ARTS MARTIAUX coréens
Page créée fin août 2022
Les arts martiaux coréens sont divers arts de la guerre, des pratiques et des méthodes de combat militaires, à nains nues ou armées, que le pays du Matin Calme a su développer au fil des siècles, à l’instar de nombreuses contrées asiatiques. Ces arts martiaux, développées à la fois par des militaires et des civils, ont des buts précis : l’autodéfense, les compétitions sportives, le loisir culturel, le développement personnel.
Le Pays du Matin Calme
L'appellation "Pays du Matin Calme" vient de Chosõn 朝鮮, littéralement "matin frais", autre nom attribué à la Corée du Sud jusqu’en 1945 sous le règne de la dynastie Yi, qui gouverna le pays de 1392 à 1910. Au cours du XIXe siècle, les missionnaires européens traduisirent le nom de Chosõn en "Pays du Matin Calme". Une expression aujourd’hui largement utilisée par les Coréens, qui, malgré son origine étrangère, sera reprise dans leur littérature. Fière d’affirmer son identité à l’égard du monde extérieur, la Corée du Sud enterre ainsi les nombreuses agressivités impérialistes subies pendant des siècles par la petite péninsule.
Le taekwondo
Le Taekwondo est un art martial d'origine sud-coréenne, résultat de l'unification de différentes écoles d'arts martiaux coréens, fondé au milieu du XXe siècle. Bien que créé en 1955 par le général Choi Hong Hi, cet art martial puise ses origines dans des traditions très anciennes. Il était pratiqué par les militaires avant de devenir un sport dans les années 1960.

1ère photo Combat de taekwondo WTF aux JO d'été de 2016 à Rio de Janeiro - Vu dans Wikipédia
2ème photo dans Conseil Sport
Tae signifie en coréen "coup de pied", Kwon "coup de poing" et Dō veut dire "la voie" et l'esprit. Tae Kwon Do signifie donc, littéralement "La voie du pied et du poing" ("façon de donner des coups de pied et de frapper").
Le taekwondo n'est pas plus "dangereux" qu'un autre sport. Le travail global du corps prévient les blessures.
Sa devise : « NE PAS PROVOQUER MAIS SE DÉFENDRE »
Ses principes : Le but est de marquer le plus grand nombre de points. Les coups de poings au niveau de la tête et les coups de pieds en-dessous de la ceinture sont strictement interdits. Seules les touches du poing au plastron et les touches du pied au plastron et au casque sont validées.
Le taekwondoïste utilise les mains et les pieds pour combattre un adversaire, mais la particularité de ce sport est sa combinaison de mouvements de coups de pieds.
La pratique régulière du Taekwondo permet d'acquérir une grande souplesse articulaire ainsi qu'une meilleure maîtrise de la gestuelle, d'autant que 80% des techniques de combat sont effectuées avec les pieds.
Le cri de combat
"Hurler permet de montrer qu'on est dans le combat. C'est un truc de guerrier, qui permet aussi de taper plus fort." (Gwladys Epangue, taekwondoïste)
Kiai (japonais), Chi-yi ou Qi-i ou Fa-sheng (en Chine), Het (vietnamien) ou Kihap (coréen), désigne dans les arts martiaux, le cri de combat qui précède ou accompagne l'application d'une technique. Ce cri est utilisé notamment pour marquer une volonté d'action, ou bien pour perturber la concentration de l'adversaire.
Voir Cri (Lexique "sportif")
Taekwondo / Karaté
Le taekwondo est un sport de vitesse, et le rythme d'un combat est similaire à la boxe et au catch. En revanche, le Karaté1 est plus lent. Les pratiquants se concentrent sur la réalisation des mouvements qui doivent être parfaits, plutôt que de combattre rapidement ou énergétiquement.
Taekwondo / Judo
Le Judo reste une pratique sportive qui ne peut se pratiquer qu'avec un partenaire. Le Taekwondo est un peu plus compliqué à définir car il regroupe 6 facettes, ce qui le rend relativement complet.
Le Taekwondo est une discipline olympique depuis 2000 (et non plus un "art martial").
Voir Arts martiaux et Sport de combat
Note
1. Privé de karaté. Après plusieurs jours de polémique, le comité d'organisation de Paris 2024 a mis fin au débat : il n'y aura pas de karaté aux Jeux olympiques en France. Instaurée en tant que sport additionnel à Tokyo, la discipline n'aura pas convaincu les décideurs.
Pour info Ouest-France 13/08/2021 - Sortiraparis.com 11/10/2021
Voir Jeux olympiques (Arts martiaux et Sport de combat)
Voir aussi Tang Soo Do (Corée du Sud)
Le hapkido
Le Hapkido est un art martial coréen qui fonde sa pratique sur une connaissance métabolique poussée du corps humain permettant une appréhension autant physique que psychologique et énergétique du combat.
