Yeux : Tachistoscope
Page révisée en janvier 2020
Tachistoscope suivi de
Jouets optiques (phénakistiscope, zootrope, praxinoscope, thaumatrope, folioscope...)
Qu'est-ce qu'un Tachistoscope ?
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Un tachistoscope est une machine conçue pour clignoter une série d'images très rapidement, parfois de sorte qu'elles apparaissent sur un écran à seulement 1/100e de seconde, pour créer une empreinte subliminale [1] dans l'esprit. |
Cet appareil, conçu pour permettre de mesurer le champ visuel pendant un temps très court, est également utilisé pour vérifier l'exactitude de la perception et pour l'étude de son apprentissage. Il est particulièrement utilisé pour mesurer l'impact de messages publicitaires ou d'éléments d'emballage de produits, ou pour l'entraînement à la lecture rapide.
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Le premier tachistoscope a été initialement décrit par le physiologiste allemand A.W. Volkmann en 1859 (Benschop 1998, p.23). |
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Le Dr Samuel Renshaw (1892-1981), un psychologue américain de l'Ohio, l'utilisa durant la Seconde Guerre mondiale dans la formation des pilotes de chasse pour les aider à identifier les silhouettes des avions comme amis ou ennemis * ou pour former des soldats de la marine à reconnaître rapidement les aéronefs et les navires en approche de manière à éviter les incidents de tirs amis et les retards dans le ciblage des navires ennemis ** |
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* Edward C. Godnig "The Tachistoscope: Its History and Uses" Journal of Behavioral Optometry 2003 [en] |
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[1] Un message "subliminal" est un stimulus incorporé dans un objet, conçu pour être "perçu au-dessous du niveau de conscience". On peut distinguer deux types de messages subliminaux :
- Le message subliminal de type formel (un ou plusieurs mots avec un sens)
- L'image subliminale a proprement dite (un dessin, une photo, un schéma)
L'impact éventuel de ces deux types de messages subliminaux peuvent être très différents et ne se mesurent pas de la même façon. Des techniques subliminales ont été utilisées dans la publicité ou la propagande. Le but et l'efficacité de ces techniques sont sujets à débat.
Images subliminales
Dans la publicité. L'image subliminale est une image indécelable à l’œil nu mais que le cerveau traiterait malgré tout. La législation interdit ce type d'images dans la publicité. Anecdote rapportée en 1957 par James Vicary alors responsable marketing dans l'État du New Jersey : ce dernier affirmait que, grâce à l'insertion d'images subliminales telles que "Buvez du Coca-Cola" ou "Mangez du pop-corn", les ventes avaient augmenté de 18 % pour le Coca-Cola et de 50 % pour le pop-corn.
Cependant Vicary a avoué avoir inventé ces données. Depuis, ces résultats n'ont jamais été répliqués. Il a été prouvé de manière expérimentale que la présentation subliminale de messages publicitaires n'aurait des impacts que dans des conditions très limitées (Johan C. Karremansa, Wolfgang Stroebeb et Jasper Clausb, "Beyond Vicary’s fantasies: The impact of subliminal priming and brand choice", Journal of Experimental Social Psychology, novembre 2006 [en])
Télévision. Ce principe a également servi de trame à un épisode de la série télévisée Columbo (Épisode 21 Subconscient (Double Exposure) 1973), où le principe de l'image subliminale, servant au meurtre, est démontré par le lieutenant Columbo...
Voir Wikipédia pour la suite
Voir aussi : Les images subliminales (ophtasurf.free.fr)
Audio
Le message subliminal peut être sonore, à peine audible, ou compréhensible seulement en accélérant ou ralentissant la vitesse de défilement de la bande.
Un cas plus litigieux encore est celui des messages à l'envers. En effet il n'est pas prouvé que le cerveau puisse décrypter un message à l'envers, notamment en raison des consonnes : par exemple lorsque l'on prononce la syllabe "té", on a une expulsion brusque de l'air provoquant un effet de percussion ; à l'envers, on a au contraire un effet d'aspiration.
Par ailleurs, la difficulté qu'ont certaines personnes à comprendre le verlan ferait douter de l'efficacité d'un tel procédé. En conséquence, il n'est absolument pas évident qu'un message à l'envers ait un pouvoir subliminal.
