• Info Communautés nouvelles

    Voir Ordres religieux

    Communautés chrétiennes nouvelles

    « Les communautés nouvelles sont nées dans les années 1970 [ou du moins obtenu la reconnaissance légale de l'État] dans le sillage du "renouveau charismatique", un mouvement né aux États-Unis de la rencontre entre catholiques et pentecôtistes *. 

    Plus largement le terme de communauté nouvelle désigne tout mouvement de renouveau évangélique radical se rattachant, de près ou de loin à ce courant initial. »

    (Croire)

    Regardons d'un peu plus près quelques unes de ces communautés.

    Le pentecôtisme est un mouvement religieux protestant, né au début du XXe siècle aux États-Unis. C'est une force religieuse croissante dans le monde, notamment en Amérique latine et en Afrique. On a parfois tendance à confondre évangélisme et pentecôtisme : le pentecôtisme est, en fait, un courant de l'évangélisme. Ce dernier, plus ancien, comporte aussi une branche "traditionnelle", mettant l'accent sur la piété personnelle, la lecture de la Bible et la recherche de la perfection chrétienne. La sensibilité pentecôtiste donne une place centrale au récit de la Pentecôte (Actes des Apôtres, chapitre 2), qui raconte l'irruption de l'Esprit Saint sur les Apôtres réunis à Jérusalem. L'accent est mis sur un "baptême de l'Esprit", "second baptême" et commencement d'une vie nouvelle, marquée par la conversion personnelle. Les pentecôtistes partagent les principes fondamentaux de l'évangélisme : centralité de la Bible, lecture sacrificielle de la Croix, importance de la conversion personnelle. Ils mettent en outre l'accent sur l'efficacité de l'agir divin, qui se manifeste dans le monde par les miracles, les guérisons, le parler en langues et la prophétisation.

    (Le pentecôtisme aujourd'hui)

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     Parler « en langues »

    Comment vérifier que ce groupe qui se réunit dans la ferveur autour d'un leader inspiré et enthousiaste, au nom d'un idéal évangélique, peut vraiment être considéré comme une vraie communauté (dans l'esprit de l'évangile) et non point comme une secte ? Et comment le discerner à mesure que le groupe qui est attractif, grandit et s'organise ?

    D'une façon très globale, on reconnaît la secte * à son organisation interne très contraignante : soumission stricte à des règles précises et à quelques personnes ou à un gourou ; toute critique est interdite, et si quelqu'un ose critiquer il est diabolisé ; coupure du monde extérieur, accueil des étrangers au groupe très contrôlé, dans la défiance, à moins qu'on ne puisse recruter les visiteurs pour en faire des adeptes ; loi du secret ; régime sévère en ce qui concerne la nourriture, le sommeil et le travail à fournir.… Le groupe se constitue en système clos qui est comme une nasse enfermante.

    * Voir aussi Dérives sectaires pour la santé

    Les critères positifs pour discerner

    Regardons les critères positifs qui permettent de reconnaître une vraie communauté dans l'esprit de l'évangile. Les mots essentiels sont : cohérence, liberté et amour, possibilité de croissance humaine et spirituelle …

    -    Si un groupe de personnes se trouve réuni, c'est d'abord au nom d'une inspiration, d'un idéal de vie évangélique … Le fondateur ou l'équipe fondatrice a reçu une intuition ou une vision qui met en valeur tel ou tel aspect de l'évangile, un aspect sans doute moins considéré jusqu'ici ; et on veut le vivre ensemble selon une règle de vie qu'on se fixera après délibération, discernement, ajustement ; cela se réalisera dans la docilité au Saint Esprit et dans un vrai lien de communion à l’Église …

    -    La prière personnelle et communautaire se met en place avec son rythme et son style propre, sa beauté, tout comme l'organisation de la vie quotidienne.

    -    Le visage du charisme de la communauté, le visage de sa vocation et mission particulière dans le corps de l’Église apparaît de mieux en mieux. Voilà pour la cohérence ; qu'en est-il de la liberté et de l'amour ?

    [...]

