2-Coriandre Coriandrum sativum

Publié par Yantra

Coriandre

Coriandrum sativum

Coriandrum sativum var. vulgare ou macrocarpum, Coriandrum sativum var. microcarpum

La coriandre ou coriandre cultivée (Coriandrum sativum), punaise1 mâle, persil arabe, persil chinois, persil mexicain2, est une espèce de plantes herbacées annuelle de la famille des Apiacées (Ombellifères). Originaire des bords de la Méditerranée et d’Asie occidentale, cette plante aromatique pousse partout, cultivée dans les zones tempérées du monde entier et employée pour de nombreuses préparations culinaires, particulièrement en Asie, en Amérique latine et dans la cuisine méditerranéenne.

Coriandre Coriandrum sativum (feuilles).jpg
Les feuilles de la coriandre

Lire, de Wikipédia Étymologie2 et Origine et aspects historiques de la coriandre (C. sativum)

À noter, la plupart des dictionnaires actuels considèrent le mot "coriandre" comme féminin, bien que l’usage ait hésité durant quelques siècles (ce qui pourrait expliquer la tendance chez certains locuteurs à encore utiliser le masculin) - Elisabeth Dodinet et al. "Synthèse sur les origines du mot 'Coriandre'" Tela Botanica

Notes

1. "Il y a une trentaine d’année alors que je grignotais des cerises sur l’arbre, il m’a fallu une cerise dans la bouche pour presque vomir de dégoût… J’avais croqué avec une punaise verte ! Cette odeur puante (vraiment) est restée à l’intérieur de mon corps pendant plusieurs semaines. Quelques temps après, comme par hasard, lors d’un repas avec salade pour entrée et feuille de coriandre… même rejet que sur l’arbre ! Pour moi, manger des feuilles de coriandre (pas les graines) équivaut à croquer une punaise verte..." (Patrick 27/10/2024)

Lire La coriandre, c’est comme belle-maman. Soit on l’aime, soit… (PureSanté) [archive]

2. Lorsqu’on parle de coriandre, on fait référence à une seule plante, mais à deux emplois : ses graines fournissent une épice ; ses feuilles, une herbe aromatique. Si les premières portent toujours le nom de "coriandre", les secondes sont parfois appelées autrement – cilantro, persil arabe, persil mexicain ou persil chinois – ce qui peut donner à penser qu’il s’agit de deux plantes différentes. 
Soulignons en outre que "coriandre mexicaine", "coriandre longue" ou encore "coriandre chinoise" en Asie du Sud-Est (Eryngium foetidum, panicaut fétide), "coriandre bolivienne" (Porophyllum ruderale), "coriandre vietnamienne" (Persicaria odorata), sont des appellations vernaculaires désignant d'autres espèces végétales qui n’ont rien à voir avec la véritable coriandre, mais sont également utilisées en cuisine.

Par exemple, la "coriandre vietnamienne" (Persicaria odorata) est une persicaire ou renouée, genre très répandu de la famille des Polygonacées, comme le sarrasin ou l’oseille rumex, la rhubarbe, la renouée des oiseaux une adventice, et des envahissantes importées en Europe, comme la renouée de Sakhaline ou de Corée, et les Fallopia grimpantes et envahissantes.

Les feuilles sont généralement utilisées fraîches en accompagnement ou comme condiment. Les fruits séchés, souvent confondus avec des graines, sont utilisés comme épice. Moulus, ils sont un ingrédient de base de nombreux mélanges, tels que les currys.

Coriandre cultivée C. sativum Fruits entiers et moulus.jpg
Fruits entiers et moulus

La poudre épicée qu'on appelle "curry" est un mélange d'Ail, Cannelle, Cardamome, Cari, Carvi Coriandre, Cumin, Fenugrec, Galanga, Gingembre, Girofle, graines de Moutarde, Muscade, Oignon, Piments de Cayenne... etc.

Vu dans Curcuma (PDF) - Curry, voir Aromatiques Épices 1. (PDF p.15)

La coriandre est une plante médicinale, reconnue notamment pour faciliter la digestion

Parmi les plantes carminatives, on peut citer le gingembre, l'ail, la menthe poivrée, le fenouil, l'aneth (odorant), l'anis vert, le basilic, la cardamome, le cerfeuil (commun), la coriandre (cultivée), l'estragon, l'hysope, la marjolaine, le muscadier, l'oignon, la sarriette, la sauge, le thym, l'angélique (sauvage), la badiane

Vu dans Lexique "phyto-médical"

On en tire une huile essentielle utilisée en aromathérapie, dans l'industrie alimentaire pour son arôme et comme agent de senteur en parfumerie, dans les cosmétiques ou les produits sanitaires.

 

Description de la coriandre

Coriandre cultivée Coriandrum sativum Köhler s Medizinal Pflanzen 193.jpg
Coriandrum sativum – Köhler Medizinal Pflanzen 193

Voir Plantes médicinales de Köhler

La coriandre est une plante annuelle élancée, ramifiée, mesurant généralement en floraison de 30 à 60 cm mais pouvant atteindre 1,40 m. La base de la tige d'un plant adulte est creuse et peut atteindre 2 cm de diamètre. La germination est épigée2 et la racine est pivotante. L'odeur de la plante est souvent décrite comme fétide1, surtout en floraison ou début de fructification. 

Les tiges sont dressées, grêles, cylindriques, striées. Leur croissance est sympodiale3 parfois avec plusieurs branches latérales au niveau du premier nœud. Chaque ramification se termine par une inflorescence unique. Le feuillage et la tige sont verts ou vert clair tirant parfois sur le rouge ou le violet pendant la floraison, glabres, luisants (notamment les faces inférieures des feuilles). 

La plante est hétérophylle (=> des feuilles d'au moins deux types différents) et les feuilles sont alternes et souvent composées. Plus nombreuses à proximité des racines (souvent regroupées en rosette), elles s'espacent et se raréfient dans la partie supérieure. Les feuilles inférieures sont à segments ovales en coin, incisés-dentés, les feuilles supérieures sont à lanières fines, linéaires-aiguës1. Les feuilles les plus basses sont pétiolées, les plus hautes ont un pétiole se réduisant jusqu'à former une gaine foliaire embrassant la tige. Les feuilles inférieures commencent à faner avant que les fruits n'arrivent à maturité.

L'inflorescence, blanche ou rose-mauve très pâle, est typique des Apiacées : petites fleurs disposées en ombelles composées - des ombelles d’ombellules *.

Coriandre cultivée Coriandrum sativum Inflorescence en ombelle composée.jpg
Inflorescence en ombelle composée de la coriandre

Toutes les Apiacées ne fleurissent pas en ombelles

Il faut mentionner les panicauts (Eryngium) que l’on qualifie parfois d’"Ombellifères déguisées en chardons". Ils sont effectivement épineux (défense mécanique) avec des pointes acérées.

