2-Les tulipiers (arbres ornementaux)
Tulipiers
Genre Spathodea (Bignoniacées) – Genres Liriodendron, Magnolia (Magnoliacées)
Plusieurs espèces d'arbres partagent le nom de tulipier
- Tulipier du Gabon (Spathodea campanulata), arbre tropical d'ornement originaire d'Afrique (famille des Bignoniaceae)
- Tulipier de Virginie (Liriodendron tulipifera), arbre d'ornement et de reboisement originaire d'Amérique du Nord (famille des Magnoliaceae)
- Tulipier de Chine (Liriodendron chinense), très semblable au tulipier de Virginie, originaire de... Chine
- Laurier tulipier (Magnolia grandiflora), arbre d'ornement appelé aussi "magnolia à grandes fleurs" ou "magnolier à grandes fleurs" (famille des Magnoliaceae)
Par confusion
- Tulipier, nom vernaculaire donné par confusion au Magnolia de Soulange (Magnolia ×soulangeana), ou "faux tulipier", en référence à sa floraison spectaculaire au printemps qui ressemble à des tulipes roses *.
Note de Wikipédia
* Cf. Visite de l'arboretum de Vilmorin
1. Tulipier du Gabon
Spathodea campanulata
Le Tulipier du Gabon (Spathodea campanulata) est un arbre ornemental de la famille des Bignoniacées, originaire d'Afrique, que l'on trouve dans de nombreuses régions tropicales. D'une grande beauté, facile à cultiver et à croissance rapide, c'est un arbre sensible au froid.
Le nom générique Spathodea dérive du grec σφατηε, en référence au calice qui évoque la forme d'une épée. L'épithète spécifique campanulata est un terme latin qui signifie "en forme de petite cloche (campanulée)"
Spathodea campanulata est la seule espèce dans son genre. On trouve quelques cultivars, dont Spathodea campanulata 'Aurea', à la floraison jaune.
Parmi les noms vernaculaires en français, outre tulipier du Gabon, on trouve bâton du sorcier, flamme de la forêt, immortel étranger, pissat de singe, pisse l'eau, pisse-pisse, tulipier d'Afrique*
* Spathodea campanulata (arbre) [archive] IUCN/SSC Invasive Species Specialist Group (ISSG) 0
Spathodea campanulata est une espèce originaire d'Afrique tropicale. Son aire de répartition originelle s'étend dans les régions de forêt tropicale, approximativement de la Guinée à l'Angola le long de la côte occidentale, jusqu'au sud du Soudan et à l'Ouganda vers l'est. Cependant, les limites exactes de l'aire d'origine sont incertaines, l'arbre étant présent dans divers pays voisins où il a pu être introduit par l'homme. On le trouve également dans la plupart des régions tropicales du monde où il a été introduit, notamment en Asie, en Afrique australe, en Amérique et en Océanie.
Tulipier du Gabon, plante envahissante
Spathodea campanulata est listé parmi les 100 espèces exotiques les plus envahissantes [archive]. Il se propage par ses graines, ailées, légères et produites de surcroît sur plusieurs mois, ainsi que par son système racinaire qui drageonne et est aussi capable de produire une nouvelle plante sur un simple bout de racine. L'espèce est actuellement en cours de destruction à la Réunion.
Voir Caractère envahissant de Wikipédia
Voir aussi Herbe de la Pampa Cortaderia solloana
Description du Tulipier du Gabon
Spathodea campanulata est un arbre de taille moyenne atteignant une hauteur de 10 à 35 m, à feuillage caduc, formant une couronne dense, sombre, parfois un peu aplatie. Le tronc peut atteindre 60 cm de diamètre. L'écorce est d'abord lisse, claire, de couleur gris-brun, puis en vieillissant devient écailleuse, fissurée verticalement et horizontalement, de couleur plus foncée.
Les feuilles, opposées ou verticillées par 3, sont composées imparipennées et comptent de 9 à 15 folioles sessiles ou brièvement pétiolées. Le limbe des folioles est elliptique à ovale, acuminé, mesurant de 7 à 16 cm de long sur 3 à 7 cm de large.
Les fleurs, grandes et voyantes, zygomorphes, sont rouge-écarlate, jaune-orange à l'intérieur, sont regroupées en racème (grappe) terminal. On en connait une variété à fleurs jaunes. Le calice vert, nervuré et tomenteux, est fendu sur le côté postérieur et mesure environ 1 cm de long. La corolle compte 5 pétales soudés en tube à la base. Les étamines, au nombre de 4, insérées sur le tube de la corolle, ont un filament orange. Le style porte un stigmate à 2 lèvres. Les boutons floraux, incurvés, contiennent une sève rouge.
Le fruit est une capsule déhiscente, ligneuse, dressée, de forme ellipsoïde allongée (semblable à une gousse), qui mesure de 15 à 27 cm de long sur × 3,5–7 cm. De couleur brun noirâtre, il s'ouvre par deux valves à la forme caractéristique de « barque de pêcheur », libérant de nombreuses graines. Celles-ci, fines et aplaties, mesurent environ 2 cm de diamètre et sont entourées d'une aile translucide. Une grappe de fleurs produit généralement de 1 à 4 capsules.
Cultiver le Tulipier du Gabon
En France métropolitaine, le tulipier du Gabon se limite à une culture en pot, en intérieur, véranda ou serre. L'espèce est en effet trop sensible au froid pour essayer une culture en pleine terre au jardin. Il est parfait pour accompagner les orangers en pots sortis sur les terrasses au printemps.
