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    Page mise à jour le 24 août 2015

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    Bienvenue chez les...

    Source principale : Sophie de Villeneuve, rédactrice en chef de Croire

    Bénédictins

    Chartreux

    Cisterciens

    Dominicains

    Franciscains

    Jésuites

    Assomptionnistes

    Moines Bénédictins de Sainte-Anne de Kergonan
    dans le Morbihan (56)

     

     

    Bénédictins  

    Saint Benoît est le père du monachisme en Occident.

    Jetez un coup d’œil au dossier de Croire dédié à saint Benoît (480-v.547) qui a rédigé la règle fondatrice du monachisme européen.


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    Sainte Lioba

    Lioba, dont le nom en langue celte veut dire "amour, bonté", est née dans la partie de Wessex en Angleterre au début du VIIIe siècle. Elle entre très tôt dans le monastère de Wimbourne où moines et moniales bénédictins forment une même communauté.

    Saint Boniface, son oncle, qui est moine et missionnaire en Allemagne, est convaincu que l'évangélisation du pays ne se fait pas sans la présence de femmes priantes, qui sont des phares brillants dans les ténèbres de ce pays.
    Elle répond à cette intuition missionnaire de son oncle et quitte comme Abraham, comme les premiers moines et moniales, son pays pour aller vers le pays où Dieu l’appelle à porter des fruits d’amour. Elle fonde son premier monastère à Tauberbischofsheim (Allemagne) ; un soutien silencieux pour les missionnaires.

    Une amitié profonde va lier sainte Lioba avec saint Boniface. Avant de se rendre en Frise (Pays-Bas), où il va être martyrisé, pressentant sa mort (il sera assassiné en 754), Boniface laisse à Lioba qu'il avait toujours appelée "ma consolation sur mon pèlerinage" son manteau, comme signe d'amitié.

    Cette amitié avait été si profonde que Boniface désirait, qu'après leur mort, ils soient enterrés ensemble, afin qu'unis dans leur vie, ils ressuscitent ensemble.

    Boniface fut enterré dans un monastère * à Fulda (Allemagne) où Lioba vint souvent prier sur sa tombe. Elle, qui était devenue ce que son nom désignait : "amour, bonté", mourut le 28 septembre 782 et ses reliques furent transférées au XXe siècle auprès de celles de saint Boniface.

    Frères et Sœurs bénédictins de sainte Lioba
    à Simiane-Collongue (13), en Provence.

     
    * Le terme "abbaye" n'apparaît qu'au XIe siècle au sein du cénobitisme : on ne le rencontre pas dans la Règle de saint Benoît, où figure le mot monastère. C'est l'Ordre de Cluny qui est à l'origine de l'évolution des dénominations et qui définit l'organisation d'une abbaye, notion principalement rattachée au catholicisme.

     

    Y-a-t-il une différence entre contemplation et adoration ?

    La réponse du frère Jean-Pierre Longeat, moine bénédictin, père abbé de Saint-Martin de Ligugé, près de Poitiers.

    Dieu est rejoint en premier lieu par l’écoute, sous différentes formes.

    C’est dans l’attention à la Parole que notre chair est rejointe jusqu’à éveiller nos sens spirituels. Parmi eux, il y a celui de la vue ou plus exactement du regard intérieur. Celui-ci nous permet de contempler toute chose selon sa véritable raison d’être.

    Il y a là comme une communion avec le regard de Dieu sur sa propre création. Dans une telle intimité de perception, il est même possible de prétendre à la contemplation de celui avec lequel on communie si intensément. Les Pères de l’Église n’ont pas hésité à entraîner les fidèles sur un tel chemin.

    Peut-être sommes-nous trop frileux aujourd’hui pour y encourager d’une manière audacieuse. Car dans ce regard de contemplation, le cœur profond trouve le fondement d’un comportement d’amour qui bouleverse l’existence. La foi chrétienne trouve tout son sens dans ce redéploiement de nous-même en charité issue de la contemplation du créé et… de l’incréé.

    L’adoration est une manière de se disposer à cette contemplation ; elle concerne directement le regard porté sur Dieu. On mesure à quel point, une telle vision ne peut être qu’intérieure même si elle peut être aidée par les icônes des saints Mystères.

