Info Éponge (animal)

Publié par Yantra

Les éponges

Porifera

Spongiaires

Les éponges ou spongiaires (Porifera) sont des animaux formant l'embranchement basal des eumétazoaires. Elles sont définies comme des métazoaires sessiles (définitivement fixés sur le substrat) à l'âge adulte.

Clathria rugosa, Éponge rugueuse, marine, orange en forme de raquette

L'éponge rugueuse Clathria rugosa est un porifère marin de l'embranchement Porifera, de couleur orange en forme de raquette.

Les termes éponge et spongiaires proviennent tous les deux du latin spongia "éponge".

Le mot Porifera vient du grec ancien πόρος / póros "passage, voie, pore" et φέρω / phérô "porter", et du latin porus "petit trou, pore" et ferre "porter". Littéralement, Porifera veut dire "qui porte des pores".

Classification. Voir Wikipédia

Voir aussi 

Place des éponges dans le monde animal (Wikipédia)

Note. Le Garff, Bernard "Dictionnaire étymologique de zoologie : comprendre facilement tous les noms scientifiques" Delachaux et Niestlé 1998 (ISBN 2-603-01099-9 - 978-2-603-01099-0, OCLC 39869468)

Description des éponges

Dans l'histoire de la biologie, elles ont longtemps été considérées comme des végétaux.

Les éponges possèdent un système aquifère permettant la circulation (unidirectionnelle) de l'eau. Il est composé de chambres choanocytaires reliées entre elles et au milieu extérieur par des pores inhalants (ostium) et un pore exhalant (oscule).

Ces chambres sont tapissées de choanocytes, des cellules flagellées caractéristiques des éponges.

Les éponges possèdent deux couches de cellules : le pinacoderme1 qui se situe à l'extérieur et le choanoderme qui se situe à l'intérieur. Entre ces deux couches, des cellules mobiles se déplacent dans la mésohyle, matrice extracellulaire composé de collagène.

Leur système nerveux est très primitif et diffus.

Voir Wikipédia

1. ​Pinacoderme (n.m., du grec [pinaco-] "planche, tablette" et [derma] "peau"). Chez les Spongiaires, couche cellulaire externe continue formée de pinacocytes.

Reproduction

Les éponges sont le plus souvent vivipares : après la fécondation, l’œuf se développe dans la mésoglée (substance de consistance gélatineuse) puis devient une larve nageuse (larve amphiblastula chez la plupart des espèces, ou parenchymula [archive] chez certaines éponges siliceuses*), recouverte de flagelles, qui est libérée dans le milieu extérieur. La faible proportion de larves qui réussissent à survivre va se fixer sur un support et se métamorphoser en éponge adulte2.

Développé dans Wikipédia

2. Référence de Wikipédia. André Beaumont et Pierre Cassier, Biologie animale, t. 1 : des Protozoaires aux Métazoaires épithélioneuriens, Paris, éd. Dunod université, (ISBN 2-04-011432-7), pp 93-110

* En résumé, la principale différence entre les larves de parenchymula et d'amphiblastula réside dans leur structure et les types de cellules présentes. La larve de parenchymula se trouve dans les éponges Calcarea et possède une masse cellulaire solide, tandis que la larve d'amphiblastula se trouve dans les éponges Demospongiae (démosponges) et possède une couche externe de cellules ciliées. 

Aire de répartition et habitat des éponges

L'aire de répartition des éponges est très large, car elles ont colonisé les eaux marines, douces et saumâtres, de faibles profondeurs jusqu'à plus de 5 000 m de fond, sous tous les climats.

Voir Colonne d'eau dans Eaux fleuves/mer

Éponge-vase ramifiée, variante rose

L'éponge-vase ramifiée ou éponge-tuyau rose (Callyspongia vaginalis), famille des Callyspongiidae, ordre des Haplosclerida qui compte des espèces marines et d'eau douce, vit dans les régions des Caraïbes, Floride, Bermudes et Bahamas, et grandit à une température de 20 à 24 °C.

Les éponges comptent parmi les tout premiers animaux coloniaux (déjà abondantes au Cryogénien), ayant une importante action dans la filtration de l'eau.

