ARTS MARTIAUX africains
Page créée fin août 2022, en cours de restauration (mars 2025). Quelques liens n'aboutissent pas encore.
L'expression "arts martiaux" nous évoque le plus souvent des disciplines venues d'Orient - taekwondo coréen, kung-fu chinois, judo japonais... Quand il s’agit de l’Afrique, l'expression semble incongrue... À tort !!!
Lutte sénégalaise traditionnelle
Table des matières
|
Lutte nuba (Soudan du Sud) Dambe (Nigeria) Engolo ou ngolo (Angola) Musangwe (Afrique du Sud) Istunka (Somalie) Morengy (Madagascar) Lutte canarienne |
El matrag (Algérie) Tahtib (Égypte) Documentation Capoeira, une danse martiale (Brésil origine Afrique Ouest) Calinda (danse afro-caribéenne) |
Avant de continuer, je vous soumets un extrait d'un joli texte de Karaté-bushido qui correspond exactement à mes ressentis.
L'Afrique abrite une tradition martiale ancienne et foisonnante. Plusieurs disciplines africaines, transmises de génération en génération, mêlent art du combat, spiritualité, culture et rites initiatiques. Ces pratiques, souvent oubliées en dehors du continent, méritent d’être mises en lumière tant leur richesse est immense. Ces arts martiaux africains incarnent des systèmes de valeurs, des récits de bravoure, des initiations à la vie adulte ou encore des rituels de protection. Ils se pratiquent parfois à mains nues, parfois avec des armes traditionnelles, dans des contextes festifs ou solennels. Chaque peuple, chaque région, a façonné sa propre manière de se battre, de résister, de transmettre.
Dambe (Nigeria), Laamb (lutte sénégalaise), Ngolo (Angola), Moringue (Réunion), Musangwe (Afrique du Sud), Instunka (Somalie), Calinda (art afro-caribéen)... ces disciplines sont bien plus que des techniques de combat. Elles véhiculent des valeurs de respect, de dépassement, d’identité et de transmission. Pourtant, leur notoriété reste largement en retrait par rapport aux arts martiaux asiatiques. Mettre en lumière ces arts martiaux africains, c’est rendre hommage à une culture guerrière ancienne et toujours vivante. C’est aussi élargir notre regard sur ce que peut être la voie martiale, dans toute sa diversité.
30/03/2025 [archive] (Karaté-bushido)
La lutte sénégalaise
Lutte traditionnelle, la lutte sénégalaise (ou njom, làmb3) vient d’Afrique de l’Ouest. Comme on peut le supposer, c'est un sport traditionnel très populaire au Sénégal, tout particulièrement dans les régions du Sine-Saloum et de la Casamance. On le pratique aussi couramment en Gambie, Nigeria, Niger, Burkina Faso et Togo. Cette lutte traditionnelle mêle combat, danse, musique et symbolique mystique. Elle oppose des athlètes puissants dans des duels populaires, parfois devant des milliers de spectateurs.
Voir plus bas "Un p'tit tour en Afrique de l'Ouest"
Sport de contact, la lutte sénégalaise intègre en plus la boxe, d'où l'appellation de "lutte avec frappe". Le lutteur peut à la fois donner des coups et recourir au corps à corps pour terrasser son adversaire4. À noter, le sport connaît des variantes et certaines règles peuvent différer d’un pays à l’autre. C’est le cas du poinçonnage qui n’est pas autorisé partout ou de la frappe qui est permise au Sénégal.
Pour remporter un combat, il faut mettre son adversaire à l’extérieur d’un anneau ou le renverser.
Comme l’art martial a évolué, il y a maintenant des compétitions internationales. Au départ sport amateur, la lutte sénégalaise est devenue un sport professionnel qui attire de plus en plus de jeunes sportifs et de spectateurs5. Les lutteurs sont regroupés en écuries et adhèrent à la fédération (Comité national de gestion de la lutte7 communément appelé CNG) qui est l'organe de gestion de ce sport6.
Au-delà de sa dimension sportive, la lutte sénégalaise, la "lutte avec frappe", intègre une dimension culturelle et folklorique7 (bakk), qui met en œuvre au travers d'animations, les traditions sénégalaises. Les lutteurs tentent souvent d'intimider leurs adversaires avec le port de gris-gris ou en adoptant une certaine démarche lorsqu'ils entrent dans l'arène.
Sources Vudaf - We Love Sport - Wikipédia
Notes de Wikipédia
3. Samba Diop "Lamb, laamb, lambe, lamba" dans Glossaire du roman sénégalais, Paris L'Harmattan 2010
(ISBN 2-296-11508-X et 978-2-296-11508-8, OCLC 690687103, BNF 42164443) p.328
https://www.youtube.com/watch?v=onxGGxVz5a0 (29 juin 2007)
Pas de cliché plus grand
6. walfadjiri aurore, avec des combats à mains nues : Le drame plane sur l'arène sénégalaise
7. "La lutte avec frappe, une spécialité du Sénégal" [archive] BBC News Afrique, 18 février 2019
"Lutte Africaine"
Il convient de clairement distinguer les modalités traditionnelles des diverses formes historiques de la lutte sénégalaise d'avec sa pratique moderne aussi dite "Lutte Africaine". Cette dernière résulte d'un effort d'unification destiné à permettre aux diverses ethnies de se rencontrer au moyen d'un style unifié ; ce style de synthèse est retenu pour les Jeux de la Francophonie (Nice, début septembre 2013). Ce nouveau style intègre lui aussi un rituel spécifique. Ni cette création d'une lutte moderne, ni les rituels adoptés ne s'opposent aux formes traditionnelles de pratique. Il s'agit d'une harmonisation nouvelle, amplement aidée par la CONFEJES qui a assuré l'édition de deux ouvrages coordonnés par Frédéric Rubio. L'un porte sur les divers styles de lutte et sur les divers lutteurs qui ont conduit le travail pour un premier recueil de donnée sur les luttes africaines. L'autre est un aboutissement permettant de poser les bases d'un style de synthèse permettant d'ouvrir la pratique à l'ensemble des hommes, des femmes et des enfants, de toutes les nations. (Wikipédia)
N.B. La version réunionnaise moderne, connue localement sous l'appellation "moringue", a peu de choses en commun avec le moraingy malgache originel. Cette version a été créée en 1996 à l'île de La Réunion et utilise pour sa part la codification de la "Lutte Africaine"...
Voir Liste des luttes traditionnelles africaines par pays (Wikipédia)
Curiosité
Juan Espino (né le 9 octobre 1980 à Las Palmas de Gran Canaria) – dit Juan ou le Lion blanc – est un sportif espagnol qui participe fréquemment à des compétitions internationales entre autres en MMA, grappling, ju-jutsu et... en lutte sénégalaise. L'Espagnol est l'un des premiers, et rares, étrangers à combattre dans les arènes sénégalaises, où il a remporté plusieurs combats.
