• Info Ron-ron !

    Page créée fin septembre 2019 

    Ron-Ron !

    Chats-cœur

    "Les soirs où je rentre stressée, sans aucune envie de communiquer avec des humains, je prends mon chat sur mes genoux et je lui raconte mes soucis" confie Zouhour, 48 ans, professionnelle du tourisme. "Blotti contre moi, il me laisse parler sans me contredire, et son ronronnement régulier m’apaise. Quand je n’ai plus rien à dire, je me contente de le caresser en silence. Progressivement, j’accède à une sorte de béatitude inégalable."

    On prête aux ronronnements du chat et à l'animal lui-même, certaines vertus thérapeutiques pour nous, les humains : d’une manière générale, il nous apaise et détend les personnes souffrant de stress, calme l’anxiété, l’agressivité, soigne nos insomnies et peut ainsi favoriser l’endormissement, chasse nos idées noires...

    Joël Dehasse, vétérinaire à Bruxelles, est formel : un chat vibre essentiellement pour accroître son propre confort. S’il est champion pour nous débarrasser de nos énergies négatives, c’est aussi parce qu’il a vérifié qu’un humain serein est plus attentif et répond mieux à ses besoins.

    Le chat est capable de déceler ou de "sentir" des choses invisibles à l’œil nu. Il est capable de repérer notre détresse instinctivement, grâce aux phéromones que nous émettons (chaque émotion a sa propre odeur). Rien de très altruiste, donc. Sauf allergie aux poils de chat, il n’y a que des avantages psychiques et physiques à vivre avec lui.

    Curieusement, si le chat possède des vertus antidépressives, il ne nous met pas de bonne humeur.

    "Il libère les humains de leurs énergies négatives, sans pour autant en apporter de positives" constate Joël Dehasse. "Le bien-être ressenti est surtout lié à la disparition des humeurs sombres."

    Les ronronnements du chat

    Faut que je bouge

    Le ronronnement du chat est le plus souvent associé à un état de bien-être, à un chat heureux. En revanche, peu de personnes sont conscientes du fait qu’un chat peut également ronronner lorsqu’il est face à des situations de stress, de peur ou d'anxiété, d'insomnie, de maladie.

    Les ronronnements du chat sont consécutifs d’un rétrécissement d’une veine se trouvant entre le foie et le diaphragme. Ce rétrécissement entraîne des vibrations sous la pression du sang circulant dans l’organisme du félin. Ses ronronnements émettent des fréquences basses, entre 20 et 50 hertz, qui auraient un effet positif sur lui et provoqueraient directement et profondément des émotions chez les humains.

    Selon Jean-Yves Gauchet, un vétérinaire toulousain, spécialiste de la ronronthérapie, le ronronnement apaise et agit comme un médicament sans effet secondaire. On considère que les ronronnements des félins ont une capacité à absorber les ondes négatives :

    – on observe une diminution des risques de mourir d’une maladie cardiovasculaire chez les personnes possédant un chat (1), qui serait due à la capacité qu’ont les chats à faire baisser notre stress et notre tension artérielle (les ronronnements apaisent plus spécifiquement notre rythme cardiaque, limitant ainsi le risque d’infarctus) ;

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    (1) Adnan I Qureshi, Muhammad Zeeshan Memon, Gabriela Vazquez and M Fareed K Suri, Cat ownership and the Risk of Fatal Cardiovascular Diseases. Results from the Second National Health and Nutrition Examination Study Mortality Follow-up Study. Journal of Vascular and Interventional Neurology, janvier 2009.

    – les ronronnements entraînent une production de sérotonine dans le corps : il s’agit de l’hormone dite "du bonheur", impliquée dans la régulation et la qualité du sommeil et de l'humeur ;

    – les ronronnements sont de puissants "antistress" : ils régulent la tension artérielle, donnent un coup de fouet aux défenses immunitaires, apportent un soutient psychomoteur. 

    Certaines études auraient mis en lumière l’action anabolisante des ronronnements permettant une meilleure récupération en cas de blessure.

    La ronronthérapie

    Pris au bon moment !

    C'est exactement ce que son nom laisse entendre. Le concept peut faire sourire, mais il est de plus en plus pris au sérieux dans le milieu scientifique. En effet, les chercheurs se sont penchés sur les pouvoirs thérapeutiques des chats...