Certains sons comme les battements binauraux ont été suspectés d'agir de façon inhabituelle de la psyché de leurs auditeurs et peuvent donc être considérés comme proches des messages subliminaux.
Voir aussi : Ondes cérébrales binaurales et Sommeil.
Un système
Alors que la machine était initialement basée sur la technologie de la caméra qui employait un projecteur ou un équipement de photographie de transparence avec une vitesse d'obturation très rapide, le processus a été automatisé dans un logiciel d'ordinateur. Les logiciels peuvent clignoter des images sur écran et sont précisément chronométrés et conçus pour améliorer la capacité de reconnaître certaines formes automatiquement. Ces systèmes sont souvent appelés Self-Help Subliminals, et le logiciel peut être personnalisé pour afficher quelque images ou des messages de texte que le téléspectateur souhaite.
Ce système est connu comme celui de la reconnaissance Renshaw (RRS) ou la formation de reconnaissance de Flash (FRT), et le concept a été appliqué à des domaines du marketing subliminal, la formation mentale de pointe et la recherche psychologique depuis sa création.
univers-sciences.blogspot.fr
Quelques liens
- Yantra : Mémoire photographique
- Gigeoju : L’œil dans la lecture
- Externe : Lecture rapide
Apparentés, les jouets optiques
1832 : 179 ans avant le tout premier GIF animé
... Joseph Plateau donnait déjà vie aux images
Cliquez sur le mot "phénakistiscope" pour voir le jouet optique de Joseph Plateau en action !
L'atelier de Animage.org
Le zootrope est un jouet optique inventé simultanément en 1834 (Bordwell, David et Kristin Thompson, Film History: An Introduction, 3rd edition New York: McGraw-Hill, 2010) par William George Horner et l'autrichien Stampfer. Se fondant sur la persistance rétinienne le zootrope permet de donner l'illusion de mouvement.

Zootrope
Un tambour percé de dix à douze fentes sur sa moitié supérieure abrite à l'intérieur une bande de dessins décomposant un mouvement cyclique. Le tambour est fixé sur un axe dans sa base inférieure, ce qui permet de le faire tourner. On perçoit les mouvements des séquences animées en boucle en regardant l'intérieur du tambour à travers les fentes pendant la rotation.
On peut voir à la Cinémathèque française 1 zootrope de démonstration décomposant le mouvement du vol d'un oiseau en volume. Il y en a également 2 à la Cinémathèque royale de Belgique et 1 autre à la cité des sciences et de l'industrie de Paris.
Chronologiquement, le zootrope se situe entre le phénakistiscope de Joseph Plateau (1832) avec son disque percé de fentes et tournant devant un miroir, et le praxinoscope d'Émile Reynaud (1876), avec son système de miroirs à l'intérieur du tambour permettant la perception plus nette d'un mouvement sans obturation.

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Praxinoscope contemporain, grand modèle, exposé en 2010, lors de la Fête de l'Animation de Lille, avec des bandes amovibles. Cliquez sur l'image pour un gros plan... > |
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Wikipédia
D'autres...
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Cliquer sur l'image pour actionner ce thaumatrope, car il est assez pénible à supporter ! |
Le thaumatrope est un jouet optique qui exploite lui aussi le phénomène de la persistance rétinienne. D'autres jouets optiques utilisant la persistance rétinienne ont été inventés au XIXe siècle, qui ont précédé et accompagné l'invention du cinéma : le phénakistiscope, le zootrope, le praxinoscope... ou encore le folioscope (ou feuilletoscope, flip book en anglais, Daumenkino en allemand) où un dessin est fait sur chaque page d'un livret que l'on effeuille reproduisant un mouvement continu (on peut aisément en créer un en dessinant une séquence animée sur chacune des feuilles d'un cahier)
Cliquez sur Les jouets optiques pour un petit récapitulatif ;-) de la part de Animage.org |
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Folioscope photographique |
Documentation
Le principe de la chambre noire. En perçant un trou minuscule (sténopé) dans une chambre noire, on peut obtenir l'image renversée d'un objet sur un écran (ou sur une pellicule) situé en aval de la chambre.
D'abord utilisée à des fins d'observation astronomique, la "chambre noire" ou camera obscura, telle qu'elle apparaît dans les écrits d'Aristote, se présentait sous la forme rudimentaire d'une pièce plongée dans l'obscurité dont l'une des parois, munie d'un orifice, permettait à la lumière d'entrer et de former, sur la paroi opposée, l'image inversée d'une éclipse solaire. Au XVIe siècle, on conseillera l'ajout d'une lentille afin d'obtenir une image de meilleure qualité.