Cet art martial est une adaptation post-Seconde Guerre mondiale du Daitōryū aikijūjutsu, importé du Japon en Corée par Choi Yong Sul après 30 ans d'étude au dojo de la famille Takeda. Il a ensuite été combiné aux techniques de frappes et de coups de pieds des arts martiaux traditionnels coréens comme le Taekkyon, ainsi que les techniques de combat au sol du Judo. Son histoire est intimement mêlée à celle du Japon et de la Corée au XXe siècle.
Selon le concept asiatique, toutes entités vivantes sont énergies vibrantes et coexistantes sur des plans similaires ou différents. Étudier et comprendre ces énergies, les harmoniser afin de pouvoir les utiliser pour réaliser un équilibre physique, mental et spirituel entre l'homme et le cosmos, voilà le véritable esprit du Hapkido.
Les trois principes de base
1. La fluidité (Yu) : Savoir s'adapter aux différents adversaires de manière changeante et fluide et ne pas être rigide.
2. Le cercle (Won) : Absorber la force de l'adversaire pour mieux pouvoir le diriger là où on le désire, savoir ne pas opposer la force contre la force mais utiliser la force de son adversaire et la joindre à la nôtre pour une meilleure efficacité.
Illustration du principe de « Won »
3. L'harmonie (Hwa) : Entrer en complète harmonie avec son opposant afin de mieux déceler ses intentions pour pouvoir lire en lui et anticiper ses éventuelles attaques.
Le Hapkido correspond à l'étude de l'ensemble des techniques et connaissances en matière de contrôle sur les articulations du corps, notamment l'action conjuguée sur les tendons, les muscles, les techniques d'étranglement respiratoire et sanguin ainsi que les frappes directes sur les points vitaux du corps. Ce système crée une formation à l'autodéfense complète comprenant clés articulaires, projections, immobilisations, coups de pieds et frappes des membres supérieurs.
Il comporte également des techniques d'armes traditionnelles parmi lesquelles le couteau, la corde, le bâton court, le bâton long, le sabre et la canne (dans certaines écoles, on pratique également les armes de lancer comme le couteau, le kunai, le shuriken et la fronde, ainsi que des techniques d'éventail ou de nunchaku). Il puise sa philosophie et son éthique dans le Taoïsme, le Bouddhisme et le Confucianisme1.
Le shuriken (手裏剣) est une arme traditionnelle japonaise de lancer, qui est utilisée dans le cadre du shurikenjutsu. Cet art martial fait partie intégrante de la formation des ninjas.
Voir Kuatsu (Lexique "sportif")
Vidéo L'art du SHURIKEN (Rekishi sur YT 08/10/2023)
L'éventail ou tessen (鉄扇) est arme blanche japonaise en forme d'éventail qui se présente soit comme un éventail fonctionnel, constitué de lames liées entre elles et dépliable (ce qui présente l'avantage de pouvoir affûter les lames de façon à rendre l'arme tranchante), soit comme un bloc d'acier (renfermant parfois un couteau à l'intérieur) qui a la forme d'un éventail replié et qui sert à frapper et à parer.
La pratique de l’éventail. L’éventail est une arme étonnante, on peut l’utiliser pour frapper, trancher ou piquer. C’est donc une arme complexe qui appartient à plusieurs systèmes. a) La manipulation de l’éventail fermé, il est assimilé à un bâton et est pratiqué comme tel. b) Sa pratique semi ouverte entre dans une manipulation assimilé au sabre, utilisé pour trancher. c) Sa manipulation ouverte s’apparente à celle de l’épée. Sa manipulation demande une rigueur et une concentration toute particulière. C’est une arme qui peut être utilisé en double également.
(École d'Arts de Santé et d'Arts Martiaux)
Documentation
L'éventail sous toutes ses coutures (Des Aiguilles et des Costumes)
Le langage de l'éventail (La vie au XIXe siècle)
Le Hapkido comporte des techniques adaptées à toutes les distances de combat, mêlant harmonieusement les frappes des pieds et des poings à longue et moyenne distance, et les points de pression, clés et projections à courte distance. Il se base sur des mouvements tantôt circulaires, tantôt rectilignes, sur la redirection de la force et sur le contrôle de l'adversaire. Les pratiquants cherchent à obtenir l'avantage en préférant un bon positionnement du corps de manière à bénéficier de l'effet de levier, plutôt que l'utilisation de la force brute.