Voir dans Gerbeaud
Utilisation du Tulipier du Gabon
Le tulipier du Gabon est apprécié pour ses fleurs rouge-orangé en forme de tulipe. Il est planté, notamment dans les espaces publics, comme arbre ornemental, d’alignement ou d'ombrage, toutefois son bois cassant peut présenter des risques pour les passants en cas d'orages ou de coups de vent.
Voir Les plantes de service dans Les différents types de plantes
Les graines sont comestibles et consommées dans diverses régions d’Afrique. Les extraits d’écorce, de feuilles et de fleurs de Spathodea campanulata ont été utilisés dans l'aire d'origine de l'arbre pour diverses applications médicinales. L'écorce est notamment utilisée pour traiter les ulcères et les maladies liées à la peau (dermatoses) ainsi que les troubles gastro-intestinaux. Il pourrait être efficace comme prophylactique contre la malaria et dans la lutte contre les moustiques Aedes.
Le bois du tulipier africain, tendre et léger, de couleur blanc-crème, est considéré comme de qualité inférieure, mais est utilisé dans son aire d'origine, notamment en Afrique de l’Ouest, pour la sculpture ou pour fabriquer des tambours. En Éthiopie, on l’utilise comme bois de chauffage et pour produire du charbon de bois. Du contreplaqué, commercialisé sous le nom de tulipier ou d'African tulip, est produit à partir du bois de tulipier africain. Aux Philippines, on cultive l'arbre dans des plantations à cet effet. À Singapour, on l'utilise pour produire de la pâte à papier.
Curiosité. Les boutons remplis de liquide sont utilisés par les enfants pour jouer à s'asperger (Cf. Bernard Suprin "Mille et une plantes en Nouvelle-Calédonie" Nouméa Éditions Photosynthèse (ISBN 9782952731638) p.248)
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Documentation. C.H. Bosch, Spathodea campanulata P.Beauv sur PROTA4U, PROTA Network Office Europe, Wageningen University
Sources
https://fr.wikipedia.org/wiki/Tulipier_du_Gabon (+ photos dont Galerie)
2. Tulipier de Virginie
Liriodendron tulipifera
Liriodendron tulipifera, le tulipier de Virginie ou arbre aux lis, est un arbre feuillu originaire du sud du Canada et du sud et de l'est des États-Unis.
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Étude du tulipier de Virginie, 1901, Henri Bergé, musée de l'École de Nancy
Genre Liriodendron
Liriodendron (les tulipiers), du grec ancien λείριον leírion "lis" et δένδρον dendron "arbre", est un genre de plantes à fleurs (angiospermes) de la famille des Magnoliacées. Le genre comprend 2 espèces (Liriodendron tulipifera, Liriodendron chinense)
Arbres moyens à grands à système racinaire pivotant. Bois tendre parfois cassant. Port pyramidal. Bourgeons aplatis, très caractéristiques, protégés par 2 stipules soudées. Feuilles caduques, alternes, simples, longuement pétiolées, découpées à 2 ou 4 lobes, tronquées au sommet. Remarquable coloration automnale, jaune puis brune. Fleurs hermaphrodites, solitaires ; calice à 3 sépales réfléchis, corolle tulipée à 6-8 pétales. Fruit en cône spiralé, formé de carpelles distincts, qui se désarticulent à maturité.
Synonymes * (Wikipédia)
* On distingue en botanique et en mycologie deux catégories de synonymes :
- Les "synonymes nomenclaturaux" (ou homotypiques), qui ont un même type nomenclatural et que l'on peut noter à l'aide du symbole ≡ (triple signe égal), qui signifie "identique à".
- Les "synonymes taxinomiques" (ou hétérotypiques) qui ne font pas référence à un seul et unique type nomenclatural, et que l'on notera simplement à l'aide du symbole = (signe égal) .
Voir aussi Classification du vivant
Liste des espèces (Wikipédia)
Liriodendron tulipifera
L'espèce Liriodendron tulipifera a été décrite par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1753.
Arbre de grande taille, 30-40 m. Feuilles tronquées au sommet à 2-4 lobes, 15 cm de long, vert sombre, virant au jaune en automne. Fleurs jaune crème, en coupe, maculées de vert pâle et d'orange à la base des pétales, 6 cm. Le plus couramment cultivé.
Variétés de tulipiers de Virginie
- Liriodendron tulipifera : l'espèce type
- Liriodendron tulipifera 'aureomarginatum' : tulipier de Virginie panaché, aux feuilles panachées de jaune
- Liriodendron tulipifera 'fastigiatum' : tulipier de Virginie fastigié * au port colonnaire
* Un arbre fastigié est un arbre dont le port est dressé, avec des rameaux orientés vers le haut et formant un angle aigu avec la tige ou le tronc. Le peuplier, le cyprès de Provence, le jeune Ginkgo biloba ont typiquement des ports fastigiés ou colonnaires, ainsi que certaines variétés et certains cultivars d'arbres d'ornement dont le port n'est pas fastigié à l'état naturel (chêne, pommier décoratif, cèdre, orme, tulipier...). Les arbres fastigiés sont étroits, peu encombrants, et donc généralement adaptés aux petits jardins. Ils apportent aussi une touche de verticalité dans le paysage. Le port fastigié s'oppose au port étalé. (Gerbeaud)
L'aire de distribution du tulipier de Virginie s'étend de l'Arkansas et l'Alabama jusqu'au Michigan, à New York et au sud du Canada. Il pousse dans les sols bien drainés des bassins des rivières et évite les sols trop calcaires. Dans les forêts mixtes, il est associé aux noyers noirs, aux caryers et aux chênes blancs d'Amérique.
