3-Tir à la corde
Page créée le 17 juillet 2023
Composée de "tir" et de "corde", la locution nominale "tir à la corde" désigne en sport l'exercice qui oppose deux équipes dans une épreuve de force.
Tir à la corde Tug of war à l'Académie navale d'Annapolis dans le Maryland (le 17 mai 2005)
Synonymes : lutte à la corde, souque à la corde, mais tug of war est le nom anglais officiel, composé de tug (action de "tirer") et de war ("guerre")
Voir
Sport de force (Lexique "sportif)
Histoire du tir à la corde (Voir Wikipédia)
Le tir à la corde aux Jeux olympiques
Le jeu est introduit dans sa version moderne aux jeux olympiques de 1900 à 1920
Dans la Grèce antique, l'épreuve de tir à la corde faisait partie des Jeux olympiques. Les Jeux olympiques modernes le comptèrent comme épreuve officielle, sous le nom de lutte à la corde, dès leur deuxième olympiade à Paris en 19001 (ils ne figuraient pas à la première en 1896 à Athènes2) jusqu'aux Jeux à Anvers en 19203,4,5. Dans les premières olympiades, une nation pouvait engager plusieurs équipes issues de différents clubs sportifs.
Le tir à la corde mettait en jeu deux équipes de huit joueurs qui se faisaient face en tenant une corde. L’objectif : faire avancer les adversaires de plus de 2 mètres en moins de 5 minutes. Lorsque ce délai n’était pas atteint, on déterminait l’équipe gagnante par la plus grande distance de terrain gagnée.
Les États-Unis et la Grande-Bretagne se sont particulièrement illustrés dans cette discipline. Anecdote : aux Jeux de Londres de 1908, les membres de l’équipe de Liverpool ont volontairement porté des chaussures si lourdes qu’il était trop difficile de les faire bouger ! Les Américains, furieux, décidèrent de ne pas compétitionner.
Notes
1. Jeux olympiques de 1900 (un « article de qualité » de Wikipédia)
2. Jeux olympiques de 1896 (un « bon article » de Wikipédia)
3. Jeux olympiques de 1920 (un « article de qualité » de Wikipédia)
4. Sports olympiques passés (Site officiel du mouvement olympique)
5. 10 disciplines disparues des Jeux olympiques (15 août 2012) [archive sur Wikiwix]
Voir aussi Les disciplines olympiques disparues (L'Internaute)
Documentation
Stockholm 1912 : Tir à la Corde | Meilleurs Moments
Anvers 1920 : Le tir à la corde (Tug of War) pour la dernière fois aux Jeux
[archive sans vidéo]
Voir aussi
À quoi ressemblaient les JO des Grecs ?
Jeux olympiques (Arts martiaux et Sport de combat)
Saviez-vous qu’autrefois le tir à la corde était une discipline olympique ?

Le tir à la corde fut autrefois une discipline olympique (olympics.com)
Les règles modernes officielles du tir à la corde
La TWIF (Tug of War International Federation) en français "Fédération internationale de tir à la corde" organise régulièrement des championnats internationaux en salle et en plein air (1)
Deux équipes, s'alignent à chaque bout d'une corde. Deux lignes, espacées de 4 ou 5 mètres, sont tracées. Une fois le jeu commencé, chaque équipe essaye de faire dépasser à l'autre sa ligne ou de faire chuter l'adversaire. Dans un souci d'équité, il est interdit de tourner le dos à l'adversaire.
Par mesure de sécurité, pour éviter que la corde ne rompt sous la traction et provoque des accidents potentiellement mortels (et qui se sont hélas produits), la fédération allemande de tir à la corde a prescrit une corde en chanvre ou en sisal de 4 cm de diamètre, dans les compétitions officielles opposant deux équipes de huit sportifs.
Voir aussi
(1) Wikipédia
Tir à la corde : règles, techniques et astuces [archive sans vidéo] (Dynamotickets)
[https://www.youtube.com/watch?v=ed2RQYTPgng] 16 janvier 2019
Curiosités asiatiques
La corde utilisée dans une équipe de tir à la corde dans l'Uiryeong Keunjulttaenggigi (15 janvier dans le calendrier chinois) est de 251 m de longueur, de 4,5 cm de circonférence et un poids de 54,5 tonnes. (Uirreyong)
La corde utilisée dans une équipe de tir à la corde à Naha Oōtsunahiki (10 septembre) est de 200 m de longueur et pèse plus de 40 tonnes.