Sa couleur de peau, qui lui a valu le surnom de "Lion blanc", tranche dans le milieu, mais ce colosse européen de 1,95 m pour 135 kg qu’on croyait égaré dans cette "discipline sportive bien de chez nous" comme l’on dit de la lutte au Sénégal, a appris à gagner le respect des amateurs et de ses pairs. Ses pas de danse déjantés et les amulettes dont il se barde à chacune de ses sorties font désormais partie du décor. Juan Espino a découvert sa passion pour ce sport, grâce à son père. Il a reçu une formation en lutte au Brésil et en Corée du Sud, avant de jeter son dévolu sur la lutte sénégalaise.
D'après BBC News Afrique 18/02/2019 et "Juan" dans ambafrance-sn.org 2013 PDF p.6
Lutte gambienne : borey
![]() |
Le borey, ou boreh, est une forme de lutte traditionnelle pratiquée en Gambie, profondément ancrée dans les traditions et considérée comme un sport national. On retrouve également cette lutte au Sénégal. Voir plus haut Lutte sénégalaise
Les combattants portent des pagnes appelés juju, se montrent, dansent, provoquent, se vantent, accompagnés du son des tambours. La lutte continue jusqu'à ce que l'un des lutteurs soit amené au sol.
Un "art martial" peu recommandable
L'affrontement se pratique à mains nues, tous les coups sont autorisés, coups de poing, coups de pied, mais aussi crachats et jets de sable dans les yeux - le fair-play, c'est pour les fillettes - ce qui en fait une "lutte violente et... efficace". Sans blague !
Évoqué dans Entre sport et violence
Voir aussi Techniques de pied (MMA : techniques et abécédaire)
La lutte nuba (Soudan du Sud)

Les hommes, souvent athlétiques, penchés l’un vers l’autre tels des Sumotori...
Duels - Chroniques de Franck Charton 26/08/2019
Ce style de lutte ancestral est populaire au Soudan du Sud. Les Nuba le pratiquent depuis des siècles. Comme d’autres formes de lutte, l’objectif est de mettre l'adversaire sur le dos.
Historiquement, les lutteurs se battaient nus, mais maintenant il est plus fréquent de les voir en short et T-shirts (par souci de pudeur ?).
Les lutteurs les plus jeunes sont formés par d’anciens champions, depuis la création d’un système de communauté et de partage des talents. La plupart des tournois ont lieu lors des festivités de plantation et de récolte.
Sources Vudaf - We Love Sport
Documentation
La lutte Nubienne est un ancien art qui se pratique depuis plus de 3 000 ans. La plus ancienne représentation de lutteurs nubiens * se trouve sur une peinture murale de la tombe de Tyanen, un officier égyptien mort en 1410 av. J.-C. L'ancienne lutte grecque et la lutte nubienne sont semblables pour ce qui est du style (les lutteurs sont nus et on gagne en faisant tomber l'adversaire). Les lutteurs peuvent utiliser l'ensemble de leur corps, contrairement à l'actuelle lutte gréco-romaine qui n'autorise qu'à utiliser le haut du corps pour faire tomber. Sur ce point, la lutte nubienne, qui est probablement antérieure à la lutte grecque de plusieurs centaines d'années, n'a pratiquement pas changé depuis des millénaires.
|
* La Nubie est une région s'étendant le long du Nil sur près de 1 400 km, entre la première cataracte, au sud d'Assouan (Égypte) et la confluence du Nil Bleu et du Nil Blanc, à Khartoum (Soudan) |
![]() |
Soudan, sur la piste des Nubas. Au centre du Soudan, les savanes arides du Kordofan recèlent une insoupçonnable mosaïque tribale, retrouvant une existence pacifiée, après des décennies de troubles. Nous y avons déniché les fameux Nubas "historiques", que d’aucuns croyaient "génocidés", toujours retranchés dans leurs montagnes de grès... (Franck Charton 19/10/2011). Dès la fin de matinée, les combattants des deux camps, en shorts dépenaillés mais agrémentés de quelques rubans ou tatouages de couleurs vives, commencent à parader avec force sifflets et sautillements, tandis que le cercle se forme sous les baobabs de Kau [un village]. Afin d’éviter tout débordement, quelques anciens armés de gourdins et de kalachnikovs forment le service d’ordre. Les hostilités démarrent par des joutes au bâton aussi violentes que symboliques, devant un parterre de femmes et de jeunes filles massées aux deux extrémités du terrain. Au signal lancé par un coup de clairon provenant d’une corne de koudou (antilope aux longues cornes torsadées), les duels "à mains nues" commencent. Les hommes, souvent athlétiques, penchés l’un vers l’autre tels des Sumotori [Sumo], s’agrippent promptement, tentant de se faire basculer et rouler dans la poussière, sous les vivats du public. Les empoignades sont brèves, mais brutales. Ces luttes n’ont bien sûr plus l’aspect ritualisé et sanglant d’autrefois, lorsqu’elles se déroulaient avec des bracelets tranchants, causant de terribles blessures. Mais le vainqueur est toujours porté en triomphe devant les belles... (Duels - Chroniques de Franck Charton 26/08/2019)
Curiosité
En un petit clin d’œil. Si faire la nouba signifie "faire la fête", ou "la java", cela n’a rien à voir avec nos Nubas du Kordofan. Apparue à la fin du XIXe siècle, cette expression vient en fait de l'arabe classique nowba, qui signifie "tour". Au Maghreb, il permettait en effet de désigner la musique jouée à tour de rôle par des musiciens devant la maison d'un dignitaire. Selon le Ministère français des Armées "les troupes coloniales présentes en Algérie l’ont ensuite transformé en nouba pour décrire la musique interprétée par les tirailleurs nord-africains. Il est à noter que le 1er régiment de tirailleurs d’Épinal dispose aujourd’hui d’une fanfare appelée la Nouba. Ses membres portent tous une tenue traditionnelle (chéchia, sarouel, guêtres, ceinture à la turque, veste 'bleu tirailleur', gilet".
Faire la nouba - Chroniques de Franck Charton 26/08/2019
Lutte togolaise : evala
![]() |
Le mot evalou (ou évalou) est le singulier d'evala (ou évala). Evalou est dit pour le jeune homme qui a commencé les rites traditionnels de la lutte. Les evala sont donc des rites initiatiques pratiqués en pays Kabiyé (ou Kabyè), dans la préfecture de la Kozah, dont le chef-lieu est la ville de Kara à 423 km au nord de Lomé, dans le nord du Togo. Cette cérémonie se déroule au mois de juillet. Les dates des cérémonies sont fixées après consultation des oracles, suivie de l’autorisation accordée par le grand prêtre, appelé Tchodjo.
Les rites evala, comportant la lutte et d'autres cérémonies, marquent le passage à l'âge adulte pour les jeunes de 18 à 20 ans. C'est la toute première initiation à la vie d’homme des adolescents en pays Kabyé. Avant de participer à ces rites, les jeunes gens subissent une longue et intense préparation psychologique et physique. L’objectif principal de cette opération est d’habituer le jeune à l’endurance, au courage et au stoïcisme. L’aspect culturel de l’évènement est rehaussé par les sacrifices que l’adolescent doit consentir tels que le jeûne, l'abstinence sexuelle et les scarifications qui sont les signes extérieurs du guerrier. Un jeune qui se dérobe à cette initiation subit des représailles des sages, de ses parents et de la société entière. Il est en quelque sorte exclu de la communauté.
