3-Sanda (boxe chinoise)
Page créée le 08 avril 2023
La Chine est le berceau de nombreux arts martiaux dont le Sanda – 散打 sǎndǎ "combat libre" – connu avant sous le nom de Sanshou – 散手 sǎnshǒu "main libre".
Le sanda – La boxe chinoise
Créé au XXe siècle, ce sport de combat chinois entre deux compétiteurs et d'auto-défense est souvent confondu avec d’autres arts de frappe comme le Muay Thaï (boxe thaïe) en raison de l’apparence de techniques et de règles similaires. Mais le Sanda est un système de combat bien plus polyvalent que la plupart des autres arts de frappe.
Le Sanda n'est généralement pas considéré comme un style martial en lui-même, mais plutôt comme l'une des 2 composantes de l'entraînement des arts martiaux chinois, en complément de la pratique des formes (taolu).
Il peut être perçu comme l'application des techniques martiales (de plein-contact) ou du combat libre et est souvent considéré comme une version sportive du Kung-fu1.
Le Sanda se compose de frappes de la main, coups de pied, de coudes et de genoux, ainsi que de déplacements, projections et immobilisations par la lutte. D’une certaine manière, on peut considérer le Sanda comme du Kick boxing avec des "takedowns"2 et du grappling.
Notes
1. Wushu est le terme chinois pour "arts martiaux". Kung-fu wushu signifie "exploration de sa véritable nature dans l’art capable d’arrêter la guerre et la violence".
2. Takedown (mot masculin, anglicisme). De l’anglais takedown déverbal de to take down "démolir, abattre". Amené au sol de l'adversaire dans le langage des sports de combat. Dans le régionalisme canadien "amener un coup" = frapper, porter un coup (d'après Wiktionnaire). On trouve aussi les termes "démontage", "démolition"... – Voir dans MMA : techniques et abécédaire
Voir aussi L'abécédaire des MMA (L'Équipe) [archive]
[https://www.youtube.com/watch?v=hj7jMBSdFgg] YouTube 18 septembre 2017
Attention à l'appellation "classe A", qui n'existe plus, remplacée par classe "Élite" et maintenant juste "Sanda" et classe "Honneurs" dans la division inférieure :) (Alain 2020)
Comment le sanshou est devenu sanda
Sous la tutelle des cadres soviétiques les Chinois finirent par créer des méthodes d’entraînement similaires au combat rapproché (close combat). Il semblerait que ce soit à cause de leur manque de technologies modernes que les Chinois ont mis en œuvre un programme de formation beaucoup plus important que celui des Soviétiques. Grâce aux bases des arts martiaux chinois existants, les instructeurs militaires de l'académie militaire de Huangpu créèrent ainsi le sanshou.
De cet enseignement en vue de combats rapprochés, les Chinois codifièrent ce style sous la forme de quatre groupes basiques martiaux :
1. da (frapper => coups de poing) : paume, coude, doigts, tête ;
2. tui ou ti (jambes, coup de pied) : balayage, genou ;
3. shuai (projeter => projection) : lutte, chute ;
4. na (attraper, saisir) : clés, soumission.
C’est dans une version beaucoup plus sportive, tant sécuritaire que compétitive que le sanshou est pratiqué. Il se conforme à un format de kick boxing1 introduisant le début de certaines règles et de protections. Si vous êtes assailli de coups, la plupart des styles martiaux peuvent faire face à ces situations aisément surtout lorsque vous êtes en position debout. En effet, être à terre pour un temps indéterminé vous rend vulnérable dans une situation de combat et les risques sont exponentiellement multipliés, sauf pour le jiu jitsu brésilien (JJB) qui est spécialisé dans le combat au sol. Pour ces raisons, le sanshou se focalise essentiellement sur le combat debout ou sur pied.