    Vous n’avez pas le moral ? Prenez un chat ! C’est en tout cas ce que montre un sondage réalisé en 1981 et portant sur des personnes âgées (1). En effet, 82 % des répondants ont affirmé qu’avoir un animal de compagnie les faisait se sentir mieux quand ils étaient tristes et 65 % que s’occuper de leur animal leur procure du bien-être.

    Et les chats semblent avoir un léger avantage sur les chiens.

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    (1) A.H. Kidd, B.M. Feldmann, Pet ownership and self-perceptions of older people, Psychol.Rep., juin 1981

    Alors qu’on sait que la présence d’un animal de compagnie à la maison est, pour diverses raisons, bonne pour l’enfant, les enfants autistes semblent bénéficier particulièrement des bienfaits procurés par les chats, selon une étude parue en 2012 (1), qui a montré que les enfants atteints d’autisme possédant un animal de compagnie sont plus enclins à partager.

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    (1) Marine Grandgeorge, Sylvie Tordjman, Alain Lazartigues, Eric Lemonnier, Michel Deleau, Martine Hausberger, Does Pet Arrival Trigger Prosocial Behaviors in Individuals with Autism?, Aout 2012

    Les chats sont plus souvent préférés en tant qu’animaux de thérapie pour les enfants atteints de troubles autistiques, car ces enfants s’identifieraient mieux à eux.

    Il existe plusieurs manières de bénéficier des bienfaits de la ronronthérapie

    • Être l’heureux propriétaire d’un chat permet de profiter très facilement de ses ronronnements, cela va de soi...
    • Se rendre dans un bar à chats : le concept, exporté du Japon, consiste à se détendre dans une pièce exclusivement consacrée aux chats :
      • on peut les nourrir, les caresser, jouer avec eux ;
      • ou tout simplement les regarder se reposer et bénéficier de leur aura apaisante.
    • Écouter, dans le calme, un CD audio de ronronnements. 

    Des tests sont également en cours dans des hôpitaux pour permettre aux malades en convalescence de caresser et prendre soin d’un félin afin de les aider à mieux supporter leur traitement.

    D'autres astuces

    Vu d'en bas...

    Un livre intitulé La Ronron Thérapie

    intox info poids des mots

    La Ronron Thérapie, ces chats qui nous guérissent… de Véronique Aïache. Tous les bienfaits du ronronnement, études à l’appui. Le livre est accompagné d’un CD de ronronnements (Le Courrier du livre).

    Plusieurs études montrent que les gens qui vivent avec un chat jouissent d’une meilleure santé psychologique que ceux qui vivent sans (In Tout sur la psychologie du chat de Joël Dehasse - Odile Jacob). Tous les propriétaires constatent, jour après jour, le pouvoir de leur compagnon griffu, sans pour autant pouvoir l’expliquer. Paradoxalement, c’est une ancienne "ennemie" des chats, la journaliste Véronique Aïache, qui lève en partie ce mystère avec un beau livre intitulé La Ronron Thérapie. "Disons que ces animaux me laissaient indifférente, rectifie-t-elle. Mais ma fille a tellement insisté que je me suis laissé convaincre, et Plume est entrée dans ma vie. Je me suis surprise à me délecter de sa présence, et même à puiser dans ses ronronnements l’inspiration de mes écrits. Plume, 2 ans aujourd’hui, est devenue l’“âme de la maison”, comme disait Cocteau. En fait, j’ai écrit ce livre parce que je ne trouvais rien, en dehors d’infos éparses sur Internet, qui me permette de comprendre comment un simple ronronnement peut se révéler si précieux pour le corps et l’esprit."

    Sans Jean-Yves Gauchet, vétérinaire toulousain et véritable inventeur de la "ronron thérapie", le livre n’aurait jamais vu le jour. Cette "thérapie", il l’a découverte sans l’avoir cherchée. "Tout a commencé en avril 2002, se souvient-il. J’étais en quête d’informations pour Effervesciences, la petite revue scientifique que je dirige sur le Net. Je suis tombé sur une étude d’Animal Voice, une association de recherche qui étudie la communication animale. Elle a repéré, statistiques à l’appui, qu’après des lésions ou des fractures, les chats ont cinq fois moins de séquelles que les chiens, et retrouvent la forme trois fois plus vite. D’où l’hypothèse d’une authentique action réparatrice du ronronnement : en émettant ce son, les chats résistent mieux aux situations dangereuses." Car s’ils "vibrent" de bonheur en s’endormant, ils le font aussi quand ils souffrent et sont plongés dans des situations de stress intenses.