Evala est une forme de lutte traditionnelle qui vise à mettre à terre son adversaire. Les combats se font par équipes de cinq jeunes hommes âgés de 18 à 20 ans. Les techniques utilisées semblent peu structurées, ce qui ajoute à la nature spontanée des affrontements. La cérémonie se distingue par ailleurs par la présence des sages de la communauté, qui veillent au respect des règlements. Ils assurent également la direction et l’arbitrage des tournois.
Chaque combat se termine par la victoire d’un concurrent ou par un match nul lorsque le temps de combat est écoulé. Aucun classement final n’est établi ; seul le comportement valeureux des lutteurs demeure. Après les luttes, les prêtres traditionnels effectuent une tournée dans les lieux sacrés pour remercier les ancêtres d’avoir permis la cérémonie.
Sources Lutte togolaise : l'evala (Découvrir les luttes traditionnelles) FFLDA - Wikipédia
Documentation
Les Evala, lutte traditionnelle et rite de passage au nord du Togo (Africanews) [archive]
Togo : Evala, de la lutte traditionnelle et un rite de passage à l'âge adulte en pays kabyè (www.rfi.fr/fr/afrique 12/07/2023) [archive sans media]
Voir aussi Au Togo : kadondon (Tir à la corde)
Luttes nigériennes
![]() |
Les luttes traditionnelles africaines jouent un rôle essentiel dans l’éducation et l’intégration sociale.
Elles renforcent les liens communautaires et préservent la culture.
Les concours de lutte nigérienne sont organisés pour célébrer la rentrée des récoltes ou selon un calendrier sportif. Lors des championnats nationaux, toutes les ethnies se rassemblent. Les tambours, les griots1 et les "tchali tchali"2 accompagnent chaque lutteur : le griot chante et invective les lutteurs pendant toute la durée des combats, soutenu par les tambours, les tchalis, bouffons ou pitres, imitent les combats récents pour amuser la foule.
Les combats se déroulent sur la terre. Le terrain de lutte est recouvert de sable et forme un cercle de neuf mètres de diamètre. Ce cercle est délimité par des piquets, attachés par une corde, ainsi que par des sacs de sable.
Les lutteurs portent le walki, une tunique en peau de chèvre. Ils agrémentent leur tenue de toutes sortes de grigris. Ceux autour du cou sont autorisés en compétition. L’adversaire n’a pas le droit de les arracher. Si un grigri tombe, l’arbitre peut interrompre le match pour permettre au lutteur de le remettre en place.
Les vainqueurs reçoivent des récompenses importantes. En plus des prix en nature, comme des matelas, de l’huile et des savons, les gains financiers apportés par les notables sont considérables. De plus, le vainqueur reçoit un turban, un boubou et un sabre, symboles de son statut de champion.
Source Découvrir les luttes traditionnelles - Luttes nigériennes (FFLDA)
Au Niger, aucun autre événement sportif ne peut mobiliser autant de monde que le Sabre National. C’est pourquoi cette compétition très suivie sur l’ensemble du territoire national, offre l’opportunité à toutes les institutions, les entreprises et organisations d’accroitre leurs visibilités, de faire la promotion de leurs produits ou services et de réaffirmer leurs engagements auprès de la population Nigérienne.
Source Une brève histoire de la Lutte Traditionnelle du Niger (SOMIDA 01/01/2024) [archive]
Notes
1. La caste des griots, les "maîtres de la parole", s'est développée dans un contexte où l'écriture était inexistante. Le griot est ainsi considéré comme étant notamment le dépositaire de la tradition orale. En Afrique subsaharienne (située au sud du Sahara) ce sont des poètes musiciens ambulants, dépositaires de la culture orale, réputés être en relation avec les esprits. Les familles griotiques peuvent être spécialisées en histoire du pays et généalogie, en art oratoire, en pratique musicale, ou pratiquer les trois, en fonction de l'habileté de chaque griot.
2. Dans l’arène de lutte ils sont visibles partout dans leurs accoutrements. Ils sont là pour donner le sourire aux spectateurs avec des imitations des combats et des chutes. Il s’agit des tchali tchali. Ce sont des pitres, des amuseurs, ambassadeurs de la lutte traditionnelle au Niger. On les découvre dans ce reportage (15/01/2025) [archive sans media]
À noter Les Nigériens vivent au Niger, les Nigérians vivent au Nigeria.
Le dambe (Nigeria)
Le dambe (ou dambé) est une forme de boxe traditionnelle qui se pratique dans le sable. Les combattants utilisent leur main faible pour créer un lien avec l'adversaire et l'autre pour frapper n'importe quelle partie du corps. Les combats sont spectaculaires, courts et très codifiés. Ce style de boxe ouest-africain est extrêmement populaire au Nigeria (au sud du Niger, à l'ouest du Tchad) traditionnellement pratiqué par les organisations de bouchers en région haoussa.
Slate
/image%2F0651393%2F20250302%2Fob_f3346d_dambe-anime.gif)
Dans ce sports de combat, les boxeurs se battent avec une seule main. Le poing de la main forte est lacé avec une corde et est appelé "la lance." L’autre main, libre, appelée "bouclier", n’est utilisée que pour bloquer ou parer les coups de l’adversaire. Les deux combattants peuvent donner des coups à leur adversaire des deux pieds, avec la tête et leur unique poing.
Vu dans 10 sports de combat les plus violents (Topito)
Le engolo ou ngolo (Angola)
Art acrobatique mêlant coups de pied, esquives et mouvements fluides, ce sport de combat est pratiqué autour de la zone de la rivière Cunene dans le sud de l'Angola, souvent dans un cadre rituel : d’après certains historiens, il faisait partie d’un rite de passage pour les jeunes des tribus de la région.
Le engolo repose sur le mouvement des jambes : coups de pieds et balayage de jambe sont une partie essentielle pour terrasser l'adversaire.
C’est ce style de combat que les déportés africains emportèrent avec eux et qu’on retrouve désormais dans la diaspora1 sous la forme d’arts martiaux brésiliens2, notamment la capoeira.
Sources Vudaf - We Love Sport
Notes
2. Voir Arts martiaux amérindiens
Sauter la pub pour le "musangwe"
Le musangwe (Afrique du Sud)

Les combats ont lieu à ciel ouvert dans la vallée de Chifude depuis sa création.
Le musangwe est une forme sud-africaine de boxe à mains nues, sans gants ni protection, qui se pratique au moyen de coups de poing, gifles, coups de tête, de genou.
Voir "Mains nues" dans le monde (Mains nues (combat))
Le peuple Venda, qui comprend divers groupes ethniques, pratique depuis des siècles cet art martial réservé aux hommes qui fait partie de l’identité culturelle locale.