Le sanshou se traduit par les pieds-poings-projections sans soumission (na) ni combat au sol. À l'origine l'utilisation des coudes et des genoux était autorisée lors des rencontres inter-militaires mais elle fut interdite pour la version sportive officielle internationale lors des premiers championnats du monde en 1991. En 1997, la coopération Chine-États-Unis mit en place des rencontres professionnelles se basant sur des principes de kick boxing comme le muay thaï1. Ces matchs donnèrent lieu à des combats de boxe sans l'utilisation des protections inhérentes outre les plastrons, casques et protège-tibia.
Les Chinois nommèrent le sanshou professionnel le sanda, un terme qui signifie "combat libre et complet" ou "full contact2 fighting". L'essor du sanda n'a pris toute son ampleur que depuis 2003. Aujourd’hui, des rencontres au sommet entre professionnels ont lieu comme le Sanda King organisé par les Chinois. De plus, des rencontres inter-styles se sont déjà déroulées avec succès et les médias en ont fait des événements exceptionnels, des rencontres Chine-Thaïlande dont trois matchs ont déjà été organisés faisant intervenir des professionnels du sanda et du muay thaï. Il y eut également le K-13 promu par le Japan Shootboxing Association (JSA).
Notes
1. Le kick-boxing, c'est de la boxe avec des coups de pied circulaires au corps, à la tête, dans les jambes... et des coups de genou : c'est de la boxe thaïe (Muay Thaï) sans les coups de coude.
2. On peut dire que le full contact (boxe américaine) c'est de la boxe anglaise avec des coups de pied circulaires au corps ou à la tête.
3. Le K-1 est une organisation sportive promouvant une forme de kick-boxing japonais créée en 1993 au Japon et qui a pris fin en 2012 par Kazuyoshi Ishii (fondateur du courant de karaté Seidokaikan). Le K fait référence aux arts martiaux que sont le karaté, le kung fu, le tae kwon do et le kick-boxing. (Wikipédia)
Voir aussi [en] Histoire du K-1 sur le site officiel [traduction]
Ainsi, le sanda est l’évolution du wushu en sport de combat. Il intègre les 4 principales catégories d’attaques vues ci-dessus, ainsi que les parades et blocages.
Voir Repères d'Animaux martiaux (Kung-fu - Chine)
Cette pratique compétitive va plus loin dans les limites des sports de combat, et met l’accent sur les techniques de poing, de pied et surtout de projection permettant ainsi des stratégies de confrontation très élaborées, imposant aux combattants des qualités de vitesse, de puissance et de précision.
– protections pour tibia et pour pied sauf classe A.
– les gants de 8 ou 10 onces en fonction du poids.
Démonstration Sanda 2021 | Wushu tao
[https://www.youtube.com/watch?v=FJOa_M7db5M] YouTube 16 juillet 2021
Le Wushu, qui veut dire "arts martiaux" en chinois, regroupe tous les arts martiaux chinois internes & externes. Le Wushu dit "style moderne" avec ses figures gymniques sportives très complexes et difficiles, est beaucoup plus aérien et chorégraphique. D’ailleurs dans l’opéra de Pékin les enfants adaptent très tôt le wushu dans leurs scènes et c’est l’art martial principal utilisé dans les films hongkongais : il y a le bâton, le sabre et aussi beaucoup de techniques de jambes. Le Shaolin ressemble un peu au wushu sauf que c’est plus complet. (internautes)
Le Sanda et l’auto-défense

Le Sanda est un bon sport pour l’auto-défense car toutes les techniques apprises fonctionnent aussi dans la vie réelle. C’est l’un des rares systèmes de combat qui apprend à utiliser le corps entier comme une arme. C’est un système polyvalent qui couvre à la fois les aspects de la frappe et du grappling, ce qui est vraiment important pour l’autodéfense. En cas de problèmes dans la rue, celui qui a de meilleures compétences et plus d’armes gagne dans la plupart des cas. L’avantage du Sanda est qu’il apprend à se battre à toutes les distances, à distance, donc, et à bout portant, au corps à corps, voire les bases du combat au sol. Les élèves apprennent à utiliser les coups de pied, les coups de poing, les coudes, les genoux, les immobilisations et les projections de lutte. Peu importe si le combat a lieu sur le parking ou dans un bar, peu importe la taille ou la force. Même si l’adversaire est plus grand et parvient à vous saisir, le Sanda vous apprend à utiliser l’effet de levier pour le jeter au sol. L’aspect grappling est crucial car la plupart des gens ne savent pas comment se défendre contre des mouvements de lutte ou de judo. Il faut des années pour apprendre à se défendre contre ces mouvements... Le sanda présente de nombreux avantages, le principal inconvénient étant que vous aurez peut-être du mal à trouver une salle pour vous entraîner. Ce sport n’est pas très populaire dans le monde occidental, ce qui peut vous obliger à prendre des cours dans d’autres arts similaires comme le Muay Thaï ou le Kickboxing.