Leurs inflorescences sont des ombelles très transformées que l’on doit nommer "pseudocapitules" et qui imitent effectivement les chardons.
Cependant l
panicaut fait partie de la famille des Apiacées et non des Astéracées comme tous les autres chardons (echinops, carlina, onopordon…) et cirses.

Ce sont des plantes souvent cultivées pour leurs qualités esthétiques (panicaut des Alpes Eryngium alpinum, panicaut géant E. giganteum) par exemple. Ils totalisent environ 250 espèces, présentes sur tout le globe.
 
Apiacée sans ''ombelle'', Eryngium proteiflorum.jpg
Eryngium proteiflorum

La sanicle d’Europe (Sanicula europaea) réunit ses fleurs en ombellules globuleuses formant des ombelles irrégulières de trois à cinq rayons très inégaux, une inflorescence dont l’aspect global est éloigné des ombelles classiques Sources Jardins de France [archive] - Arrosoirs et Sécateurs [archive]

L'inflorescence est une ombelle composée de 2 à 8 rayons primaires de tailles différentes (les ombellules soient placées au même niveau) et 5 à 20 rayons secondaires - À noter, Pour s’appeler "ombelle", il faut que les pédoncules partent du même point ; quand les pédoncules partent de différentes hauteurs et forment un plateau, il s’agit souvent d’un corymbe. L'involucre a une ou deux bractées foliacées linéaires mais est parfois inexistant. Les involucelles ont de 3 à 5 folioles (bractéoles) linéaires, courtes, réfléchies, unilatérales1. Le calice gamosépale (=> dont les sépales sont soudés) se termine par 5 petites dents lancéolées, inégales, persistantes, que l'on peut encore observer sur les fruits mûrs. Les fleurs centrales sont régulières avec de petits pétales échancrés, bifides, courbés vers l'intérieur. Les fleurs périphériques sont asymétriques : les pétales orientés vers l'extérieur de l'ombelle sont nettement allongés et divisés. Le carpelle est composé d'un ovaire infère (=> situé sous) surmonté par un petit stylopode conique qui supporte deux styles plus longs.

Les fruits sont globuleux, parfois légèrement allongés, de 3 à 6 mm de diamètre. Les fruits frais sont verts et dégagent la même odeur que les feuilles. Ils deviennent beiges, puis ocre-brun clair au cours de leur maturation et développent une odeur plus aromatique. Ce sont des diakènes * constitués de deux méricarpes4 hémisphériques accolés, surmontés de ce qui reste du stylopode (parfois des styles) et des dents du calice, ne se séparant qu'une fois très secs. Chaque méricarpe a 9 côtes : 5 primaires flexueuses (=> qui présente des courbures, ondule, serpente) déprimées, 4 secondaires saillantes, carénées1.

* Les plantes de la famille des Apiacées comportent des fruits appelés diakènes. Les diakènes sont de tout petits fruits secs rassemblés par deux. Il est intéressant de savoir que lorsque l’on achète des graines de cumin, de fenouil etc., ce sont en fait des akènes et donc des fruits Le Chemin de la Nature [archive sans vidéo]

Apiacée Berce commune, des fruits appelés ''diakènes''.jpg
Des fruits appelés ''diakènes'' pour l'Apiacée Berce commune

Référence et notes

1. Hippolyte Coste (1858-1924) Flore descriptive et illustrée de la France de la Corse et des contrées limitrophes, Paris, Librairie des Sciences et des Arts, (1re éd. 1906) Cf. p. 165, tome 2, Coriandrum sativum L. Taxon 1486 - Pour télécharger et/ou lire en ligne le tome 2 (Ouvrages numérisés sur Tela Botanica). Pour info, H.J.Coste est l’abréviation botanique standard de Hippolyte Coste.

2. Épigé. Qui se développe au-dessus du sol. Par ex. les cotylédons épigés du haricot. Opposé à hypogé.

3. Ramification sympodiale. Dégénérescence d'un bourgeon obligeant la tige à croître en zigzag.

4. Méricarpe. Portion de fruit isolée naturellement dans le sens longitudinal et contenant une seule graine.

 

Coriandre en cuisine

Il n’y a rien de mieux que les feuilles de coriandre pour aromatiser une salsa mexicaine !

Les graines sont indispensables dans les currys et le couscous, de même que dans de nombreux plats sucrés.

Voir Le pain Borodinsky dans Plats russes

Même les racines sont comestibles. Il suffit de bien les hacher avant de les ajouter aux plats d’inspiration thaïlandaise.

Coriandre cultivée C. sativum Racines.JPG
Racines

Voir Racines et tubercules comestibles

La coriandre est mellifère : de grandes surfaces agricoles permettent la production d'un miel monofloral. Le miel de coriandre est produit un peu partout, mais en faible quantité, sauf en Europe de l'Est : en Roumanie et en Bulgarie, ainsi qu'en Russie, où il est une spécialité appréciée pour son arôme puissant.

Conservation

Feuilles

  • Au réfrigérateur dans un sac en plastique. Elles s’y conserveront beaucoup plus longtemps si vous les mettez dans un verre d’eau et recouvrez le tout d’un sac en plastique. Changez l’eau tous les jours.
  • Au congélateur : hachez les feuilles et placez-les dans des bacs à glaçons avec un peu d’eau. Il n’est pas recommandé de les sécher, car cela dissipe leur arôme.

Voir Congélation Mode d'emploi

Graines : au frais, au sec et à l'abri de la lumière dans un contenant hermétique.

 

Propriétés médicinales de la coriandre

On sait que la coriandre...

  • est connue pour ses propriétés antimicrobiennes, hypoglycémiques, anxiolytiques, analgésiques, anti-inflammatoires ;
  • ses feuilles – excellente source de vitamine K, nécessaire à la coagulation sanguine – comme ses graines renferment des antioxydants ;
  • stimule l’appétit et aide à bien digérer (selon la Commission E, l’organisme allemand qui atteste de l’efficacité des plantes) ;
  • aiderait à éliminer les métaux lourds.

De juin à septembre, basilic, coriandre, estragon, menthe... permettent de relever les plats tout en modérant le sel et les matières grasses. Elles dopent les apports en potassium, calcium, magnésium, fer, bêta-carotène, vitamines C, E et B9, des micronutriments qui participent à la prévention des maladies cardio-vasculaires.

Lexique "phyto-médical"

Voir Les 8 effets méconnus de la coriandre (Pure Santé)

Pour mémoire voir Élixir du Suédois (Les remèdes amers)

Huile essentielle

Parmi ses utilisations dans le domaine de la santé humaine, l'huile essentielle est employée dans l'industrie pharmaceutique pour masquer l’amertume de certains médicaments.

En diffusion elle est à utiliser de préférence mélangée à d'autres huiles essentielles, ou en diffusion faible.

