2-Réséda
Réséda
Reseda
Les résédas sont des plantes herbacées à fleurs généralement odorantes, appartenant au genre Reseda de la famille des Résédacées.
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Étymologiquement, "réséda" vient du latin resedare, signifiant "calmer", en référence aux propriétés médicinales attribuées à certaines espèces.
Ce genre comprend une cinquantaine d'espèces annuelles, bisannuelles ou vivaces, originaires d'Afrique du Nord, d'Europe et d'Asie occidentale, et répandues dans les régions tempérées, notamment le Bassin méditerranéen.
Présentation générale des résédas
Plantes herbacées dicotylédones dialypétales (dont la corolle est formée de pétales séparés*), de 40 cm à 1,30 m environ de haut, les résédas apprécient les sols calcaires ou neutres, sableux, caillouteux et surtout bien drainés, et une exposition ensoleillée.
* La dialypétalie est un caractère purement descriptif, et n'a pas de valeur taxonomique dans l'optique phylogénétique, mais a été amplement utilisé en classification classique.
Les résédas se caractérisent par des feuilles alternes, de 1 à 15 cm de long, entières, dentées ou pennées, qui forment une rosette basale et s'étagent le long de la tige.
D'avril-mai à septembre-octobre, les fleurs sont peu spectaculaires, petites (4 à 6 mm de diamètre), irrégulières, blanchâtres ou jaunâtres, orange ou vertes. Elles comptent de 4 à 6-7 pétales et sont groupées en inflorescences plus ou moins allongées (grappes ou épis).
Elles sont très parfumées, avec une odeur sucrée et épicée qui attire une variété de pollinisateurs, dont les abeilles et les papillons diurnes et nocturnes.
Elles iront recueillir le pollen rouge du réséda (Maeterlinck, La vie des abeilles, 1901, p.123).
Les fruits sont des capsules contenant plusieurs graines noires.
Présentation de quelques espèces de résédas
Principales espèces (Wikipédia) dont :
♦ Reseda alba L. Réséda blanc. Réséda des côtes et sols sablonneux, à fleurs blanches en épis de grande taille, étamines jaunes et feuilles étroites.
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♦ Reseda glauca L. Réséda glauque*. Réséda à fleurs jaune-orangé en petits épis floraux et feuilles étroites, entières, vert-bleuâtre. Il apprécie les rocailles et les étendues d'herbe.
* Glauque : se dit d'un vert tirant sur le bleu.
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♦ Reseda lutea L. Réséda jaune, faux réséda, réséda sauvage. Réséda à fleurs jaune verdâtre et feuilles divisées en 3-7 segments, répandu dans les lieux arides, bois et friches.
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♦ Reseda luteola L. Réséda jaunâtre/réséda des teinturiers, gaude, herbe aux juifs. Fleurs jaunes en épis longs et étroits, aux feuilles entières, utilisé autrefois comme plante tinctoriale.
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♦ [en] Reseda odorata L. Réséda odorant, des jardins, herbe d'amour, mignonnette, pot de réséda. Réséda à fleurs blanc verdâtre, odorantes, mellifères et feuilles lisses, cultivé comme plante ornementale et utilisé en parfumerie.
À noter, Charles Darwin utilisa Reseda odorata pour ses études sur les plantes autofertiles, qu'il publia dans son ouvrage The Effects of Cross and Self-Fertilisation in the Vegetable Kingdom (Les effets de la reproduction croisée ou autogame dans le royaume végétal)
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♦ Reseda phyteuma L. Réséda raiponce surnommé “Herbe à jaunir” ou “Mignonnette jaunâtre”, du fait de ses qualités tinctoriales. Il est également reconnu pour ses vertus médicinales. Petites fleurs en étoiles blanches, étamines oranges, jaunes ou brunes, réunies en grappe coniques, feuilles étroites et entières, base ramifiée, tiges couvertes d'aspérités. Particulièrement thermophile, il est adapté au climat méditerranéen et microclimats chauds et secs.
