Info Éponge (2)
Source principale Wikipédia
Fossiles
Cycle biogéochimique du calcium
Certaines éponges ont participé à des bioconstructions dans l'histoire de la Terre : constructions à archéocyathidés du Cambrien, rôle prépondérant des stromatopores dans les zones les plus turbulentes des récifs siluro-dévoniens, biohermes (récifs bioconstruits) à spongiaires de l'Oxfordien…
À l'inverse, certaines éponges, comme les espèces du genre Cliona, ont un rôle dans le cycle biogéochimique du calcium* dans les océans en décomposant les roches ou les coquilles calcaires. Par exemple, Cliona celata, en se fixant sur des coquilles d’huîtres, est capable de les transpercer et de les dissoudre efficacement. La masse de sédiments produite à partir de cette bioérosion par les éponges perforantes est considérable.
Certaines éponges marines et leurs associations symbiotiques jouent un rôle particulier à l'égard du phosphore en le séquestrant, entre autres, sous forme de polyphosphate.
Voir Minéralité
Les plus anciens fossiles d'éponge connus ont longtemps été ceux de la faune de Burgess (Cf. schistes de Burgess) datant du Cambrien (genre Vauxia). Des études ont montré qu'il s'agissait de démosponges, éponges évoluées, ce qui prêtait à penser que ce groupe existait en fait depuis beaucoup plus longtemps.
Les diatomées (algues brunes)
En 1996, Gehling and Rigby identifièrent et décrivirent une éponge, Paleophragmodictya, de la Faune de l'Édiacarien en Australie, datant de la fin du Précambrien (Édiacarien). Les spécimens révélaient un réseau de spicules ressemblant à celui existant dans les hexactinellides.
Les éponges du Paléozoïque et du Mésozoïque participaient activement à la construction de massifs récifaux sous-marins, et vivaient dans des eaux marines peu profondes. Les récifs d'éponge du groupe des Hexactinellidés ont d'abord été identifiés dans les couches du Trias moyen pour atteindre leur plein développement au Jurassique tardif avec un récif discontinu de 7 000 km s'étendant dans les bassins adjacents nordiques de la Téthys et de l'océan Atlantique Nord. Voir Illustration Pangée jusqu'au Présent
Cette chaîne de récifs d'éponge est la plus grande biostructure connue à avoir jamais existé sur Terre. Au Jurassique, pour des raisons inconnues les hexactinellides ont quasiment disparu des eaux peu profondes pour coloniser des profondeurs qui sont, sauf exception, d'au moins 200 m.
Voir Colonne d'eau dans Eaux fleuves/mer
La structure histologique fondamentale des éponges n'est pas perceptible à l'état fossile, et la détermination de l'espèce doit se faire par l'étude microstructurale, ce qui oblige à connaître l'ensemble des éponges existantes lors du processus de biominéralisation. Les spicules, dans certaines roches, sont si abondants qu'ils peuvent en constituer l'élément principal. C'est le cas des gaizes et spongolites.
Depuis 2014 quelques communautés récifales de grandes tailles composées d'Hexactinellida, Aphrocallistes vastus (Heterochone calyx appartenant à un groupe animal parmi les plus anciens de la planète) ont été découverts, d’abord près de l’île Anvil (la troisième plus grande des îles de Howe Sound) puis à proximité en mer des Salish, en Colombie-Britannique, à l’aide d’un sonar et d’une caméra télécommandée. Par chance, ces communautés vivent à une profondeur permettant d’envoyer facilement un engin habité (alors que ces animaux filtreurs vivent habituellement entre 500 et 3 000 m. Ces assemblages de plus de 10 000 ans abritent des Sebastes et des crevettes. Les spécialistes pensaient que ce type de récifs avait disparu depuis le Jurassique. Ils sont explorés avec l’aide d’un petit sous-marin habité par l’Aquarium de Vancouver et la Marine Life Sanctuary Society (ONG de biologistes marins et de science citoyenne). Discovery Channel a pu utiliser le sous-marin de l’expédition pour filmer ces éponges en direct. C’est la première fois que ces écosystèmes sont observés. Ce site a été baptisé "Clayton Bioherm". Une étude de 2021 rapporte la découverte de fossiles d'éponges vieux de 890 Ma.
Source https://fr.wikipedia.org/wiki/Porifera#Fossiles
Une définition. Le million d’années, en abrégé Ma ou M.A., est une unité de mesure du temps, utilisée dans plusieurs disciplines des sciences de la Terre et de l’Univers pour quantifier des durées géologiques ou astronomiques. C’est l’unité de base en stratigraphie.
Voir aussi Petit âge glaciaire
Des éponges et des hommes
Les spongiaires et les naturalistes
Les spongiaires européens sont restés longtemps méconnus des naturalistes. En 1751, l'Encyclopédie de Diderot (1713-1784) et d'Alembert (1717-1783) décrit ainsi ces animaux, encore très mystérieux à l'époque :
« ÉPONGE, s. f. spongia (Hist. nat.) substance légère, molle & très poreuse, qui s’imbibe d’une grande quantité d’eau à proportion de son volume. On avait mis l’éponge au rang des zoophytes ; on a crû aussi que c’était une plante, jusqu’à ce que M. Peyssonel [1727-1790] médecin de Marseille, ait découvert que l’éponge était formée par des insectes de mer, de même que beaucoup d’autres prétendues plantes marines. »1
En 1900 encore, le Dr. Ernest Rousseau2 écrivait3 que le littoral belge était "fort pauvres en Spongiaires", mais qu'...
