• bouddhisme GUENDUNE Méditation

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    GUENDUNE

    Que signifie réellement « méditer » ? Méditer, ce n'est pas créer un état spécial, se mettre en transe ou dans tout autre état artificiel. Ce n'est pas davantage rechercher des sensations, avoir des visions ou voir des formes ou des couleurs particulières.
    Méditer, c'est devenir conscient que, depuis des temps sans origine, notre esprit est prisonnier de l'attachement à ses perceptions, ce qui engendre frustration et souffrance en imposant à l'esprit des limites artificielles. Par la méditation, nous apprenons à dégager l'esprit de ces limitations.

    Guendune Rinpoché (Roger Ricciuti)

    bouddhisme GUENDUNE Méditation

    Méditer vraiment consiste à simplement laisser aller toute saisie de la manifestation et à reconnaître que, quoi qu'il se manifeste, cela n'a aucune importance : c'est non-réel, il n'est donc pas nécessaire de s'y attacher. On défait ainsi de l'intérieur toutes les saisies habituelles à propos de l'importance des activités mondaines ; et lorsque l'esprit est délié depuis l'intérieur la conscience ordinaire peut demeurer en son état naturel sans aucune artificialité

    Guendune RinpochéLe Mahamoudra du Gange (Jean-Louis Éclair)

    Une fois la méditation quelque peu affermie, on devrait alors entretenir, sans s'en détourner, la même expérience de la clarté et de la vacuité non référentielles dans notre activité quotidienne. D'abord, on maintient l'expérience le temps d'un repas, d'une tasse de thé, de réciter un OM MANI PADME HOUNG  (HUM) ou de faire trois pas - le temps que l'on peut, avec une attention non distraite. Ensuite, on s'exerce à demeurer dans la clarté et la vacuité quelles que soient les circonstances auxquelles on est confronté, même si l'on se trouve face a des dangers plus ou moins importants.

    Guendune Rinpoché. La méditation de shiné (Jean-Louis Éclair)

    0-brouillon Guendune

    À l'heure actuelle, nous sommes à la croisée des chemins et, en terme de vie spirituelle, il n'existe que deux possibilités : une vers l'évolution, une autre vers l'involution ou la dégénérescence.

    En tant qu'êtres humains, nous avons la liberté de choisir entre aller vers l'éveil ou retourner vers la confusion, celle-ci voulant dire souffrance. Il faut donc faire ce choix en conscience, prendre l'engagement et s'y tenir. C'est un choix personnel ; personne d'autre que nous ne peut le faire.

    Pour être davantage motivé, il est important de comprendre les qualités de l'éveil ; c'est pour cette raison que l'étude est importante, car au travers de l'étude on comprend les qualités de l'éveil, les qualités de cessation de souffrance et de bienfait pour les autres que représente l'éveil.

    Au travers de cette compréhension, une aspiration à l'éveil s'élève sur laquelle on appuiera notre action qui sera une progression vers l'éveil.
    Si l'on établit cette confiance et cet engagement d'une façon définitive, la progression sera alors très simple et on avancera sans problème au travers des difficultés.

    Le problème surgit si l'on n'a pas pris une décision profonde : on est à la croisée des chemins, on avance dans une direction et on se dit : "Ce n'était quand même pas mal de l'autre côté !" ; on revient alors en arrière, pour se dire peu après : "Oui, mais c'est quand même douloureux, cela a l'air mieux là-bas."
    Dans ce mouvement de va et vient entre l'éveil et le monde, on est déchiré et c'est là que naît la souffrance, c'est là que se situe la difficulté.

    À partir du moment où l'on a tourné son esprit vers l'éveil en en comprenant les qualités, la progression se fait naturellement et sans difficulté. C'est le choix et l'engagement qui sont importants.

    bouddhisme GUENDUNE Méditation

    II ne faut pas que la méditation soit motivée par l'espoir d'obtenir quelque chose ; parfois les gens méditent raides comme des piquets, avec les yeux levés vers le ciel, toute l'énergie de leur corps rassemblée dans le haut de la calotte crânienne ; ils sont à la recherche de l'expérience mystique qui va être l'annonciation de leur éveil total. C'est simplement une grosse saisie que l'on fait sur ce qu'est la méditation, qui donne mal à la tête.