L'apparition au XVIIe siècle de chambres noires portatives de petit format représenta une étape déterminante dans l'histoire de la morphogenèse de l'appareil photographique. Composées de deux pièces s'emboîtant l'une dans l'autre de manière à régler efficacement la mise au point, ces chambres ressemblaient beaucoup aux premiers appareils photographiques. Compactes, munies de lentilles permettant différentes longueurs focales, elles constituaient les prototypes des appareils employés par Niépce et Daguerre au début du XIXe siècle.
Voir Pigeon voyageur et reconnaissance aérienne (Pigeons)
Cette lanterne, d’abord baptisée "de peur", "mégalographique", "thaumaturgique", puis enfin "magique", constitue probablement la plus surprenante, la plus imaginative, la plus dérangeante et artistique de toutes les machines inventées au cours de l’histoire de la naissance du cinéma. C’est l’ancêtre de l’actuel projecteur de diapositives. La lanterne magique est une inversion de la chambre noire, elle permet de projeter, ou agrandir sur un écran des images peintes sur verre. La chambre noire contient cette fois-ci une source lumineuse.
La projection se fait à l’extérieur dans l’obscurité. On ignore qui est l’inventeur de la lanterne magique. En effet, certains pensent que la lanterne magique fut inventée au Moyen-Âge par le moine anglais Roger Bacon, alors qu'il étudiait la nature des ombres, leur décroissance et leur extension progressive ; d'autres l'attribuent au père Athanase Kircher, qui la décrit dans son ouvrage de 1646 Ars Magna Lucis et Umbrae. De nombreuses autres descriptions de la lanterne magique ont également été rédigées, par Damascius, Giambatista della Porta...
Certains pensent que la projection d'ombres aurait inspiré Platon pour l'allégorie de la caverne *.
* Voir L'allégorie de la caverne de Platon dans Combaz de Campagnol
Bon nombre de spectateurs, stupéfaits par quelques projections de dessins naïfs sur un drap blanc, ont donné à ce phénomène un caractère magique d'où son nom. La lanterne projetait des images dessinées sur des plaques de verres placées entre un faisceau lumineux et une lentille grossissante. Une cheminée évacuait la fumée et la chaleur que dégageait la chandelle servant de source lumineuse. Les plaques étaient le plus souvent peintes à la main, et représentaient des paysages, des animaux, des scènes de la vie quotidienne, etc. Elles pouvaient raconter une histoire, une fable ou un conte populaire. Certaines plaques combinaient une plaque fixe avec un décor et une plaque munie d’un ingénieux mécanisme et donnaient l’illusion d’un mouvement, par exemple un bateau sur la mer agitée, un moulin dont les ailes tournent, un diable sortant de sa boîte, etc. Certains spectacles sont si effrayants que des spectateurs s’évanouissent !
Quoi qu'il en soit, la lanterne magique constitue un divertissement très prisé au XVIIIe siècle. Le physicien Johannes Zahn et le projectionniste Étienne Gaspard Robert, dit Robertson, perfectionnent le procédé. Par ailleurs, au début du XIXe siècle, le métier de "montreur de lanterne magique" se développe, plus particulièrement en Savoie. Il disparaît avec la commercialisation des lanternes magiques. En 1843, le français Auguste Lapierre produit, en série, la première lanterne magique.
Cet engouement pour ce projecteur d'images provient du spectacle qu'il procure. À partir de la fin du XIXe siècle, afin de diminuer les coûts de production, une nouvelle technique d'illustration est employée : la chromolithographie. La lanterne magique, grâce à la source lumineuse, reproduit les dessins de l’artiste. Mais il faut attendre la venue de la photographie pour enregistrer véritablement la nature et la reproduire telle qu’elle est à nos yeux…
Au XIXe siècle, ces appareils se perfectionnent grâce à l’éclairage au gaz. Industrialisées à partir du XIXe siècle, les projections de lanternes magiques se poursuivront jusqu'à l'invention du Cinématographe.
Pour en savoir plus sur les projections,
visitez le site Histoire des Projections Lumineuses [archive 17/03/2025]




