• 2-Consoude

    Page révisée à la mi-décembre 2018

    Les consoudes

    Symphytum

    Connues depuis l'antiquité comme plantes médicinales, les consoudes ont été propagées le long des grandes routes européennes par les pèlerins et les gens du voyage.

    Consoude

    En vogue au XIXe siècle en Angleterre, elles ont connu un engouement depuis les années 1960 aux États-Unis et ailleurs pour leur intérêt thérapeutique et pour le jardin. Enfin, les horticulteurs ont développé des variétés ornementales dans le but d'obtenir des effets de massifs intéressants. On peut donc rencontrer les consoudes dans la nature, mais aussi dans les jardins, près des habitations, échappées des cultures ou au bord des chemins (Wikipédia)

     

    Nombreuses variétés de consoude

    La consoude officinale, Symphytum officinale, famille des Boraginaceae, présente de nombreuses variétés et s'hybride facilement, cette dernière caractéristique ayant été utilisée en agronomie comme en horticulture

    Les limites de définition de l'espèce ne sont d'ailleurs pas fixées de manière définitive (voir l'article sur les consoudes de Wikipédia). C'est une plante utile et utilisée depuis longtemps, à la fois pour la production agricole, pour ses vertus thérapeutiques et pour l'agrément des jardins. Sauvage, la consoude s'invite spontanément dans les jardins.

    Autres noms de la consoude officinale : Grande consoude, Oreille d'âne, Langue de vache, Confée, Consolida major...

    La consoude officinale à fleurs bleu/rose atteint facilement 1 m de haut. Une forme (sous-espèce) se rencontre également souvent, davantage bourrue et rugueuse au toucher ("Langue de vache"), Symphytum asperum, également bleu/rose. Nitrophiles [1] toutes les deux, on les trouve souvent en bord de chemins.

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    [1] En botanique, une nitrophyte (ou plante nitrophile) est une plante qui se développe préférentiellement sur les sols ou dans les eaux riches en nitrates (azote). Une espèce nitrocline préfère les sols ou les eaux assez riches en nitrates.

    Ce nitrate provient généralement de la décomposition d'apports organiques liés aux activités humaines (engrais, dépotoirs, etc.).

    La plupart des plantes nitrophiles sont aussi des plantes rudérales à l'instar de l'ortie (Urtica sp.) - grande ortie - ou de l'épinard sauvage (Chenopodium bonus-henricus) par exemple, ou encore le champignon Clitocybe nitrophila par exemple (Source : Bernard Boullard "Plantes & champignons" 1997)

    On appelle aussi parfois ces plantes des « pointeurs d'azote ». Avec la diffusion des engrais chimiques, ces plantes sont favorisées au détriment d'autres plantes appréciant moins l'abondance d'azote, ce qui contribue à réduire la biodiversité.

    Sources et pour en savoir + Wikipédia - Futura Planète

    Voir aussi Additifs Nitrates - Nitrites (Gigeoju)

     

    Attention, avant la floraison, les feuilles de digitale, très toxiques, pourraient être confondues avec celles de consoude, mais au toucher la digitale est laineuse et douce alors que la consoude est rêche.

    2-Consoude

    Digitalis purpurea L.

    La consoude tubéreuse, Symphytum tuberosum, plus petite et à fleurs jaunes, se rencontre sous le couvert de feuillus.

    Consoudes officinale et tubéreuse semblent les plus répandues en France (Massif Central...)

    « J’ai dans mon jardin, à l’état spontané, la Consoude tubéreuse ainsi que la bardane (des espèces différentes ayant des ressemblances entre elles en France) » (un internaute)

    0-Bardane

    Feuilles de bardane, Arctium

    Les autres espèces de consoude de France : bulbosum, orientale, caucasicum, etc. et selon les classifications modernes, se rencontrent plus rarement. Voir Consoude (Wikipédia)

     

    Propriétés médicinales de la consoude

    Il y a tellement d’informations sur la consoude qu'on ne peut pas tout détailler. C’est un problème fréquent d’ailleurs, avec les plantes : on vous donne des listes interminables de vertus, tout le monde s’y perd.

    Telle plante est sécrétagogue, dépurative, émolliente, carminative et cholagogue. Il faudrait un lexique car on n’est pas censé connaître tous ces mots barbares !