    D'autres pensent que la méditation est un état à la fois vasouillard et heureux où l'on n'a pas de pensées, où l'on est dans une espèce de cocon bien calme, la tête un peu recroquevillée à l'intérieur. C'est comme si l'on essayait avec le menton de bloquer les pensées pour qu'elles ne sortent pas trop, qu'elles ne fassent pas trop de bruit. On essaye de s'endormir dans cette douceur et c'est un grand attachement : on cherche simplement à dormir tranquille au chaud.

    Guendune Rinpoché. Les bases de la pratique.

    Jean-Louis Eclair (25 août 2017) avec Karmae Sangha Rumtek

    Commentaires

    Françoise (25 août 2017) : Voilà un enseignement de première importance. De nos jours, beaucoup de gens, dessaisis de spiritualité, se mettent à confondre la foi avec une transe psychotique dangereuse ou une fainéantise qui les fera fuir dans des rêvasseries stériles. Ils croient que méditer c'est l'apanage de ceux qui vivent dans l'insouciance et ils veulent les "imiter"... Mais la méditation est pour tout le monde, sans qu'il y ait de quoi en faire un "statut" de reconnaissance... Merci pour ce rappel capital ! 

    Michel Dal Zovo (25 août 2017) : Tout à fait d'accord, le New age avec toute sa panoplie...

    bouddhisme GUENDUNE Méditation

    La méditation n'est pas non plus juste une technique qui utilise des points verts, des ronds rouges et des carrés jaunes que l'on visualise. La méditation, ce n'est pas cela du tout. La méditation, c'est ne rien saisir, ne s'attacher à rien et lâcher tout ce qui s'élève dans l'esprit.

    Guendune Rinpoché. Les bases de la pratique.

    Jean-Louis Éclair (27 juin 2017)

     

    Défauts dans la méditation

    Quand nous méditons, nous nous mettons dans un état artificiel, une sorte de transe. C'est le défaut le plus commun. Il y a différentes sortes de transes chez les méditants. Certains ont le corps tout raide car ils sont très tendus. Ils mettent beaucoup de force dans la méditation et attendent désespérément la lumière. La seule expérience qu'ils ont en général, c'est le mal de tête.
    D'autres cherchent plutôt à s'intérioriser pour trouver la conscience en eux-mêmes, mais ils semblent devenir complètement stupides. Il y a ceux qui essaient désespérément de se poser car ils ont peur que " ça s'agite et que ça remonte ". Il y en a d'autres qui cherchent en face d'eux. Ils essaient de voir quelque chose apparaître et ils sont dans une totale dualité.
    Voilà quelques portraits-robots de méditants et de leurs déviations principales. Cela représente beaucoup de souffrance et de difficulté dans la méditation. C'est pour cela qu'il faut en parler et dire à chacun ce qui ne va pas, pour qu'il ait une chance de s'en rendre compte un jour, sinon cela peut continuer ainsi pendant des années et des années.

    Un autre défaut commun à tous est de croire qu'il faudrait vider son esprit, avoir un esprit sans aucune pensée, sans aucune activité mentale et arriver ainsi à une sorte d'hibernation. On essaie de se ratatiner, de se rétrécir, de faire rentrer l'esprit dans une espèce de boîte où il n'y aurait plus rien. Cela vient justement d'une compréhension fausse de la méditation. Pour méditer, il faut des pensées.
    Qui médite, s'il n'y a pas de créations mentales ?
    Si la méditation, c'est être sans pensées, alors cette table doit être en train de méditer, de bien méditer même !