"il a suffi de quelques dragages effectués par M. E. Van Beneden il y a peu d'années pour lui permettre de trouver trente-trois espèces de Spongiaires (Topsent, Arch. Biol., XVI, 1900) alors que le nombre des espèces connues jusqu'alors était très restreint (trois dans les travaux de P. J. Van Beneden, quatre dans la Faune de Belgique, par Lameere). À en juger par les listes données par Topsent (Spongiaires du Pas-de-Calais [Rev. biol. du nord de la France, VII, 1894]), Maitland (Prodiome de la faune des Pays-Bas et de la Belgique flamande), Lameere (Faune de Belgique), etc., ainsi qu'une liste des Spongiaires de Hollande obligeamment communiquée par M. Vosmaer, on arrive à un total d'environ quatre-vingts espèces qui se rencontreront probablement chez nous."
3. Ernest Rousseau "Note monographique sur les spongiaires de Belgique" (24 p.) Mémoires de la Société royale malacologique de Belgique, [fr] [PDF à télécharger] [nl] VLIZ Vlaams Instituut voor de Zee
Les éponges fournissent de nombreux services écosystémiques. Espèces ingénieurs1, elles ont la capacité, en s'installant, de créer des micro-habitats riches en nutriments qui hébergent une diversité faunistique importantes. L'enfouissement de leurs squelettes joue un rôle majeur dans le cycle géochimique de la silice océanique. Leur capacité de filtration (jusqu’à 10 000 litres d'eau en une journée2) en fait des bons candidats comme agents de bio-remédiation. Ce pouvoir de filtrage en fait également des candidats à être l'échantillonneur d'e-ADN (ou ADN environnemental) le plus simple et le plus efficace de l'océan, constituant un outil de "vidéosurveillance sous-marine". Organismes fixés, ils ont développé des armes chimiques pour se défendre contre les prédateurs, ces substances étant utilisées pour fabriquer des médicaments ou des produits répulsifs en écologie3.
Purgatorius, précurseur de l'ordre des primates, contemporain du tyrannosaure
Voir Rôle écologique des éponges dans Éponge (animal)
La pêche des éponges
Les spongiaires sont utilisés depuis plusieurs millénaires (Homère en relate l'utilisation au IXe siècle av. J.-C.) comme éponges avec une importante activité de pêche remontant à l'Antiquité dans les îles grecques du Dodécanèse et notamment à Kalymnos, l'"île des pêcheurs d'éponges". Selon la mythologie grecque, le dieu Glaucos aurait été, à l'époque où il était encore mortel, le premier pêcheur d'éponges et aurait même créé un véritable centre de pêche à l'éponge en mer Égée••.
La pêche sous-marine de l'éponge était effectuée à mains nues et en apnée. À partir de 1860, elle commence à être réalisée en Grèce en scaphandre à casque, généralement relié à la surface par un narguilé. À partir des années 1950, les éponges sont récoltées en scaphandre autonome.
Cette pêche se pratique essentiellement en Méditerranée, aussi en mer Rouge, le long des côtes d'Amérique centrale et en Australie. Une fois remontées, les éponges sont lavées à grande eau et pressées pour débarrasser le squelette de spongine de toutes les parties vivantes. Puis elles subissent de nouveaux lavages, notamment dans des solutions chlorées afin de les blanchir••.
Voir aussi Eau de Javel
Usages de l'éponge dans la Grèce antique
Dans l'Antiquité, outre l'utilisation pour la toilette, l'usage des éponges était multiple :
- elles pouvaient servir à porter des liquides à la bouche, comme de l'eau, du vin ou de la posca. Selon l'Évangile de Jean, un soldat romain donne à boire du vinaigre à Jésus crucifié à l'aide d'une éponge (Évangile selon saint Jean, chapitre 19, verset 28). Cette éponge devint une relique sous le nom de Sainte Éponge ;
- elles pouvaient aussi être imbibées de miel et données aux enfants en guise de sucette••
- elles pouvaient être placées dans les casques ou sous les armures pour amortir les chocs••
- elles étaient encore utilisées pour laver et soigner les blessures, ou comme pessaires ;
- lors d'une épidémie, elles étaient utilisées comme masque et on s'en servait aussi comme fumigatoires en les brûlant (ce qui pouvait avoir une certaine efficacité, vu leur forte teneur en iode) (Collectif "Grande encyclopédie Atlas des animaux" Paris 1984, ISBN 2-7312-0226-2)
- elles étaient enfin utilisées pour effacer les écrits sur les papyrus et les parchemins••.