    • Sécrétagogue : se dit de toute substance qui provoque ou augmente la sécrétion d'une glande endocrine (hormones)
    • Dépuratif : purifie le sang et élimine les poisons
    • Émollient : détend les tissus d’un organisme
    • Cholagogue : chasse la bile vers l’intestin
    • Carminatif : se dit d'un un traitement qui « favorise l’expulsion des gaz intestinaux », pour rester poli...

     

    La consoude consolide et ressoude

    Pendant des siècles, nos ancêtres ont fabriqué des pommades avec la racine de consoude pour soigner les plaies et les bosses.

    En effet, la consoude tient son nom du latin consolida, car elle consolide la peau, les tendons, les ligaments, les os. Ses propriétés cicatrisantes sont dues à la présence en abondance d’allantoïne, agent efficace du renouvellement cellulaire.

    Le remède est toujours très utilisé actuellement contre les entorses et escarres, ces lésions de la peau qui se forment chez les personnes qui restent alitées trop longtemps.

    La recette avec vaseline

    • Broyez de la racine fraîche épluchée, récoltée à l’automne ; la texture est gluante et collante.
    • Mélangez-la à de la vaseline.
    • Portez le tout à ébullition et laissez reposer une nuit.
    • La mixture est ensuite filtrée et mise en pot pour servir à tout moment.
    • La vaseline se sera chargée des principes actifs de la consoude.

    Des onguents avec de l’huile ou de la cire d’abeille

    Si, pour des raisons écologiques (bien louables !), vous ne voulez pas de vaseline, qui est un dérivé du pétrole...

    • ... faites mariner des racines de consoude officinale dans de l’huile bio
    • et faites cuire au bain marie pendant 1 heure.

    Attention, la racine de consoude contenant de l'allantoïne parmi ses composants, la préparation ne doit pas être stockée dans des récipients métalliques.

     

    La consoude n’est pas une mauvaise herbe

    Comme tant d’autres plantes médicinales de premier plan, la consoude est victime de l’oubli et de l’ignorance de tant d’entre nous. Elle est d’autant plus détestée des jardiniers que ses grosses feuilles repoussent à toute allure chaque fois qu’on les arrache.

    Consoude

    Il est vrai que, si vous ne faites rien, votre potager est bientôt envahi

    Mais pour résoudre le problème, il suffit de changer de perspective et vous vous apercevez alors que ces feuilles qui poussent et qui repoussent sont en vérité… un don pour votre jardin, tel une corne d’abondance qui déverse continuellement ses bienfaits sur vous, gratuitement !

    En effet, au lieu de vous désespérer de voir pousser ces feuilles, réjouissez-vous et récupérez-les car elles font un excellent activateur de compost. Elles font un engrais liquide, aux vertus semblables au purin d’orties. La recette est simple :

    • placez 1 kg de plantes dans 10 litres d’eau,
    • laissez fermenter 15 jours à 20°C,
    • filtrez.
    • Diluez cet engrais dans de l’eau à 5 ou 10 %
    • et versez au pied de vos plantes.

    L’utilisation en purin est excellente

    Chez les jardiniers, elle est reconnue comme un engrais et puissant fertilisant, à mettre à décomposer où vous le souhaitez dans votre jardin et quand vous le souhaitez.

    • Par exemple, au pied des fruitiers (arbres et arbustes), ça leur donne un bon coup de fouet pour faire des feuilles au printemps et se fortifier face aux nuisibles que sont la cloque et les pucerons tout au long de la saison…
    • Ou encore des feuilles de consoude sèches au fond des trous de plantation de tomates et de pommes de terre où elles se transformeront en très bon terreau...

    La consoude aide à la multiplication des racines

    Elle-même est d’ailleurs capable de plonger ses racines extrêmement profondément, à plus de deux mètres. La consoude joue donc ce rôle vital pour les jardins de remonter des minéraux à la surface, comme la potasse dans ses feuilles, ce qui explique leurs vertus fertilisantes.

    Voir aussi La consoude au jardin (Consoude de Russie) 

     

    Comment collaborer avec les abeilles

    Les jeunes fleurs de la pulmonaire (même famille botanique, Boraginacées) sont rose/rouge, invisibles pour les abeilles qui ne les voient pas, puis deviennent bleues à maturité et attirent alors les pollinisateurs. (Voir Théorie des signatures)

    2-Consoude

    Pulmonaria officinalis bluete

    Ce changement de couleur n’est pas un hasard. En effet, les abeilles ne perçoivent pas le rose. Cela permet d’éviter qu’elles ne viennent butiner les fleurs trop tôt, ce qui serait nuisible pour la plante. En devenant bleues, les fleurs peuvent attirer les abeilles au bon moment, lorsque leur intervention permet la pollinisation. Tous les insectes sont concernés.