    L'engagement : une juste distance

    L'engagement touche aussi à la mise en commun des biens et à la répartition des tâches … Un beau et vrai partage ! À ne pas oublier : la communauté doit assumer les cotisations de sécurité sociale et les prestations de retraite, selon ce qui est prévu dans les organismes d’Église en chaque pays ; à voir aussi comment en cas de départ de la communauté, la personne ne se retrouve pas sans aucun bien ni ressource.

    Il y a ce qui concerne la vertu de chasteté et les relations interpersonnelles : ce doit être bien clair ! Les justes distances doivent être trouvées et gardées dans les communautés mixtes [...] L'essentiel réside dans la vie fraternelle : soutien mutuel, préjugé de bienveillance les uns à l'égard des autres, correction fraternelle dans l'amour : tout ce que dit Saint Paul sur les dimensions concrètes de l'agapé !

    La croissance spirituelle et humaine de chacun et de tous …

    Dans chaque communauté, Il y a des temps de grand élan et de consolation , et aussi des temps de crise et de tempêtes … Des succès et des épreuves ! Pourvu que cela se vive dans la foi, l'espérance et l'amour que l'Esprit Saint souffle dans les cœurs. Au fur et à mesure, le charisme de la communauté se vit et se renforce, et la communauté peut rendre grâce à sa place originale dans l’Église, modestement et sans suffisance, dans une attitude d'ouverture et de discernement par rapport à ce que l’Église diocésaine et romaine suggère ou demande. L'atmosphère de paix et de joie, l'accueil cordial des visiteurs, le refus des polémiques sont de bons signes que cette communauté vit bien l'évangile de Jésus.

    (Voir l'article en entier sur Croire.la-croix.com)

     

    Les Foyers de Charité

    L'animation de retraites spirituelles

    Les Foyers de Charité sont nés d'une intuition de Marthe Robin (1902-1981), une contemplative stigmatisée.

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    Marthe à 28 ans

    Le 10 février 1936, une rencontre entre Marthe Robin et son confesseur, le Père Finet, marque la naissance des Foyers de Charité.

    Un havre pour se retirer

    Au sein de ces communautés, prêtres et laïcs se mettent au service des retraitants. Leur mission principale est l’animation de retraites spirituelles, dans un cadre familial et un climat de silence.

    Adresses des foyers de Charité en France

    Après le concile Vatican II, apparaissent de nouveaux mouvements et communautés. Nombre de leurs fondateurs sont venus rencontrer Marthe Robin.

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    Vatican II débuta le 11 octobte 1962

    Deux des premières compagnes de Chiara Lubich, la fondatrice des Focolari, Gabriella de Luca et Aletta Salizzoni racontent :

    Cette rencontre a été quelque chose de très fort, et, à la fin, Marthe Robin a conclu : "Je me sens comme saint Jean-Baptiste qui prépare les chemins du Seigneur, tandis que je vois que votre œuvre est comme Marie, c'est Marie." Nous avons eu l'impression qu'il s'agissait d'une sainte, d'une grande sainte, et cela parce que nous avons expérimenté dans notre âme des fruits splendides.

    [...]

    Quelques années plus tard, plusieurs centaines de groupes de prière du Renouveau sont présents en France.

    "L'avenir de l’Église sera dans les groupes de prière", dit Marthe, qui incite de plus en plus souvent les chrétiens à y participer pour ne pas demeurer seuls.

    [...]

    Le nouveau printemps de l'Église
    [http://www.martherobin.com/site/vie/essentiels/rayonnement/le-nouveau-printemps-de-l-eglise.htm]

    Focolari

    « l'Œuvre de Marie »

    Les Focolari sont fondés par Chiara Lubich, jeune institutrice, en Italie du Nord, en 1943.

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    Chiara Lubich

    Chiara fait de la Vierge la patronne de ce mouvement en le baptisant « l'Œuvre de Marie ».

    Missions en zones sensibles

    Avec le souci  de  s’engager dans  toutes  les  zones  sensibles de  la société, les Focolari travaillent  avec  les  Églises  locales  dans  de  nombreux  domaines,  en particulier les pastorales de la famille, des jeunes, l’œcuménisme et le dialogue interreligieux.