    Pour croire.com, juillet 2012

    Frère Jean-Pierre Longeat, moine bénédictin, père abbé de Saint-Martin de Ligugé (86)

     

     

    Chartreux

    Saint Bruno a fondé le monastère de la grande Chartreuse.

    Consultez les articles de Croire dédiés à l'ordre des Chartreux, saint Bruno (v.1030-1101) et

    Vous apprendrez, par exemple, que les moines vivent isolés dans des demeures individuelles, y menant une existence austère et laborieuse, dans un silence absolu.

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    À cette époque, l'évêque de Reims se rend tellement impopulaire qu'il est déposé par un concile réuni à Lyon en 1080. Il faut dire que le mal est alors très profond. Le commerce des biens d'Église est largement répandu, le célibat n'est pas respecté. Un évêché ou une abbaye est une charge féodale qui peut être créée par le roi, achetée, transmise à ses héritiers... Face à ce dévoiement, l'Église réagit. D'un côté la réforme a lieu à la base, dans les monastères, de l'autre, elle se fait à la tête, le pape réaffirmant son pouvoir et se séparant - déjà ! - du temporel.

    Bruno, confronté à cette ambiance, décide à 53 ans de rejoindre en Bourgogne Robert de Molesme, futur fondateur des Cisterciens, qui l'installe dans un ermitage...

     

     

    Cisterciens  

    Un ordre fondé au XIe siècle.

    Bernard entre en 1111 au monastère de Cîteaux. En 1114, ses supérieurs lui confient la fondation d’une nouvelle abbaye, celle de Clairvaux, qu’il va gouverner jusqu’à sa mort.

    Croire vous présente les Cisterciens.

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    Bonne semaine à tous avec saint Bernard (1090-1153) !

     
    L'ordre cistercien de la stricte observance (en latin ordo cisterciensis strictioris observantiæ, en abrégé OCSO), dont les membres sont familièrement appelés trappistes (ordre créé en France en 1892, dont les prémices remontent au XVIIe siècle en Normandie), est un ordre monastique catholique qui forme, avec l'Ordre cistercien (en latin ordo cisterciensis, en abrégé OCist) et les moniales Bernardines, la Famille cistercienne ou Familia Cisterciensis. Il est connu, en outre, pour les fromages et les bières trappistes.

    Écrits de Bernard de Clairvaux

    "Et maintenant, souffrez un peu ma folie. Je veux raconter, car je m'y suis engagé, comment cela se produit en moi. Ce n'est certes pas convenable, mais je ne sais vraiment me dévoiler que pour être utile et, si vous en tirez quelque profit, mon audace sera pardonnée ; si ce n'est pas le cas, je la confesserai. Je l'avoue, le Verbe est venu en moi - je parle comme un insensé - , et à plusieurs reprises.

    S'il est entré souvent en moi, je ne l'ai pas toujours senti entrer. J'ai senti qu'il était là, je me souviens de sa présence ; j'ai pu parfois pressentir sa venue, mais je n'ai jamais eu le sentiment précis de son entrée, ni de son départ. D'où est-il venu en mon âme, où est-il reparti en la quittant, par où a-t-il pénétré et est-il sorti, encore aujourd'hui je l'avoue que je l'ignore, selon cette parole : Tu ne sais ni d'où il vient ni ou il va (Jean 3,8). Cela n'est toutefois pas surprenant, puisqu'il est lui-même celui à qui a été dit : Et tes traces ne seront pas reconnues
    (Psaume 76, 20).

    Il n'est certainement pas entré par les yeux, car il n'a pas de couleur, ni par les oreilles, car il ne fait pas de bruit, ni par les narines, car il ne se mêle pas à l'air, mais à l'âme, n'affecte pas l'air, mais le produit ; il n'est pas venu non plus par le gosier, car il ne peut être avalé ou absorbé, et je ne l'ai pas découvert par le toucher, car il est impalpable. Par où est-il donc entrée ? Il ne fait pas partie, en effet, des éléments de l'extérieur.

    D'autre part, il n'est pas venu de l'intérieur de moi, puisqu'il est bon et qu'en moi, je le sais, il n'est rien de bon. Je suis monté au sommet de mon être, mais le Verbe règne plus haut encore. Je suis aussi descendu au plus profond de moi, en explorateur curieux, et l'ai trouvé encore plus bas. Lorsque j'ai regardé au-dehors, je l'ai découvert hors de tout ce qui m'est extérieur ; lorsque j'ai regardé au-dedans, il était encore plus à l'intérieur."