 

Autres usages de la coriandre

On emploie parfois la coriandre pour son parfum dans les pots pourris.

Outre ses utilisations dans le domaine de la santé humaine, l'huile essentielle est employée comme agent de senteur dans des produits d'entretien ménager, des lessives, des produits cosmétiques et en parfumerie.

 

Jardinage "bio" de la coriandre

La coriandre est très facile à cultiver, que ce soit pour ses feuilles ou pour ses graines.

Pour la production de feuilles, les températures fraîches sont préférables, car la plante monte facilement en graines quand il fait chaud (ce qui, bien sûr, est un avantage quand on veut récolter les graines !). En fait, vous avez intérêt intérêt à en semer tout au long de la saison, depuis le printemps jusqu’à l’automne, ce qui permet d’avoir toujours à sa disposition des feuilles fraîches et de récolter des graines plus tard, à l’automne.

Pour accélérer la germination, plutôt lente, trempez les graines toute une nuit avant de les semer à environ 2,5 cm de profondeur. Éclaircissez les plants à 12 cm.

Évitez les fumures trop riches, qui auraient pour effet d’amoindrir la saveur de la plante.

Vous pouvez commencer à récolter les feuilles environ six semaines après le semis. Vous en aurez jusqu’au début de l’hiver si vous prenez la peine de protéger les plants avec un agrotextile lorsque le gel menace.

Voir Plantes : voiles, paillages et Cie

Pour la production de graines, récoltez toute la plante lorsque la couleur des graines passe du vert au beige. Glissez la tête dans un sac de papier et suspendez à l’envers dans un endroit sec. Conservez une partie de la récolte pour les semis de l’année suivante.

Documentation

Fiche Apiacées (agrobioperigord.fr) PDF

Les Ombellifères au jardin (Arrosoirs et Sécateurs)

 

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Sources principales

Wikipédia Coriandre cultivée Coriandrum sativum

Voir aussi Liste des Apiacées de France (Monde végétal) [archive]

 

Documentation  Des Apiacées 

Voir
Plantes et botanique : Famille des Apiaceae [archive

Tela BotanicaWikipédia

Voir aussi plus bas Liste de quelques Apiacées

Il y a des plantes délicieuses qui font partie la famille des Apiacées

C’est le cas du fenouil sauvage ou commun (Foeniculum vulgare), de la carotte sauvage (Daucus carota) ou de la berce commune (Heracleum sphondylium)...

Il y a plusieurs plantes phototoxiques dans la famille des Apiacées

Parmi elles, il y a la berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum), qui fait partie des plus phototoxiques.

Dans la famille des Apiacées on retrouve également plusieurs plantes mortelles

C'est le cas des ciguës...

Socrate

"C’est la dose qui fait poison", aurait dit Paracelse, l’un des pionniers de la médecine au XVIe siècle. Si Socrate pouvait parler, il aurait acquiescé… Le philosophe athénien a dû absorber une bonne dose de ciguë, le poison que l’on faisait ingurgiter aux condamnés à mort. Le tribunal d’Athènes a infligé cette peine à Socrate en 399 av. J.-C. pour cause de "ne pas croire aux dieux de la cité, de corruption de la jeunesse et d’introduction de divinités nouvelles".
Les symptômes, en cas d’absorption d’une dose létale de ciguë - il s’agit de la grande ciguë, Conium maculatum - sont assez effrayants. Pour n’évoquer que certains cités par la SFMU (Société française de médecine d’urgence) : hyper­ salivation, nausées, vomissements, douleurs abdo­minales, diarrhée, hyper­ sudation, hyperthermie, mydriase, tremblements, vertiges, jargonophasie, délires, convulsions… [Voir aussi dans Carotte compléments] Et les effets apparaissent 30 à 45 minutes après l’absorption. Si le philosophe avait fait comme Mithridate (Mithridate VI du Pont, 132-63 av. J.-C.), il aurait pu éviter une mort atroce. Ce dernier, sentant qu’un jour il pourrait être empoisonné, se serait accoutumé au poison en en absorbant régulièrement de faibles doses (d’où le terme de "mithridatisation").

Socrate avait raison en affirmant : "Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien." Il aurait pu éviter la mort s’il avait connu la mithridatisation, en tout cas, la mort par la ciguë… Et éviter aussi l’hypertrophie de sa prostate car la ciguë, à dose homéopathique, soignerait ce symptôme… mais attention aux risques de l’automédication !

Jean-François Coffin 
Journaliste et membre du Comité de rédaction de Jardins de France

Source Jardins de France [archive]

... et de l’œnanthe safranée (Oenanthe crocata)

Rire sardonique

L’expression "rire sardonique" date de l’Antiquité et viendrait soit de Sardaigne pré-romaine ou de l’île de Sardon au large de Carthage. Dans tous les cas, elle découle d’un rituel associé au sacrifice des personnes âgées, jugées inutiles, ou des enfants, en offrande à Cronos (père, notamment, de Zeus). Les vieillards étaient jetés du haut d’une falaise ou battus à mort, mais avant cela on leur faisait boire un poison composé d’"herbes sardoniques", qui provoquait une crispation des muscles du visage. Le rictus des condamnés semblait indiquer qu’ils riaient et mouraient heureux…
Plusieurs plantes entraient probablement dans la composition du breuvage : la renoncule de Sardaigne (Ranunculus sardous), la renoncule scélérate (Ranunculus sceleratus) ainsi que l’œnanthe safranée (Oenanthe crocata). Cette grande plante herbacée vivace à odeur de persil, appréciant les milieux humides comme les berges et les fossés, est extrêmement toxique. Mais ce sont les racines tubéreuses, laissant exsuder un liquide jaune à la coupe (d’où le nom de safranée), qui auraient été utilisées pour la préparation de la potion funeste. On comprend mieux ainsi l’origine de son surnom "navet du diable". Mais la vérité populaire s’exprime encore plus clairement avec cet autre surnom : l’"herbe aux héritages".

Nul doute que Maupassant aurait pu s’y référer dans L’Héritage, une de ses nouvelles réalistes portant sur l’argent.

Pierre Meppiel 
Jardinier du Jardin botanique du col de Saverne

Source Jardins de France [archive]

 

... ou du Cerfeuil des fous

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Liste de quelques Apiacées 

vues dans Yantra et/ou dans Monde végétalArrosoirs et Sécateurs, etc.

voir aussi Espèce d'Apiaceae (nom vernaculaire) de Wikipédia

Ache  

Ache odorante (Apium), céleri sauvage des côtes méditerranéennes dont est issu le céleri cultivé, citée dans Les céleris – voir plus bas Céleri

Ache des marais Apium graveolens var. graveolens, citée dans Les céleris (photo)

Ache inondée Apium inundatum ou Helosciadium inundatum

Une des Apiacées aquatiques, d'où son nom de "inondée". Hélophyte et hydro-hémicryptophyte1,2, l’Ache inondée est une petite Apiacée vivace ne dépassant pas 40 centimètres de hauteur. Elle développe des stolons qui lui assure une bonne multiplication végétative. Elle produit à la fois des feuilles immergées et des feuilles submergées. Les feuilles submergées ont très découpées en lanières étroites et bi-tripennatiséquées. Alors que les feuilles aériennes sont pennatiséquées. Enfin, l’Ache inondée produit de minuscules ombelles blanches de 2 à 3 rayons sans bractées.