     

    Communauté de l'Emmanuel

    La louange charismatique

    Le 11 février 1972, Pierre Goursat, qui travaillait pour le Centre chrétien du cinéma, et Martine Lafitte (aujourd'hui Catta), une interne en médecine, demandent la grâce de l'effusion de l'Esprit dans la mouvance du renouveau charismatique...

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    Pierre Goursat

    L’unité de la communauté de l'Emmanuel s’exprime dans leur vie fraternelle, c’est-à-dire les rencontres communautaires, les maisonnées mais aussi dans différents services de compassion (différentes formes d'aide aux personnes en souffrance) et d’évangélisation.

    La louange charismatique est au cœur de la prière de cette communauté.

    Site officiel : Communauté de l’Emmanuel

     

    Fraternités Monastiques de Jérusalem

    « Au cœur des villes, au cœur de Dieu »

    Livre de vie des Fraternités monastiques de Jérusalem :

    [...] Jérusalem est la ville donnée par Dieu aux hommes et bâtie par les hommes pour Dieu, devenant en cela la patronne de toutes les villes du monde, et que ta vocation est d’être citadin, tu es moine et moniale de Jérusalem.

    (Livre de vie § 161)

    Les Fraternités monastiques de Jérusalem, fondées en 1975 par le Père Pierre-Marie Delfieux (1934-2013), forment un institut religieux catholique d'inspiration monastique, dont les membres - moines et moniales rassemblés en deux fraternités séparées - vivent l'esprit de la solitude monastique au cœur des grandes villes.

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    Le Père Pierre-Marie Delfieux en prière – 2001

    Les Fraternités de Jérusalem sont nées au cœur du mouvement de renouveau qui a suivi le concile Vatican II, à l'initiative du Cardinal Marty, alors archevêque de Paris, et du Père Pierre-Marie Delfieux, alors aumônier d’étudiants à la Sorbonne.

    Esprit et orientation religieuse

    Dans les grandes lignes : les moines et moniales sont citadins car les grandes villes sont un des phénomènes les plus marquants de l'époque contemporaine ; ils sont salariés, vivant de leur travail. Moines et moniales vivent en communion et symbiose avec l'Église locale, dans l'esprit du concile Vatican II et vivent sans clôture religieuse, mais se préservent néanmoins des temps et lieux de silence, recueillement et prière.

    Les Fraternités Monastiques retransmettent en direct, depuis plus de 10 ans et l'église Saint-Gervais-Saint-Protais * à Paris, leurs offices religieux et liturgies sur la chaîne de télévision KTO (du mardi au samedi : laudes du matin, office du milieu du jour- messe du samedi soir). Une association a été mise en place par les Fraternités pour la production et réalisation audiovisuelle : FMJweb. « Rien n’interdit au monde monastique de dire et de chanter sa foi en Dieu par le témoignage de sa vie et le partage de sa prière, notamment liturgique » (Père Pierre-Marie Delfieux)

    Les Fraternités ont été érigées en Instituts diocésains de Vie Religieuse le 31 mai 1996 par le cardinal Lustiger, archevêque de Paris.

    (Wikipédia)

    Dans la liste des congrégations catholiques

    Portail des Fraternités de Jérusalem

    * Le duo des Saints Saint Gervais et saint Protais est très populaire à l'époque de la fondation de cette église, et on compte de nombreuses fondations d'églises sous leur invocation au cours de cette période (aux alentours du XVIe siècle)

     

    Sœur Emmanuelle

    « En avant ! Yalla ! »

    1931 : Madeleine Cinquin (1908-2008) entre sans l'ordre Notre-Dame de Sion * où elle prend le nom de Sœur Emmanuelle (voir aussi une sélection d'articles de Croire) et devient professeur de lettres et de philosophie en Égypte, en Turquie et en Tunisie.

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    * Plusieurs communautés ainsi que de nombreux établissements scolaires portent actuellement le nom de « Notre-Dame de Sion » dans le monde (voir Ordres religieux)

    Mais à l'heure de sa retraite d'enseignante, alors que d'autres ne pensent qu'à se reposer, la fougueuse religieuse décide de se consacrer entièrement aux pauvres et s'établit au Caire avec les chiffonniers d'un bidonville.

    Elle s'attelle avec joie à sa vocation première : venir en aide aux plus pauvres des pauvres. Elle va réussir l'impossible en faisant construire des écoles, des maisons et des dispensaires, bientôt soutenue par des dons venus du monde entier.