    Extrait de " Le livre des Sagesses ", Ed. Bayard, 2002, p. 1202

    Sermons sur le Cantique des cantiques, 74, 5-7, traduction Ludovic Viallet, d'apèrs le texte latin de J. Leclercq, C. H. Talbot, H. M. Rochais [ed.], Sancti Bernardi Opera, vol. II, Rome, Editiones cisterciennes, 1958, p. 242-244.

     

    Voir les articles de Hérodote

     

     

    Dominicains

    Toujours souriant, frère Dominique fait de la joie la marque de son génie. Peu bavard, parlant surtout de Dieu ou à Dieu, il est le fondateur de l'ordre des frères prêcheurs.

    Croire vous fait découvrir l’ordre des Dominicains...

    Allez vite jeter un coup d’œil à son dossier dédié à saint Dominique (1170-1221)

    Henri Burin des Roziers, avocat des sans-terre

    Sous une chaleur torride, l'homme (de petite taille, les traits fins sous un front argenté) arrive, ruisselant, après quatre heures - sans embuscade... - d'un voyage sur une route chaotique : celle qui relie la petite ville de Xinguara à celle de Maraba, à 900 km au sud de Belem. Prêtre et avocat de la Commission pastorale de la terre (CPT) de Xinguara, travaille étroitement avec la commission de Maraba. On l'attend. L'ambiance est fiévreuse. Sur la table, des drapeaux noirs : deux jours auparavant, José Dutra da Costa, surnommé Dezinho, l'un des principaux leaders paysans de la région, a été assassiné sous les yeux de sa femme. Un crime annoncé, rémunéré. "Je connais des types qui ont tué pour 50 reals (250 F), raconte Henri Burin des Roziers. Il y a des tarifs : pour les syndicalistes, pour les prêtres, etc." Lui-même subit des menaces depuis des années...

    "Impunité générale", "corruption", "violence inimaginable", "cruauté", lâche encore le P. Burin des Roziers, entre deux averses de coups de fil. Cette fois, ce sont les inspecteurs du travail chargés de débusquer des travailleurs esclaves dans une "fazenda" (propriété). Ils sont affolés car leur escorte de policiers fédéraux est partie pour une autre mission, les laissant sans protection. "C'est tout le travail de la CPT qui est discrédité", s'alarme le P. Henri. C'est elle, en effet, qui suscita la création de ce corps d'inspecteurs spécialisés. Deux heures plus tard, le procureur de la République rappelle le dominicain ; puis c'est le tour de l'inspection fédérale elle-même qui lui demande rien moins que d'intervenir en personne auprès du ministre de la justice... Récemment, le P. Burin des Roziers a dû cacher un homme menacé de mort pour s'être échappé d'une fazenda où on le retenait comme esclave. Nouveau coup de fil : cette fois, c'est TV Globo, la grande chaîne de télévision brésilienne. "La presse, c'est ma meilleure protection", assure le dominicain.

    Certes, il est isolé, mais il n'est pas seul. Il y a d'abord autour de lui la petite équipe de jeunes militants qui ont appris le droit "pour défendre la cause". Parmi ses "fils spirituels", cinq sont devenus avocats. Et c'est toute sa joie, même si tous se savent exposés. Mais il y a aussi ses frères dominicains, qui, dans d'autres États, poursuivent le même combat. Tout le réseau de la CPT (Henri Burin des Roziers est très proche de Dom Tomas Balduino, son président). Enfin un important réseau international le soutient : en témoignent ces milliers de cartes de vœux qui tapissent son petit bureau de Xinguara. Le P. Burin des Roziers circule beaucoup. Et a fini par tisser une toile efficace, entre procureurs, policiers, avocats, journalistes, militants de droits de l'homme. "Nos archives sont explosives", reconnaît-il.

    Actions en justice

    Le temps d'un bref casse-croûte, le voilà environné d'une volée de jeunes cireurs de chaussures. Il laisse là son assiette, va jusqu'à sa voiture chercher ses chaussures de ville. Aussitôt le jeune qui l'accompagne se lève : "Pas question de vous laisser circuler seul..." Attentif aux petits, le P. Henri est capable de colères contre les puissants. "Écoutez le scandale, lance-t-il. Le fazendeiro Jéronimo, qui nous toisait du haut de sa Mitsubishi alors que nous le poursuivions en justice pour avoir commandité trois assassinats, a enfin été capturé par Interpol, grâce à la pression internationale ; enfin condamné et mis en prison, il a obtenu contre la loi son transfert dans son fief !" Aussitôt, le dominicain concocte un communiqué de presse alertant sur le risque d'une fuite prochaine.