Voir Plantes qui supportent la sécheresse
Cultiver les résédas
Le Réséda est présent un peu partout en France, spontanément ou dans les jardins.
Il se cultive facilement en bordure et massif, au potager ornemental, en sujet isolé ou en rocaille. Il fera "très joli", accompagné de lavatères et de soucis.
Une fois établie, la plante nécessite peu d’entretien, si ce n’est un arrosage occasionnel.
Le réséda, ornemental au jardin, est aussi d'un bel effet en bouquet.
Lire Fleurs à couper pour beaux bouquets [archive] (Gerbeaud)
Lire les conseils de culture de Gerbeaud
Le réséda attire les oiseaux en tant que source de nourriture, importante pour certaines espèces, en particulier les pinsons qui se nourrissent de ses petites graines.
La plante séduit aussi des insectes bénéfiques dans le jardin. Ses fleurs riches en nectar constituent une source précieuse de nourriture pour les pollinisateurs, et ses feuilles peuvent servir de plante hôte pour les larves de nombreuses espèces de papillons.
Utilisation des résédas
Une plante alimentaire
Diverses espèces de réséda constituent des plantes alimentaires de par le monde : on consomme les jeunes parties aériennes.
Par exemple, les jeunes pousses du réséda jaune (Reseda lutea) sont comestibles crues, en salade pour les feuilles ou préparées comme des asperges pour les tiges.
Dans plusieurs régions on utilisait le réséda des teinturiers (Reseda luteola) pour faire des bouillies à base de farine de maïs torréfiée et en Franche-Conté, la "gaude" se préparait cuite avec du lait, du beurre et du sucre. Cette plante ne comporte aucune toxicité connue.
Une plante médicinale
Outre sa beauté et son parfum, le réséda a une longue histoire d’utilisation médicinale. Avec ses différentes espèces, il était traditionnellement utilisé pour traiter diverses affections, notamment les problèmes respiratoires (expectorant) et les troubles digestifs. Aussi connu pour ses vertus antiseptiques et vulnéraires, en usage externe
Mais l'espèce la plus utilisée est le réséda raiponce (Reseda phyteuma), particulièrement pour ses propriétés anti-inflammatoires et pour soulager les irritations cutanées en usage externe. Rappelons que le terme “reseda” est issu du latin resedare signifiant “calmer, apaiser”. Cette même racine latine a donné “sédatif”, en référence à ses propriétés médicinales.
L’acide alpha-linolénique est son principal composé actif qui lui confère des propriétés antalgiques et anti-inflammatoires, anti-oxydantes et anti-bactériennes (en particulier à l’encontre de Proteus mirabilis, Staphylococcus aureus et Pseudomonas aeruginosa).
Aussi des flavonoïdes : le luthéol aux importantes propriétés antioxydantes et la rutine reconnue pour ses vertus apaisantes. La plante contient plusieurs autres composés actifs, notamment des saponines et des huiles essentielles.
Ainsi, ce réséda est salvateur dans toutes douleurs musculaires et articulaires. C'est pourquoi on la qualifie de “cortisone verte” mais sans les effets secondaires des corticoïdes.
Lire Réséda : contre coups, ecchymoses et inflammations articulaires [archive] Nature-Soins
Le réséda odorant (Reseda odorata) possède des propriétés diaphorétiques, diurétiques, laxatives, anti-diabétiques. Il possède une antique utilisation, dans les Médecines Traditionnelles Asiatiques (MTA*), pour soigner l’hépatite, les inflammations aiguës (telle que l’endotoxémie), les lésions pulmonaires, les troubles cardiaques.