Distribution et habitat (Wikipédia)
Description du tulipier de Virginie
Du haut de ses 50 ou 60 mètres (dans son habitat d'origine, moins en Europe, environ 30 mètres), le tulipier de Virginie Liriodendron tulipifera, majestueux arbre d'ornement, déploie ses branches formant un houppier pyramidal. Son port étalé peut atteindre une largeur de 15 mètres à maturité. Au printemps, se développent les feuilles à la forme si particulière. Dans son habitat d'origine, il peut vivre jusqu'à 500 ans (environ 300 ans en Europe). Son tronc peut atteindre 2 ou 3 mètres de diamètre. Les jeunes branches sont rouge foncé tandis que l'écorce devient gris foncé, finement fissurée en vieillissant.
Le tulipier de Virginie se distingue avant tout par sa feuille (10 à 16 cm). Celle-ci, caduque, simple, alterne comporte 4 lobes pointus avec une échancrure nette (limbe à l'extrémité tronquée et échancrée). Le pétiole mesure jusqu'à 10 cm. Jaune-vert à vert moyen luisant au printemps et en été, l'automne les colore d'or et de roux *.
* Pourquoi les feuilles se colorent en automne (Gerbeaud)
Limiter l’intérêt esthétique du tulipier de Virginie à son feuillage automnal serait oublier sa splendide floraison. En effet, en été (floraison entre mai-juin-juillet selon le climat) de grosses fleurs disposés en coupe prennent possession de l'arbre. La fleur, hermaphrodite (désigne ce qui réunit les caractéristiques des deux sexes), est solitaire, dressée, comporte 9 tépales (pétales et sépales indifférenciés) dont 3 sépales vert clair entourant 6 pétales évoluant de vert jaune pâle à blanc avec une base orangée, et légèrement odorante *. Sa forme la fait ressembler à une tulipe, d'où le nom de l'espèce. Au centre de la coupe, de longues étamines jaunes (dont le nectar est apprécié des abeilles) entourent un cône central. Approchez-vous de ces fleurs pour profiter au mieux du spectacle car - et c'est un peu dommage - elles ont tendance à se fondre parmi le feuillage.
* Voir Jardin des sens (l'odorat)
La fleur donne un fruit conique. À maturité, à partir d'octobre, ce dernier libère de nombreux fruits secs qui ne s'ouvrent pas, des akènes ailés (3 à 5 cm) ou samares simples (graines ailées, comparables à celle du Frêne *)
* Voir aussi Frêne Fraxinus excelsior dans Mangez le sapin de Noël
Cultiver le tulipier de Virginie
Cet arbre rustique (t° mini. −15°C) supporte des gelées courtes jusqu'à −30°C. Essence de pleine lumière, il apprécie énormément le soleil mais est capable de tolérer un faible ombrage (exposition soleil, mi-ombre). Il a besoin de beaucoup d'eau en terrain (pH neutre) frais et humide, bien drainé. Son exploitation est étudiée actuellement dans le sud-ouest de la France (Béarn et Pays basque) dont le climat humide lui conviendrait bien. Période de plantation de février à novembre. De croissance rapide, il faut toutefois patienter 10-15 ans pour profiter de ses premières fleurs. La souche rejette vigoureusement après une coupe.
Voir dans Gerbeaud
Le Tulipier de Virginie est une plante-hôte des chenilles des papillons Papilio glaucus (Papillon glauque) et Papilio troilus *.
* Cf. papillons diurnes du Canada [archive]
Utilisation du tulipier de Virginie
- Les dimensions du tulipier de Virginie le prédisposent à l'ornement des parcs et des grands jardins, installé en sujet isolé ou près d'une pièce d'eau *.
* Lire Planter un grand arbre au jardin (Gerbeaud)
- Les espaces plus petits ont toutefois la possibilité de se tourner vers Liriodendron tulipifera fastigiata (ou Liriodendron tulipifera 'fastigiatum', tulipier de Virginie fastigié : au port colonnaire) dont le port est plus étroit et dont la hauteur ne dépasse pas 15 mètres.
- En plus de l'ornement, celui-ci possède un bois de cœur brun utilisé pour la fabrication de mobilier.
- On extrait de son écorce la liriodendrine, un alcaloïde (substance azotée) succédané de la quinine (analgésique et surtout antipaludique, extraite du quinquina)
- Sa fleur est visitée par les abeilles attirées par son nectar. Aux États-Unis on en récolte un miel très foncé.
Le bois spécial du tulipier de Virginie
Une étude publiée en 2024, par des chercheurs de l'université Jagellon de Cracovie, en Pologne, sur les caractéristiques spécifiques du bois de cette espèce (ainsi que celui de l'espèce Liriodendron chinense). En effet l'étude démontre que la structure microscopique du bois ne permet pas de le classer dans les feuillus ou dans les résineux du fait de la taille des macrofibrilles qui est en moyenne de 20 nm pour cette espèce, là ou les résineux présentent une valeur référence de 25 nm et de 15 nm pour les feuillus (1).
Le tulipier de Virginie séquestre le carbone. Parmi les arbres, la capacité supérieure du tulipier de Virginie à séquestrer le carbone de l'atmosphère s'expliquerait par la nature de son bois, ni dur ni tendre, selon les deux auteurs de l'étude qui se sont exprimés au sujet de leur découverte dans The Conversation du 09/09/2024 [en] (2). Raymond Wightman et Jan Łyczakowski, respectivement chercheurs à l'université de Cambridge, en Angleterre, et à l'université Jagellon, ont ainsi pu étudier la structure interne du bois chez des espèces représentatives des moments les plus marquants de l'évolution des arbres sur Terre, ont-ils expliqué.