Sources Vudaf - We Love Sport
Documentation
La lutte zoulou ou Zoulou Impi
Les Zoulous sont un peuple bantou d'Afrique australe1, en partie sédentarisé, qui se trouve principalement en Afrique du Sud. La lutte zoulou ou Zoulou Impi2 (ou Canne zoulou) est un ancien sport de combat sud-africain pratiqué avec des bâtons. Ce sport n'est plus aussi courant que pendant l'âge d'or du Royaume Zoulou (1816-1887)3 et ses adeptes luttent pour valider son existence. Le Zoulou Impi semble aider à soutenir le système social traditionnel en perpétuant les modes socialement acceptés de comportements et idéaux masculins. La tradition culturelle du Zoulou Impi continue de remplir sa fonction didactique traditionnelle dans certaines communautés zoulous.
Notes
3. Royaume Zoulou ([zu] Wene wa Zulu 1816-1887)
Documentation musicale
Johnny Clegg (1953-2019) et Sipho Mchunu (né en 1951), un travailleur blanc et un étudiant zoulou, ont changé la face de la musique sud-africaine à l'époque de l'apartheid (entre 1948 et 1991) *, en enregistrant, de 1979 à 1985, une série d'albums où se mêlent musique occidentale et musique zouloue. En 1939, le morceau connu en France sous le titre de Le Lion est mort ce soir a comme titre d'origine Mbube, et est enregistré en zoulou par le chanteur sud-africain Solomon Linda (1909-1962).
* Les lois de l'apartheid furent conçues et introduites à partir de 1948 en union d'Afrique du Sud (puis république d'Afrique du Sud) par le Parti national, avant d'être progressivement réformées puis finalement abolies le
Documentation géographique plus bas : Caps sur l'Afrique du Sud
L’istunka (Somalie)
Des simulations de combats de l’istunka sont pratiquées lors d’un festival à Afgooye,
qui se tient pendant la nouvelle année somalienne.
Istunka est un art de combat au bâton, pratiqué depuis le XVIIe siècle, époque du Sultanat de Geledi (de la fin du XVIIe siècle à 1910) en Somalie.
Autrefois forme d’entraînement guerrier, il est aujourd’hui pratiqué lors de festivals ou cérémonies communautaires.
Dans le passé, les combattants portaient des armures et se battaient à armes réelles. De nos jours, ils utilisent des bâtons.
Sources Vudaf - We Love Sport
Le morengy (Madagascar)
|
Le morengy (ou moraingy) est un sport de combat originaire de la partie septentrionale de la Grande Île Madagascar, pratiqué dans les îles de l'Océan Indien depuis le XVIIe siècle. Le mot dérive du malgache moraingy, une "lutte-boxe". C'est une forme de combat debout à main nue mais où les techniques de corps à corps sont exclues. Le morengy est également pratiqué à La Réunion1 et à Mayotte. De nos jours, on en trouve encore une pratique authentique à Madagascar.
Selon les connaissances actuelles, le plus probable est que le moraingy malgache vient du tomoi malais2, une boxe pied-poing traditionnelle. Il aurait selon toute vraisemblance été introduit à Madagascar tout au long du peuplement de la grande île par les migrations austronésiennes (Malaisie, Thaïlande, Indonésie...)3.
La tenue vestimentaire des pratiquants de morengy se compose d'ordinaire d'une chemise blanche et d'un pantalon de même ton. La signification reste inconnue. Toutefois, il n'est pas rare de voir des adversaires s'affronter torse nu et le bas du pantalon remonté jusqu'au mollet. Par ailleurs lors de toute la pratique, les protagonistes ne sont pas chaussés. Si, à l'origine, la pratique ne concernait que les hommes, il n'est pas rare de nos jours d'y trouver des femmes, tout aussi bien en tant que membre musicien que combattant.
Le Morengy est un match de "boxe" traditionnel malagasy (malgache) sur de la terre battue, où les coups de poing, les coups de pied, de genou et parfois les coups de tête, sont permis, mais il n’y a pas de lutte ou de soumission à terre. Généralement, on met des bandes pour protéger les poignets et amortir les coups, mais il arrive que certains se battent à mains nues. Un combat compte 3 rounds de 30 secondes à 1 minute. Les protagonistes peuvent gagner par KO, abandon de l’adversaire ou aux points.
Voir MMA : techniques et abécédaire
3. Autres sports semblables au morengy : le sové vayan, le mayolè et le bénodin (Guadeloupe). Le danmyé et le ladja (Martinique)
Curiosité
Le savika est une forme de combat traditionnel contre un zébu, sans mise à mort, pratiqué à Madagascar par les populations Betsileo (qui occupent la partie sud des terres centrales de Madagascar)... À suivre dans Curiosités... exotiques de Course camarguaise
Voir aussi Rodéos (dont tauromachie, corrida)
En Afrique mais pas africaines (Îles Canaries, La Réunion)
... et aux antipodes l'une de l'autre ! Désolée, mais la configuration première de l'article ne m'a pas permis de faire mieux (à moins de tout repenser... mais j'ai déjà assez de boulot comme ça...)
Les Îles Canaries sont un archipel espagnol de l'océan Atlantique. Les Canaries font partie de la Macaronésie, un ensemble géographique regroupant les territoires insulaires volcaniques des îles Canaries, de Madère, des Açores et du Cap-Vert situés à l'ouest et proches des côtes nord-africaines.
Parmi les activités physiques de l'archipel, citons la lutte canarienne
À suivre dans Lutte écossaise, Back-hold
Voir aussi Lucha del garrote ("lutte du gourdin") ou Juego del palo ("jeu du bâton")
Autre, voir Salto del pastor (Saut du berger)
/image%2F0651393%2F20250721%2Fob_7c6030_afrique-arts-martiaux-canaries-reunio.png)
La Réunion est une île volcanique située dans l'Ouest de l'océan Indien, à l'est de l'Afrique, dans l'hémisphère sud. Elle constitue à la fois un département (n° 974) et une région d'outre-mer français (DROM).
La croche est un sport de combat originaire de l'Île de La Réunion
Cette lutte traditionnelle fait partie des quelques 250 styles répertoriés par la FILA, aux côtés de la lutte gréco-romaine, de la lutte libre ou encore du gouren breton. Les chercheurs estiment que la discipline est endémique, c'est-à-dire qu'elle n'aurait pas été importée, ni d'Europe (via les colons français arrivés sur l'île dès le XVIIe siècle), ni d'Afrique (via les esclaves de Madagascar ou de la côte est du continent africain), ni d'Asie (via les engagés indiens ou les commerçants chinois). Elle serait apparue au moins au XIXe siècle parmi les groupes d'enfants et d'adolescents qui souhaitaient se mesurer. Elle se pratiquait spontanément sur l'herbe, pour les habitants des Hauts, ou sur le sable, pour les habitants du bord de mer, entre camarades - on disait d'ailleurs "Allons jouer la croche". L'esprit de camaraderie était ainsi à la base de ce sport, il n'y avait pas de limite de temps, pas de catégorie de poids, mais une seule condition imposée : ce n'était "pas un jeu" pour régler des comptes avec des "ennemis".