Le tir à la corde au Pays basque et en Écosse
La simplicité de ce sport fait qu'il est l'un des plus anciens et diffusés à travers le monde. En Région cantabrique, Asturies, Écosse, il est considéré comme un sport rural ou traditionnel avec de nombreux clubs et des compétitions fréquentes.
Au Pays basque : sokatira
Le sokatira (ou soka-tira) est un jeu de force basque1 très populaire à travers le Pays basque. C'est un sport qui fait s'affronter deux équipes l'une contre l'autre dans une épreuve de force.
Deux équipes de huit, dont le total ne dépassent pas un poids maximal déterminé pour la catégorie, sont alignées le long d'une corde (approximativement de 10 centimètres de circonférence). La corde est marquée avec un repère central et de deux marques à quatre mètres de chaque côté du centre. L'équipement commence avec la ligne centrale directement sur une ligne marquée dans la terre, et une fois commencé le concours, essayent de porter l'autre équipe jusqu'à ce que la marque la plus proche à l'équipe opposée croise la ligne centrale, ou lorsqu'ils commettront une faute (un membre de l'équipe tombe au sol ou s'assoit). Il était traditionnellement pratiqué dans des places pavées et frontons, mais les compétitions entre les clubs se pratiquent actuellement sur l'herbe, par influence de la pratique dans d'autres pays. Il existe des équipes de sokatira dans de nombreux pays, et prennent part tant les hommes que les femmes.
Le terme peut être utilisé comme une ressemblance qui décrit une démonstration de force brute par deux groupes adverses, par exemple, dans une guerre d'éditions. Bien que parfois, il existe une troisième partie qui est la corde du sokatira.
1. Les épreuves de force basque (Deporte rural vasco en espagnol, Herri kirolak en basque) ont leur origine dans l'exercice des travaux quotidiens. Depuis des siècles, les jeunes Basques se lançaient des défis d'une ferme à l'autre. Du travail de la forêt du Pays basque sont nés les "Aizkolariak" (aizkolaritza) - bûcherons qui travaillent à la hache ou "arpanariak", les scieurs au passe partout (scie pour deux personnes). Des travaux du bâtiment, cathédrales, monastères, etc. sont à l'origine du "harri-jasotze" - ceux qui soulèvent les pierres. Des travaux des champs et de la ferme sont nées plusieurs épreuves, dont les plus connues et pratiquées sont : "Lastoaltxatzea", le lever de la paille à la fourche ou à la poulie, "Orga joko", le levé de la charrette, "zakulasterka", la course aux sacs individuelle ou en relais, et "Untziketariak", le parcours avec les pichets de lait. Il y a enfin le "Sokatira" ou tir à la corde, discipline internationalement connue et pratiquée dans pas moins de 14 pays. (Source et suite dans Wikipédia)
Voir aussi
"Le tir à la corde" [archive] sur www.eke.eus/fr, Institut culturel basque
[es] Sokatira au Pays basque [archive]
En Écosse : tug of war
Tir à la corde ou tug of war parmi les Highland games d'Écosse.
Les Highland games, littéralement en français jeux des Highlands, sont des compétitions sportives et culturelles créés en 1856 en Écosse.
Ces évènements se déroulent tout au long de l'année, en Écosse et dans d'autres pays, et dont le but est de célébrer la culture écossaise mais principalement l'héritage culturel et sportif des Highlands. Certains aspects des jeux sont devenus emblématiques de l'Écosse ; c'est le cas notamment des défilés de joueurs de cornemuse, des participants habillés en kilt, et des épreuves de force. Les plus célèbres en sont probablement le tir à la corde (tug of war en anglais) et Toss the Caber, un lancer de tronc d'arbre ; celui-ci, mesurant entre 5 et 6,5 mètres, doit atterrir perpendiculairement au sol. Si certains font remonter la tradition des jeux des Highlands au XIe siècle et au roi Malcolm III d'Écosse, les jeux sous leur forme actuelle ont été développés au XIXe siècle, à la période victorienne, après les Clearances.
Bien que centrés sur les compétitions de cornemuses, de tambours-majors, de danse * des Highlands et d'épreuves de force, les jeux des Highlands sont aussi le lieu de spectacles et d'expositions liés aux différents aspects de la culture traditionnelle écossaise, et particulièrement gaélique.