Voir "Fossiles" dans Éponge (2)

Voir aussi Petit âge glaciaire

L'habitat des éponges, qui sont sauf exceptions sessiles, c.-à-d. des animaux sédentaires qui vivent sur un support, peut être de nature variée : roche dure, sédiment meuble, coquilles, carapaces de crustacé décapode ("qui a dix pattes"), polypiers, etc. Elles sont particulièrement bien représentées dans les zones littorales où la nourriture est abondante, entre 6 et 20 m de profondeur, mais certaines espèces peuvent vivre jusqu'à 8 600 m de profondeur*.

* Lecointre G. Le Guyader H. Classification phylogénétique du vivant, Belin 2001 (ISBN 2-7011-2137-X) pp 196-200

Une définition. La zone benthique est la région écologique au niveau le plus bas d'un plan d'eau tel qu'un océan, un lac ou un ruisseau, y compris la surface des sédiments et certaines couches souterraines. Les organismes vivant dans cette zone sont appelés benthos et comprennent des micro-organismes et des invertébrés plus gros, tels que des crustacés et des polychètes.

Lire Répartition et habitat dans Wikipédia 

Les éponges calcaires

Calcarea

Éponges calcaires par Ernst Haeckel

Planche d'éponges calcaires par Ernst Haeckel

Les éponges calcaires de la classe Calcarea sont membres du phylum animal des porifères Porifera, les éponges cellulaires. Ces éponges sont caractérisées par des spicules en carbonate de calcium sous forme de calcite, le calcaire, ou d'aragonite. On pense que ces éponges calcaires constituent le groupe d'éponges le plus primitif.

Voir Minéralité

Alors que les spicules de la plupart des espèces porifères ont trois points, certaines espèces ont soit deux ou quatre points. Les animaux ont exclusivement de la sclérite calcique avec un large éventail de formes, allant du spicule monactinal isolé, diactinal, triactinal à tétractinal.

Toutes les éponges de cette classe sont strictement marines, et, alors qu'elles sont distribuées dans le monde entier, la plupart se trouvent dans les eaux tropicales peu profondes. Comme tous les autres éponges, ces animaux sont des filtreurs* sédentaires. En aquarium, le plus connu est le sycon.

* Voir aussi Filtration des eaux (Roseau des étangs Typha latifolia)

Les trois plans du corps de l'éponge sont représentés dans la classe Calcarea : ascon, sycon et leucon.

Éponges calcaires, formes détaillées des types ascon, sycon et leucon

Formes détaillées des éponges des types ascon, sycon et leucon : Les 3 formes de corps d'éponges avec (de gauche à droite) les ascons (simple), sycons (intermédiaire) et leucon (complexes), voir plus bas.

Une différenciation des spicules en mégasclère et microsclère n'est pas connue (il n'y a que des mégasclères). Typiquement, les éponges calcaires sont petites, mesurant moins de 10 cm de hauteur, et de couleur sombre. Cependant, quelques espèces vivement colorées sont également connues.

Les éponges calcaires varient dans la forme des types de corps, de vase radialement symétrique aux colonies constituées d'un maillage de tubes minces ou de formes massives irrégulières. Le squelette a une structure en maille ou en nid d'abeille.

On les retrouve dans des fossiles depuis le Cambrien et le nombre d'espèces récentes est estimé à 400 à 500. Tous les types d'éponges calcaires vivent dans la mer. Contrairement à la majorité des éponges, les éponges calcaires se trouvent préférentiellement dans les eaux peu profondes et cachées dans les grottes et les surplombs, dans des habitats cryptiques.

Les éponges calcaires présentent à la fois une reproduction asexuée, par fragmentation, et une reproduction sexuée. Ce sont des hermaphrodites ; les œufs fécondés se développent à l'intérieur de l'éponge ; les larves ont des cellules externes flagellées, leur permettant de nager ; cette vie en "nage libre" ne dure pas plus de deux jours.

 Aquaportail

Les leucons

Les leucons, des formes de corps d'éponge les plus complexes et aussi les plus courantes. Un leucon est un type complexe d'organisation chez les spongiaires (leuconoïde) : la circulation se fait à travers les canaux inhalants, les corbeilles vibratiles avec les choanocytes, les canaux exhalants et l'oscule.