Le Sanda et les MMA
Le sanda est un art polyvalent très présent dans le MMA moderne. Bien qu’il ne le soit pas autant que d’autres arts, comme le Muay Thaï par exemple, de nombreux combattants de haut niveau de l’UFC ont une très bonne connaissance du Sanda. Globalement, le Sanda est une base solide pour le MMA. La façon dont vous apprenez à garder la distance, à vous déplacer et à mélanger les coups de pied avec les coups de poing vous aidera beaucoup dans le combat en cage. Cependant, l’aspect qui ressort est la vitesse des frappes et des mouvements. N’oubliez pas que même les combattants de Sanda les plus doués doivent suivre des cours de lutte et de BJJ (ou JJB, jiu jitsu1 brésilien) pour réussir dans le jeu. Vous ne pouvez pas vous attendre à passer du Sanda au MMA et à réussir sans entraînement croisé. Bien que le Sanda couvre à la fois les aspects de la frappe et du grappling, on peut noter quelques réserves. Par exemple, les projections et les takedowns appris en Sanda peuvent sembler pouvoir être utilisés en MMA. Mais ces techniques ne sont pas assez avancées. De nos jours, presque tous les combattants de MMA ont une bonne défense contre les takedowns et se défendront contre vos attaques de Sanda...
Vidéo Sanshou Sanda 2016 France vs China
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Note
1. Jutsu, jitsu puis jujutsu, jujitsu, jiu-jitsu... ou quoi ? (Samourai – du Jutsu au Dō)
L’entraînement au Sanda est très difficile

Il faut beaucoup de temps et de pratique pour devenir un combattant compétent. On a tendance à penser que le Sanda est facile, mais il faut garder à l’esprit que l’entraînement est très différent car l’accent est mis sur les combats acharnés et l’endurance. Cela signifie que les entraînements sont intenses et durs pour le corps. Le risque de blessures n’est pas très élevé, mais vous pouvez vous blesser en échangeant des coups lors de sparring ou de matchs. En tant que débutant, vous n’aurez pas de mal à assimiler les techniques de base. Cependant, il n’est pas difficile d’apprendre à se tenir dans une position correcte, ainsi que les coups de pied et les coups de poing de base, et comment les mélanger. Et tout devient beaucoup plus facile à mesure que vous devenez plus fort et plus souple. Le plus gros inconvénient de l’entraînement est que le Sanda n’est pas très populaire en dehors de la Chine. Il est très difficile de trouver des écoles de Sanda, et même si vous en trouvez, il n'est pas sûr que la qualité des cours soit la même qu’en Chine.
Règlement en compétition
Avec les premiers championnats du monde de sanshou, les règlements des différentes fédérations et notamment française se sont alignés sur le règlement international. En voici les grandes lignes simplifiées.
Le sanda se divise en deux sous-disciplines
1. Le Sanda Light, aussi appelé Qingda, se joue toucher, les coups ne sont pas portés avec une grande puissance et les KO sont strictement interdits.
2. Le Sanda classique qui se joue plein contact et où les KO sont autorisés. Dans cette forme, la victoire est obtenue par KO/hors combat ou aux points à la fin du temps réglementaire.
