des hauts ajustés au corps, afin d'offrir le moins de prise possible, et déchaussés (note 5. op. cit.). Les pantalons doivent être faits en matériaux robustes, tels que le jean 9.
Notes
8. [pt] Vidéo Galhofa
[https://www.youtube.com/watch?v=UGCc3eARobQ] 0Galhofa Clube
9. [pt] Parada: o curral de Gladiadores [archive] sur Diário de Trás-os-Montes
Source principale
Sauter la pub pour aller au "Pombo"
Pombo
Le pombo, "lutte lusitanienne" ou "combat total portugais", est un art martial et un sport de lutte portugais, mêlant frappes, clés articulaires, lutte, lutte au sol, etc. Cet art martial portugais, mélange de combat libre et de self-défense, est actuellement pratiqué au Portugal et à l'étranger. Remarquablement complet, il serait issu d'un brassage entre les techniques de lutte amenées par les différentes vagues de migration et d'envahisseurs 1 ayant composé le peuple portugais, avec de très fortes influences berbères.
Note
1. L'histoire du Portugal au sens strict ne commence qu'au XIIe siècle avec la naissance des premiers États portugais : les comtés de Portugal et de Coimbra au temps d'Henri de Bourgogne,(1066-), mais au sens large, elle comprend le passé de l'actuel territoire portugais et de l'ouest de la péninsule Ibérique depuis la préhistoire. (Wikipédia) - Voir plus bas
Présentant un pendant ésotérique très fort, le pombo est organisé suivant une structure et des hiérarchies complexes, avec trois courants spirituels, le Père (o Pai), la Mère (a Mãe) et le Fils (o Filho) 2. Le pombo aurait, d'après ses pratiquants et ses dirigeants actuels, des origines pré-romaines. Cependant, il n'existe pas de référents oraux dans les traditions populaires et de documents d'archives attestant son existence avant la période contemporaine. Et des doutes très sérieux existent sur ses origines anciennes, et sur la continuité et l'enrichissement plurimillénaire de ses pratiques de combat 3,4.
Notes
4. [pt][fr] Vidéo Pombo - Portuguese martial art. Exposition of martial arts that took place in Geneva (Switzerland) in 2007 [archive]
https://www.youtube.com/watch?v=xXif4HaKsOA
Par sa richesse polyvalente, le pombo s'adapte aux compétitions et à tous les styles.
Pas un art traditionnel mais un art de tradition.
S'il s'appuie sur un ensemble de techniques anciennes, le plus probable est que le pombo, tel qu'il est pratiqué actuellement, soit un sport de combat de conception récente, s'efforçant de faire la synthèse de tous les sports de combat ayant trait aux cultures ayant influencé et contribué à faire naître la culture portugaise. L'histoire officielle du pombo, présentée par les instances dirigeantes actuelles de la discipline, serait donc en partie une création folklorique artificielle destinée à donner une forme d'assise historique et mythologique à leur sport, afin d'en faciliter la promotion. Elle est cependant révélatrice de l'ambition considérable, en termes techniques, de cet art martial contemporain, proche des arts martiaux mélangés actuels, les "MMA" (note 4 op. cit.)
Voir aussi MMA : techniques et abécédaire
Origines du pombo
Les premières techniques de lutte dont serait issu le pombo auraient été introduites en Lusitanie par les Ibères, lors de leur implantation dans la péninsule Ibérique. Entre 4500 et 2500 av. J.-C., les Berbères installés en Afrique du Nord diffusent leurs méthodes de combats au corps à corps en Algérie, au Maroc et aux îles Canaries. Arrivés après eux, les Carthaginois les apprennent et les intègrent à leur civilisation, avant de basculer vers la péninsule Ibérique après la première guerre punique (264 - 241 av. J.-C.) 5. Les chefs Barcides 6 d'Espagne de la deuxième guerre punique (218 - 202 av. J.-C.) Hamilcar ou Hannibal Barca, sont des spécialistes reconnus dans la maîtrise des armes ou du combat à mains nues. Étant très influents et appréciés de leurs troupes, leurs techniques sont sans doute enseignées ou reproduites par leurs mercenaires lusitaniens, qui les diffusent à leur retour au sein de leurs tribus.
Notes
6. Barcides - membres de la dynastie dont le fondateur est Hamilcar Barca (vers 290 - 228 av. J.-C.), père du célèbre général Hannibal Barca (247 - entre 183 et 181 av. J.-C.). Il s'agit d'une puissante famille de l'antique cité-État Carthage fondée par des colons phéniciens et dont la rivalité avec Rome s'achève avec la troisième guerre punique (149 - 146 av. J.-C.)