    Dans la méditation, nous laissons les pensées s'élever sans les saisir, sans vouloir faire quelque chose avec. Méditer, ce n'est pas essayer de se débarrasser de ses pensées, de faire le vide, ce n'est pas non plus essayer d'attraper ou de cultiver une pensée particulière et de s'en tenir à celle-là, et à celle-là seulement, sans vouloir en laisser passer une autre. Ces extrêmes ne créent que des tensions et des blocages. Nous apprenons au contraire à mener l'esprit à un état d'ouverture complètement inobstrué, sans chercher à faire quelque chose avec nos pensées. Nous restons simplement conscients de leur apparition en posant dessus un regard direct. Quand nous regardons la pensée, c'est l'esprit que nous voyons ; quand nous regardons l'esprit, rien n'est vu en tant que tel. Progressivement, nous apprenons à prendre conscience des pensées, ensuite à prendre conscience de l'esprit à travers les pensées, puis à reconnaître la nature de l'esprit.
    Quand toutes les pensées s'élèvent dans leur vacuité intrinsèque comme étant l'essence vide de l'esprit, les pensées sont alors libérées, l'esprit est libéré. Les pensées s'élèvent alors comme Dharmakaya, la dimension fondamentale de l'esprit naturellement éveillé, naturellement conscient.
    Cela demande du temps.

    Il est important de savoir dans quelle direction évoluer pour ne pas partir sur une fausse piste, pour ne pas méditer sur la base d'idées fausses, en cherchant justement à éliminer les pensées ou à maintenir son esprit rivé à une seule pensée. Laissons l'esprit être ce qu'il est dans sa créativité, dans sa souplesse, dans sa richesse naturelle et, petit à petit, nous apprendrons à pénétrer l'essence de l'esprit à travers la reconnaissance des pensées et de l'esprit lui-même.

    bouddhisme GUENDUNE Méditation

    Lama Guendune Rinpoché - Roger Ricciuti

    Commentaires

    Sophie : J'aime beaucoup les portraits robots de méditant. Quel humour et quelle justesse. Merci lama Tchenno.

    Dominique : Merci vraiment Roger Ricciuti le mot Merci ne suffit pas aux belles conséquences des actes que vous faites : vous nous donnez la possibilité de lire Guendune Rinpoché très facilement sans chercher dans ses œuvres ou aller à un enseignement. Tous les jours nous avons sur un plateau un texte qui ouvre notre compréhension du Dharma grâce à Guendune Rinpoché puis grâce à vous . Merci de tout mon cœur.

    Catherine : très beau texte et très juste ! merci ! 

    Roger Ricciuti : "Beau“ et "juste”... comment pourrait-il en être autrement !... Ce sont les paroles du précieux et saint Lama... un véritable Bouddha !

    Bernard : Merci infiniment de ces partages : ils m'aident tous les jours.

    Voir

    Conseils aux méditants

    Samsara et nirvana

    On doit se servir de tout ce qui peut nuire à nos facultés de discernement : si l'on est malade, il faut méditer sur la maladie, si l'on a faim, méditer sur la faim, si l'on a froid, méditer sur le froid, si l'on est malheureux, il faut laisser cela être notre objet de méditation. Il en résultera que toutes les circonstances, quelles qu'elles soient, deviendront partie intégrante de notre méditation.

    Pourquoi ? Parce que les circonstances qui se manifestent sont notre propre esprit, parce qu'il n'existe pas de Dharmakaya en dehors de l'esprit. Si vous méditez ainsi, votre méditation ne peut être que fructueuse. Puisque l'essence de l'esprit est vide, il n'y a pas matière à méditer dans le but de prouver la vacuité, donc il faut demeurer dans la non-méditation.

    Guendune Rinpoché.

    Jean-Louis Éclair (09 juillet 2017) avec Karmae Sangha Rumtek

    Commentaires

    Maïté : Merci, mais pas facile

    Françoise : C'est LA bonne méthode, certes difficile, pour nous sortir de toutes sortes d'addictions et de phobies. Souhaitons-nous bon courage ! Et encore une fois, grand merci pour ces paroles justes dites simplement !!!

    Voir Mauvaises passes

     

    0-brouillon Guendune

     

    L'essence de l'esprit est sans origine, existence ou cessation. Méditez dans une conscience continuelle de l'état naturel de l'esprit sans vous demander si l'esprit possède ou non, ou peut-être, telle ou telle qualité.
    Évitez les états mentaux artificiels, évitez de diviser la réalité en pensées, évitez de méditer d'une manière conventionnelle et forcée : alors, vous verrez naturellement et clairement ce qui est invisible, insubstantiel et impossible à concevoir...