L’expression "La Croche" est entrée dans les dictionnaires de créole et les ouvrages sur l’histoire de la Réunion, grâce au travail d'une poignée de défenseurs des luttes traditionnelles, qui ont collecté des témoignages et effectué des recherches historiques afin d’écrire un ouvrage de référence (historique de la discipline, fiches techniques illustrées et méthode d'enseignement), mais aussi pour pratiquer à nouveau ce sport "lontan" [de 1938 à 1975] et le transmettre aux générations futures. En s’appuyant sur la tradition orale, c’est-à-dire sur les "bibliothèques vivantes" que sont les anciens (les "gramounes" comme dit à la Réunion), la mémoire collective a pleinement fonctionné. Ainsi, la discipline qui avait disparu dans le courant des années 1970, totalement submergée par les sports venus de l’extérieur, est à nouveau pratiquée dans plusieurs clubs de Saint-Paul mais aussi d'autres communes de l'île de la Réunion et de Maurice. Ses pratiquants vont des tout jeunes enfants (à partir de 5-6 ans) jusqu'aux adultes. Le passage du flambeau a bien eu lieu et le Comité Régional de Lutte de la Réunion a reconnu la croche comme "lutte traditionnelle" en 2005 (voir Wikipédia)
La Croche est une forme de lutte traditionnelle mais contrairement à la plupart d’entre elles, l’action ne s’arrête pas une fois qu’un des deux adversaires est tombé au sol. Il faut continuer jusqu’à ce qu’un des deux se soumette en tapant le sol avec le plat de la main, s’il ne peut plus parler, ou en criant "Arrête !" ou "La paix !". De là vient la devise de ce sport : "Je lutte pour la paix !". La Croche est un sport de combat de préhension (sans frappes) ou parfois mixte (voir plus bas), avec des saisies naturelles sur le corps, sans recours à des prises sur les vêtements - d’ailleurs, la tenue recommandée est simple : un short cycliste noir comme la roche basaltique de la Réunion et un haut en lycra1 rouge, comme le volcan de la Fournaise, ou bleu, comme l'Océan Indien, pour limiter les saisies. Le but est d'amener le partenaire au sol, de l'immobiliser selon différentes positions et, éventuellement (selon l'âge des pratiquants), d'appliquer une technique (clé articulaire, étranglement, compression, immobilisations diverses2) pour l'obliger à renoncer au combat.
À partir de 2015, un deuxième style de croche, minoritaire mais attesté par les plus anciens témoins, est proposé aux pratiquants contemporains : la Croche mixte avec frappes, combinant préhension et percussion, appelée en créole "Croche bataille" (ou kros batay). Compte tenu des témoignages principalement issus de la communauté "cafre"3 de la Réunion (d'origine afro-malgache), il s'agit probablement d'une synthèse de la croche et de la boxe malgache sakalava, le morengy (ou moraingy).
Notes
3. Cafre. À La Réunion (populaire), personne à la peau noire vivant dans les îles de l’Océan Indien.
Une version réunionnaise moderne, connue localement sous l'appellation "moringue", a peu de choses en commun avec le morengy (ou moraingy, Madagascar) originel. Cette version a été créée en 1996 à l'île de La Réunion (pratiquée aussi à Mayotte, à Madagascar) et utilise pour sa part la codification de la "Lutte Africaine" (très largement inspirée d'un ouvrage de Frédéric Rubio édité en 1990 par la CONFEJES, l'organisme responsable des Jeux de la Francophonie) et une gamme technique analogue à la capoeira brésilienne (avec musique et danse, mais sans frappes réelles). Art de combat créole, le moringue est pratiqué au rythme des tambours, de percussions jouées pendant les matches ou les entraînements. Les pratiquants s’affrontent avec des coups de pieds dansés, hérités d’Afrique de l’Est.
Sources et liens
Article La Croche : renaissance d’un sport traditionnel réunionnais [archive] (Réunionnais du Monde 11/12/2011) Des infos intéressantes et de jolies photos N. et B.
La Croche - Lutte traditionnelle de l'île de la Réunion [archive] (Webmartial)
Site de la croche, lutte traditionnelle de la Réunion
Autre, voir La Diagonale des Fous, le principal ultra-trail organisé sur l'île de La Réunion.
Autre documentation : Cuisine des Outre-mer
Sauter la pub pour ce "clin d’œil" et la suite
Clin d’œil : Une histoire africaine
Nigeria impressionne en lutte libre
Tunisie championne en lutte gréco-romaine
Lutte tunisienne : grech
Premier set de lutte tunisienne sur le tatami : Ons Ben Messaoud marche tranquillement au bord de l'espace de combat. Seïf Eddine Saïdi suit à quelques pas. Il se baisse, ramasse une poignée de sable fictif qu'il jette en direction de son adversaire. C'est le signal pour commencer le combat.
![]() |
Le sport de combat le plus connu en Tunisie est le grech, ou mousaraa, une lutte traditionnelle qui ressemble au judo et se pratique exclusivement debout, à partir d'une prise sur la ceinture de l'adversaire. L'objectif est de réussir à le faire tomber sur le dos sans lâcher prise.
À l'image des autres luttes traditionnelles, le grech est pétri dans la culture et les rites ancestraux. Il se pratique lors des mariages, sur une surface circulaire recouverte de tapis, de sable ou de gazon, au milieu d'un cercle formé par les invités, au son des tambourins et des flûtes.
Voir La Tunisie et l'activité physique
El matrag (Algérie)
![]() |
Ces artistes martiaux croisant leurs bâtons dans des combats d’entraînement, dans des parcs publics, forêts, terrains de jeux ou même des salles de sport…
L'art martial qui demeure aujourd’hui partie intégrante des culture et patrimoine oranais
Il y a, en Algérie, d’anciens sports de combat qui sont toujours pratiqués. Parmi eux, el matrag (traduit littéralement de l’arabe algérien par "le bâton"). Art martial et sport de combat traditionnel authentiquement musulman, porteur de valeurs positives, il reste l’un des plus anciens sports de combat encore pratiqué.
En dehors de son statut de sport de combat traditionnel, el matrag est considéré comme un art martial atypique et emblématique du patrimoine culturel de l’Oranie1 (nord-ouest de l’Algérie) en général et de la région d’Oran en particulier, pratiqué par les tribus arabes bédouines telles que les Béni Amer.
S’il est difficile de retracer précisément l’historique de cette pratique, il est certain qu’elle a pour berceau la région de l’Oranie et qu’elle est apparue il y a plus de deux siècles. Selon certains elle viendrait de la volonté des bergers de cette région de se défendre contre les voleurs de troupeaux, mais il semble quand même qu’elle ait des origines guerrières puisqu’on retrouve des codes et techniques très proches de la pratique du sabre.
Les duels de canne font naturellement penser à des combats de styles asiatiques. Il est d’ailleurs à noter que les grands maîtres actuels du matrag sont souvent des experts dans des arts martiaux asiatiques. Par ailleurs, même si les combats peuvent être spectaculaires, voire donner une impression d’une grande violence, les pratiquants du matrag sont le plus souvent, des gens respectueux, humbles, honnêtes et considérant la fraternité et l’honneur comme des valeurs cardinales, aussi il est extrêmement rare que des combats de canne dégénèrent.
Enfin, le tahtib égyptien a vraisemblablement influencé le matrag algérien.