     

    Le mot d'ordre de Sœur Emmanuelle : « En avant ! Yalla ! ». Ce cri de ralliement, qui signifie En avant, Allons-y ou Commençons, avait été emprunté par Sœur Emmanuelle aux dialectes arabes lors de son séjour au Caire. L'origine du mot yalla (ou yallah) c'est ô Dieu (ya Allah). Cela correspondait bien à son tempérament enthousiaste.

     

    Documentation

     

    • Stigmates - Stigmatisation (religion)

    On donne le nom de stigmates, dans le langage des mystiques, à ces marques et à ces douleurs caractéristiques de la Passion que certains d’entre eux auraient présentées ou ressenties sur ces mêmes parties du corps par lesquelles Jésus souffrit depuis sa condamnation jusqu’à sa mort. Il y aurait eu ainsi des stigmates correspondant au couronnement d’épines, à la flagellation, à la pesée de la croix sur l’épaule et au crucifiement. La plupart du temps, ces stigmates, invisibles au dehors, se seraient traduits seulement par des souffrances locales ; d’autres fois aussi, ils se seraient manifestés hors de la sensibilité par une modification visible et permanente du corps, et, si l’on en croit les historiens du mysticisme, ces stigmates merveilleux auraient été constatés à plusieurs reprises dans des conditions qui ne permettraient pas le doute...

    (La Stigmatisation chez les mystiques chrétiens)

    La plupart des personnes, hommes ou femmes, qui embrassaient la règle de saint François ou de saint Dominique, se proposaient pour modèles les patrons de leur ordre : les images de saint François [d'Assise] et de sainte Catherine [de Sienne] étaient sans cesse placées sous leurs yeux. Les regards fixés sur ces représentations pieuses, méditant la Passion du Sauveur et appelant de tous les élans de la prière la plus fervente le don des stigmates, ces mystiques furent quelquefois assez heureux pour déterminer le même mi­racle. Cette imitation du crucifiement allégorique du docteur d’Assise et de la sainte de Sienne est tellement évidente que chez la plupart on voit se reproduire les circonstances que la légende prêtait à la vision de ces deux personnages. La stigmatisation s’opérait chez eux absolument de la même façon qu’elle était représentée dans les images. [...]

    Outre les stigmates commémoratifs des souffrances de la Passion, plusieurs extatiques présentaient, sur d’autres parties du corps, des empreintes dans lesquelles l’imagination prétendait distinguer des figures symboliques de croix, des images du Sauveur. À la mort de [...] Jean de la Croix, on crut voir sur son propre corps [...] les figures du Sauveur, de la Vierge, des anges et des saints. Cette merveille fut proclamée à Rome le miracle des miracles. Cependant elle n’existait pas pour tout le monde, et beaucoup d’yeux tentèrent en vain de jouir de la vision. [...]

    Un religieux trappiste, qui est en même temps médecin, M. Debreyne, [auteur d'un] Essai sur la théologie morale dans ses rapports avec la physiologie et la médecine [écrivit] :

    Les physiologistes savent très bien qu’il est facile de faire contracter à l’économie animale certaines habitudes, soit nerveuses, soit hémorragiques. Un médecin célèbre a rendu une épilepsie périodique dans le but de la couper par le quinquina, et il a réussi. Qu’est-ce qui empêcherait d’en faire de même pour une plaie, en la rendant saignante à un jour ou à une heure fixe de .la journée ? Cela paraît très facile avec le temps nécessaire, surtout si, au moment où l’on veut que le sang paraisse, on exerce une compression circulaire au-dessus de la plaie par un lien ou simplement avec les mains pour arrêter le mouvement d’ascension du sang, et le forcer à refluer et à sortir par l’endroit qui offre le moins de résistance, c’est-à-dire par la plaie, par où d’ailleurs il a déjà l’habitude de sortir périodiquement. C’est ce que l’on voit pratiquer tous les jours par les chirurgiens pour la saignée ; s’ils n’appliquaient pas de ligature au-­dessus du pli du bras, le sang ne reviendrait pas par l’ouverture de la veine. Ainsi, il paraît très facile de produire mécaniquement cette exsudation sanguine périodique.