Apports romains et naissance du courant spirituel du Père
Lors de l'invasion romaine, en 139 av. J.-C., le chef de guerre Viriathe (vers ), le plus important dirigeant du peuple lusitanien, organise la résistance des tribus lusitaniennes contre les légions romaines. Les pratiquants actuels du pombo le considèrent comme le père de la Luta Lusitana, leur premier Patriarche, et font remonter la première "Tour-École" à son époque. En fait, Viriathe ne fait probablement qu'utiliser et systématiser dans un contexte de guérilla les techniques léguées par les Ibères et les Puniques.
[de] https://de.wikipedia.org/wiki/Lusitanische_Kriegerstatue
Après lui, les Romains, grands pratiquants de lutte gréco-romaine 7, occupent et romanisent le pays jusqu'à la chute de l'Empire d'Occident, ajoutant leur influence aux techniques de combat locales. Des Lusitaniens et des Celtibères 8 sont conduits dans les camps d’entraînement romains pour devenir gladiateurs 9. et intègrent des stratégies nouvelles pour survivre. Apparaît alors le second courant technique dans la Luta Lusitana, la Luta dos Campos, considérée aujourd'hui comme la seconde "Tour-École", qui donne naissance au courant spirituel du Père.
Notes
| 8. Le terme Celtibères se réfère généralement aux peuples celtiques ou "celtisés" de la péninsule Ibérique. Ils sont nommés ainsi par les géographes grecs. Ces peuples celtibères habitaient à l'ouest des Monts ibériques (en latin Idoubeda). Les Romains les considéraient comme un mélange de Celtes et d'Ibères - référence Martial (vers 40 - vers 104) Épigrammes - mais en les différenciant ainsi de leurs voisins, c'est-à-dire des Celtes du plateau et des Ibères de la côte. |
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9. Gladiateurs, voir aussi Les types et combats
Apports arabo-berbères, Reconquista et influences orientales
Deux siècles après la chute de l'Empire d'Occident, l'invasion et l'occupation arabo-berbères (711-1249) renouvellent et renforcent l'influence des techniques berbères diffusées dans l'Antiquité par les carthaginois, enrichissant et stabilisant techniques de combat autochtones. Les occupants Maures ont une influence considérable sur les Lusitaniens, apportant une dimension plus spirituelle à leurs pratiques. Un schisme apparaît alors au sein des Écoles existantes. La coexistence avec les Musulmans donnent naissance à la troisième "Tour-École", et introduit la maîtrise de la dague (les couteaux), armes fétiches des pombistes. Reliquat de cette influence berbère commune déterminante, on considère que le pombo portugais a des caractéristiques très proches des arts martiaux tunisiens notamment du grech (ou mousaraa) et de la lutte canarienne (lucha canaria).
Voir
Lutte canarienne (Lutte écossaise, le back-hold)
En 1139, dans le cadre de la Reconquista, le comté de Portucalense prend son indépendance du Royaume de Léon sous l'égide de Dom Alfonso Henriques (-) acclamé Roi de Portugal à la bataille d'Ourique (le 25 juillet 1139). Les techniques de lutte médiévales utilisées par les troupes chrétiennes lors de cette bataille, fondatrice de l'indépendance du Portugal, établissent la quatrième "Tour-École" de Luta Lusitana. Deux siècles plus tard, l'expansion maritime portugaise, dans la foulée du prolongement de la Reconquista, affine les techniques de lutte lusitanienne. En Asie notamment, la découverte du Japon au début des années 1540 enrichit les techniques du combat sans armes.
Voir
Ringen (lutte médiévale sans épée)
=> dans Escrime et Arts Martiaux Historiques Européens ou Escrime : codex et traités
Deux courants se distinguent alors dans la pratique du pombo, correspondant aux deux dynamiques de l'expansion portugaise :
- le "courant de l’Intérieur", pratiqué par les aristocrates, chevaliers, moines et guerriers ;
- et celui "de l’Extérieur", pratiqué par les roturiers, aventuriers, corsaires, mercenaires, etc. (Cf. L'Empire portugais d'Asie, de Sanjay Subrahmanyam, Maisonneuve & Larose, Paris 1999).
Organisés comme des sociétés secrètes, les deux courants disposent chacun d'un "Patriarche".
Ordre des fils de la Lusitanie et courant spirituel de la Mère
Rapidement, les deux courants sont regroupés dans une structure unique appelée l'ordre du Christ, renommée Ordre des fils de la Lusitanie, dont les symboles sont la Sphère armillaire 10 et la Croix du Christ du roi Emanuel Ier (-). Cette structure unique fonde une sixième "Tour-École", qui imprègne la classe moyenne et les forces armées, et donne naissance au courant Mère du pombo actuel.