    Pour ce procès historique (la première condamnation, malgré ses puissants appuis, d'un grand propriétaire commanditaire d'assassinats de paysans), l'avocat Burin des Roziers eut les honneurs, en costume-cravate, du 20 heures sur TV Globo tandis que le New York Times publiait un éditorial : "Grand espoir pour la justice brésilienne." Mais il eut droit ensuite "à un second jury" : "celui des dominicains, raconte-t-il, et de la CPT" qui, s'inquiétant pour sa sécurité, lui demandaient de ne pas rester à Xinguara (il venait de recevoir de nouvelles menaces de mort). Ce n'était pourtant pas le moment de lâcher les autres procès. Alors on transigea : "J'ai fait des allers-retours..."

    Mais l'enjeu de son combat, c'est plus largement celui de la justice. "Les juges ont peur. Ils subissent des pressions. Mais il y a des juges honnêtes qui, eux, rêvent d'une vraie justice", estime le dominicain, récemment invité à des journées professionnelles des juges fédéraux... Pourtant, il n'hésite pas à s'interroger sur "cette mafia de juges qui se disent chrétiens"... 

    Difficultés à dénoncer la violence

    Son acharnement à ne pas laisser l'impunité triompher dérange, y compris dans l'Église, dans une région où cette impunité est reine. "Ici, les évêques ont du mal à dénoncer la violence", s'attriste-t-il. Dans cette région où la plupart sont d'origine étrangère, ces évêques sont arrivés avec le souci principal de restaurer l'unité d'une Église mise à mal par de violents conflits internes. Unité que l'arrivée en force de communautés charismatiques semble avoir pour partie réalisée, au prix sans doute d'un certain repli sur la spiritualité. Le P. Henri Burin des Roziers a même été convoqué par son évêque, après un sermon dérangeant sur les exclus durant le Carême. Quant à l'avocat de Jéronimo, qui reconnaît être venu dans ces contrées "pour gagner de l'argent", il se trouve être son voisin le plus immédiat à Xinguara, et sa femme est une catéchiste...

    Travailleur acharné, le P. Henri jongle sept jours sur sept entre les procès pour esclavage ou pour assassinat. L'an dernier, il a fait délivrer 34 paysans emprisonnés et torturés pour avoir occupé des terres en jachère. Et comme un juge humiliait publiquement l'un de ces paysans, lançant en pleine séance un : "Vous sentez mauvais", l'avocat répondit par écrit : "Mes clients sont mal vêtus. Ils ont les mains calleuses, travaillent dur et n'achètent pas de parfum pour ne pas retirer du pain de la bouche de leurs enfants, mais ils sentent le parfum de l'honnêteté, du travail, de la vérité." Ce sont des fils du Dieu Père, poursuit-il, ses préférés. Alors il cite l'Évangile : "Malheur à vous, docteurs de la loi et hypocrites..." Et il rappelle l'encyclique Gaudium et spes sur la limite du droit de propriété. En lui, se rejoignent inextricablement l'avocat et le prêcheur. 

    C'est le même rejet de l'injustice qui a poussé ce fils d'aristocrate, promis à une brillante carrière de juriste, à devenir religieux. Mais aussi à secouer l'institution ecclésiale, alors qu'il traversait la crise de Mai 68 en France comme jeune aumônier d'étudiants : une période qu'il évoque comme l'une des plus fortes de sa vie. L'équipe de son aumônerie se fit alors reprocher jusqu'à Rome d'avoir harangué des amphithéâtres. Il se voit encore, en habit de dominicain, défendre devant la justice les marginaux accueillis à l'université durant les événements, les fameux "Katangais". La compassion, dit-il, "n'est pas seulement sentimentale, elle suppose d'accompagner les gens dans leur humiliation". 