Les jeux tenus à Dunoon chaque mois août, appelés Cowal Games, sont les plus importants tenus en Écosse, avec près de 3 500 participants et quinze à vingt mille spectateurs venus du monde entier.
Au niveau mondial, les jeux attirant le plus de personnes se déroulent aux États-Unis, à l'initiative du Caledonian Club de San Francisco fondé en 1865.
* Voir aussi Sword Dance
Le tir à la corde en Afrique
Au Togo : kadondon
Au Togo, des pratiques sociales de référence comme le tir d’outre ou de gourde d’eau du puits, le tir de filets de pêche de la mer, certains travaux champêtres et de construction des abris ont donné vie au kadondon (kadɔdɔ) qui se pratique par des adultes lors des fêtes surtout traditionnelles et par des enfants en guise de jeu. La pratique du kadɔdɔ au Togo remonte donc à l’époque où les hommes et les femmes décidèrent de se sédentariser (entre le IXe siècle et VIIIe siècle av. J.-C.).
Règles proposées
En 2011, un enseignant en didactique à l'Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS) de Lomé, Attidokpo Koffi Mawoutor, propose les règles suivantes.
Deux équipes de six personnes, dont le poids total ne doit pas excéder un poids décidé suivant la catégorie, s’alignent à chaque bout d’une corde de 3 à 4 centimètres de diamètre et de 14,50 à 15 mètres de long. Deux lignes, espacées de deux mètres, sont tracées entre les deux équipes qui se font face.
Une fois le signal donné par un arbitre qui est assisté d’un second arbitre, chaque équipe essaye de tirer (traquer) l’adversaire en vue de lui faire faire un déplacement d’au moins deux mètres.
Si, au bout de deux minutes, aucune équipe ne parvient à déplacer son adversaire d’au moins deux mètres, la partie sera reprise mais l’équipe qui aura l’avantage sur la distance à l’instant T égal à deux minutes gagne un point.
Si, après la deuxième reprise et au bout de deux minutes, aucune équipe ne parvient à déplacer son adversaire d’au moins deux mètres, la partie sera une fois de plus reprise mais l’équipe qui aura l’avantage sur la distance à l’instant T égal à deux minutes gagne un point.
Si, après la troisième reprise et au bout de deux minutes, aucune équipe ne parvient à déplacer son adversaire d’au moins deux mètres, l’arbitre siffle la fin de la partie tout en accordant un point à l’équipe qui aura l’avantage sur la distance à l’instant T égal à deux minutes.
Mais lorsqu’une équipe A parvient à tirer l’adversaire B d’au moins deux mètres, l’arbitre siffle la fin de la partie et accorde trois points à cette équipe A et l’équipe B n’a aucun point.
Documentation
"L’esprit d’équipe, de solidarité, de convivialité et d’entraide que nous enseignaient nos parents, se faisait ressentir aussi dans ces jeux. Kadondon ou tir à corde illustre bien cet esprit", souligne Mme Jeannine Agunke, inspectrice de l’Éducation à la retraite et actuelle présidente de l’ONG FAWED Togo. Ces jeux étaient par ailleurs souvent utilisés par les professeurs d’éducation physique et sportive (EPS) pour motiver les élèves à pratiquer l’activité. De fait, un nouveau programme d’EPS a été élaboré en juillet 2019 par les acteurs. Il a été ainsi décidé d’innover en introduisant dans les activités physiques et artistiques, des jeux tels ceux du mime, d’équilibre, d’ampé *, de saut à la corde, bref de la plupart des jeux traditionnels en voie de disparition. Le but de cette innovation n’est pas seulement d’assurer une bonne santé, mais également d’amener les élèves à vivre et à comprendre la pratique du sport. – Journal Focus Infos N°267 | Du 24 février au 10 mars 2021 (PDF p.12)
* "Ampé" est un jeu simple mais énergique, rythmique, joué par les enfants d'âge scolaire, notamment les filles. Originaire du Ghana, il est également joué dans d'autres pays voisins. Il se joue à deux ou plus et ne nécessite aucun équipement. Il comprend des activités d'applaudissements, de sauts, de danse, de chant et un style de mode particulier, aidant les communautés à créer des liens (voir Globaltimoto)
Voir aussi ARTS MARTIAUX africains (dont Lutte togolaise : evala)
Le tir à la corde en Asie
En Corée du Sud : juldarigi
Il s'agit de la version coréenne du "tir à la corde".