Notes

1. Une plante hydrophyte est un type de plante qui vit en partie ou totalement immergée dans l'eau (les bourgeons dormants et les feuilles sont dans l'eau) une bonne partie de l'année voire toute l'année.

2. "hémicryptophyte" est un adjectif qui qualifie une plante vivace dont les parties aériennes (tiges, feuilles, fleurs, fruits) meurent entièrement durant la mauvaise saison et dont les bourgeons persistent durant la mauvaise saison au niveau du sol.

Ache noueuse Apium nodiflorum ou Helosciadium nodiflorum

L'Ache noueuse est une des Apiacées qu'on trouve en zones humides. L’Ache noueuse porte plusieurs noms. Ainsi, on la nomme Faux cresson de fontaine, Ache nodiflore [dont les fleurs naissent aux nœuds ou articulations] ou encore Berle nodiflore. L’Ache noueuse est une plante vivace glabre, à tiges ascendantes ou couchées, radicantes aux nœuds inférieurs, creuses, striées et rameuses. Elle mesure entre 30 à 100 cm de hauteur. Ses feuilles assez peu découpées ont des bords irrégulièrement dentés à folioles ovales-lancéolés. Enfin, l’Ache noueuse fleurit de juillet à octobre. Sa floraison développe une ombelle de d’ombellules de 4 à 12 rayons. Les fleurs possèdent des pétales blancs à blancs-verdâtres.

Ache rampante Apium repens ou Helosciadium repens

L'Ache rampante ressemble beaucoup à l'Ache faux-cresson (Apium nodiflorum, ci-dessus). L’Ache rampante est une Apiacée de petite taille que l’on trouve en lisière des zones humides. Mais elle est considérablement moins répandue en France depuis le XXᵉ siècle. Elle est d’ailleurs protégée dans plusieurs régions d’Europe. L’Ache rampante se reconnaît par ses tiges émergées de faible hauteur. Mais avec tout de même jusqu’à des tiges d’1,5 m sous l’eau. Ses tiges sont creuses, avec des rameaux souvent enchevêtrés. Elle développe aussi des feuilles longues de 3 à 10 cm, les feuilles peu découpées. Enfin, pour ses fleurs, elle développe des ombelles d’ombellules avec des fleurs très discrètes à pétales blancs ou blanc-verts.

Angélique Angelica

Angélique des bois Angelica sylvestris

L’Angélique des bois, qu’on appelle aussi Angélique sauvage ne doit pas être confondue avec l’Angélique officinale (Angelica archangelica). L’Angélique des bois est beaucoup plus commune et un peu plus "pauvre" tant sur le plan médicinal qu’alimentaire. Mais toutes les parties de la plante sont comestibles et on la trouve principalement dans les zones humides d’Europe. Elle a été introduite en Amérique du Nord début des années 2020 où on la considère comme invasive. Cet article vous montre comment reconnaître l’Angélique des Bois en images [archive]

voir dans Herbes de la Saint-Jean

Astrance Astrantia

L'astrance est facile à cultiver, de bonne tenue, de grande longévité. Elle offre une bonne résistance aux maladies et aux attaques des ravageurs. Étant donné son habitat naturel, l’astrance se plaît en sous bois humide et fertile. Elle fait également un bon sujet de berge, et, dans la mesure où le sol reste frais, elle supporte le soleil. On rencontre 2 espèces principales : Astrantia major dont presque tous les cultivars connus sont issus et Astrantia maxima.

source et suite dans Arrosoirs et Sécateurs

voir aussi Grande astrance Astrantia major

Berce Heracleum 

Berce du Caucase Heracleum mantegazzianum 

La Berce du Caucase Heracleum mantegazzianum fait partie des Apiacées les plus phototoxiques. Une plante phototoxique est une plante dont la sève ou le jus, lorsqu’il est mis au contact de la peau et à la lumière, crée des brûlures allant jusqu’au second degré. 

lien externe Berce du Caucase Danger (Chemin de la Nature)

Berce spondyle ou commune Heracleum sphondylium  

La Berce spondyle, ou Berce commune, est une des Apiacées comestibles les plus intéressantes de France. Elle est très facile à reconnaître et très... commune dans tout l’hémisphère nord. Il s’agit d’une grande plante vivace pouvant atteindre 2 mètres de hauteur. C’est aussi une plante velue aux tiges robustes, creuses et cannelées. Ses grandes feuilles sont composées de 3 à 9 folioles velues. Ses fleurs poussent sur de grandes ombelles à bractées bien visibles. Aussi, on voit des pétales inégaux. Toutes les parties de la plante sont comestibles, par exemple ses fruits.

lien externe Berce commune Multiples saveurs (Chemin de la Nature)

Berce du Caucase, Berce commune dans Plantes toxiques et sortilèges

Boucages Pimpinella

Les boucages, y compris l'anis vert (Pimpinella anisum) * sont des Ombellifères à fleurs blanches ou rosées assez petites, fruits ovoïdes à côtes peu saillantes toutes égales entre elles, calice non apparent et feuilles composées de 5 à 11 folioles ovales grossièrement dentées. Il en existe en France plusieurs espèces.

* voir :

Anis vert - Phytothérapie [archive] (Vidal)

Grand Boucage Pimpinella major

Plante sauvage comestible et médicinale, le Grand Boucage est une vivace dressée à tiges creuses et glabres pouvant atteindre 1,2 mètre de haut. Ses tiges sont fortement sillonnées et ses feuilles sont pennatiséquées avec de grandes folioles dentées (5 à 7 cm sur 2 à 4 cm). Ses fleurs ne comprennent ni bractées, ni bractéoles, aucun sépale mais des pétales terminés en longue pointe courbée. Le Grand Boucage pousse dans les haies, les lisières, les clairières ou encore les prairies de fauches.

Petit boucage Pimpinella saxifraga

Petit boucage Pimpinella saxifraga (Köhler's Medizinal Pflanzen 241).jpg

Petit boucage Pimpinella saxifraga Köhler Medizinal Pflanzen 241

Les Petits boucages ou Boucages saxifrages ont des fruits et leur partie supérieure sans poils. L'un d'eux, Pimpinella saxifraga Huds., présente une tige pleine et des folioles petites (2-3 cm sur 1-2 cm). À noter, "saxifrage" signifie "qui casse la pierre" (vu dans Criste marine). Le Petit boucage peut être accommodé de bien des manières en cuisine car pratiquement toutes les parties de la plante peuvent être utilisées. Les jeunes feuilles sont consommées comme condiment de la même manière que l'Aneth (Anethum graveolens) ou le Fenouil (Foeniculum vulgare) en salade.