    Avocat et prêtre ouvrier

    "Mai 68 nous a fait réaliser combien, dans nos grands couvents, nous étions isolés du monde." Aussi part-il ensuite vivre avec un autre dominicain dans la banlieue de Besançon. Il entre dans une entreprise de travail temporaire, puis devient manutentionnaire dans le textile, puis chez Lip où il est frappé par les conditions de vie des étrangers qui logeaient dans les caves des usines de décolletage. Alors, le juriste (qui entre-temps a rejoint la Ddass à Annecy) s'attaque aux causes, dénonce les modes d'attribution des HLM, demande des arrêtés d'insalubrité : les patrons iront s'en plaindre jusqu'au ministre.

    Bientôt, avec d'autres chrétiens, il crée un "Comité vérité et justice" en Haute-Savoie, où ont afflué beaucoup de rapatriés d'Algérie. Il se souvient d'avoir dénoncé les méthodes des policiers qui déplaçaient des clochards saouls jusque dans la montagne pour, selon lui, les éliminer ; ou qui pratiquaient la torture. Lui-même n'a-t-il pas été tabassé, en France ? Il monte des dossiers qui, repris dans la presse, sont des révélations. La conviction du P. Henri Burin des Roziers est vive : "Il fallait casser le mur du silence face aux injustices qui éloignent les jeunes de l'Église."

    Ce même mélange de compétence, de ténacité et d'audace continue de gêner, là-bas au Brésil, ceux qui s'enrichissent aux dépens des pauvres... et qui voudraient bien le voir disparaître.

    La Croix 2005

    • Voir l'article de Gigeoju : Papes

     

     

    Franciscains

    François d'Assise, né Giovanni di Pietro Bernardone, est un religieux catholique italien, diacre et fondateur de l'ordre des frères mineurs.

    C'est maintenant au tour de l’ordre des Franciscains...

    Jetez un coup d’œil au dossier de Croire dédié à saint François (1181-82-1226)

     
    • La famille franciscaine : sur fond du très beau tableau de Giotto découvrez les différentes branches de la famille franciscaine à partir de ce diaporama du Pèlerin à faire défiler. 
    • Pèlerinage sur les routes d'Assise avec croire.com : en novembre 2012, Sophie de Villeneuve et Christophe Chaland partaient en pèlerinage avec les internautes de Croire.com. En souvenir de ce beau moment, et pour tous ceux qui n'ont pas pu partir, voici un diaporama-pèlerinage sur les routes d'Assise et de la Vallée de Rieti.
    • Voir la page de Yantra : Cantique de Frère Soleil ou des Créatures

     

    À quoi servent les saints ?

    Alors que l'Église catholique vient de s'enrichir de deux nouveaux saints, le P. Michel Evdokimov, prêtre orthodoxe à la paroisse Saints-Pierre-et-Paul de Châtenay-Malabris, répond aux questions de Sophie de Villeneuve. Publié le 28 avril 2014

    S. de Villeneuve : Catholiques et Orthodoxes, avons-nous les mêmes saints ?

    Michel Evdokimov :
    Je prie saint François d'Assise, sainte Thérèse de Lisieux, saint Vincent de Paul
    En Russie, on pourrait citer saint Séraphin de Sarov, saint Serge de Radonège…
    Un évêque russe, un métropolite, disait que les saints passent par dessus les murs qu'il y a entre nos Églises, et qu'ils se rejoignent les uns les autres. Je crois qu'il y a là quelque chose de très fort.
    À quoi servent les saints ? J'ai d'abord envie de vous dire qu'ils ne servent à rien ! Les hommes de ce monde sont soumis à la consommation, à l'argent, au travail, à des idées politiques… Les saints, eux, sont ailleurs. Ils ne servent à rien dans ce monde, mais ils portent ce monde dans leurs prières. Un saint qui a de la lumière dans le cœur illumine le monde.

    Pour vous, qu'est-ce que c'est qu'un saint ?

    M. E. : Nous sommes tous appelés à la sainteté ! Si nous étions davantage ouverts à la grâce, si nous allions sur le chemin que Dieu a tracé dans notre vie, nous serions des saints, comme tous ces saints que je viens de citer et dont la sainteté dépasse l'Église.

    Ces saints, ce sont des hommes et des femmes qui ont tout quitté, qui se sont mis un peu à l'écart du monde ?