(1) "Des scientifiques ont découvert un tout nouveau type de bois" Brice Louvet [archive] Sciencepost 06/08/2024
(2) "Surprise : des scientifiques découvrent un nouveau type de bois, le 'midwood', aux propriétés uniques" [archive sans vidéo] [archive sur Wikiwix] Géo (magazine)
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Henri Bergé (1870-1937) est un décorateur et illustrateur "Art nouveau" (mouvement artistique fin XIXe - début XXe siècle qui met en avant les motifs floraux) français. [...] Il dessine sur le motif la nature et les paysages lorrains [...]. Henri Bergé est un habitué des serres du jardin botanique de Sainte-Catherine ou encore de celles du pépiniériste Victor Lemoine (1823-1911), à Nancy. Il est également à noter qu'il fut membre de la Société centrale d'horticulture de Nancy 1. Il herborise les plantes et n’hésite pas non plus à mouler certains insectes et animaux, notamment pour ses travaux plus tardifs avec Amalric Walter (1870-1959), un verrier français principalement connu pour ses pâtes de verre 2. Cet intérêt scientifique pour la nature lui permet d’en faire une copie quasi parfaite dans ses dessins. [...] En 40 ans d’activité au sein de la maison Daum (cristallerie), Henri Bergé constitue aussi un véritable fonds de motifs végétaux et floraux qu’il rassemble dans son Encyclopédie florale. Cette dernière sera utilisée comme source de motifs par la maison Daum jusque dans les années 1920. [...] Si ce fonds documentaire est aujourd'hui désigné sous le terme d'encyclopédie florale, c'est en raison du très grand nombre de planches botaniques réalisées, de la variété des sujets représentés et de son caractère artistique mais aussi scientifique. (extraits de Wikipédia)
1. Société centrale d'horticulture de Nancy "Bulletin de la Société centrale d'horticulture de Nancy"
(p.17)
2. Christophe Bardin "Daum, 1878-1939 - Une industrie d'art lorraine"
Strasbourg Serpenoise (pp 76-80)
Sources et photos à voir
https://www.jardindupicvert.com/arbres/588-tulipier-de-virginie.html (+ photos)
Référence : Arbres (p.90) de Jaromir Pokorny (ISBN 2-7000-1818-4) Éditions Gründ 1987
3. Tulipier de Chine
Liriodendron chinense
Le tulipier de Chine (Liriodendron chinense, du grec leiros "lis" et dendron "arbre") est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Magnoliacées.
Cet arbre feuillu indigène de la Chine centrale et méridionale se développe dans les provinces d'Anhui, Guangxi, Jiangsu, Guizhou, Hubei, Hunan, Jiangxi, Shaanxi, Zhejiang, Sichuan et Yunnan, et aussi localement dans le Nord du Vietnam.
Il est très semblable à l'espèce américaine, le tulipier de Virginie (Liriodendron tulipifera) (voir 2.) dont il diffère par les feuilles légèrement plus grandes et aux lobes plus marqués ainsi que par l'absence de taches orange à la base des tépales.
Le tulipier de Chine atteint environ 40 m de hauteur. Il n'est pas aussi robuste que les espèces américaines, mais est cultivé en Angleterre (notamment dans les jardins de Kew), en Irlande, Belgique, Pays-Bas et Allemagne. En Amérique du Nord, il se développe dans le Nord-Est vers Boston (Massachusetts) et au Nord-Ouest vers Vancouver (ville de l'ouest du Canada). Il est également signalé en Nouvelle-Zélande.
Le bois spécial du tulipier du Chine
Une étude publiée en 2024 renseigne sur les caractéristiques spécifiques du bois de cette espèce (ainsi que celui de l'espèce Liriodendron tulipifera) *.
* Pour un développement, voir "Le bois spécial du tulipier de Virginie" (Liriodendron tulipifera)
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Quelques photos : Liriodendron chinense + [archive]
Source Wikipédia
Sauter la pub pour aller à la rencontre du "Laurier tulipier"
4. Laurier tulipier
Magnolia grandiflora
Le laurier tulipier est-il un laurier ? Un tulipier ? Rien de tout cela... c'est un magnolia !
Conduite palissée d'un laurier-tulipier à Antony House (maison du début du XVIIIe siècle appartenant
aujourd'hui au National Trust) en Cornouailles (extrémité sud-ouest de l'île de Grande-Bretagne)
Genre Magnolia
Ce nom de genre a été créé en 1703 par Charles Plumier (1646-1704), botaniste du roi Louis XIV, rendant ainsi hommage au médecin-botaniste Pierre Magnol (1638-1715) qui fut l’un des directeurs du Jardin Botanique de Montpellier à la fin du XVIIe siècle.
L'arbre fait son apparition en Europe au XVIIIe siècle. Le premier Magnolia grandiflora introduit en France et peut-être en Europe, débarque discrètement au port de Paimbœuf, en aval de Nantes, en 1711. Depuis plus de trois siècles, le port de Nantes accueille des plantes en provenance des quatre coins du monde. Aujourd’hui encore la région nantaise reste le berceau de nombreuses variétés. Des nombreuses introductions en provenance des Amériques, celle de Magnolia grandiflora a marqué l’histoire locale 1, à tel point qu'en 1992 Nantes est désignée pour gérer la collection nationale de référence du Magnolia.
Le Magnolia de La Maillardière
René Darquistade (1680-1754), maire de Nantes de 1735 à 1740, se procure vers 1731 un magnolia et l’installe dans les serres de sa propriété de La Maillardière aux Sorinières, au sud de Nantes. Considéré comme une plante tropicale sous nos climats, ce magnolia reste abandonné dans l'orangerie pendant près de 20 ans sans jamais fleurir. Voyant qu’il n’y a plus d’espoir René Darquistade décide de supprimer l'arbre.