Les autres espèces, toutes méridionales, ont les fruits et la tige entièrement velus ; ce sont l'Anis vert qui se distingue à son odeur... d'anis et 2 espèces méditerranéennes, P. peregrina L. et P. tragium Vill., dont les propriétés sont approximativement les mêmes que celles des Boucages saxifrages.

Buplèvre ligneux Bupleurum fructicosum

Le nom générique Bupleurum vient de la fusion de deux mots grecs : βους (bous) qui signifie "bœuf" et πλεύραn (pleuron) signifiant "plèvre" (membrane entourant les poumons). Ce nom évoque la texture coriace du feuillage (qui rappelle une membrane). Le buplèvre est parfois nommé "perce-feuille" car la tige semble percer le feuillage.

la suite dans Buplèvre ligneux Bupleurum fructicosum

voir une photos dans Arrosoirs et Sécateurs (+ celle de Bupleurum longifolium ’Bronze form’)

Autres Buplèvres

  • Buplèvre en faux Bupleurum falcatum et Bupleurum chinense (racines en MT chinoise)
  • Buplèvre à ombelles réduites Bupleurum subovatum
  • Buplèvre très grêle Bupleurum tenuissimum

Carotte sauvage Daucus carota

Une des plantes sauvages françaises les plus connues est la Carotte sauvage, plante comestible, "ancêtre" de la Carotte moderne. Comme pour la Carotte cultivée (Daucus carota subsp. sativus), la Carotte sauvage appartient à la famille des Apiacées. Cette plante thermophile et héliophile est présente dans les milieux à sols secs.

Voir Carotte sauvage dans Légumes oubliés Carotte sauvage (Chemin de la Nature)

Voir aussi Carotte compléments

La Carotte sauvage se reconnaît facilement par sa fleur violette/rouge unique au milieu de sa floraison blanche. Mais aussi avec son odeur de carotte lorsqu’on froisse les feuilles. Autre bonne manière de la différencier des Ciguës qui sont des plantes toxiques, la Carotte possède des poils rêches.

voir Reconnaître la carotte sauvage (Chemin de la Nature)

Carvi Carum carvi

Le Carvi porte plusieurs noms selon les régions, ce qui peut prêter à confusion. Ainsi, en Alsace et en Savoie on l’appelle "Cumin", ce qui ne correspond pas à la même plante. Mais ils sont de la même famille, celle des Apiacées.

Carvi Carum carvi (planche botanique).jpg

Le Carvi pousse dans une grande partie de l’Hémisphère Nord, mais est quasiment absent du Nord-Ouest de la France. Cette plante sauvage comestible est utilisée en cuisine comme plante aromatique et condiment, mais sert aussi de plante médicinale. Le Carvi demande un sol frais, léger, légèrement calcaire et une exposition ensoleillée.

voir :
Carvi ([Books of] Dante)

Élixir du Suédois (Les remèdes amers)

La poudre épicée qu'on appelle "curry" est un mélange d'Ail, Cannelle, Cardamome, Cari, Carvi, Coriandre, Cumin, Fenugrec, Galanga, Gingembre, Girofle, graines de Moutarde, Muscade, Oignon, Piments de Cayenne... etc.
(Vu dans Aromatiques Épices 1. PDF p.15)

Céleri Apium graveolens 

Le Céleri est une plante potagère largement cultivée qu’on trouve à la fois sur les étals des marchés et dans la composition de certains plats préparés. Cette plante herbacée biannuelle appartient à la famille des Apiacées, et avant d’être cultivée depuis Charlemagne, pousse naturellement en France. En effet, à l’état sauvage, cette plante comestible pousse le long des cours d’eaux et zones humides. Ses feuilles, sa tige et sa racines se mangent de différentes manières. Aussi, c’est une plante médicinale qui possède de nombreuses vertus.

Les feuilles tendres du céleri (rave et feuille), finement ciselées, peuvent servir à relever diverses préparations, notamment soupes et sauces. Leur goût, plus fort que celui du persil, rappelle la livèche.

voir plus haut Ache

Cerfeuils Anthriscus 

L'étymologie est discutée (grammatici certant "Les savants ne sont pas d'accord entre eux") : cerfeuil vient du grec chairophyllon, qui dérive soit de chairô "se réjouir", soit de cheir "main", et de phyllon "feuille" (soit, une "feuille d’un vert gai" ou une "feuille en forme de main"). Le nom scientifique Anthriscum désignait le cerfeuil sauvage. (Cf. François Couplan "Les Plantes et leurs noms. Histoires insolitesp.147, Éditions Quae, coll. Guide pratique ISBN 978-2-7592-1800-4. Lire des extraits)

Cerfeuil commun Anthriscus cerefolium

Le Cerfeuil commun est une plante herbacée de la famille des Apiacées. Comme de nombreuses Apiacées, il peut se confondre avec d’autres plantes de sa famille dont certaines sont toxiques. Aussi, le Cerfeuil commun ressemble beaucoup à Myrrhis odorata ou Chaerophyllum bulbosum. Cette plante aux fleurs blanches est à la fois plante médicinale et plante comestible. Ses feuilles servent à aromatiser diverses préparations culinaires, des sauces, potages, crudités, etc.

voir aussi Cerfeuil commun Anthriscus cerefolium

Cerfeuil sauvage Anthriscus sylvestris 

Le Cerfeuil sauvage est une plante herbacée vivace, biannuelle voire annuelle selon l’endroit où il vit. Cette plante appartient à la famille des Apiacées. Bien que comestible, des précautions sont à prendre. En effet, sa racine est toxique mais ses fleurs blanches sont comestibles (même si elles n’ont pas très bon goût) ainsi que ses feuilles et tiges, plus agréables. Mais des plantes toxiques de la même famille lui ressemblent énormément. Le Cerfeuil penché (ou "des fous") ainsi que les Ciguës par exemple. Faites donc attention !