Une forme de duel
El matrag se pratique généralement muni d’un bâton long, fin et solide, ou d’une canne, en bois d’olivier sauvage, comme seule arme. Deux joueurs s'affrontent, vêtus traditionnellement d’une gandoura (longue tunique colorée ornée de motifs divers) algérienne blanche ou dorée, avec pour objectif de marquer des points en touchant l'adversaire sur différentes parties du corps (au nombre de 14) en déjouant les attaques et en esquivant les coups (escrime à l’algérienne).
De fait, ce qui reste le plus impressionnant lors des représentations des combats de matrag, c’est avant tout l’art de l’esquive que les sportifs semblent si bien maîtriser : c'est le côté le plus spectaculaire du jeu qui réside dans la manière avec laquelle ils font tournoyer et virevolter leurs armes2, donnant à leur affrontement un aspect épique teinté de chorégraphies sensationnelles, et où les armes, dans le ciel, ne sont plus des armes de batailles, mais plutôt des objets en symbiose, participant ainsi à donner une grâce rarement atteinte à ses sportifs.
Les règles du déroulement d’un échange sont assez simples, l’attaquant donne une série de coups, le défenseur les pare selon des techniques bien établies puis à son tour porte la même série à son adversaire. Il est très rare de constater des dégâts car les sportifs maîtrisent parfaitement l'art de l'esquive. L’affrontement étant mené dans le respect de l’autre et généralement le chef victorieux composait au sortir de ce duel un poème épique vantant les valeurs et vertus de son adversaire vaincu.
Des techniques expliquées
El matrag consiste généralement en un combat opposant deux joueurs, dans un affrontement consistant à marquer des points, au nombre de 14 en tout, et ce en atteignant son adversaire sur différentes parties clés du corps (front, menton, mains…), tout en déjouant à son tour les attaques de ce même adversaire. Le tout, en se basant sur 4 bases fondamentales de cette discipline, à savoir les Tarchas Dakhlaniya et Barraniya (frappes intérieurs et extérieurs), la Lahiya (frappe inférieure) ainsi que le Ras (frappe supérieure).
Notes
2. Tegguer Kaddour "Forêt de M’sila : Des exhibitions en plein air pour la promotion d’'El Matreg'" [archive] djazairess.com - publié sur El Watan le 12 juillet 2010
Le tahtib (Égypte)
Pays transcontinental, l'Égypte est un pont entre l'Afrique du Nord-Est et l'Asie de l'Ouest - Moyen-Orient (pour la péninsule du Sinaï, entre mer Méditerranée au nord, mer Rouge au sud, golfe de Suez et canal de Suez à l'ouest et golfe d'Aqaba et frontière israélo-égyptienne à l'est). Son histoire remonte à l'époque des pharaons.
Voir Du yoga égyptien ou Yoga égyptien dans YOGAS
![]() |
Le tahtib que l’on appelle aussi "l’art du bâton", originaire d’Afrique du Nord, remonte à l’Ancien Empire de l’Égypte antique ou Kemet (ses origines dateraient d'environ 5000 ans). Les reliefs du site archéologique d’Abousir montre la danse du bâton en détail. Cet art martial de lutte avec bâton a joué un rôle dans la formation des soldats égyptiens, avec tir à l’arc et de la lutte. Ce style d’art martial peut être vu dans différentes zones géographiques : "Loin au sud du Nil est l’Éthiopie, qui abrite le bâton agressif art de combat du peuple Suri" (Vice).
Le tahtib est à l’origine créé pour que les soldats protègent les dirigeants et les hommes importants. Cet art martial est très populaire dans le pays. On retrouve ainsi des gravures dans les pyramides des rois de l’ancien Empire. Siècle après siècle, le tahtib disparaît progressivement de l’entraînement des soldats et s’exporte vers les villages. Jusqu’au XIXe siècle, les combats sont très violents et la mort est souvent de rigueur pour le perdant. Mais depuis le XXe siècle, on le considère comme un jeu avec des danses et des chants. Il est devenu un art très festif, avec de plus en plus d’adeptes.
Lors d’un combat, les deux adversaires doivent avoir en leur possession un bâton appelé Asa (ou Asaya, Assaya, Nabboot) d’environ 1m30 (≈ 4 pieds). Il doit être souple et en fibre de rotin pour éviter les blessures. Le public présent chante et joue de la musique traditionnelle pour célébrer et rendre festif ce moment. Les musiciens et les spectateurs forment un cercle autour des deux pratiquants. Le rythme de la musique influe sur le rythme du combat. Il faut une grande maîtrise pour exécuter les mouvements, car aucun des opposants ne doit blesser l’autre, il ne faut pas porter de coups à pleine puissance. C’est davantage une simulation d’affrontement, les coups sont symboliques. La concentration et la précision sont donc importantes. Le combat s’arrête lorsque l’un des deux a touché trois fois son adversaire.
Le tahtib repose ainsi sur de nombreuses valeurs telles que le respect mutuel, le courage et la fierté. Cet art est alors un excellent moyen pour renforcer les liens entre les communautés. Cette pratique qui se transmet généralement de père en fils perdure sans distinction sociale ou religieuse. C’est ce qui fait la force de cet art porteur de valeurs humaines universelles. Le tahtib, à la fois un art, une danse et un jeu, est inscrit au patrimoine culturel mondial à l’UNESCO depuis 2016. L’Égypte fait tout son possible pour continuer à le faire vivre en le modernisant et en l’exportant. Depuis ces années 2016, le tahtib s’est ouvert aux femmes dans le pays.
Sources MMArtial - We Love Sport
Voir Quelques variétés de "bâtons"
Voir aussi Yoga et bâton (exercices)
La voie moderne
Au-delà du Tahtib traditionnel égyptien, une version moderne, codifiée, apparaît dès 2014 - Modern Tahtib (en anglais). Reprenant en partie les codes festifs du Tahtib traditionnel, le Modern Tahtib se différencie entre autres par une pratique sportive mixte (hommes et femmes admis dans les mêmes combats sans distinction de catégories).
Les aspects relatifs à la danse et la virilité pour la séduction des femmes ont été remplacés par des valeurs plus martiales et collectives1. C'est également grâce au Modern Tahtib que sont introduites les tashkilas, des formes codifiées de combat2, au même titre que les kata en Karaté ou les taolu en Kung-fu.
Le Modern Tahtib possède également son propre équipement (tenue et ceinture spécifiques, abandon de la galabeyya3 traditionnelle égyptienne) et ses protocoles (entrée et sortie de combat). Un accompagnement de percussion est toujours en pratique dans le Modern Tahtib, tandis que d'autres instruments4 ont été éliminés.
Notes
le mizmār, un instrument à vent à anche simple ou double, ce terme désignant généralement en Égypte la chalemie conique, appelée zurna en Turquie et en Arménie.