Celui-ci est sauvé de justesse par l'épouse du jardinier qui le persuade de le replanter derrière les dépendances du château, au pied du pigeonnier. Choc physiologique ? Richesse du sol engraissé par les fientes de pigeons ? Toujours est-il que, trouvant enfin des conditions plus favorables, le magnolier se développe et finit par fleurir abondamment. Botanistes et horticulteurs nantais se précipitent alors pour s'extasier devant "le miracle", la beauté et le parfum des nombreuses fleurs du moribond…
La plante devient bientôt un sujet de discussion pour tous les botanistes de l’époque.
| La Maillardière est ensuite vendue et le nouveau propriétaire veut abattre "l'arbre étrange". Mais en 1764, avant de commettre son horrible forfait, il en coupe un rameau et charge le jeune apothicaire J. Louvrier 4 de l'apporter au célèbre médecin et botaniste français François Bonamy (1710-1786), lequel identifie ce magnolia, le laurier tulipier Magnolia grandiflora planté vers 1731 à La Maillardière par Darquistade. Il en révèle sa rareté européenne. L’homme alors se ravise et tente même plusieurs expériences de marcottage ! Quelques années plus tard, après plusieurs tentatives infructueuses et même quelques tentatives de vol, les pépiniéristes nantais réussissent à le multiplier par marcottage aérien et deux pieds sont sauvés, permettant d’assurer sa diffusion 1,2,3. |
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L'un reste à La Maillardière, l'autre est transplanté au Jardin des Plantes de Nantes.
Pour "l'aventure du marcottage", lire L'histoire complète du Magnolia de La Maillardière
Le sujet de La Maillardière gravement endommagé pendant la Révolution survivra malgré tout pendant quelques décennies. Un courrier de 1793, rédigé par les administrateurs du District de Nantes à l’intention du District de Clisson, atteste des soins donnés au Magnolia de La Maillardière pendant les soubresauts de la Révolution. En 1795, on découvre sur l'arbre des cicatrices causées par des balles révolutionnaires. Lors de la Révolution il eut également à souffrir de l'incendie du château dont les murailles se sont écroulées. À demi enfoui sous les décombres, les branches brûlées, le tronc portant les cicatrices de balles, le magnolia redémarre malgré tout. La circonférence du tronc atteint à l'époque plus d'un mètre. Mais vers 1840 il commence à dépérir. En 1848, une plaie est décelée. Aussitôt, une commission de savants est nommée, mais en dépit de tous les soins dont il est entouré, l'arbre s’éteint définitivement en 1849. Il laisse malgré tout une nombreuse descendance qui marque le début de l’histoire des Magnolias nantais. Ainsi finit Magnolia Grandiflora de La Maillardière, dont l’histoire fut fertile... en péripéties !
François Bonamy avait fait part, en son temps, de la découverte de Magnolia grandiflora de La Maillardière à Barrin de la Galissonnière (voir ci-dessous), également au célèbre botaniste Bernard de Jussieu (1699-1777)...
Le Magnolia de La Galissonnière
L’antériorité du magnolia de La Maillardière ne doit pas faire passer sous silence une seconde introduction due à l'amiral Rolland-Michel Barrin de la Galissonnière (1693-1756) *. Né à Rochefort, il est indirectement apparenté à Michel Bégon (-), qui donna son nom au bégonia. La famille de La Galissonnière est établie au château de La Jannière près du Pallet, en actuelle Loire-Atlantique.
+ doc en marge Signaux de marine : Barrin de la Galissonnière (Pavillons)
Voir aussi Le code international des signaux maritimes (Quarantaine, ce chiffon rouge abandonné)
Profitant de ses fonctions de Gouverneur de Louisiane puis du Québec, en botaniste érudit, Barrin fait procéder à de nombreuses introductions de nouveaux végétaux : liquidambar 3, sassafras, mélèze, épicéa... le tulipier (Liriodendron) et un nouveau Magnolia grandiflora. Il crée un véritable arboretum dans sa propriété du Pallet et de La Galissonnière près de Nantes.
On sait peu de choses sur l’histoire de ce second magnolia si ce n’est, selon la tradition, qu’il serait arrivé dans la région entre 1741 et 1749. Comme La Maillardière, La Galissonnière est détruite pendant la Révolution, le château, mais aussi les archives. Tout au plus, sait-on qu’en 1848 le nouveau propriétaire, peu sensible à la botanique, vend les arbres du parc. Heureusement, le magnolia de La Galissonnière, plus vigoureux que son aîné de La Maillardière, le surpassant en réputation, a laissé une nombreuse descendance qui en fait actuellement l’un des cultivars les plus répandus sous le nom de Magnolia grandiflora galissonniensis.
Description du laurier tulipier
Ce grand arbre à port pyramidal peut atteindre une hauteur jusqu'à 30 m, (25 m en culture).
Son feuillage est persistant. Ses feuilles sont entières à bord lisse, de forme obovale 5 elliptique, longues de 10 à 20 cm, coriaces, vert brillant sur la face supérieure, velues, tomenteuses et souvent roux ferrugineux sur la face inférieure.
La floraison, qui apparaît assez tardivement sur les arbres arrivés à maturité, vers 25 ans (sauf pour certains cultivars précoces), dure tout l'été, de juin à septembre, voire novembre (dans le sud-est des États-Unis, la floraison est de fin avril à juillet). Les fleurs sont grandes, jusqu'à 25 cm de diamètre, blanches, très parfumées et très décoratives. Les fleurs restent longtemps sur l'arbre si les conditions météorologiques sont clémentes.