    M. E. : Que veut dire tout quitter ? Un homme marié qui a une aventure en dehors de son ménage, lui aussi, quitte tout. Un moine du désert *, Arsène, s'était retiré dans la solitude du désert. Il disait : "Je suis coupé de tout, séparé de tous les hommes, et en même temps, je suis uni à tous les hommes." Il vivait pour le monde, il priait pour le monde. Nous ne prions pas pour le monde comme eux, parce que nous avons nos activités. Le saint, lui, donne tout : son cœur, son corps, son âme, son esprit, son amour, dans l'œuvre que Dieu lui a demandé d'accomplir.

    [* Voir la page de Yantra : PÈRES DU DÉSERT]

    Y a-t-il des saints qui peuvent tout donner aussi dans la vie quotidienne, sans pour autant aller vivre dans le désert ?

    M. E. : Bien entendu. Dans l'Évangile, prenez Marie-Madeleine. C'était une femme de mauvaise vie, et d'ailleurs Simon reprochait à Jésus de lui parler. Cette femme pleure sur les pieds de Jésus, elle verse un parfum sur ses pieds et les essuie avec ses cheveux. C'est une femme qui a changé. On pense trop souvent à l'aspect moral de la sainteté. Mais il ne s'agit pas de morale, du tout ! Il s'agit de se convertir, de changer, de se transformer, de se transfigurer. À partir du moment où elle a rencontré Jésus, Marie-Madeleine devient chaste. Tout peut toujours basculer dans un sens ou dans un autre. C'est dans sa vie quotidienne que cette femme a vécu cette transformation.

    Donc le saint, c'est celui qui change radicalement ?

    M. E. : Le saint se convertit avec le secours de Dieu. Il ne change pas tout seul.

    Pour nous, qui n'avons pas changé comme nous le devrions, quel compagnonnage pouvons-nous avoir avec ces saints ?

    M. E. : Ils ont vécu des choses proches de ce que nous vivons.
    Saint François d'Assise est un grand saint écologique. Il a dompté le loup de Gubbio, a prêché aux animaux… Par sa sainteté, son combat contre les passions, contre tout ce qui nous encombre dans notre vie, par son amour pour l'univers, il a retrouvé la pureté d'Adam au paradis.
    Les animaux sauvages, l'ours de saint Séraphin de Sarov, le loup de saint François, deviennent des animaux "gentils", proches des êtres humains. L'écologie, tout à fait estimable et même nécessaire, est bâtie sur un fondement matériel. Tandis qu'avec saint François, saint Séraphin, saint Jérôme, qui avait lié amitié avec un lion en lui arrachant une épine de la patte, la nature retrouve ce qu'elle était à un moment paradisiaque.

    On revient à l'état initial ?

    M. E. : Oui. Nous sommes là pour retrouver cet état initial. C'est le but de notre vie : faire que Jésus, l'Esprit saint, soient répandus dans le monde, dans le cœur des hommes… C'est ce qui nous est demandé. Mais il y a un grand mystère dans la sainteté, c'est qu'on ne reconnaît pas toujours les saints.

    En effet, les sœurs de Thérèse de Lisieux n'ont pas vu sa sainteté.

    M. E. : Oui, pour elles, il était impensable que Thérèse soit une sainte. De même saint Silouane pour ses frères du Mont Athos. Et le grand mystère, c'est que ces saints sont connus dans le monde entier. Lors d'une conférence que l'on m'avait demandé de faire sur sainte Thérèse, du point de vue orthodoxe, l'évêque Gaucher (l'ancien évêque auxiliaire de Bayeux-Lisieux, ndlr Croire) m'a raconté avoir accompagné les reliques de Thérèse en Russie, jusqu'au fin fond de la Sibérie. Il était encore tout étonné de la foule immense de gens qui venaient se prosterner devant ces reliques. Pourquoi donc ? Même chose pour saint Silouane, qui n'avait jamais quitté son monastère.

    Ces saints ont donc une aura particulière, un rayonnement.

    M. E. : L'Esprit saint est en eux et rayonne tout autour d'eux.

    Quel saint orthodoxe du XXe siècle aimeriez-vous faire découvrir aux catholiques ?

    M. E. : Un saint qui n'est pas encore canonisé : le père Alexandre Men. Je crois que c'est un très grand saint.
    Pour moi, il y a encore deux autres grands saints de notre temps : Dietrich Bonhoeffer, un pasteur protestant, et mère Teresa.
    Il y a des saints parmi nous. On ne les reconnaît pas toujours. Il faut pour cela un regard capable de discerner et de comprendre ce qui se passe.