Une suite dans Wikipédia - Les techniques
Hapkido / Aïkido
Bien que les noms Hapkido et Aïkido soient très proches (au point qu'ils s'écrivent avec les mêmes caractères chinois 合氣道) et que ces arts martiaux partagent le Daitōryū aikijūjutsu comme ancêtre commun, ils n'en restent pas moins deux disciplines très différentes l'une de l'autre. Ils diffèrent notamment par leurs philosophies (culture sino-coréenne contre religion japonaise pure), leurs objectifs (annihilation de la menace contre non-violence) et leurs techniques – le Hapkido étant souvent considéré comme plus violent. Néanmoins, la similitude entre les noms s'est révélée problématique dans la promotion du Hapkido en tant qu'art martial à part entière.
Note
1. Voir Confucianisme, taoïsme, bouddhisme (Génération Tao)
Le taekkyon
Le taekkyon (hangeul : 택견 ou 태껸 - synonymes connus : taekkyeon, taekgyeon, taekyun, taekyon, tae kyon, etc.) est un art martial traditionnel très ancien qui nous vient de Corée. Il est caractérisé par des mouvements fluides et légers couplés à un jeu de jambes rythmique et évasif, qui lui donnent une apparence dansée. Le peuple coréen le considère comme "la forme originelle" de tous les arts martiaux pratiqués en Corée. On retrouve ses traces aux IV-Ve siècles. La Corée est alors divisée en trois royaumes1.
Le Subbak
Le Subbak, ou Subak – à l'heure actuelle, il n'est pas sûr s'il s'agissait d'un terme générique ou d'une discipline particulière – est déjà pratiqué dans certains de ces royaumes. C’est un art guerrier utilisé notamment pour repousser l’ennemi japonais. Les combattants apprenaient à se battre à mains nues (Su signifie "main" et Bak, "frappe", "coup"). Il prend de l’ampleur au fil des siècles jusqu’à devenir indispensable pour l’armée. Cependant durant le XIVe siècle, cet art martial perd de son prestige jusqu’à être mal vu par une grande partie de la population. Lors du déclin du subbak son nom est remplacé par "taekkyon". Cet art subsiste cependant dans la classe populaire coréenne jusqu’au début du XXe siècle et l’invasion japonaise.
Le Japon cherche à supprimer toute la culture du pays conquis. Il veut imposer sa propre culture et supprimer celle du pays d’origine et donc les arts martiaux. Il faut attendre 1945 et la capitulation japonaise durant la Seconde Guerre Mondiale pour que le pays retrouve sa souveraineté (il va être cependant divisé en deux, Corée du Nord et Corée du Sud). Depuis cette date, le taekkyon est redevenu populaire dans le pays, même si le Taekwondo, qui s’est fortement inspiré du taekkyon, a pris une grande place.
Le taekkyon aujourd’hui ressemble par certains aspects à une danse, mais aussi à la capoeira, par l'importance donnée au rythme du corps et aux mouvements fluides et gracieux. Les deux adversaires bougent leurs corps en même temps et de façon continue. Les coups de pieds sont énormément utilisés dans le taekkyon, ce qui le rapproche de la capoeira brésilienne et du taekwondo.
Le terme de combat n’existe pas, c’est davantage un jeu dans lequel on fait une démonstration de ses talents et de ses techniques. Le but est de faire tomber l’adversaire et non de le frapper. Ainsi, les mains sont toujours ouvertes. Cependant une version plus dure du taekkyon existe, où le côté martial est beaucoup plus présent avec l’apprentissage des coups sur les points vitaux et les coups portés à pleine puissance.
Depuis 2011 le taekkyon est reconnu comme "patrimoine culturel immatériel de l’humanité" par l’UNESCO.
D'après MMArtial
Voir aussi Wikipédia Histoire - Styles et écoles
Note
1. Ne doit pas être confondu avec les trois royaumes de Chine
Le sonmudo
À la croisée des arts martiaux et du yoga
Sonmudo signifie littéralement "technique pour pratiquer des arts martiaux méditatifs". L’attention du public sur la Corée fut très impressionnante pendant les Jeux Olympiques de 1988. Les Coréens ont donc décidé de changer l’appellation Gum Gang Young Gwan pour "Sonmudo" afin de simplifier le nom et populariser la pratique.
Vidéo - Golgulsa Temple: Sunmudo Demonstration
[https://www.youtube.com/watch?v=6D6R_3vdvVU] YouTube 28/05/2014
Le Sonmudo tire ses origines de la dynastie de Silla (période Silla de -57 à 935). À cette époque les moines étaient appelés à élever spirituellement la population et à la protéger. Mais étant souvent des soldats, pendant les dynasties Goryeo (918-1392) et Joseon (1392-1897), les moines combattaient également l’invasion des puissances étrangères.