    Guendune Rinpoché (Jean-Louis Eclair)

    Commentaire

    Comme du baume dans nos vies, comme un rappel du fil rouge qu'on ne doit pas lâcher, ces merveilleux Enseignements. Merci, Jean-Louis ! (Christiane Bernard)

     

    Jean-Louis Eclair 19 février 2018

    Par quelle méthode de méditation est-il préférable de commencer ? À vous de décider ; choisissez celle qui vous attire le plus. Lorsque vous pénétrez dans une pièce où sont disposées des chaises de grandeur et de forme différentes, vous ne restez pas debout à discuter où vous devez vous asseoir, vous vous dirigez spontanément vers la chaise qui vous semble la plus confortable.

    Guendune Rinpoché. La méditation de shiné

     

    Trois hommes et une "tsa-tsa"

     0-brouillon Guendune

    ... Rinpoché raconte l'histoire de trois hommes qui sont passés auprès d'une "tsa-tsa" à des moments différents de la journée. Une "tsa-tsa" est un petit moulage en terre qui représente un stoupa ou cent huit stoupas, en fait qui représente symboliquement l'esprit éveillé.

    Le premier homme passe sur le chemin, trouve la "tsa-tsa" par terre et se dit que c'est vraiment montrer peu de respect que de laisser cette "tsa-tsa" par terre. "Je vais donc la prendre et l'enlever du chemin, de façon à ce que les gens ne marchent pas dessus, et puis la mettre sur un caillou un peu en hauteur sur le bord de la route." Il a de cette manière témoigné un grand respect pour l'éveil et s'est ouvert à la bénédiction omniprésente de l'esprit éveillé.

    La deuxième personne passe, voit cette tsa-tsa sur un caillou et se dit : "Les gens n'ont vraiment aucun respect et laissent cette tsa-tsa qui est en argile, qui n'est pas cuite et qui peut donc disparaître sous l'effet de la pluie et du soleil. Il faut préserver ce symbole vivant de l'éveil." Il cherche quelque chose pour la protéger et tout ce qu'il peut trouver c'est une vieille semelle de chaussure qui traînait. Il prend donc cette vieille semelle de chaussure et la place sur la tsa-tsa pour la couvrir.

    La troisième personne arrive et dit : "Les gens n'ont aucun respect, ils ont mis cette vieille semelle de chaussure qui est sale et qui a servi à marcher sur une tsa-tsa !" Et il jette la semelle qui était sur la tsa-tsa.

    Ces trois personnes n'ont pas accompli le même acte, on peut même dire qu'elles ont accompli des actes complètement différents, mais leur motivation était la même : préserver ce qui représente l'éveil. Ces trois actions, qui sont totalement différentes et qui, si elles avaient été faites au même moment, seraient apparues comme contradictoires, ont permis à ces trois hommes de s'ouvrir à la bénédiction de l'esprit éveillé et d'en retirer les fruits.

    Lama Guendune Rinpoché (Roger Ricciuti)

     

    Lâcher-prise

    Accueil

    Les pratiques méditatives, que ce soit chiné, lhaktongmahamoudra, ou d'autres, mettent toujours en avant cette similarité, cette recherche qui est celle du lâcher-prise. Quoi qu'il s'élève dans l'esprit, on ne le fixe pas ; quoi qu'il apparaisse dans l'esprit, on ne s'y attache pas et on laisse passer. Dans ce mouvement de lâcher prise, les contraintes, les tensions, les attachements, etc., tout ce qui procurait de la tension et donc de la souffrance petit à petit disparaît. Notre esprit qui était serré retrouve son espace, sa paix et sa félicité naturels.

    Guendune RinpochéLes bases de la pratique (Jean-Louis Éclair)

     

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    Voir

    Respiration et mantra

    Voir aussi

    FP Ooreka

    Autres liens externes

     

     

     

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