Chaque branche du sanda se divise en plusieurs catégories
Tout d'abord les catégories masculines / féminines, puis l'âge :
– Poussins (6 ou 7 ans)
– Pupilles (8 ou 9 ans)
– Benjamins (10 ou 11 ans)
– Minimes (12 ou 13 ans)
– Cadets (14 ou 15 ans)
– Juniors (16 ou 17 ans)
– Séniors (18 à 34 ans)
– Vétérans (35 ans et plus)
Ces catégories se divisent ensuite en sous-catégories par rapport au poids, variant suivant la catégorie d'âge, allant de 20 kg et moins pour les Poussins à 90 kg et plus pour les Séniors, les Vétérans étant les plus lourds
L’aire de compétition

L’aire de compétition est une plate forme carrée, de 8 mètres de côté et surélevée de 60 cm appelée leitai en Chine. Le leitai (littéralement la "plateforme de frappe") dans sa forme actuelle était utilisée pour les tournoi d’arts martiaux dès la dynastie Song. En sanda, elle est composée de bois et de métal pour la structure, et de matière souple pour la surface. Il n’y a pas de corde ni filet. Les quatre côtés sont couverts de protections souples hautes de 20-40 cm et larges de 2 m. Au centre de la plateforme est dessiné le schéma du yin-yang.
Dans certains tournoi professionnels télévisés (Kungfu king, Wulin feng), le ring avec cordes remplace le Leitai.

La durée
Les rencontres se déroulent en 2 rounds gagnants de 1,5 à 2 minute(s) selon les catégories, avec des intervalles de récupération de 1 minute.

Les coups autorisés
De nombreuses techniques sont autorisées en sanda dont
– coups de poing
– coups de pied
– balayages
– saisies et projections
Ces coups doivent être appliqués avec suffisamment de puissance pour être comptés par les arbitres. L’attribution de points dépend de la technique utilisée.
Les coups de pied au corps et à la tête comptent plus que les coups de poing sur ces mêmes zones.
Les balayages et projections apportent un maximum de points si le combattant se maintient debout.
Les sorties de l’aire de combat, les comptages et les avertissements à l’adversaire rapportent également des points.
À noter, les techniques autorisées peuvent varier selon les catégories et le type de rencontres.
Les coups interdits
Le Sanda est l’un des rares arts qui autorise les coups de coude et de genou, mais uniquement à l’entraînement. Pour des raisons de sécurité, les coups de coude ne sont pas autorisés en compétition. C’est la principale raison pour laquelle les matchs de Sanda ressemblent beaucoup à ceux du K-1, car les règles sont assez similaires.
Interdites et sanctionnées, les percussions derrière la tête, le cou, la nuque, au niveau génital ou devant le genou.
Certaines techniques sont prohibées, outre les coups de coude, les coups de genou (mais parfois autorisés), coups de tête, les strangulations et luxations, les projections dangereuses (saisie au cou ou projection tête la première), la lutte au sol et les morsures. L’usage de ces techniques entraîne des avertissements qui donnent des points à l’adversaire et éventuellement une disqualification.
À noter, certains tournois télévisés en Chine réduisent le nombre de protections et autorisent davantage de techniques.
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Sources
AFAC Sport (règlement en compétition) [archive]
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Documentation diverse et/ou rappels de liens
Cuju, lointain parent du foot (Chine)
L'abécédaire des MMA (L'Équipe) [archive]
MMA : règles officielles (Mixed Martial Arts)
Techniques d'autodéfense en images
Arts chinois
ARTS MARTIAUX chinois Vieux documentaire
Arts martiaux & Sport de combat
Falun Gong (mouvement spirituel)
Georges Charles (Arts Martiaux chinois)
Qi-gong (Chine)
Repères d'Animaux martiaux (Kung-fu - Chine)
Shaolin & Kung-fu (Chine)
Taï chi = Tai Ji Quan (Chine)