Le fruit, ovoïde, est un polyfollicule ("plusieurs follicules") ressemblant un peu à un cône de conifère. D'abord vert jaunâtre, il rougit peu à peu tandis que ses follicules s'entrouvrent pour dégager de petites graines dures de couleur beige recouvertes d'un tégument 6 rouge vif virant à l'orangé qu'on peut considérer comme un arille.
Curiosité. Chateaubriand (1768-1848) décrit le laurier-tulipier dans son roman Atala 7.
Cultiver le laurier tulipier
Arbre de climats tempérés et tropicaux, il préfère une exposition plein soleil, et la proximité d'une eau courante. En France, il est rustique jusqu'en Île-de-France, où il souffre cependant des grands froids. Plus au nord, il pousse moins bien et fleurit peu. Il préfère les sols siliceux humides à pH acide.
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Notes
1. Introduction du magnolia à Nantes sur le site du service des espaces verts de la ville de Nantes [archive]
2. Magnolia grandiflora sur le site de la ville des Sorinières [archive]
3. Le magnolia de la Maillardière et celui de la Galissonière (Au fil de l'eau) [archive]
. Les apothicaires nantais et le chirurgien Darbefeuille (reçu en 1794 et élève de Louvrier) PDF Société d'Histoire et d'archéologie de Bretagne
5. Obovale (neutre ou oboval, –e) En botanique, de forme ovale, dont la partie supérieure est plus large que la partie inférieure. (Wiktionnaire)
6. Tégument. Le terme vient du latin tegumentum "ce qui enveloppe", "ce qui couvre". En botanique, le tégument est un tissu différencié formant une enveloppe autour de divers organes, notamment l'ovule et la graine. Chez les Orchidées, le tégument des minuscules et abondantes graines est nommé "testa". (Wikipédia)
7. Atala, ou Les Amours de deux sauvages dans le désert est un roman court (ou novella) publié en 1801 par l'écrivain français François-René de Chateaubriand (1768-1848). Atala lui vaut son premier vrai succès littéraire. (Wikipédia)
Sources et photos à voir
https://fr.wikipedia.org/wiki/Magnolia_à_grandes_fleurs (+ photos)
Voir
ou persistant Magnolia grandiflora (Gerbeaud)
Magnolia Champaca (Remèdes conseillés en revue)
Voir aussi Arbres et arbustes dans Jardin humide Jardin aquatique
Ne pas confondre le laurier-tulipier avec les tulipiers...
- ... de Virginie (Liriodendron tulipifera) (voir 2.) : arbre aux feuilles lobées et aux grosses fleurs vert jaune pâle en forme de tulipe, appartenant également à la famille des Magnoliacées ;
- ... du Gabon (Spathodea campanulata) (voir 1.) : arbre aux grandes feuilles composées vert sombre brillant, et aux grosses fleurs en forme de tulipes rouge orangé, appartenant à la famille des Bignoniacées.
À ne pas confondre non plus avec les différents lauriers
- Le laurier sauce (Laurus nobilis L.) appartenant à la famille des Lauracées
- Le laurier rose (Nerium oleander L.) appartenant à la famille des Apocynacées
- Le laurier cerise (Prunus lauro-cerasus L.) appartenant à la famille des Rosacées
- Le laurier tin (Viburnum tinus L.) appartenant à la famille des Adoxacées
Source Gerbeaud
Voir aussi
- Laurier d'Alexandrie Danae racemosa (L.) Moench
- Laurier noble Laurus nobilis
- Lauriers dans Plantes supportant la sécheresse
Différence entre tulipier et magnolia
Ils appartiennent tous deux à la famille des Magnoliacées.
Tulipier de Virginie (Liriodendron tulipifera) (voir 2.) : Originaire de l’est des États-Unis, c'est un arbre imposant, le tulipier peut atteindre 20 à 30 m de hauteur (parfois plus dans son milieu naturel). Il a un port élancé et une forme pyramidale (couronne conique) lorsqu’il est jeune, qui devient plus arrondie en vieillissant. Ses feuilles sont très caractéristiques, en forme de tulipe ou de lyre, larges et lobées avec une teinte vert clair en été, virant au jaune doré à l’automne. Les fleurs sont assez grandes et ressemblent elles aussi à des tulipes, avec des pétales jaune-vert et une touche d’orange à la base. Elles apparaissent au printemps, mais peuvent passer inaperçues en raison de leur position dans la cime et de leur couleur discrète. Ses fruits sont des cônes allongés qui libèrent des petites graines ailées.
Magnolia grandiflora (Magnolia grandiflora) (voir 4.) : Originaire du sud des États-Unis, le magnolia a une silhouette plus compacte et dense, avec un port pyramidal (couronne conique). Il pousse jusqu'à une hauteur de 10 à 20 m, bien qu’il soit souvent plus petit dans les jardins. Les feuilles sont épaisses, coriaces, et persistantes. Elles sont vert foncé brillant sur le dessus et brunâtres, voire duveteuses, sur le dessous. Le magnolia grandiflora est réputé pour ses grandes fleurs blanches crémeuses et parfumées, pouvant mesurer jusqu’à 30 cm de diamètre. Sa floraison a lieu au printemps et en été, et les fleurs sont particulièrement voyantes. Les fruits sont en forme de cônes également, mais plus courts, rouges ou brunâtres, et produisent des graines rouge vif. Laurier tulipier, magnolia laurier, magnolia à feuilles persistantes, magnolia à grandes fleurs ou grand laurier sont d'autres noms possibles du magnolia. Le bois est connu simplement sous le nom de magnolia.
Tulipier de Virginie et Magnolia grandiflora, 2 arbres bien différents (Jardiner-malin)
Alors, c'est qui le plus beau ? !
