• 2-Les liserons Convolvulus (Calystegia)

    Page créée fin janvier 2022

    Les liserons

    Le grand Calystegia (Convolvulus) sepium et le petit Convolvulus arvensis

    Petit et grand, adjectifs prosaïques qui n’en font pas des tonnes et qui disent, en quelques lettres simples, la différence majeure existant entre l’une et l’autre de ces plantes très fréquentes – pour ne pas dire envahissantes… – sur le territoire métropolitain.

    Grand liseron

    Planche du grand liseron. Synonymes : liseron des haies, grande vrillée, grand lignot, liset, clochette, campanette, evenille, gobelet de Notre-Dame, chemise de Notre-Dame, manchette de la Vierge.

    Toutes proportions conservées, de plus grandes fleurs, de plus larges feuilles, de plus longues tiges sont des points qui permettent de faire le distinguo. ([Books of] Dante)

    Petit liseron (liseron des champs) fleurs

    Fleurs du petit liseron. Synonymes : liseron des champs, vrillée, vrillet, lignot, lignolet, liset, petit liset, liseret, clochette des blés, campanette, evenille, vroncelle, bédille.

    Attention, la littérature botanique vernaculaire véhicule parfois le nom d’un "liseron haut". Il s’agit du tamier (Tamus communis), qui, bien que grimpant, ne possède pas davantage de rapport avec nos liserons.

    D'ailleurs, "liseron" est un nom vernaculaire ambigu désignant en français certaines plantes herbacées vivaces à rhizome plus ou moins charnu, de la famille des Convolvulaceae1, à tiges volubiles2 et feuilles en forme de flèche. En France, les espèces3 présentes appartiennent notamment aux genres3 Calystegia – comme Calystegia sepium, le Liseron des haies – ou Convolvulus1 – comme Convolvulus arvensis, le Liseron des champs. Pour finir, le nom "liseron" dérive de "lis" du fait de l'aspect des fleurs qui peut évoquer celui des lys4. (Wikipédia)

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    Notes

    1. "Convolvulaceae", "Convolvulus", proviennent du latin convolvere "envelopper, s'enrouler". Et il s’y connaît, le liseron, en vrilles et torsades, qui forme comme des réseaux sur la végétation !

    2. Voir Le lierre grimpant Hedera helix

    3. Voir Classification du monde vivant

    4. François Couplan, "Les plantes et leurs noms. Histoires insolites" Quae, 2012

    Voir Quelques espèces appelées « liseron » (Wikipédia)

     

    Les liserons petit et grand, description

    Parfois bref, le petit liseron (Convolvulus arvensis) comprend des tiges d’une longueur de 20 à 100 cm (jusqu’à 200 cm dans ses occasions les plus vigoureuses) alors que celles du grand (Calystegia sepium) peuvent atteindre allègrement jusqu’à 5 m !

    Chez l’un et l’autre, les feuilles pétiolées sont simples, sagittées (= en fer de flèche), plus rarement on les dit cordiformes. Alternes, elles se teintent de vert vif chez le grand liseron, et se parent d’un vert grisâtre chez le petit, manière, sans doute, de marquer le fait que celui-là vit essentiellement à terre, sur laquelle il ne fait (presque) que ramper, alors que le grand liseron, grimpant, part à la conquête des sommets - même s’il est juste de remarquer que le petit ne dédaigne pas la grimpette, à la condition, bien entendu, qu’il dispose d’un tuteur qui s’avère être, souvent, une autre plante poussant à proximité.

    De mai à septembre, nos liserons font émerger, à l’aisselle de leurs feuilles, des bourgeons floraux longuement pédonculés. Généralement solitaires, ces fleurs en entonnoir, lorsqu’elles sont largement épanouies, laissent apparaître, fort visibles, cinq plis bien marqués. Larges de 2 à 3 cm chez le petit liseron, elles sont deux fois plus grandes chez le grand. Ces plantes compensent la brièveté de l’existence de leurs fleurs en en produisant tout au long de l’été. Elles regagnent presque leur forme originelle lorsqu’il pleut. Quel que soit le liseron, les fleurs sont le plus souvent blanches, légèrement rosées pour celles du petit. À ces volutes qui spiralent et s’enroulent (de manière sénestrogyre, soit vers la gauche), nos volubiles liserons ajoutent les mouvement floraux qui se torsadent et se dé-torsadent.

    Le fruit est une capsule globuleuse abritant 3 à 4 graines. Ces graines bourrées dans un oreiller avaient la réputation de chasser les cauchemars.

    Ce qui se déroule au-dessus de la surface du sol n’est pas autre chose qu’un reflet de ce qui se passe dans les anfractuosités de la terre : les racines des liserons, pour fantomatiques et grêles qu’elles sont au premier regard, sont amplement longues pour s’opposer à la main qui souhaite les extirper, tâche d’autant plus ardue que ces racines s’enfoncent en spiralant dans le sol… Puissamment vissés en terre, les liserons sont pratiquement indélogeables et à l’origine des crises de nerfs des jardiniers.

    Ces derniers ont beau tirer dessus, ces plantes finissent par casser au ras du sol, y abandonnant les parties végétatives qui n’auront pas de mal à repartir de plus belle. En plus de cela, les liserons jettent leur dévolu sur d’autres surfaces cultivées (champs, moissons, vignes, vergers), mais, à force de se faire houspiller à l’image du coquelicot, il leur arrive également de poser leurs valises sur des lieux incultes où une main vengeresse ne viendra pas les briser : fossés, friches, terrains vagues, décombres, bordures de chemin et de rivière. Garrigue, landes, haies et clôtures constituent aussi d’excellents terrains de jeu pour les liserons dont nous devons cependant signaler l’absence en haute altitude. Enfin, notons la prédilection du grand liseron pour les zones fraîches sur sols fertiles.