Cerfeuil musqué Myrrhis odorata 

Le Cerfeuil musqué, qu’on appelle aussi Cerfeuil d’Espagne, Cerfeuil anisé ou perpétuel, est une plante herbacée de la famille des Apiacées. Cette vivace aux fleurs blanches peut facilement se confondre avec le Cerfeuil commun, mais également comestible, ou le Cerfeuil tubéreux [ci-dessous] dont les feuilles sont toxiques. Originaire d’Europe Centrale, il s’est naturalisé un peu partout sur le continent dont la France car il a été très largement cultivé comme plante aromatique. Il aime un sol frais et bien fumé et une exposition ombragée. Niveau cuisine, il sert à aromatiser les desserts et pour préparer des liqueurs ou donner plus de goût aux salades.

voir aussi Cerfeuil d’Espagne ou musqué Myrrhis odorata (dans Cerfeuil commun)

Cerfeuil tubéreux Chaerophyllum bulbosum 

Contrairement à ce qu’évoque son nom, le Cerfeuil tubéreux 1 n’est pas un Cerfeuil. Il est du genre Chaerophyllum mais pas Anthriscus. Cela dit, il appartient lui aussi à la famille des Apiacées. C’est une plante herbacée vivace ou biannuelle qui développe des fleurs blanches regroupées en ombelle la deuxième année. De couleur grisâtre, sa grosse racine pivotante peut se consommer comme un légume, rappelant le goût de la pomme de terre et de la châtaigne, mais ses feuilles sont toxiques. Faites attention, certaines plantes plus toxiques lui ressemblent, méfiez-vous des confusions 2.

Notes

1. voir aussi dans Cerfeuil commun Anthriscus cerefolium
– 
Cerfeuils dans Légumes oubliés

2. voir Confusions possibles dans Cerfeuil commun

voir aussi Cerfeuil (homonymie) de Wikipédia

Cerfeuil des fous Chaerophyllum temulum 

Si plusieurs Apiacées sont des légumes ou des condiments appréciés, les suivantes sont mortellement toxiquesla Ciguë vireuse, les Petite et Grande Ciguës, l'Œnanthe safranée et le Cerfeuil des fous (ou penché) dont toutes les parties seraient toxiques tant pour l'homme que pour le bétail *.

Le Cerfeuil penché (Chaerophyllum temulum) ou des fous (connu aussi sous le nom de Cerfeuil enivrant) est une espèce de plantes sauvages à fleurs blanches, des plus communes de France et une Apiacée toxique. Cette herbacée bisannuelle, pouvant mesurer jusqu’à un mètre de hauteur, possède des tiges ramifiées et tachetées de pourpre, le tout couvert de poils raides. Ses feuilles vert sombre peuvent parfois virer au pourpre. De mai à août apparaissent les petites fleurs, blanches, en larges ombelles composées. Les fruits sont des diakènes côtelés effilés en sommet. Le Cerfeuil penché est originaire d'Eurasie (trouvé en Europe, incluant la France dont la Corse, de l'Irlande à l'Ukraine, en passant par le Caucase jusqu'en Asie tempérée). On trouve généralement cette plante dans des zones herbeuses, des lisières forestières, des haies.

* Quoi qu’il en soit, manque d’informations et risques de confusions élevés entre les plantes de cette famille doivent nous inciter à être prudent... Le cerfeuil des fous tient son nom vernaculaire et son épithète spécifique temulum (temulentum) de ses propriétés enivrantes, d'où son autre autre surnom de cerfeuil enivrant, dues à un alcaloïde, la chaerophylline, qui rendrait la plante très toxique. Les feuilles de ce cerfeuil auraient été consommées par le passé et auraient entraîné des troubles nerveux. Selon certains auteurs, toutes les parties de cette plante seraient toxiques. Leur ingestion provoquerait des paralysies et troubles digestifs ("Sauvages de ma rue. Le Passage" sous la direction de Nathalie Machon, Muséum national d’Histoire naturelle 2012). Toutefois, selon François Couplan ("Le régal végétal. Sang de la Terre" Paris 2015), les différentes informations concernant la toxicité de cette plante proviendraient de confusions avec d’autres Ombellifères toxiques comme la Grande ciguë (Conium maculatum). (Cf. Gazette des Plantes)

voir :
Cerfeuil des fous (Notes de terrain) [archive]
Le Cerfeuil penché (Tela Botanica 09/06/2022) [archive] Astuces pour différencier cerfeuil penché Chaerophyllum temulum et cerfeuil sauvage Anthriscus sylvestris

voir aussi dans Plantes toxiques et sortilèges

Tous 3 fort ressemblants. Dans l'Indre, la floraison du Cerfeuil penché chevauche celle de l'Anthrisque (Anthriscum, le Cerfeuil sauvage), à laquelle s'ajoute celle du Torilis (Torilis japonica (Houtt.) DC. *, autre Ombellifère de l'ormaie rudérale). 

Torilis japonica Projet de numérisation de la flore de L'Abbé Coste par le réseau Tela botanica 2011.png

Torilis japonica Projet de numérisation de la flore de l'Abbé Coste par le réseau Tela botanica (2011)

Pour sortir de la mêlée, le Torilis (se distinguant en outre par ses fruits tapissés d'aiguillons) gagne les lieux secs, l'Anthrisque porte son dévolu sur les lisières humides des cultures pendant que le Cerfeuil penché se met à l'ombre. (Cf. Nouvelle République)

* Houtt. - Maarten Houttuyn (1720-1798) – DC. - Augustin Pyrame de Candolle (1778-1841)

Citons enfin le Cerfeuil alpestre Anthriscus nitida, un des Cerfeuils les plus rares de France.

Chervis Sium sisarum 

Le Chervis (Sium sisarum L.), de la famille des Ombellifères (ou Apiacées), est un "légume" que l'on peut considérer comme "oublié"... Pourtant, sa rusticité et la saveur fine de ses racines à chair blanche, ferme et légèrement sucrée - certains les comparent à la racine du panais - font de cette plante potagère un légume bien tentant pour le jardinier, même si leur aspect "tordu" peut en rebuter plus d'un. Multiples, renflées et de couleur blanc crème, elles plongent dans le sol en formant un faisceau, relié au collet.

Chervis Sium sisarum et ses racines (illustration botanique).jpg

Voir Racines et tubercules comestibles (liste)

Parfois connu sous les noms de chirouis ou girole, le Chervis est une grande plante vivace d'environ 1,50 m de haut, dont les tiges cannelées portent des feuilles composées, vert foncé, aux folioles dentés. Les fleurs, qui apparaissent au cours de l'été, sont petites et de couleur blanche, regroupées en lâches ombelles. (Cf. Gerbeaud [archive])

À ne pas confondre avec "chervil", petit nom anglais du Cerfeuil commun

Ciguës

Ces plantes mortelles sont reconnaissables notamment grâce à leur absence de poils

lire l'article de Chemin de la Nature concernant les confusions possibles [archive sans vidéo]

voir Ciguës (toxiques) PDF Plantes toxiques et sortilèges (dont Ciguës)

Pour les citer une par une :

Criste marine Crithmum maritimum 

Des plus résistantes, la Criste marine fait partie des rares espèces d’Apiacées de France à pousser sur les sols caillouteux et les falaises de bords de mer. Elle résiste donc très bien au sel. Elle est aussi particulièrement résistante au soleil et à la sécheresse. Elle est aussi comestible et en effet, ses feuilles, charnues ont un goût proche de celles du Fenouil, en plus iodé. On la prépare le plus souvent comme un condiment à l’instar des cornichons.