    Cependant, les fleurs de la multitude d’espèces de consoude, aux couleurs très variables, ne changent pas nécessairement de teinte en fonction de la maturité, mais attirent tout autant abeilles et insectes.

     « ... Je suis aussi étonné du bleu des fleurs après fécondation de la Consoude officinale qui varient plutôt du blanc/jaunâtre au violet/rosé. Cette particularité se voit dans d’autres membres de la famille des Boraginacées (Lithospermum, Lithodora) où les fleurs passent du rosé au bleu par une montée d’anthocyanes, je croyais qu’il était provoqué par le déroulement de la maturité de la fleur. C’est vrai que la Renoncule des glaciers passe du blanc au rosé après fécondation. » (observation d'un internaute)

    Consoude

    Dans nos contrées, la consoude officinale, qui est le plus souvent rencontrée à l’état sauvage, a des fleurs rosé/pourpre, blanc/crème ou jaune pâle.

    Consoude

    Ces fleurs bleues appartiennent à la consoude de Russie, échappée des jardins.

    Voir aussi La consoude de Russie (jardiner-facile.com)

     

    Alimentation : la consoude est classée comme plante vénéneuse

    Il n’est pas agréable de savoir que la consoude est classée comme plante vénéneuse... Des analyses chimiques ont démontré qu’elle contient des alcaloïdes toxiques pour le foie. Elle a même été classé comme plante vénéneuse en 2011.

    Cependant, ce classement a plus été fait par prudence, que sur des bases scientifiques solides. En effet, ces composés toxiques sont surtout présents dans la racine. Or, c'est la feuille que mangeaient les gens autrefois, traditionnellement regardée comme comestible crue ou cuite.

    La Grande Consoude contiendrait de la vitamine B 12, bien utile aux végétariens, mais ceci reste à vérifier. Ainsi, sous certaines précautions, vous pouvez consommer la feuille de consoude, particulièrement douce au printemps. Lu dans Wikipédia :

    Il est déconseillé de manger quotidiennement de la consoude. À titre occasionnel, on peut donc consommer : les très jeunes feuilles, encore tendres, coupées finement et ajoutées aux salades ; les feuilles peuvent être cuites dans des soupes, en légumes, en beignets ; les feuilles, riches en protéines et minéraux peuvent parfaitement remplacer l'usage d'épinards dans une variété de préparations culinaires, de plus la consoude n'a pas le défaut des épinards de devenir toxique sous l'influence prolongée de l'air.

    Attention cependant,

    les consoudes officinale et asperum semblent être riches en acide oxalique et les personnes facilement sujettes aux calculs rénaux d’oxalate de calcium doivent se méfier.

    Les gourmets connaissent le filet de sole végétale, fait avec des feuilles de consoude, cependant, même jeunes, celles-ci peuvent ne pas être appréciées en raison de leur aspect duveteux.

    L’herboriste Anny Schneider recommande dans son excellent livre « Plantes sauvages médicinales » (éditions de l’Homme), de consommer la feuille jeune en soupe, en gratin, en quiche ou en omelette.

    De par ses feuilles et ses fleurs, la consoude peut faire penser à la bourrache qui attire un grand nombre d’insectes pollinisateurs et dont les feuilles et les fleurs sont comestibles. L’été, il est possible d'ajouter ses jolies fleurs bleues dans les salades (avec d’autres) pour leur donner une couleur agréable qui procure l’envie…

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    Planche botanique Bourrache (officinale) Borago officinalis

    Voir Bourrache (fiche d'identité jpg)

     

    Voir aussi Cuisiner les mauvaises herbes

     

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    Pour en savoir plus

    regardez cette petite vidéo publiée par le site « Graine Indocile »

    [https://www.youtube.com/watch?v=49tKf8O_Egs]

     

    Source principale

    D'après l'article Indispensable consoude de Santé Nature Innovation, dont la source est L’Herbier Oublié, Bernard Bertrand, plante n°25, aux éditions Plume Carotte

     

     

     

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