Les sociétés de Luta Lusitana développent alors un pendant intellectuel et spirituel, voire ésotérique, sous l'influence des jésuites revenus de leurs missions en Orient (notamment après le retour de la mission d'Antonio de Andrade du Tibet). Au XVIIIe siècle et pendant les guerres contre la France, le mouvement est décimé. Le tremblement de terre de Lisbonne de 1755 fait un grand nombre de victimes au sein de l'Ordre des fils de la Lusitanie. Pris dans la politique de restauration de l'autorité de l’État, nombre de survivants sont expulsés du pays par le Marquis de Pombal (-), pourtant patriarche du "Courant Extérieur". D'autres fuient le pays lors des Invasions françaises du Portugal en 1807.
Note
10. Une sphère armillaire est un instrument anciennement employé en astronomie pour modéliser la sphère céleste. Elle était utilisée pour montrer le mouvement apparent des étoiles, du Soleil et de l’écliptique autour de la Terre. Le système de référence est alors le système géocentrique dit aussi "système de Ptolémée". Autrement dit il s’agit d'un modèle dans lequel on considère la Terre comme le centre de l’Univers... (Wikipédia)
Pombo sous la République portugaise et courant spirituel du Fils
Davantage politisée dans le contexte du mouvement culturel de la Renaissance portugaise (XV-XVIe siècle), la sixième "Tour-École" pousse encore la Carbonaria à la Révolution de 1910, qui proclame la première République portugaise (1910-1926). Puis les structures officielles de Luta Lusitana semblent disparaître un temps dans le contexte instable de la Première Guerre mondiale (1914-1918) et des désordres du début des années 1920 au Portugal.
À la veille du coup d’État militaire, en 1925, deux jeunes Maître d'armes, Maître Correiro et Maître Rahinho de la Beira Alta (ancienne région portugaise instituée par une réforme administrative de 1936) se retrouvent à Zamora, en Espagne. Les écoles de Luta Lusitana fusionnent à nouveau. João Tavares da Silva est nommé 53e Patriarche de l'Ordre des fils de la Lusitanie, avec le titre de Pombo. La fusion des écoles de lutte établit la septième "Tour-École", et le courant actuel du Fils.
Sous l'autorité de José Tavares da Silva, le titre de "Patriarche" devient héréditaire. Actuellement, l'initiation au pombo se poursuit, sous l'autorité de Maître José da Silva, qui porte les titres de 54e Patriarche et troisième Maître Pombo (Cf. Pombo sur Fédération française médiévale, ).
Source principale Wikipédia
Luttes celtiques
Gouren, cornique, back-hold… la différence entre les luttes de l’Interceltique (et d'autres luttes méconnues dans "Lutte écossaise, le back-hold")
=> l'Espagne avec Léon (lucha leonesa) et Cantabrie, les Îles Canaries (lucha canaria), la Sardaigne (s’istrumpa)... etc.
Luttes traditionnelles
fflutte.com - Découvrir les luttes traditionnelles (FFLDA)
Tunisie La Tunisie et l'activité physique
Divers
La lutte bretonne : le Gouren - Voir Gouren (Bretagne, France)
La lutte suisse : la lutte à la culotte - Voir Lutte suisse "à la culotte"
Sumo - Voir Sumo (lutte japonaise)
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Documentation
Le Portugal au Paléolithique
Les plus anciennes traces de présence humaine au Portugal datent du Paléolithique de plus de 400 000 ans avant notre ère 1. Elles témoignent de l'existence de populations de chasseurs cueilleurs vivant principalement de cueillette 2.
C'est ensuite le règne de l'homme de Néandertal (entre 200 000 et 28 000 ans), nomade, qui perfectionne l'art de la chasse et dont la culture se développe dans toute la péninsule. Sur le futur territoire portugais, ces populations se concentraient dans deux régions : la première, entre l'Estrémadure et l'Alentejo, l'autre au nord du Douro 2.
L'homme de Néandertal trouve l'un de ses ultimes refuges dans le territoire de l'actuel Portugal 3 avant d'être remplacé progressivement par Homo sapiens 40 000 ans avant notre ère 2.
Le paléolithique supérieur a laissé de nombreux témoignages de ces sociétés, tels que les peintures et les gravures rupestres des grottes d'Escoural (Alentejo) 4 ou de Mazouco (Tras-os-Montes). Mais les gravures les plus importantes restent celles de Vale de Côa, situées en plein air et vieilles de plus de 20 000 ans. La majorité de ces traces se trouvent en Estrémadure, dans la vallée du Tage et au nord du Douro.