voir Criste marine

Égopode

Égopode podagraire Aegopodium podagraria

Appartenant à la famille des Apiacées, l’Égopode podagraire est une plante herbacée vivace des plus connues qu’on appelle aussi Herbe-aux-goutteux. En effet, cette plante médicinale permettait dans le temps de soigner de la goutte. C’est aussi une plante comestible qu’on peut manger crue ou cuite à la manière des épinards. Même si elle est ombrophile, l’Égopode podagraire est une plante assez envahissante dans les potagers. Ses rhizomes et ses graines lui font conquérir du terrain rapidement. On l’utilise aussi dans les massifs à des fins ornementales pour son couvert végétal dense.

voir aussi Jardin d'ombre

Fenouil Foeniculum

Le Fenouil (Foeniculum) prend place dans les plates-bandes. Au soleil, dans un sol pauvre ou ordinaire, l’effet nébuleux de son feuillage constitue un atout irremplaçable. Une touche de fenouil bronze (F. vulgarePurpureum’) dans une plate-bande de vivaces donne de la légèreté au massif. (Arrosoirs et Sécateurs)

Fenouil commun ou sauvage Foeniculum vulgare  

Le Fenouil commun est une des plantes sauvages à fleurs jaunes les plus utilisées, à la fois comme légume et comme plante aromatique. Aussi, le Fenouil possède de nombreuses propriétés qui le rend particulièrement intéressant pour les femmes grâce à ses effets oestrogéniques. On le reconnaît facilement avec ses feuilles fortement découpées et son odeur d’Anis.

Fenouil des alpes Meum athamanticum

Le Fenouil des Alpes n'est pas une véritable espèce de fenouil malgré sa ressemblance au niveau des feuilles. Le Fenouil des Alpes porte bien son nom puisque cette Apiacée pousse beaucoup principalement dans les zones montagneuses. Dont les Alpes, le Massif Central ou encore dans les Pyrénées. On le reconnaît par ses feuilles très découpées et ses ombelles de fleurs blanches. Glabre, ses tiges ainsi que ses feuilles dégagent une odeur puissante d’anis.

Documentation Liens externes

Mr Plantes (archive 22/04/2024) [archive 22/10/2020]

Rustica (archive)

Laser

Laser à feuilles larges Laserpitium latifolium

Le Laser à feuilles larges est une grande ombellifère qu’on rencontre dans les bois, les rocailles et les pelouses d’une bonne partie de la France, mais typique du Massif Central. Ses feuilles aux grandes folioles ovales et épaisses sont très caractéristiques, ce qui permet de facilement l’identifier. Elle développe aussi de grandes ombelles de fleurs blanches aux rayons courbés.

voir Laser (huile essentielle)

Livèche Levisticum officinalis 

La Livèche fait partie des plantes potagères cultivées et appréciées depuis le Moyen-Âge. On l’utilise d’ailleurs encore de nos jours comme condiment. Sa forme sauvage est appelée Ache des Montagnes. Et on la trouve principalement dans les massifs montagneux de France. C’est une plante vivace robuste dont les feuilles découpées ressemblent à celles du Céleri. Sa tige cylindrique est creuse et cannelée en extérieur. Son inflorescence en ombelles composées denses se compose de 12 à 20 ombellules de fleurs jaunes.

Livèche Levisticum officinale (planche botanique).jpg

De consommation ancienne, la Livèche est mentionnée dans le capitulaire De Villis * (fin du VIIIe ou début du IXe siècle) parmi les plantes potagères dont la culture est recommandée dans les propriétés agricoles de l'empereur Charlemagne, notamment à l'abbaye de Saint-Gall (aujourd'hui dans l'Est de la Suisse). Sa culture décline tout au long du XXe siècle au point qu'on finit par la classer parmi les "légumes oubliés". Cette dynamique s'inverse au début du XXIe siècle du fait de sa mise en avant par les grands chefs cuisiniers parmi lesquels Jean Sulpice, Yannick Alléno, Marc Veyrat ou encore Taku Sekine.

* Note. Capitulaire "De Villis", texte législatif sur les obligations des métayers ou moines des villas (domaines agricoles) de Charlemagne. Il ne porte pas de date, mais remonte vraisemblablement aux dernières années du règne de l'empereur (c. 811-813). Voir aussi "dossier_plantes_-partie_1.pdf" PDF à télécharger dans astrolabium.be

Documentation

  • "Arôme"... dans Info Cocktails (alcool). Le condiment liquide Maggi, créé en 1887, est fabriqué à partir de plusieurs herbes et devient rapidement un succès, à tel point que le langage populaire renomme la Livèche "herbe à Maggi" alors que, paradoxalement, cette herbe n'entre pas dans la composition du condiment !
  • Herbe de Provence. Ce terme regroupe différentes variétés de plantes. Ingrédients : Thym, Serpolet, Marjolaine, Origan, Romarin, Basilic, Cerfeuil, Estragon, Livèche, Sarriette, Sauge, Laurier-sauce, Fenouil
  • La muria des Romains dans Herbes de la Saint-Jean. L’Hysope, réputée comme aromate, fait partie de ce mélange de Persil, de Safran, d’Aneth, de Gingembre, de Livèche, de poivre et de sel.

Maceron Smyrnium olusatrum

Le Maceron fait partie des Apiacées de France les plus faciles à identifier grâce à ses fleurs vert jaunâtres disposées en ombelles robustes. Lorsqu’il est jeune on peut le confondre avec l’Angélique des Bois (Angelica sylvestris), l’Impératoire (Peucedanum ostruthium) ou encore la Berce commune (Heracleum sphondylium)

voir Maceron Smyrnium olusatrum

Œnanthes 

Œnanthe safranée Oenanthe crocata

Avec la Grande Ciguë ou la Digitale pourpre (Digitalis), l’Œnanthe safranée fait partie des plantes sauvages de France les plus mortelles. Une simple consommation de n’importe quelle partie de ce végétal peut entraîner la mort. L’intoxication par cette plante est une urgence médicale. Ses feuilles ressemblent à celles du Persil et elle fait des fleurs blanches en forme d’ombelle. Mais elle est assez peu commune en France car on ne la trouve que dans l’Ouest du pays.

voir plus haut Rire sardonique

voir aussi Œnanthe safranée Oenanthe crocata dans Plantes toxiques et sortilèges
– Wikipédia

Autres Œnanthes

Œnanthe aquatique Oenanthe aquatica

Cette Apiacée qu'on appelle aussi Fenouil aquatique... En effet, l’Œnanthe aquatique ressemble beaucoup au Fenouil. Mais contrairement à ce dernier, l’Œnanthe aquatique est toxique. Elle fait partie des différentes espèces de plantes qui poussent dans les lieux humides d’Europe et d’Asie. On la reconnaît facilement grâce à ses feuilles découpées et à ses fleurs blanches poussant en ombelle. Elle fait partie des nombreuses plantes qu’on peut confondre avec le Fenouil.