Des systèmes de canaux ramifiés menant à des chambres. Ces éponges ont de multiples pores dermiques et peuvent avoir plus d'un oscule. Les ouvertures mènent à des canaux qui mènent à leur tour à des chambres tapissées de choanocytes, puis au canal excurrent. 

Les éponges d'eau douce

Spongilla lacustris, Éponge lacustre, d'eau douce

Clic sur l'image pour une Spongilla lacustris colonisée par des algues vertes symbiotiques

L'éponge lacustre Spongilla lacustris est un invertébré d'eau douce. Les éponges d'eau douce sont peu nombreuses et de plus en rares en raison de la pollution galopante des eaux continentales. Voir Partage des eaux

Les éponges d'eau douce ont longtemps été considérées comme des végétaux, mais ce sont (comme toutes les éponges Porfira) des animaux pluricellulaires primitifs d'organisation très simple (Métazoaires). Elles peuvent, comme les coraux, quand elles croissent à la lumière, abriter une algue symbiotique ou sinon ont coévolué avec des bactéries symbiotes.

Dans le monde, sur plus de 10 000 espèces d'éponges regroupées dans les Spongiaires (trois classes et nombreuses familles), seules quelques espèces vivent en eau douce ; ces dernières appartiennent toutes à une seule et même sous-famille (les Spongillinae) classée dans l'une des 3 grandes classes d'éponges, celle des démosponges (parfois dénommée silicosponges car leur squelette est toujours constitué de silice et non de calcium comme dans les autres éponges). Dans cette classe elles sont toutes comprises dans l’ordre des Haplosclerida, qui compte des espèces marines et d'eau douce1.

Dans la faune de France (métropolitaine) on peut observer Ephydatia fluviatilis, Ephydatia muelleri, Eunapius fragilis, Sanidastra yokotonensis, Spongilla lacustris et Trochospongilla horrida.

De nouvelles espèces en sont encore découvertes, avec par exemple 3 nouvelles espèces de Tethya (décrites en 2001) et de nombreuses zones tropicales et équatoriales restent sous-explorées pour cette catégorie d'organismes.

Les organismes adultes sont coloniaux avec pour certaines espèces (ex. Ephydatia fluviatilis) un facteur d’agrégation identifié2. On a longtemps cru que ces colonies vivaient fixées et immobiles, avant de démontrer qu'elles étaient capables de se déplacer de plusieurs centimètres par mois sur le substrat. Leurs larves sont planctoniques et mobiles, sensibles à la lumière, ce qui facilite leur dissémination.

Suite dans Wikipédia

Références de Wikipédia

1. Émile Topsent "Spongiaires de l’Atlantique et de la Méditerranée provenant des croisières du Prince Albert ler de Monaco" Résultats des campagnes scientifiques accomplies par le Prince Albert I. Monaco, no74,‎
2. Van de Vyver G (1971) Mise en évidence d’un facteur d’agrégation chez l’éponge d’eau douce Ephydatia fluviatilis. Ann. Embryol. Morphol, 4, 373-381.

Une définition. L'eau douce a la caractéristique d'une faible teneur en sel, ce qui la rend apte au captage pour diverses utilisations, en particulier pour l'irrigation et l'approvisionnement en eau potable. L'eau dure, l'eau saumâtre et l'eau salée sont tout le contraire de l'eau douce. L'eau douce est présente dans les calottes glaciaires, les glaciers, les icebergs, les tourbières, les étangs, les lacs, les cours d'eau comme les rivières, fleuves et ruisseaux, mais aussi les eaux souterraines dans les aquifères et tous les cours d'eau souterrains.
Voir aussi Histoires d'eaux

Alimentation des éponges

La grande majorité des éponges est suspensivore et consomme principalement des bactéries, des débris organiques et des algues unicellulaires.

Suite dans Wikipédia

Des éponges carnivores

Toutefois, des éponges carnivores ont été découvertes, comme Asbestopluma hypogea ou certaines espèces des genres Cladorhiza et Chondrocladia, qui capturent de petits crustacés grâce à leurs spicules agissant comme des crochets sur la carapace de ses proies.