La Côa prend sa source en Espagne. Son bassin s'étend sur 120 km, jusqu'à la confluence avec le Douro, principal fleuve du centre-nord de la péninsule Ibérique. Environ 335 surfaces décorées, avec plus de 2000 motifs différents sont recensés en 2007. Elles se répartissent dans 30 ensembles d'art rupestre dont 15 sont attribués au Paléolithique supérieur. De nouvelles figures sont régulièrement identifiées. Ces gravures sont situées sur les derniers 17 km de la vallée ainsi que dans les vallées des affluents de la Côa. Penascosa est situé sur la rive droite du Rio Côa au sud-ouest de Castelo Melhor. C'est le site du parc archéologique le plus compréhensible. Le mouvement des animaux y est particulièrement bien reproduit.
Durant le dernier maximum glaciaire, daté d'environ 21 000 ans avant le présent, à la fin du Pléistocène supérieur (+ v. Glaciation de Würm) le Portugal comme une partie de la péninsule Ibérique joue un rôle déterminant de refuge pour les populations humaines 1.
L'Asturien (9500-6000), culture épipaléolithique (phase finale du Paléolithique, il y a environ 14 000 ans), s'étend jusqu'au nord du Portugal depuis la Cantabrie (Cantabria en espagnol, communauté historique, province et communauté autonome mono-provinciale espagnole).
Notes et références
1. [en] Xavier Roca-Rada, Roberta Davidson, Matthew P. Williams et al. "The genetic history of Portugal over the past 5,000 years" [archive] biorxiv.org 17 septembre 2024
2. [pt] António Henrique Rodrigo de Oliveira Marques "História de Portugal : desde os tempos mais antigos até ao governo do Sr Pinheiro de Azevedo" vol.1 : Das origens às revoluções liberais, Lisbonne, Palas editores , 6eéd. - introduction (peuplement)
3. [en] C. Duarte et J. Maurício, PB Pettitt, P. Souto, E. Trinkaus, H. van der Plicht, J. Zilhão "The early Upper Paleolithic human skeleton from the Abrigo do Lagar Velho (Portugal) and modern human emergence in Iberia" [archive] Proceedings of the National Academy of Sciences, nos96-13, ISSN 1091-6490, DOI 10.1073/pnas.96.13.7604 - On a retrouvé des vestiges d'hommes de Cro-Magnon avec des traces de Néandertal vieux de 24 500 ans, ce qui indiquerait une population hybride résultat du croisement des deux espèces. Ce sont également les vestiges d'hommes aux caractéristiques de Néandertal les plus récentes que l'on connaisse, ce qui en ferait les derniers de leur espèce.
Jean-François Labourdette "Histoire du Portugal" Paris, Éditions Fayard (ISBN 2-213-60590-4)Labourdette 2000 p.15.
Courants spirituels, le Père, le Fils, la Mère
Quelques liens pour un début d'explication
Un père spirituel, pourquoi ? [archive] (Séminaire de la Castille) "Moi, je n'ai besoin de personne : je connais le chemin. Je peux y arriver tout seul…" Serais-tu assez fou pour te lancer à l'assaut de l'Everest tout seul ? ...
Voir Les Pères du désert - Les Pères de l'Église
Pères et fils spirituels [archive] (burningpointministries.com) Pères et fils spirituels est l'une des vérités les plus puissantes de la Bible. Cela peut être une source de grande bénédiction s'il est fait correctement par l'Esprit de Dieu. Les termes pères spirituels et fils spirituels sont fondés sur les Écritures. Paul a fait référence à Timothée et à Tite comme ses fils "spirituels" (2Timothée 1:2, Tite 1:4). Paul a également parlé dans le sens spirituel d'avoir des pères dans la foi (1 Corinthiens 4 :15, Philippiens 2 :19-22)
La Mère et la Spiritualité [lire un extrait] (Gwenaël Verez) De nombreuses traditions spirituelles accordent une grande importance à la dimension féminine du Divin, car c’est elle qui semble donner la Libération de l’âme, la Renaissance spirituelle, l’Union avec le Soi. Il est donc légitime de se demander pourquoi les religions occidentales ont prêté au Divin un caractère exclusivement patriarcal. D’où vient cet oubli ou cette confiscation ? Dans quelle mesure, le message originel de ces religions a-t-il été travesti pour que nous ignorions la Déesse-Mère ? Puissent les chercheurs de la Vérité redécouvrir cette vérité cachée afin que l’Occident "retrouve" la Voie de la Déesse et, par Elle, accède à la dimension du Nouvel Âge, car celui-ci pourrait bien être, après l’Âge du Père (le Yahvé de l’Ancien Testament) et l’Âge du Fils (le Christ du Nouveau Testament), l’Âge de la Mère.
Voir Les Mères