Œnanthe fistuleuse Oenanthe fistulosa

L’Œnanthe fistuleuse est une plante herbacée vivace ou bisannuelle qu’on rencontre dans les prés humides ou dans les roselières. Elle peut mesurer jusqu’à 1 mètre de hauteur et développe de petites ombelles à rayons très peu nombreux constituées de fleurs blanches. Mais ses ombellules sont très denses. Considérez l’Œnanthe fistuleuse comme une des plantes les plus toxiques de la Flore française à cause de l’œnanthotoxine et la dihydro-œnanthotoxine qu’elle contient. Elle peut donc entraîner un arrêt respiratoire.

Œnanthe de Lachenal Oenanthe lachenalii

Une Apiacées de France des lieux humides, toxique comme toutes les Œnanthes. L’Œnanthe de Lachenal est une plante vivace pouvant mesurer jusqu’à 80 cm de hauteur et elle pousse dans les prairies humides d’Europe. En France, on va principalement la trouver sur la façade Atlantique ou Méditerranéenne.

Œnanthe faux boucage Oenanthe pimpinelloides

Parmi les différentes Apiacées de France, l’Œnanthe faux boucage n’est pas la plus connue. On ne la rencontre pratiquement que dans les prairies du Massif Central, des Pyrénées et de l’Aquitaine. Mais dans de rares cas, on peut l’observer en région Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Il est aussi facile de l’observer grâce à sa floraison blanche en ombelle qui se distingue des herbes entre juin et juillet. Mais attention, car c’est une espèce toxique.

Œnanthe à feuilles de silaüs Oenanthe silaifolia

L’Œnanthe à feuilles de silaüs est très peu connue, mais n’en demeure pas moins très toxique. Comme toutes les Œnanthes, d’ailleurs. En France, on la trouve que dans la moitié Nord Ouest, dans les lieux humides riches en matières organiques et bien exposés. Elle se fait cependant plus rare que les autres espèces d’Œnanthes.

Œnanthe des rivières Oenanthe fluviatilis

On appelle aussi Œnanthe des fleuves ou des eaux courantes cette Apiacée. L’Œnanthe des rivières est une autre de ces Apiacées de France très toxique, mais elle est beaucoup plus rare que d’autres espèces comme l’Œnanthe aquatique. Elle est d’ailleurs quasiment menacée en France à cause de la raréfaction de son environnement.

Panais 

Panais Pastinaca sativai

Ce Panais, "ancêtre" du Panais cultivé, est une plante herbacée biannuelle qui appartient à la famille des Apiacées. Il était autrefois très cultivé comme légume ainsi que plante fourragère. Aujourd’hui, on le trouve à la fois dans la nature et dans quelques champs même si sa culture a été réduite depuis quelques siècles, détrôné par la pomme de terre. Toutes les parties de la plante sont comestibles, mais c’est surtout la racine qui sert à la consommation humaine, dans les potages ou pot-au-feu.

voir aussi Panais dans Légumes oubliés

Panais : semis, culture et récolte (Gerbeaud) [archive sans vidéo]

Panicauts Eryngium

Les Panicauts (Eryngium) sont des plantes herbacées vivaces ou bisannuelles appréciées pour leurs étonnantes inflorescences, des capitules coniques ou arrondis plus ou moins bleutés, entourés de bractées colorées et épineuses. Leur port est buissonnant et la taille varie entre 20 cm et 1,80 de haut, selon les variétés. Les feuilles, parfois profondément découpées, peuvent porter également des épines. (Cf. Gerbeaud [archive sans vidéo])

Eryngium maritimum (planche botanique).jpg

En terre sèche, même pauvre, au soleil, les Panicauts sont des joyaux. Les bleus sont très prisés (E. alpinum, E. planum) comme les argentés avec le splendide E. giganteum* qui se ressème très librement, ou le très graphique E. variifolium, une belle touffe persistante de feuillage panaché blanc avec des tiges bleu argenté de 45 cm. (Cf. Arrosoirs & Sécateurs) 

* Voir aussi Panicaut géant (Eryngium giganteum) dans La polémoflore 

Le Panicaut champêtre (Eryngium campestre) est plutôt nuisible lorsqu'il se trouve dans les pâturages et se mêle aux fourrages. La racine de cette plante, persistante, est très longue (jusqu'à 5 m de long) et émet des rejets. Celle-ci est cependant réputée diurétique et apéritive. Dessus, comme sur la racine de Eryngium maritimum (non représentée hélas sur l'illustration ci-dessus), pousse parfois un champignon apprécié qui lui est inféodé, le Pleurote du Panicaut (Pleurotus eryngii). Elle est également souvent parasitée par des Orobanches (qui sont dépourvues de chlorophylle), en particulier Orobanche amethystea

Documentation

Cuscute (Cuscuta europaea) dans Herbes de la Saint-Jean

Voir aussi Sur les Orobanches (Botanique Jardins Paysages) [archive]

À noter. "Coriandre mexicaine", "coriandre longue" ou encore "coriandre chinoise" en Asie du Sud-Est (Eryngium foetidum, panicaut fétide) sont des appellations vernaculaires désignant une autre espèce végétale qui n’a rien à voir avec la véritable coriandre.

Persil Petroselinum

Il existe plusieurs variétés de véritable Persil. Comme le Persil frisé Petroselinum crispum ou le Persil plat Petroselinum sativum. C’est une plante médicinale et aromatique très commune dans les jardins, et des plus appréciées. Mais on le trouve aussi à l’état sauvage. C’est une plante bisannuelle de 25 à 80 centimètres de hauteur très aromatique et évidemment à odeur de persil. Ses tiges striées portes des feuilles glabres et de couleur bien vert brillant. Ses fleurs sont de couleur jaune d’abord, puis un peu plus blanches en pleine floraison.

Le persil frisé offre l'avantage de ne pas ressembler à la petite ciguë Æthusa cynapium, par rapport au persil plat.

voir Persil Petroselinum sativumPetroselinum crispum

Persil des moissons Petroselinum segetum

Bien qu'il appartienne à la famille des Apiacées, il n'est pas si proche du vrai Persil. Le Persil des moissons, ou Berle des blés, est une petite plante annuelle glabre et glaucescente aux tiges finement striées et très rameuses. Ses feuilles peu découpées développent de 13 à 19 folioles de forme ovale ou oblongue. On le reconnaît aussi par ses fleurs blanches ou parfois rosées disposées sur de petites ombelles de 2 à 5 rayons dressés et inégaux.

 

 

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