* Les médecines traditionnelles asiatiques (MTA) sont des approches holistiques millénaires, telles que la Médecine traditionnelle chinoise (MTC) et l'Áyurvéda. Elles se concentrent sur la prévention et le rétablissement de l'équilibre du corps en stimulant l'énergie vitale, souvent appelée Qi. Elles s'appuient sur des techniques naturelles, la pharmacopée et le rééquilibrage de l'hygiène de vie. (généré par IA)
Le réséda jaune (Reseda lutea) est originaire d’Europe, d’Asie et d’Afrique. Pline l’Ancien (23-79) rapporta, dans son ouvrage “Historia naturalis”, l’usage de Reseda lutea pour réduire les tumeurs. Ces propriétés médicinales furent également rapportées par le médecin et chimiste français, Étienne François Geoffroy (1672-1731), ainsi que par le pharmacien et botaniste britannique, Samuel Frederick Gray (1766-1828).
Le réséda jaune possède des propriétés diurétiques (entraînent augmentation de la sécrétion urinaire), sudorifiques (provoquent sudation*), anti-bactériennes, sédatives, cytotoxiques (cancers).
Son utilisation tinctoriale est peu mentionnée malgré le fait que ses agents tinctoriaux, à savoir ses flavonoïdes, soient les mêmes que ceux du réséda des teinturiers (Reseda luteola) – mais en moindres concentrations.
* Lire Diaphorétiques et sudorifiques [archive sans vidéo] (Althéa-Provence)
Roxane a écrit : si j’ai bien compris, les plantes sudorifiques sont à prendre au cas où la transpiration n’arrive pas naturellement et que la température est trop élevée (il faut provoquer la sudation) mais il semble que l’on puisse aussi utiliser les sudorifiques en phase de monté pour avoir plus chaud (exemple le piment à petites doses, gingembre), ce qui va aider le corps à augmenter la température. Les diaphorétiques sont quant à elles à utiliser une fois que la transpiration est là, pour pouvoir aider le corps à transpirer plus facilement... j’espère avoir compris correctement ^^
Le réséda des teinturiers (Reseda luteola) possède des propriétés anti-inflammatoires, anti-bactériennes, diurétiques, diaphorétiques et anthelminthiques (vermifuge). Une étude française de 2017 a mis en exergue ses capacités dermo-blanchissantes – et donc son potentiel d’intégration à des cosmétiques naturels blanchissants.
Les principaux flavonoïdes, chez Reseda luteola, sont la lutéoline, principalement, l’apigénine et le chrysoériole. La lutéoline fut isolée de ce réséda par le chimiste français Michel-Eugène Chevreul (1786-1889 à 102 ans) dans les années 1863-1879. Elle possède une activité anti-inflammatoire, anti-oxydante, anti-allergique, anti-diabétique, photo-protectrice, anti-bactérienne, neuro-protectrice, hépato-protectrice, anti-athérosclérotique, anti-leucémique, etc. La lutéoline a été validée pharmacologiquement active à l’encontre des nombreux cancers.
Remarque. Reseda sphenocleoides Deflers, originaire de la péninsule arabique (Yémen), est utilisé traditionnellement pour éliminer les parasites intestinaux des chameaux et pour soigner les morsures de serpents. Des investigations pharmacologiques récentes ont mis en exergue sa capacité d’éliminer les amibes – telle que Entamoeba histolytica.
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Reseda sphenocleoides - Kew
En parfumerie
Le réséda est utilisé en parfumerie depuis des siècles en raison de son parfum doux et épicé. L’huile essentielle extraite des fleurs de la plante est utilisée pour ajouter une note unique aux parfums. Les feuilles et les fleurs séchées peuvent être utilisées pour fabriquer des pots-pourris. Ainsi, le réséda odorant Reseda odorata, à l'odeur suave et sucrée, entre dans la composition de nombreux parfums.
Voir Parfum & Cosmétique dans Iris (plante)
Une plante tinctoriale
Le réséda est prisé en raison de ses qualités tinctoriales, c’est-à-dire permettant la fabrication de teintures. Autrefois utilisé à cette fin, le réséda l'est de nouveau aujourd'hui, pour teindre les tissus, plus particulièrement la soie.