Un peu plus sur les magnolias
Majestueux au printemps, les magnolias sont appréciés pour leurs grandes et délicates fleurs qui sont parfois parfumées. En forme de coupe ou retombantes, celles-ci se dévoilent avant les feuilles sur les branches encore nues, et sont de couleurs très différentes selon les variétés. Arbre typique des jardins de terre de Bruyère, les magnolias se plaisent dans des sols légers, frais et riches.
Voir aussi Bruyère dans Brande (végétation) – Terre de bruyère dans Les types de sols)
En Asie, le magnolia est symbole de force et de pureté. Autour des temples bouddhistes, les moines plantent encore de nombreux magnolias afin de préserver la pureté des lieux.
https://rouepepinieres.com/2310-magnolia
Magnolia tulipier ? Le magnolia tulipier est un arbre majestueux originaire d'Amérique du Nord. Reconnaissable à ses grandes fleurs en forme de tulipe, cet arbre est très apprécié pour sa beauté. En plus de ses fleurs spectaculaires, le magnolia tulipier se distingue par son feuillage vert brillant et ses fruits en forme de cônes. Sa floraison printanière en fait un véritable joyau dans les jardins et parcs. Sa particularité vient d'une part, de la couleur bleu irisé de ses boutons, d'autre part de sa floraison jaune vert en mai juin.
https://rouepepinieres.com/2698-magnolia-tulipier
Magnolia, voir aussi Wikipédia
Curiosité. "Magnolia d'eau" est un autre nom de la Nymphée odorante, une espèce de plantes à fleurs de la famille des Nymphaeaceae. Les Ojibwés (d'Amérique du Nord) mangeaient les bourgeons. Plusieurs tribus autochtones préparaient des décoctions avec les fleurs pour soigner des abcès et des ulcères. En Europe, on s'en servait pour soigner les maladies vénériennes.
Magnolia de Soulange
Magnolia x soulangeana
Le Magnolia de Chine ou Magnolia de Soulange, Magnolia ×soulangeana, est une espèce hybride de plantes à fleurs de la famille des Magnoliacées.
Le nom de genre Magnolia, pour rappel, a été créé en 1703 par Charles Plumier, botaniste, en hommage au médecin-botaniste Pierre Magnol.
Son nom spécifique soulangeana, tire son origine d’Étienne Soulange-Bodin (1774-1846). L'hybride Magnolia ×soulangeana a été créé dans les années 1820 par ce botaniste français, officier de cavalerie de l'armée napoléonienne à la retraite dans son château de Fromont près de Paris. Croisement de Magnolia denudata et Magnolia liliiflora 2,3,, il est aujourd'hui à l’origine d’une lignée magnifique de cultivars. À noter, on écrit souvent Magnolia ×soulangiana, mais ce nom n'est pas reconnu (Art 60.11 de CINB 4).
Un des plus anciens arbres à fleurs, Magnolia ×soulangeana est un fascinant petit arbre d’ornement à feuillage caduc, de taille moyenne, au port étalé, bien ramifié, de croissance lente, et extrêmement florifère, qui se couvre, très tôt au printemps, avant l’apparition des feuilles, de grandes fleurs, légèrement parfumées, blanc-crème, roses et pourpres, en forme de tulipes. Un somptueux spectacle aux tons pastel qui redonne vie au jardin au sortir de l'hiver.
Depuis la France, l'hybride est rapidement entré en culture en Angleterre et d'autres parties de l'Europe, ainsi qu'en Amérique du Nord. Depuis lors, les sélectionneurs de plantes dans de nombreux pays ont continué à développer ce magnolia, et plus d'une centaine de cultivars sont maintenant connus. Le magnolia de Soulange est, avec ses hybrides, l’un des magnolias à être le plus planté dans les parcs et jardins d’Europe.
Description du magnolia de Soulange
Cet arbre ou arbuste calcifuge 5 caduc, dressé au port arrondi et étalé, est plus haut que large (de 3 à 5 voire 8 m de haut pour une largeur de 4,50 m). Présentant souvent un port buissonnant à la belle ramure, bien équilibrée, il peut également pousser sur un tronc unique. La majorité des cultivars se ramifie dès la base. Il est très rustique et a une croissance lente. Sa longévité peut dépasser une centaine d’années.
Son feuillage est constitué de grandes feuilles (10 à 15 cm de long) sur de robustes tiges, simples et alternes, obovales, à l'extrémité arrondie brièvement acuminée, vert foncé, au revers plus pâle et finement velu, virant au jaune brun à l’automne. La base des feuilles est contractée.
Au tout début du printemps (de mars à mai, en même temps que les Forsythia) sortent avant (sur un arbre sans aucune feuille) et après l’apparition des feuilles, d'énormes fleurs s’ouvrant largement (jusqu’à 15 cm de long) solitaires et parfumées, campanulées (en forme de clochettes) ou en forme de gobelet ou de tulipes, dans les tons roses (blanches à l’intérieur, roses-pourpre foncé à l’extérieur). Ces fleurs dressées, écloses de bourgeons protégés par des bractées velues, sont formées de 9 tépales (sépales et pétales indifférenciés) cireux et épais, avec de nombreuses étamines brun-rouge.
Les feuilles suivent par la suite et durent de l'été jusqu'à l'automne. Après la floraison, apparaissent des fruits bruns, en forme de cônes cylindriques, renfermant des graines rouges.
Cultiver le magnolia de Soulange
Le magnolia de Soulange apprécie les sols frais (paillés), consistants, voire lourds (argileux à fortement argileux sans être calcaires). Une exposition à mi-ombre et une bonne irrigation, notamment la première année, contribuent efficacement à une bonne croissance.