    Un regard capable de voir l'Esprit chez celui qui vous accompagne.

    M. E. : Oui, et qui est tout prêt à partager cet Esprit avec vous.

     

    Dans un registre un peu différent : les Esprits de la Nature, voyez

     

     

    Jésuites

    La "Compagnie de Jésus", fondée en 1540 par Saint Ignace de Loyola.
    Les rêves de chevalerie de ce fondateur de la société de Jésus, ne seront jamais exaucés. Son désir d'aller à Jérusalem non plus. Les chemins qu'il empruntera pour trouver Dieu seront bien plus étonnants !

    Croire vous fait découvrir l’ordre des Jésuites...

    Allez vite jeter un coup d’œil à son dossier dédié à saint Ignace (1491-1556)

    Les Exercices de saint Ignace : une école de liberté

    Un entretien avec le Père Arnaud de Rolland, jésuite, directeur du centre spirituel de Manrèse, qui explique ce que sont les Exercices spirituels de saint Ignace, en précisant le rôle de l'accompagnateur.

    Quel est le rôle des Exercices ?

    Il y a deux dimensions dans les Exercices qu'il ne faut jamais dissocier. Il y a le côté école de prière, et le côté décision, discernement. Faire les Exercices c'est faire l'expérience qu'en approfondissant une relation avec Dieu, quelque chose va m'être révélé de mon désir le plus profond, et du même coup va éclairer mes choix. Pour Ignace, il ne peut pas y avoir l'union à Dieu sans une conséquence pratique du côté de la décision. Pour des grandes décisions, les Exercices aident à y voir clair.

    Les Exercices sont donnés par les jésuites ou des religieuses ignatiennes. C'est une singularité de votre ordre ?

    Les Exercices sont un don de Saint Ignace à l’Église universelle et la Compagnie a cette tâche d'être le corps social qui garantit une transmission des Exercices En cela, oui, la Compagnie de Jésus a un rôle particulier.

    Saint Ignace parle de deux états que l'on rencontre dans toute vie spirituelle : la consolation et la désolation. Qu'est ce que cela signifie ?

    Pour Ignace la consolation tient de l'union à Dieu. C'est ressentir en soi un accroissement de foi, d'espérance et de charité, c'est avoir l'impression d'une proximité avec Dieu, d'une confiance dans les autres. On pourrait parler des fruits de la résurrection que sont la paix, la joie, et le dynamisme. Saint Paul parle aussi des fruits de l'Esprit : charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance, douceur, maîtrise de soi.
    (Galates ch 5 22)

    À l'inverse, la désolation est le sentiment intérieur d'une division, d'un tiraillement intérieur, de brouillard, tristesse, découragement, d'envie de se refermer sur soi-même.

    Ce sont deux étapes psychologiques et spirituelles. Les deux sont liés. Mais la vocation de tout être humain est du côté de la consolation. C'est une conviction de foi.

    Saint Ignace nous dit qu'en période de désolation ce n'est pas le moment de prendre des grandes décisions, mais qu'il faut tenir bon et se souvenir de la présence de Dieu.

    L'une des caractéristiques des Exercices est d'être accompagné individuellement. Quelles sont les qualités du bon accompagnateur - trice ?

    Le bon accompagnateur(trice) doit d'abord être envoyé(e) par d'autres. C'est une mission d’Église. Ensuite, il (elle) doit y avoir chez lui quelque chose de l'ordre de la modestie. L'accompagnateur(trice) est témoin privilégié du travail de Dieu chez l'autre, et sans cesse il (elle) renvoie cette personne à sa relation à Dieu, à sa vie, à sa liberté.

    Il faut donc une chasteté de l'accompagnateur, qui ne prend pas possession du retraitant, qui n'a pas à instaurer une relation de dépendance. Mais il n'y pas d'accompagnateurs dignes de ce nom sans une vie de prière régulière et structurée et qui est lui-même accompagné.

    Les Exercices ont-il eu un rôle décisif dans votre vocation ?

    Si je suis jésuite, c'est grâce aux Exercices. Ce fut une expérience libérante de découverte de la parole de Dieu. Parler de mes propres vulnérabilités à quelqu'un fut très structurant pour moi. Les Exercices sont une école de liberté.