Le réséda des teinturiers (Reseda luteola), "la gaude", possède des propriétés tinctoriales : c'est le "pigment jaune du teinturier". Il fut considéré, pendant de nombreux siècles – voire des millénaires ? – comme l’une des meilleurs sources de teinture jaune. Cette couleur est de grande qualité et de bonne tenue sur les textiles et autres matières servant de bases colorantes.
Depuis le Moyen-âge on utilisait cette plante en Italie puisqu'on la retrouve dans les archives des enlumineurs pour la coloration jaune. Dans le Comtat Venaissin (territoire papal en Avignon et environs de 1274 à 1791), les Juifs utilisaient le réséda des teinturiers pour teindre les chapeaux qu'ils devaient porter comme signe distinctif (eh oui déjà...). Ce réséda fut classé parmi les espèces “Grand Teint” sous Colbert (XVIIe siècle).
Le chimiste français Michel-Eugène Chevreul mit au point le colorant jaune à base de lutéoline extraite du réséda des teinturiers. En effet, la capacité tinctoriale de ce réséda est, principalement, due à la présence de deux flavonoïdes, la lutéoline et l’apigénine.
- Mélangé à de l’alun, il produit une teinture de couleur jaune clair brillant.
- Avec un peu de fer, ou du sulfate de cuivre, il produit une teinture de couleur vert olive.
- Avec du sulfate de fer, il produit une teinture de couleur brun foncé.
- Mélangé à de l’indigo, il produit une teinture de couleur vert brillant.
Lire La Gaude (Reseda luteola) [archive] Conservatoire National des Plantes
Reseda phyteuma, le réséda raiponce, partage cette qualité tinctoriale.
Voir aussi Pastel des teinturiers Isatis tinctoria
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Quelques curiosités
Couleur vert pâle tirant sur le jaune ou le gris, dite "couleur (ou vert) réséda" ou ellipt. "réséda", par référence aux fleurs du réséda odorant. "Réséda" est un substantif masculin ou adjectif invariable, par exemple : Nous avons fait la guerre, porté les couleurs de nos nations, le bleu horizon, le gris, le kaki, le réséda (Guéhenno, Journal homme 40 ans, 1934, p.82) / Les tentures réséda éteignaient un peu l'éclat des lumières (Zola, Page amour, 1878, p.889) / À côté des verts réséda pâlissant jusqu'au soufre, les roses atténués (Lorrain, Âmes automne, 1898, p.33).
Le vert réséda est la nuance de peinture du dôme du Grand Palais de Paris.
La tenue réséda est un uniforme militaire de campagne de l'Armée de terre française, essayé en 1911 et non adopté.
Dans le langage courant, le réséda est une plante symbolique et nombre de poèmes en témoignent (Louis Aragon, Paul Verlaine, Théophile Gautier, Apollinaire...)
Dans le langage des fleurs, le réséda symbolise la modestie.
Réséda est un prénom "révolutionnaire"* présent dans le calendrier républicain français mais très rarement attribué. Après la Révolution, il n’est plus utilisé tout au long du XIXe siècle. En France, il est à nouveau attribué en 1903, 1910 et 1922 (entre trois et cinq fois) et une fois en 1993. Il se fête le du calendrier grégorien qui correspond généralement au 14 vendémiaire dudit calendrier révolutionnaire ou "jour du réséda".
* Marie-Odile Mergnac, Les prénoms du calendrier révolutionnaire, Paris : Archives et culture, 2006 (ISBN 2-35077-003-6), p.56.
« De l'esprit à l'action : la rose et le réséda ». Au sein de la Grande Loge de France (obédience maçonnique) un atelier à Lyon a pris cette citation de Louis Aragon comme nom de loge marquant l'acceptation des différences que devraient avoir les Humains entre eux.
Autres curiosités dans Wikipédia et citations dans Wiktionnaire
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Sources