Voir dans Promesse de Fleurs
Utilisation du magnolia de Soulange
Outre le côté "arbre d'ornement", l'écorce des magnolias possède des propriétés médicinales et est utilisée en cosmétique. Le bois est considéré comme précieux.
Curiosité. Les magnolias sont des arbres anciens dont on trouve des fossiles vieux de plus de 20 millions d’années. Leur magnifique floraison est considérée comme l’une des plus primitives : leurs fleurs sont proches, du point de vue évolutif, des première fleurs existantes.
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Notes
2. Soulange-Bodin, E. (1826) Notice sur une nouvelle espèce de magnolia in Bulletin des Sciences Agricoles et Économique, Tome VI (Paris) : 57
3. In Mémoires de la Société Linnéenne de Paris, vol. 5 (1827) : lxxiii. Thiébaut de Bernaud (1777-1850) donne la référence de la première publication dans Relation de la fête champêtre du 24 mai 1826
4. Code international de nomenclature pour les algues, les champignons et les plantes (Wikipédia)
5. L'adjectif calcifuge qualifie les plantes qui évitent les terrains calcaires ou à tendance alcaline. On peut également les qualifier d'acidophiles, acidicoles ou silicicoles. Antonyme : calciphile ou calcicole (voir Basophile).
Sources et photos à voir
https://www.promessedefleurs.com/arbustes/arbustes-par-variete/magnolias/magnolia-soulangeana-magnolia-de-soulange.html (+ photos) [archive]
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Documentation
Pierre Magnol
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Pierre Magnol, médecin et botaniste français né le à Montpellier et mort le dans cette même ville, est le premier à introduire la notion de famille dans la classification des végétaux, faisant un ensemble naturel réunissant des genres voisins (1). S'ensuivent des travaux de Michel Adanson (1727-1806), d'Antoine-Laurent de Jussieu (1748-1836) dont Juss. est l’abréviation botanique standard, puis de Carl von Linné (1707-1778) pour décrire la classification botanique (2). | |
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(1) Biographie de Pierre Magnol par Pascal Duris sur Universalis.fr |
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On lui doit une remarquable flore des environs de Montpellier, des Alpes et des Pyrénées. Il est l'auteur de Botanicum Monspeliense sive plantarum circa Monspelium nascentium index (Lyon, 1676), Prodromus historiæ generalis plantarum, in quo familiæ per tabulas disponuntur (Montpellier, 1689), Hortus regius Monspeliensis, sive catalogus plantarum, quæ in horto regio Monspeliensi demonstrantur (Montpellier, 1697) et Novus character plantarum (publié posthumément par son fils, Antoine Magnol (1676-1759), à Montpellier en 1720).
Ses ouvrages, où il décrit plus de 2 000 espèces, le font reconnaître comme le plus grand botaniste de son temps. Pour certains historiens, c'est Magnol qui a introduit le système moderne de classement des plantes par famille en botanique. Il est certain qu'il s'attache dans son Prodromus à délimiter des familles de plantes ayant un lien de parenté entre elles. Il y classe les plantes en 75 tableaux facilement reconnaissables par l'emploi d'un ou de deux adjectifs, ce qui rend son utilisation très aisée. Même si certains de ses rapprochements (les liliacées avec les orchidées par exemple) ne sont pas justes, il fait part d'une remarquable finesse d'analyse.
En hommage à Pierre Magnol fut créé le genre Magnolia en 1703 par Charles Plumier (1646-1704) (1), pour classer un arbre aux fleurs magnifiques découvert lors d'un voyage en Amérique, l'actuel Magnolia dodecapetala. Le nom de genre Magnolia est repris par les Britanniques Mark Catesby (1731) naturaliste et graveur, Dillenius (1732) botaniste et William Sherard botaniste. Puis Carl von Linné, dans sa classification des Magnolias proposée en 1753, en exclut l'espèce de Plumier (Magnolia dodecapetala) pour la placer dans le genre Talauma (Talauma dodecapetala (Lam.) Urb.).
En effet, quand Linné se consacra au Magnolia, il travailla sur la seule espèce connue et cultivée à cette époque en Europe sous le nom de Tulipifera arbor virginiana. En raison d’un certain nombre de différences morphologiques, Linné considéra que Magnolia dodécapetala devait être rattaché au genre Talauma et c’est Tulipifera qui se retrouva baptisé Magnolia. Quoi qu'il en soit, Talauma est aussi une Magnoliacée (2)...
(1) "Le père du magnolia, cet inconnu des jardins" Guillaume Mollaret [archive] figaro.fr
(2) "Magnolia Merci Plumier !!" Roland Jancel [archive] 0 [PDF] Publication Seveinfo no1296 sur jardins.nantes.fr [archive]
Magnol est l’abréviation botanique standard de Pierre Magnol (*).
(*) Cette personne est un auteur pré-linnéen, c'est-à-dire qu'il est mort et a publié ses travaux avant, approximativement, l'an 1740. C'est à cette époque que Carl von Linné introduit sa nomenclature dite binaire (voir Classification du vivant), toujours en vigueur de nos jours. Le code de nomenclature de la botanique stipule qu'aucune publication parue avant la date de 1753 n'est valide. Les auteurs pré-linnéens sont souvent des précurseurs. Ils ont parfois utilisé un système proche du système linnéen. Ils ont, par conséquent, leurs abréviations officielles, mais celles-ci ne sont citées que pour mémoire, car elles ne peuvent être associées à un nom binomial linnéen valide. Elles peuvent, néanmoins, être confondues avec d'autres abréviations d'auteurs successeurs à Linné.
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