Documentation diverse
Égypte : le tahtib, art martial ancestral, sort de l’oubli (06/10/2017) [archive]
Tahtib, Jeu du Bâton (UNESCO Multimedia Archives, pour la vidéo)
[archive 10/01/2022] [archive 02/03/2025]
Tahtib un sport égyptien qui a influencé le El Matrag algérien (plus haut)
Sauter la pub pour la "Documentation"
Documentation
Sources
7 arts martiaux africains encore méconnus 30/03/2025 [archive] (Karaté-bushido)
7 Arts martiaux africains méconnus (We Love Sport) [archive]
À la (re)découverte de 6 arts martiaux africains (Vudaf) [archive]
Catégorie : Art martial africain (Wikipédia)
Divers
7 arts martiaux méconnus (YouTube 10 septembre 2015)
[https://www.youtube.com/watch?v=r-3QqdcT4Kc]
Arts martiaux que vous ne connaissez peut-être pas [archive] (MMArtial)
Arts martiaux que vous ne connaissez peut-être pas (Partie 2) [archive]
Une danse martiale
La capoeira : si l'on sait que cet art martial brésilien puise ses racines dans les méthodes de combat et les danses de certains peuples d'Afrique de l'ouest, l'origine du terme n'est pas connue avec certitude. Plusieurs étymologies se confrontent. En portugais, capoeira signifie "poulailler". Il est alors souvent fait une analogie avec l'endroit où étaient enfermés les esclaves pendant la domination portugaise. Il pourrait également être issu de langues tupi-guarani (parlées par les Amérindiens) et signifier "herbe rase" ou "clairière".
Lu dans ARTS MARTIAUX Signification de 5 noms
Voir Arts martiaux amérindiens dont Capoeira et plus haut Le engolo ou ngolo
Voir aussi Tour du monde de la danse
Une autre "danse" bien moins connue, tout aussi...
africaine mais pas en Afrique (Caraïbes)
La calinda (ou calenda ou kalenda) est une danse traditionnelle mimant des combats. Cet art afro-caribéen, rapporté de la côte ouest de l’Afrique par les esclaves noirs du royaume du Kongo1 déportés au cours du XVIIIe siècle, et probablement développé dans les plantations de Trinidad (?) se pratique avec des bâtons, accompagné de chants rituels et de percussions, dans une ambiance mêlant tradition et combat.
Les "Caraïbes" sont une région du monde englobant à la fois les îles caraïbes (ou Antilles)2 et les régions continentales américaines entourant la mer des Caraïbes (y compris la presqu’île du Yucatan au Mexique, les côtes du nord de la Colombie, le Venezuela, jusqu’au plateau des Guyanes et le Nord-Est du Brésil, ou plus rarement le golfe du Mexique et la Floride)
La danse "Calinda" s'est pratiquée sur toute la sphère coloniale française d'Amérique, de l'île de Saint-Domingue à la Louisiane française, en passant par les Antilles françaises dont Guadeloupe (Mayolè) et Martinique (Ladja baton). Ces pratiques seront notamment utiles aux esclaves insurgés de Saint-Domingue lors des affrontements armés de la Révolution haïtienne (-)3.
Au cours du XIXe siècle, la calinda est bannie (officiellement en 1843) pour des raisons d'indécence, notamment aux Antilles françaises et en Louisiane. Néanmoins elle continue d'être présente de manière informelle pendant plusieurs années encore, notamment en Haïti.
Une version plus récente de la Calinda (fin XIXe - début XXe siècle) était dansée par des hommes uniquement. Dans un style plus dépouillé, les hommes brandissaient des bâtons simulant des coups de feu en sautant au-dessus de bouteilles d’eau. Le danseur qui renversait une goutte de ces bouteilles était banni du lieu de la représentation4.
Puis la Calinda devient progressivement plus sensuelle. Dans les années 1950, des musiciens blancs cadiens des bayous louisianais jouaient une version tranquille de la Calinda. Celle-ci est encore dansée en Haïti, notamment lors de fêtes et de cérémonies vaudou, ainsi qu'en Guadeloupe, lors du Carnaval, qui intègre des danses et des musiques africaines.
Notes
4. Terminologie de la Calinda (Le Gwoka (références))
Voir Arts martiaux amérindiens
À propos de luttes
La lutte est présente sur tous les continents (210 pays) sous ses différentes formes traditionnelles et est considérée comme le 5ème sport le plus pratiqué au monde. En tant que discipline sportive parmi les plus anciennes, la lutte partage ses origines avec celles de l’humanité. Elle a toujours été une démonstration de courage et a joué un rôle fondamental dans l’éducation au sein des civilisations perses, égyptiennes et grecques.
Cette pratique semble inhérente à l’homme tant son principe et sa mise en œuvre sont simples. De ce fait, d’innombrables formes de luttes traditionnelles se sont développées aux quatre coins du monde, chacune avec des finalités spécifiques. Chaque civilisation, communauté, ethnie, tribu, a élaboré son propre système de combat et ses propres règles. Les formes de luttes traditionnelles présentent généralement des règlements simples, adaptés à l’environnement et aux conditions sociales, définissant un lieu de pratique, des conditions d’intervention et une tenue vestimentaire.
Chaque ethnie et chaque peuple peut revendiquer une forme de lutte. Quelques exemples (en gras, ils figurent dans cette page) :
Etc.
Cf. Découvrir les luttes traditionnelles (FFLDA)
Lien externe (Wikipédia) Liste des luttes traditionnelles africaines par pays
Un p'tit tour en Afrique de l'Ouest
Voir plus haut la carte de l'Afrique de l'Ouest
Berceau des empires successifs du Ghana, du Mali et songhaï *, l'Afrique de l'Ouest est un ensemble de pays qui possèdent des influences et un héritage communs.
Sahel, voir aussi Botanique au Sénégal et 'Grande Muraille Verte' dans Micocouliers Celtis
L'Afrique de l’Ouest est une région terrestre couvrant toute la partie occidentale de l’Afrique subsaharienne. Elle comprend approximativement les pays côtiers au nord du golfe de Guinée jusqu’au fleuve Sénégal, les pays couverts par le bassin du fleuve Niger ainsi que les pays de l’arrière-pays sahélien).
L'Afrique de l'Ouest est aujourd'hui une communauté de peuples, qui tend à se reconstituer politiquement, avec notamment la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), et un espace de civilisation forgé par une histoire millénaire *.
Voir aussi Botanique au Sénégal et 'Grande Muraille Verte' (Micocouliers Celtis)
Le Sahara occidental
Le Sahara occidental (arabe الصحراء الغربية) est un territoire de 266 000 km2 du nord-ouest de l'Afrique, bordé par la province marocaine de Tarfaya au nord, l'Algérie au nord-est, la Mauritanie à l'est et au sud, tandis que sa côte ouest donne sur l'Atlantique. Territoire non autonome selon l'ONU, cette ancienne colonie espagnole n'a toujours pas trouvé de statut définitif sur le plan juridique depuis le départ des Espagnols en 1976.
Le territoire est revendiqué à la fois par le Maroc et par la République arabe sahraouie démocratique (RASD) *, proclamée par le Front Polisario en 1976. Ce dernier est un mouvement dont l'objectif est l'indépendance totale du Sahara occidental, revendication soutenue par l'Algérie. Devenu un enjeu global illustrant la rivalité entre le Maroc et l'Algérie, le dossier saharien bloque toujours la construction de l'Union du Maghreb arabe (UMA).