     

    Le liseron, plante bio-indicatrice

    Liseron au potager : un sol trop riche en azote.

    Le liseron pousse dans différents types de sol et peut envahir le potager, notamment en permaculture où les légumes sont paillés. Il indique que de l’azote en grande quantité a été libéré par le paillage épais de matière organique fraîche. La présence de cette matière organique en décomposition, avec manque d’oxygène, libère beaucoup d’azote.

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    Voir

    Adventice (Lexique "phyto-bota")

    Permaculture : des adventices utiles au potager (Rustica) [vidéo]

    Vous avez dit "mauvaise herbe" ? 

    Comment réduire le développement du liseron

    Travailler le sol pour l’aérer en surface : les matières organiques se décomposeront plus vite car l’oxygène permet une bonne minéralisation.

    Produire en automne et hiver de nouvelles cultures d’engrais vert pour occuper le sol.

    L’année suivante, éviter le paillage épais avec des matières fraîches. D'ailleurs, ne pas systématiser la pratique du paillage.

    Cultiver des plantes qui nécessitent moins de paillage et occupent davantage l’espace, par exemple les légumes feuilles : les salades nettoient le sol.

    Privilégier la rotation des cultures en installant des laitues, serrées les unes aux autres.

    Le sol peut être enrichi avec un compost bien décomposé qui ne favorisera pas la pousse du liseron.

    Des engrais verts qui favorisent le liseron

    Le liseron n'est pas sans intérêt décoratif. De plus, il attire les pollinisateurs.

    La vesce commune (Vicia sativa), herbe fraîche coupée au printemps et laissée au sol, crée une bonne épaisseur de matière végétale en décomposition, peu ligneuse. Cette couche de paillis, intéressante pour garder un sol frais et l’enrichir, facilite le développement rapide du liseron qui n’est pas à ce stade une concurrence gênante pour les légumes.

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    Voir

    Couverture végétale du potager : Un sol vivant (Rustica)

    Moutarde et engrais verts (PDF)

    Ortie et purins de plantes (¨PDF)

     

    Le liseron en thérapeutique

    Hormis une plus grande efficacité accordée au grand liseron, peu de chose le distingue nettement du petit liseron sur le volet thérapeutique.

    Ces plantes sont sans odeur, à l’exception de celles du petit liseron qui exhalent, surtout par temps chaud, un parfum d’amande amère vanillé très agréable. En revanche, ces mêmes fleurs, ainsi que les feuilles, développent une saveur amère tandis que les racines se caractérisent par un peu d’âcreté.

    Peu employés aujourd’hui en thérapie, nos deux liserons souffrent quelque peu du manque d’informations les concernant, surtout d’un point de vue biochimique. Disons que leur botte secrète réside en une grosse fraction d’une gomme résineuse (5%) dont il a été dit que ces plantes tiraient l’essentiel de leurs propriétés.

    On utilise la racine, les fleurs qu’accompagnent très souvent les feuilles, enfin le suc extrait des feuilles fraîches et, occasionnellement, les semences.

    Infusion de feuilles fraîches contuses (on peut y ajouter des fleurs).

    Infusion prolongée de racines fraîches.

    Alcoolature de racines fraîches.

    Teinture-mère.

    Suc de feuilles fraîches.

    Poudre de feuilles.

    La récolte – qui peut se dérouler au mois de juillet – se destine soit à un emploi immédiat (extraction du suc par exemple) ou à une mise au séchoir. On peut reconnaître aux liserons une certaine aisance à la dessiccation : une fois sèches, ces plantes conservent pendant longtemps leurs propriétés, contrairement à certaines qui s’évanouissent déjà à l’idée du moindre séchage.

    Comme le basilic, par exemple. Peut-on être bête au point de faire sécher du basilic ?

    Liste des propriétés (et usages) thérapeutiques des liserons

    Purgatif, laxatif (constipation)

    Cholagogue (insuffisance hépatique, cirrhose)

    Fébrifuge (hydropisie, œdème - des suites de fièvres intermittentes)

    Vulnéraire, maturatif (abcès, furoncle)

    (Excès d’urée sanguine)

    (Asystolie)

    (Leucorrhée)

    Le liseron est réputé fébrifuge et efficace contre la constipation quand celle-ci résulte d'une insuffisance hépatique, mais ses effets secondaires drastiques (diurétiques et purgatifs) en font un produit peu employé.

    Quelques feuilles de liseron écrasées dans les doigts et appliquées sur un furoncle - ou "clou" - le feront percer rapidement.

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    Note, voir

    Françoise Nicollier et Grégoire Nicollier "Les plantes dans la vie quotidienne à Bagnes : noms patois et utilisations domestiques" Bulletin de la Murithienne no 102,‎ 1984 - ISSN 0374-6402, OCLC 716291575 [archive]

     

     

     

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    Sources principales

    [Books of] Dante [PDF]

    Rustica [Vidéo]

    Curiosités

    L'élégance de la forme des fleurs ainsi que sa tige souvent torsadée ont retenu l'attention des artistes de la période Art déco qui l'ont dessiné ou utilisé comme ornement architectural, en bijou et autres sculptures.

    Voir Architecture-Art-déco

    Dans le langage des fleurs, le liseron symbolise l'amour idolâtre (Cf. Anne Dumas "Les plantes et leurs symboles" Éditions du Chêne, coll. "Les carnets du jardin" 2000 (ISBN 2-84277-174-5, notice BnF no FRBNF37189295)

     

     

     

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