    Jean Yves Gauchet publie aussitôt un article sur le sujet et propose à des volontaires de tester les pouvoirs du ronronnement grâce à un CD de trente minutes, Détendez-vous avec Rouky (disponible sur le site d’Effervesciences) – le chat Rouky existe vraiment, il s’agit en fait de l’un de ses "patients". Les résultats sont parlants : les deux cent cinquante"cobayes" ont ressenti du bien-être, de la sérénité, une plus grande facilité à s’endormir. D’un point de vue purement physique, ces sons sont des vibrations sonores étagées sur des basses fréquences de vingt-cinq à cinquante hertz. Ces mêmes fréquences qui sont utilisées par les kinés, les orthopédistes, et en médecine du sport pour réparer les os brisés, les muscles lésés et accélérer la cicatrisation. Les compositeurs de musiques de films utilisent aussi ces basses fréquences afin de susciter des émotions.

    Et une application

    Clavier

    "Le ronronnement utilise le même chemin dans le cerveau, à travers le circuit hippocampe-amygdale, une structure étroitement liée au déclenchement de la peur, indique Jean-Yves Gauchet. Écouter ce doux bruit entraîne une production de sérotonine, l’“hormone du bonheur”, impliquée dans la qualité de notre sommeil et de notre humeur." Le ronronnement "joue un peu le rôle de la madeleine de Proust, ajoute le praticien, sauf, bien sûr, si vous êtes encore traumatisé par ce chat qui vous a griffé au visage quand vous aviez 6 ans". Récemment, il s’est aperçu que ces vibrations aidaient à réduire le jetlag, la fatigue liée au décalage horaire. Au printemps 2009, il a conçu, en collaboration avec le géant américain de l’informatique Apple, une application destinée aux téléphones portables iPhone. Le but : aider, après un voyage vers des rivages lointains, à récupérer le bon rythme plus rapidement grâce à une savante association de ronrons enregistrés, de conseils diététiques (notamment manger des noix), et la diffusion d’une lumière bleue générant la production de mélatonine.

    D'accord, pas d'accord !?

    Chat Maine coon Twitter Lee Van Cleef

    Maine coonun chat à la personnalité extravertie

    "D'après les informations recueillies sur Internet, il semblerait que le ronronnement des chats entraîne une production de sérotonine, l'hormone du bonheur. C'est en tout cas ce que soutient Jean-Yves Gauchet, un vétérinaire toulousain, dans un article de Psychologie magazine" reprend cet article de L'Express en guise d'entrée en matière pour son paragraphe "Derrière la thérapie, l'argument marketing".

    Puis, après quelques exemples, où l'ironie côtoie la moquerie (je ne blâme pas, au contraire...) Élodie Émery, l'auteure, poursuit : "Loin de moi l'idée de mettre en doute les vertus des animaux : avoir un chat, avoir un chien, entretenir une relation avec un cheval (si elle reste dans les limites de l'amitié platonique bien entendu), côtoyer des poules, c'est formidable. Mais est-on obligé de leur assigner la mission de nous sauver de nous-mêmes (pauvres bêtes) ? Ou d'en faire des arguments marketing fallacieux ?"

    Je suis en principe d'accord avec ces allégations, sauf à émettre une réserve sur les deux dernières phrases en forme de questions : en effet, pourquoi serait-on obligé d'assigner une mission aux chats pour "nous sauver" ?

    Dire ceci au regard de cette école "à chats" (qui me paraît dérisoire, rien qu'à lire "Les classes sont limitées à quinze élèves, ce qui, effectivement, doit favoriser une ambiance plus sereine que dans les établissements où les enseignants doivent en gérer le double. La directrice, Michèle Bourton, le reconnait elle-même : 'Sans la pédagogie que nous déployons autour, la présence des chats ne serait qu'anecdotique'") ou de l'application (qui sous-tend un marketing fallacieux) je suis d'accord.

    Mais cela reste marginal à côté de la personne qui a un chat sur les genoux ronronnant le soir sur ses genoux. Je pense qu'il ne faut pas tout mélanger (du moins l'article laisse-t-il un flou). Il aurait fallu mieux marquer la différence. Remercions toutefois Élodie et son article pour les précisons apportées à la ronronthérapie, les dérives... Je suis moi-même perplexe quant au terme "ronronthérapie".

     

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    Sources

    Thèmes connexes

    • Contrer le stress et dormir > voir Sommeil

    Respirations "bruyantes"

    Lutter contre le ronflement

     

     

     

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