/image%2F0651393%2F20250228%2Fob_527cc9_sahara-occidental-et-maroc-4-facons.jpg)
* La République arabe sahraouie démocratique, en abrégé la RASD (arabe الجمهورية العربية الصحراوية الديمقراطية, Al-Jumhūrīyya al-ʻArabīyya aṣ-Ṣaḥrāwīyya ad-Dīmuqrāṭīyya ; espagnol República Árabe Saharaui Democrática), est un État non reconnu par la majeure partie de la communauté internationale, proclamé le par le Front Polisario, qui revendique la souveraineté sur le territoire du Sahara occidental. Ce territoire est également revendiqué par le Maroc, qui contrôle 80% de sa superficie (Léa-Lisa Westerhoff "35 ans après l'annexion par le Maroc : les Saharaouis rêvent-ils toujours d'indépendance ?" 08/11/2010 [audio] [archive] sur Radio France internationale)... Suite dans Wikipédia
Aux dernières nouvelles, Causeur 31/10/2025 [archive] : Le plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental est un succès diplomatique de Mohammed VI. Ce vendredi [31/10/2025] à 15 h, heure de New York, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution en faveur du plan d’autonomie proposé par le Maroc pour le Sahara. Une décision historique, obtenue sans le veto russe ni chinois, et qui marque une avancée diplomatique majeure après plusieurs décennies de négociations intermittentes...
Caps sur l'Afrique du Sud
Contrairement à ce qu’on enseigne habituellement dans les cours de géographie, le Cap de Bonne-Espérance (Cape of Good Hope), à l'extrémité de la Péninsule du Cap, au sud de la ville du Cap (Cape Town)*, n’est pas le point le plus méridional de l’Afrique. Qui plus est, il n’est même pas la pointe extrême de la Péninsule du Cap, où un autre promontoire, Cape Point (Pointe du Cap en français), non seulement s’avance davantage en mer, mais encore le domine de haut, et accessoirement donne un bon point de vue sur lui.
* La ville du Cap, la "cité mère" des Sud-Africains, blottie au pied de l'impressionnante montagne de la Table qui la domine à plus de 1 000 m, bénéficie d'un site géographique exceptionnel. À partir de cette ville, on peut rallier le cap de Bonne-Espérance par une route longeant l'Atlantique.
Le Cap des Aiguilles (portugais Cabo das Agulhas, afrikaans Kaap Agulhas) est le point de relief le plus méridional du continent africain et point d'origine officiel de la limite entre l'océan Atlantique et l'océan Indien. Pour l'anecdote, le Cap des "aiguilles" (Agulhas en portugais) est découvert en 1488 par l'explorateur portugais Bartolomeu Dias (1450-1500) qui le nomme ainsi en raison des aiguilles de boussoles qui pointaient toutes à cet endroit vers le vrai Nord. Aujourd'hui, le Cap des Aiguilles appartient à la municipalité de Cape Agulhas, dans le district d'Overberg au sein de la province du Cap-Occidental, en Afrique du Sud.
/image%2F0651393%2F20250723%2Fob_feacd8_afrique-du-sud-cartes-et-caps.jpg)
La limite entre les deux océans est constituée par le méridien de longitude 20°00' qui sépare les deux océans jusqu'au continent antarctique. La route qui mène au cap de Bonne-Espérance, distant d'une quarantaine de kilomètres, longe l'Atlantique. Dès Hout Bay (petit port de pêche situé dans la périphérie du Cap), la colonie de phoques de l'île Duiker, au large de Hout Bay, trahit l'existence le long de la côte occidentale du courant froid de Benguela (8°C env.), remontant de l'Antarctique et les côtes de Namibie et Angola vers le nord-ouest, tandis que, sur la rive orientale de False Bay, des pingouins préfèrent le courant chaud (20°C env.) des Aiguilles, en provenance des eaux tropicales du Mozambique (d'après Le Monde). Mappemonde (Ces lieux dont on parle PDF 2000) donne le Cap des Aiguilles à 34°49' de latitude sud tandis que dans Le Monde (24/08/2010) on lit "Cap des Aiguilles. Situé à 140 km à l'est et 50 km plus au sud que le Cap de Bonne-Espérance, le point le plus méridional de l'Afrique (34°49'58''). Les océans Atlantique et Indien y convergent, mais son rivage sans charme et sans relief a nui à sa notoriété".
Toutefois, quoi qu'on dise, il ressort que le Cap des Aiguilles est la véritable pointe la plus méridionale du continent africain, et non le mythique Cap de Bonne-Espérance.
Voir aussi Mélange des eaux – Partage des eaux
Alors pourquoi le Cap de Bonne-Espérance est-il pour tous l’un des hauts lieux du monde, et pourquoi porte-t-il un si beau nom ? Pour faire court, au XVe siècle, après ces dizaines d’années passées à progresser vers le Sud, voyage après voyage, naufrage après naufrage, les Portugais eurent enfin l’impression d’avoir atteint leur objectif. De fait, le cap une fois doublé (Cape Point se passe dans le même mouvement, sur le même bord), on voit s’ouvrir devant soi une perspective nouvelle. Certes cette première ouverture est quelque peu fallacieuse, et a d’ailleurs été baptisée False Bay, car il faut encore descendre plus loin vers le sud pour passer d’autres caps, jusqu’au Cap des Aiguilles (Agulhas). Mais la seule idée d’avoir, enfin, passé le cap décisif, de voguer droit vers les épices et les soieries de l’Orient donnait des ailes aux caravelles... (d'après Mappemonde). Lors de son premier voyage (1487-1488), l'explorateur portugais Bartholomeu Dias avait, au retour, fait escale dans la baie pour se ravitailler en eau, mais il a fallu attendre un siècle et demi avant que les Européens exploitent l'intérêt stratégique du lieu, situé à mi-chemin sur la route des Indes. Il est vrai que les premiers contacts avec les bergers Khoïkhoï avaient été peu engageants... (d'après Le Monde).
Cartes d'Afrique
/image%2F0651393%2F20250721%2Fob_518530_afrique-arts-martiaux.png)


/image%2F0651393%2F20250302%2Fob_354343_3-borey-forme-de-lutte-gambienne.jpg)
/image%2F0651393%2F20250718%2Fob_6dd5fe_nil-nil-blanc-nil-bleu.png)
/image%2F0651393%2F20250301%2Fob_09095f_lutte-togolaise-evala.jpg)
/image%2F0651393%2F20250930%2Fob_936102_voyage-au-coeur-des-luttes-traditionne.jpg)
/image%2F0651393%2F20250301%2Fob_1f72ae_luttes-nigeriennes.jpg)



/image%2F0651393%2F20250720%2Fob_4cc211_morengy-ou-moraingy-madagascar-comba.jpg)
/image%2F0651393%2F20250228%2Fob_5bcf94_lutte-traditionnelle-tunisienne-grech.jpg)
/image%2F0651393%2F20250301%2Fob_0c537e_el-matrag-algerie-entrainement.jpg)
/image%2F0651393%2F20250228%2Fob_019266_tahtib-egypte.jpg)