Les éponges naturelles
L’éponge commercialisée n’est en fait que le squelette d’une démosponge (Spongia par ex.) qui provient des mers tempérées chaudes. Ce squelette est constitué d'un réseau de fibres entremêlées composées d'une matière organique, la spongine, une scléroprotéine iodée qui a comme particularité d'absorber l'eau et, ce faisant, de gonfler, acquérant douceur et élasticité. Elle est capable d'absorber d'autres liquides, même non aqueux.
Les espèces les plus couramment utilisées comme éponges naturelles sont celles du genre Spongia, mais d'autres d'origines différentes peuvent aussi être utilisées, comme celles du genre Hippospongia1,••.
1. André Beaumont et Pierre Cassier "Biologie animale" t. 1 : des Protozoaires aux Métazoaires épithélioneuriens, Paris, éd. Dunod université (ISBN 2-04-011432-7) pp 93-110.
•• Collectif "La nature" Encyclopédie en 14 volumes, Hachette 1982, ISBN 2-245-01629-7
Les "éponges" végétales
Loofa, pour les soins du corps ou l'entretien de la maison.
Vu dans Exfoliants
Les "éponges" fabriquées
Fabriquez votre petite brosse pour frotter. Fabriquez votre éponge "zéro-déchet"...
Voir dans Recettes maison au quotidien
Les "éponges" ménagères synthétiques
Dans le registre des tâches ménagères, plus précisément la vaisselle, il est possible de créer une éponge auto-moussante avec des savons devenus trop fins.
- Créez une fente avec un couteau dans la partie jaune d'une éponge synthétique.
- Glissez-y le(s) morceau(x) de savon.
- Et voici une éponge qui moussera comme par *magie* !
Créez une éponge auto-moussante (M6 Déco.fr)
Mais il faut savoir que ces éponges classiques (une face jaune et une face "qui gratte") sont très polluantes pour l’environnement, surtout qu’elles doivent être changées assez souvent.
Désinfectez les éponges. Ces éponges sont des nids à bactéries, vous pouvez les nettoyer et les assainir avec de l’eau oxygénée.
- Dans un petit récipient préparez un mélange à parts égales eau tiédie/eau oxygénée 10 vol.
- Faites tremper 10 minutes les éponges dans ce mélange.
- Rincez abondamment.
Aquaculture et autres usages des éponges
L'aquaculture des éponges est en plein développement dans de nombreux pays tropicaux (notamment la Micronésie et Zanzibar), avec pour débouchés le marché des cosmétiques naturels et l'industrie pharmaceutique (qui exploite certaines molécules rares produites par certaines éponges). C'est une culture très rentable car peu coûteuse, très productive, et avec un impact environnemental nul voire positif, puisqu'il s'agit d'animaux filtreurs capables de dépolluer les eaux malsaines.
Les éponges à spicules siliceux ont elles aussi été utilisées dans l'histoire humaine. Les jeunes filles russes, par exemple, se frottaient autrefois les joues pour les rougir avec une poudre constituée de spicules siliceux d'éponge broyés. Les Indiens d'Amérique du Sud mêlaient des fragments d'éponge à l'argile utilisée pour fabriquer leurs poteries, pour rendre le matériau plus résistant et plus compact.
Les éponges sont aussi utilisées de nos jours en chirurgie, pour le tannage des cuirs, la céramique et dans le cas des éponges les plus fines, en bijouterie et en lithographie. Elles sont parfois utilisées comme protection hygiénique (éponges menstruelles) ou comme éponges contraceptives, méthode de contraception locale en association avec une substance spermicide1.
1. Voir Éponge sur www.masexualite.ca
Elles sont enfin une source de "bio-inspiration" (biomimétique), par exemple pour produire de la "bio-silice" (voie de silicification n'ayant pas recours à des températures élevées ni à des pH extrêmes comme c'est le cas aujourd'hui dans l'industrie). En conditions physiologiques des organismes comme le plancton siliceux ou les éponges siliceuses savent en effet "bio-synthétiser" des structures siliceuses très pures et parfois extrêmement complexes dans les nanodimensions. Cette voie peut notamment intéresser l'opto-électronique et l'ingénierie du tissu osseux. Ceci nécessite de maîtriser des phases de nucléation, de croissance contrôlée, ainsi qu'une précipitation à l'état d'équilibre.
Source https://fr.wikipedia.org/wiki/Porifera#Les_éponges_et_l'homme
Voir Utilisation des éponges dans Éponge (animal)
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Les récifs de demain ?
Les récifs de coraux, qui abritent la moitié de la biodiversité marine mondiale, sont gravement impactés par le changement climatique et l'acidification des océans. Or, il s'avère que les éponges sont relativement indifférentes à ces deux phénomènes, et tolèrent également de plus hauts niveaux de pollution que le corail : ainsi, comme cela se voit déjà dans certaines régions des Caraïbes, il n'est pas impossible que le XXIe siècle voit le remplacement progressif des récifs de corail par des récifs d'éponges, ce qui devrait cependant donner lieu à des écosystèmes extrêmement différents.
Voir récif d'éponges (Wikipédia) – Voir aussi Changement climatique
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