Les jeux traditionnels sud-coréens ont leurs racines dans les anciennes croyances populaires. Comme la péninsule coréenne est dominée par l’agriculture depuis les temps anciens, les Coréens ont de fortes croyances en des dieux qui protègent leur nature et leurs terres. Le chant et la danse étaient des activités populaires, et même des exorcismes étaient pratiqués pour assurer et augmenter le volume des récoltes et le bien-être des animaux.
Ainsi, parmi ces jeux traditionnels, le Juldarigi est couramment joué par deux équipes lors de festivals et de rassemblements communautaires. L'origine de ce jeu est très ancienne. En plus d’être populaire et amusant, c’est un événement dans toute la Corée qui a une signification traditionnelle et rituelle assez profondément enracinée, notamment pour les communautés agricoles. Par exemple, le résultat du jeu est supposé prédire la récolte à venir de l’année. Dans la plupart des régions, on pratique ce jeu le jour de Jeongwol-daeboreum pour obtenir une année d'abondance. (Jeongwol-daeboreum est le nom qui désigne le 15 du premier mois lunaire de l'année en Corée. C’est un jour de fête traditionnel comme Chuseok)
Le Juldarigi se joue avec des cordes fabriquées en paille de riz.
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Depuis les temps anciens, on divise habituellement les participants en deux groupes l’un est le groupe de l'Est et l’autre celui de l'Ouest. Si le groupe de l’Est gagne, on prophétise une année d’abondance agricole. Mais, si c’est le groupe de l’ouest qui gagne, cela annonce que c’est la pèche qui sera bonne et que les bateaux seront remplis de poissons. On pratique ce jeu plutôt en groupe que de manière individuelle. Pour pratiquer, on n’a besoin d’aucun outil spécial autre qu’une corde. On trace une ligne sur le sol pour séparer les deux équipes. On noue un ruban sur la corde. Au début de la partie le ruban est au-dessus de la ligne. Ensuite on tire la corde de chaque côté pendant environ 5 minutes, puis on regarde où est le ruban. L’équipe qui remporte la victoire, et celle qui a tiré le plus fort. Le ruban doit être dans son camp. De nos jours, beaucoup de gens aiment ce sport, qui a été une discipline olympique des jeux d’été de 1900 à 1920, et participent à des compétitions sportives. |
Maintenant, l’expression Juldarigi est souvent utilisé dans la vie de tous les jours quand il y a une situation de concurrence.
En français s'il vous plaît [archive]
Autres jeux traditionnels sud-coréens populaires
- Cham Cham Cham : il suffit de faire face à l’autre joueur, puis de tourner la tête à gauche ou à droite. Si l’autre joueur tourne la tête dans la même direction que vous, vous gagnez !
- Combats de coqs (dakssaum) : compétition physique, chaque joueur doit se tenir sur une jambe, en saisissant des mains l'autre cheville. En sautant sur une jambe chaque joueur tente de déséquilibrer son adversaire.
- Gonggi Noli se joue à deux joueurs ou plus avec de petites pierres.
- Jegichagi ou jai-gi-cha-gi, jeu de volant traditionnel de Corée.
- La fleur de Mugunghwa a fleuri. Vous vous souvenez peut-être d’un jeu similaire de votre enfance : "1 2 3 soleil"...
- Tuhonori : il suffit de viser et d’essayer de faire atterrir une flèche dans un trou.
Voir aussi ARTS MARTIAUX coréens
En Corée du Sud, mais aussi Cambodge, Philippines et Vietnam
Rituels et jeux de tir à la corde
[https://www.youtube.com/watch?v=hVNa5PG00RI] 02 décembre 2015
Inscrit en 2015 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
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Sources
En français s'il vous plaît [archive] (Corée du Sud)
Jeux & Compagnie [archive] (Corée du Sud)
https://olympics.com/fr/sports/tug-of-war/ (Jeux olympiques)
Wikipédia (plusieurs articles)
Documentation "jeux populaires"
Henning Eichberg "Vers une philosophie des jeux populaires" dans Joël Guibert et Guy Jaouen "Jeux traditionnels. Quels loisirs sportifs pour la société de demain ?" Vannes (préfecture du Morbihan 56) Institut culturel de Bretagne (Skol-Uhel ar Vro) juillet 2005
Oubliez les Jeux olympiques, voici les Jeux nomades ! (Coups de cœur Culture)