Éponge carnivore Chondrocladia lampadiglobus.jpg
L'éponge carnivore Chondrocladia lampadiglobus

photographiée à 2 714 m de profondeur sur la dorsale du Pacifique est 

Rôle écologique des éponges

Les éponges peuvent servir d’abris à de multiples animaux dits commensaux qui profitent des apports en nourriture que leur fournit l'éponge hôte, comme des crevettes avec les espèces du genre Euplectella, ou les larves de certains insectes névroptères qui s'abritent dans certains Spongillidae, ou certaines espèces de Cnidaires du genre Parazoanthus, qui s'installent sur des éponges pour profiter du courant d'eau permanent généré par ces dernières1. Il peut aussi exister des associations de type mutualisme, comme Suberites domuncula, qui peut se fixer sur la coquille abritant un bernard l'ermite : ce dernier se trouve ainsi protégé par l'éponge immangeable, qui, elle, profite des débris alimentaires et reliefs de repas du crustacé. Certaines éponges peuvent s'associer à des algues unicellulaires (comme Spongilla lacustris avec des chlorelles), sans que cette association prenne un caractère obligatoire2. La plupart des éponges marines s'associent à des bactéries (principalement des genres Pseudomonas et Aeromonas) ; chez certaines (ordre des Verongida), la masse bactérienne peut atteindre 40% de la masse corporelle de l'éponge. Les éponges sont aussi les seuls animaux connus à vivre en symbiose avec des cyanobactéries. Wilkinson (1983) a démontré que 6 des 10 espèces d'éponges les plus communes de la grande barrière de corail sont, grâce à leurs symbiotes photosynthétiques, davantage producteurs primaires que consommateurs (voir Niveau trophique) et qu'elles dégagent 3 fois plus de dioxygène grâce à cette photosynthèse qu'elles n'en consomment par respiration. 

Des éponges parasites

Il existe d’autre part des éponges parasites dont certaines espèces capables de dissoudre très efficacement la roche calcaire, ou la coquille de certains coquillages. C'est le cas par exemple de Cliona celata qui se fixe sur des coquilles d’huîtres et peut les transpercer.

Lutte contre la prédation

Certaines éponges sont connues pour être très toxiques pour certains organismes marins. C'est le cas notamment des Aaptos aaptos, Chondrilla nucula, Tethya actinia, Spheciospongia vesparium et Suberites domuncula. De plus, les spicules qui forment le squelette de certaines éponges les protègent d'un grand nombre de prédateurs, du fait du caractère nocif des fines aiguilles de calcaire ou de silice pour la muqueuse intestinale. Les tortues imbriquées sont les seuls tétrapodes à être spongivores. La patelle, le bigorneau, certaines étoiles de mer, certains poissons et les Dorididae sont régulièrement spongivores. Une espèce d'éponge littorale de la mer des Antilles, Fibula nolitangere provoque par contact de dangereuses inflammations, d'où son nom scientifique2 : fibula est l'"épingle" en latin, et nolitangere signifie "ne touchez pas".

Un certain intérêt pharmacologique

D'autres substances permettant de se défendre contre des prédateurs ou micro-organismes parasites ont été découvertes. Ces substances présentent un intérêt pharmacologique : la spongopurine possèderait des propriétés antivirales, la theonelladine A ∼ D (une pyridine) présente des propriétés antitumorales. D’autres molécules possèdent des propriétés antibiotiques.

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Références de Wikipédia

2. Collectif (1984), Grande encyclopédie Atlas des animaux, Atlas, Paris (ISBN 2-7312-0226-2)

Source Wikipédia

 Voir aussi Interactions : parasitisme et symbioses

Voir "Des éponges et des hommes" 

Utilisation des éponges

Les éponges sont exploitées par l'homme pour leur capacité à absorber les liquides.

Démosponges ''Barrel sponge'' (Xestospongia testudinaria)

Démosponges ''Barrel sponge'' (Xestospongia testudinaria)

Le squelette des démosponges (parfois dénommée silicosponges car leur squelette est toujours constitué de silice) est utilisé comme objet pour l'hygiène, en chirurgie, pour le tannage des cuirs et la céramique. On a récemment montré qu'elles abritent une diversité exceptionnelle d'endosymbiotes microbiens ou microalgaux.

Voir Faune de Burgess (Wikipédia) et "Fossiles"

Plus haut Rôle écologique des éponges

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Sources Wikipédia – définition illustrée et explications (Aquaportail)

Voir Deuxième partie – Éponge (Vikidia) – Wiktionnaire

Animaux marins

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