Au cours du XXe siècle, ces arts martiaux anciens sont ravivés et recentrés dans le temple de Beomeosa. Dans les années 1980, le Grand Maître Jeog Un Sunim les introduit auprès du grand public pour la première fois. Au début des années 1990, le Grand Maître établit Golgulsa, en Corée du Sud, comme siège de l’Association mondiale du Sonmudo. Depuis, Golgulsa ouvre les portes du temple chaque année. Tous les visiteurs sont encouragés à découvrir les traditions du bouddhisme Seon coréen, ainsi que le Sonmudo.
Le bouddhisme Seon – ou Son
Le bouddhisme se dit bulgyo en coréen. Cette philosophie a fait son apparition dans la péninsule vers la fin du IVe siècle. Dès l'origine, le bouddhisme coréen a en quelque sorte "absorbé" le chamanisme déjà bien implanté sur le territoire, en intégrant ses trois divinités dans son propre panthéon. De plus, les moines coréens ont voulu résoudre certaines incohérences du bouddhisme mahāyāna, ce qui a finalement façonné une approche un peu différente en Corée qui la distingue des autres formes du bouddhisme.
Actuellement, le bouddhisme coréen est constitué essentiellement par la lignée seon (ou son), nom coréen du bouddhisme chán chinois et zen au Japon (thiền au Vietnam). Le seon est en relation étroite avec les autres traditions Mahāyāna qui portent l'empreinte des enseignements de Chine et du du Japon. L'ordre Jogye du bouddhisme coréen en est actuellement son principal représentant.
Le territoire du pays du Matin Calme se compose de 70% de collines verdoyantes, dans lesquelles se nichent plus de 926 temples bouddhistes. Ceux-ci datent parfois de plusieurs siècles, comme Bulguksa 불국사, un des plus beaux temples de Corée du Sud à proximité de Gyeongju, ville renommée pour son patrimoine historique datant de la période bouddhiste Silla.
Sources et suites
Odysway (Le bouddhisme au pays du Matin Calme, la Corée du Sud) [archive]
Sous le ciel de Corée (Bouddhisme en Corée du Sud) [archive]
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bouddhisme_coréen
https://fr.wikipedia.org/wiki/Son_(bouddhisme)
Le Sonmudo est une méthode d’entraînement, enseignée au temple de Golgulsa. Secrètement transmise tout au long des siècles par les bouddhistes et leurs familles, les pratiquants disent qu'avec cette méthode, l’on peut atteindre un état d’esprit supérieur à la normale grâce aux mouvements du corps.
À la fois méditation et art martial, le Sonmudo est composé d’une panoplie de mouvements dynamiques et puissants inspirés des arts martiaux, utilisés dans une pratique totalement pacifique qui mélange méditation, yoga et exercices de qi-gong. C'est une méthode d’entraînement dont l'objectif consiste à harmoniser l’esprit, le corps et le souffle, éteindre la douleur physique et atteindre l’illumination (l'Éveil).
Le Sonmudo se compose de1
Chwason (ou méditation assise)
Seon Yoga (exercices de type yoga)
Qi-gong
L’art martial Seon (entraînement dynamique qui combine gymnastique et art martial)
Habituellement, les élèves pratiquent un "entraînement calme" le matin et un "entraînement dynamique" le soir.
Pour résumer, l'entraînement du Sonmudo consiste à purifier le corps en harmonisant les trois parties du karma (corps, parole et pensée) et permet d’atteindre une certaines forme de concentration spirituelle – samâdhi.
D'après Thérapeutes magazine [archive sans la vidéo]
Voir aussi YOGAS spéciaux
Note
1. Les trois premiers styles ont été combinés avec les arts martiaux coréens formant le Gum Gang Young. Gwan (nom originel du Sonmudo) – ainsi appelé sous la dynastie Silla (57 av.J.-C. - 935 ap.J.-C.). À noter, comme il faut de nombreuses années de pratique pour devenir un maître Sonmudo, les maîtres et les salles pour pratiquer le Sonmudo se font assez rares.
Documentation, thèmes approchants
Kalaripayatt (Inde)
Kuatsu (Lexique "sportif")
L'Art sublime et ultime des Points de Vie (Plée-Saiko) PDF
Ninja et Shinobi (Japon)
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Documentation
Les différents arts martiaux coréens (Ryokuzan Dojo) [archive]
Divers
7 arts martiaux méconnus (YouTube 10 septembre 2015)
Arts martiaux que vous ne connaissez peut-être pas (MMArtial)
[https://www.mmartial.com/blog/2017/06/11/les-arts-martiaux-que-vous-ne-connaissez-peut-etre-pas] [archive]
Arts martiaux que vous ne connaissez peut-être pas (Partie 2) (MMArtial)
[https://www.mmartial.com/blog/2018/04/21/les-arts-martiaux-que-vous-ne-connaissez-peut-etre-pas-partie-2] [archive]
Voir aussi Le tir à la corde en Asie (Tir à la corde)