    Comment découvrir les Exercices ?

    Pour une première approche, nous conseillons une retraite d'initiation de 5 jours. On bénéficie du soutien du groupe, avec des petits temps de partage et des oraison guidés pratico pratiques. Cinq jours de coupure et de silence permettent une découverte de la parole de Dieu. Les 30 jours sont réservés à des personnes qui ont une très bonne expérience de la vie de prière !

    Propos recueillis par Sophie de Villeneuve ; février 2006

    Les Exercices spirituels

    En quoi consiste les Exercices spirituels ?

    Les Exercices spirituels en tant que tels sont donnés en 30 jours dans un milieu donné et en silence ! Ces 30 jours sont découpés 4 en semaines qui ont chacune leur spécificité. Au démarrage il y a le temps du "Fondement". Puis la première semaine est tournée vers la reconnaissance d'être pécheur pardonné.

    La deuxième appelle à contempler la vie du Christ pour se mettre à sa suite, répondant à son appel et à la fin de cette semaine se vit un temps "d'élection" qui permet de faire un choix de vie (ou un choix important concernant ma vie). La troisième semaine est un temps de contemplation de la passion, et la quatrième semaine un temps de contemplation de la Résurrection. Ces deux dernières semaines sont aussi un temps de confirmation du choix qui a été fait. En gros voilà le canevas…

    Comment se déroule la journée ?

    Les journées sont organisées autour de la méditation de textes bibliques bien définis, 4 temps de prière, d'une heure chacun en général. Chaque jour, le retraitant rencontre un accompagnateur, avec lequel il relit ce qu'il a vécu durant les temps de prière. Que ce soit de l'ordre de l'élan, du dynamisme, ou du refus.

    Pour beaucoup, saint Ignace, c'est surtout la relecture de vie...

    Oui, c'est vrai ! La relecture est un des instruments qui est donné dans les Exercices. Ignace appelait cela l'examen…. Revoir ma vie avec le Seigneur, rendre grâce de ce que j'ai reçu. C'est une sorte de prière que l'on peut aussi vivre dans la vie courante !

    Quel état d'esprit faut-il pour aborder les Exercices ?

    Saint Ignace parle d'un cœur large et généreux. Et je crois que c'est en effet important. Un cœur qui ne met pas de limites, disponible. On n'entre pas dans les Exercices à pas comptés. Il faut une grande ouverture du cœur, même si on se demande toujours à quelle sauce on va être mangé…. Si notre image de Dieu est à peu près juste, on ne peut rien craindre. Dieu ne peut que nous donner à vivre davantage. Mais je crois aussi qu'il faut qu'il y ait une soif. Les Exercices aident à faire un choix de vie mais aide aussi à découvrir en profondeur ce qu'est la vie chrétienne.

    Les Exercices peuvent-ils être perçus comme un accompagnement psychologique ?

    Même si la pratique des Exercices n'a pas de visée psychologique, elle a des retombées bénéfiques à ce niveau là, ne serait-ce que parce que c'est une démarche structurante. Quelle est ma vocation, quel est le désir profond que m'a donné le Seigneur ? Le discernement est une composante essentielle des Exercices.

    Personnellement, que retenez-vous de l'expérience des Exercices ?

    J'ai toujours été frappée par la contemplation * pour obtenir l'amour. Considérer toute chose comme don reçu de Dieu, qui nous appelle ensuite à donner. C'est ce que j'ai perçu de plus fort dans la pratique des Exercices. En donnant les Exercices, parfois je vois le Seigneur à l’œuvre, je pourrai presque le toucher du doigt !

    Croire.com

    Voir aussi :

    * La contemplation. Voir plus haut, chez les Bénédictins :
    Y-a-t-il une différence entre contemplation et adoration ?

     

     

    Assomptionnistes

    Né il y a un peu plus de deux cents ans, Emmanuel d'Alazon, fondateur des Assomptionnistes et des Oblates de l’Assomption était un passionné de l’éducation et de l’enseignement, marqué par l’esprit d’initiative et le goût du combat spirituel. Treize branches religieuses sont nées de son inspiration.

    Croire vous fait à présent découvrir la congrégation des Assomptionnistes...

    Allez vite jeter un coup d’œil à son dossier dédié au...

     

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    Et sur Internet

     

     

     

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