    (Essai sur la théologie morale)

    [...] La seule des mystiques extatiques chez laquelle on sente que, malgré le trouble fréquent des sens, l’esprit domine encore puissamment l’organisme est sainte Thérèse [d'Avila]. La supériorité naturelle de son intelligence l’a sauvée des plus graves aberrations où viennent se précipiter à l’envi presque tous les autres illuminés. Elle analyse avec finesse les phénomènes intimes qui se passent en elle, et dans ces visions bizarres, ces images étranges, qui s’offrent à elle, après une méditation trop prolongée, son bon sens lui fait comprendre que tout ne peut pas être divin. Elle s’aperçoit que ces dons prétendus de la grâce ne rendaient pas toujours meilleurs, et que l’amour de Dieu a aussi ses réductions d’orgueil et de vanité. Voilà pourquoi elle s’efforce d’établir des distinctions dans ce dédale de visions opposées qui assaillissent l’esprit du mystique de révélations contradictoires au sein de la conscience intime. Chaque extatique voit ce qu’il pense, ce qu’il croit, ce qu’il espère, et Dieu est ainsi rendu solidaire de tous les délires qui se produisent dans la vie contemplative d’une âme sans instruction et pleine d’ardeur. « J’en ai connu, dit sainte Thérèse dans le Château de l’âme (4e demeure, chap, III), dont l’esprit est si faible, qu’elles s’imaginent voir tout ce qu’elles pensent, et cet état est bien dangereux. »

    Les écrits de sainte Thérèse [d'Avila] sont certainement les plus intéressants à étudier pour connaître les diverses faces du mysticisme chrétien. Cette âme ardente maîtrise assez ce qu’on peut appeler sa passion religieuse pour s’observer, pour interroger ses sentiments secrets et descendre dans les profondeurs de son âme, en commerce avec Dieu, sans être prise pour cela de vertige. Sainte Thérèse est la métaphysicienne du mysticisme féminin et de l’illuminisme extatique. Dans ce monde de dévotion étroite qui l’entoure, elle conserve une supériorité d’intelligence que n’entame jamais le délire qui voudrait s’emparer d’elle. La raison, l’imagination et les sens se livrent en elle un combat terrible qui l’épuise, la mène aux portes du tombeau, mais n’altère jamais la vigueur de sa pensée.

    (Les mystiques extatiques et les stigmatisés)

    L’Église catholique ne saurait, sans manquer à sa propre philosophie du christianisme, contester aux mystiques ce caractère ennoblissant et sanctifiant de leurs douleurs, et c’est bien sur leurs souffrances imméritées et volontairement subies qu’elle fonde, comme eux, une partie de leurs mérites ; mais elle est loin d’avoir pour leurs stigmates le respect absolu auquel ils prétendent, et elle se montre en général assez méfiante, lorsqu’il s’agit de fonder une canonisation sur ces signes matériels d’élection.

    Elle n’ignore pas en effet que les stigmates de la couronne,  de la croix, des clous et de la lance se sont montrés depuis saint François chez bien des femmes qui ne se recommandaient pas nécessairement par la pureté de leur vie. Ignace de Loyola, consulté un jour au sujet d’une jeune stigmatisée, répondit que les marques qu’on lui décrivait pouvaient aussi bien être l’œuvre du diable que celle de Dieu (Vie d’Ignace de Loyola, liv. V, ch. 10, par le Père Ribadenayra) et l’abbé Migne a pu écrire en des termes différents, mais dans le même sens :

    La Charpy de Troyes était stigmatisée, la Bucaille de Valogne était stigmatisée, Marie Desvallée de Coutances était stigmatisée, et combien d’autres encore ! Nous en avons connu qui ne méritaient rien moins que le nom de saintes qui leur était attribué par un public railleur ou crédule.

    (IIe Encycl. Theol., t. XXV, p. 1066

    (La Stigmatisation chez les mystiques chrétiens, Op. cit.)

    La vérité sur la crucifixion de Jésus de Nazareth

    Sur l'enclouage des mains et des pieds (1) : selon le Dr Pierre Barbet, chirurgien, qui effectua une étude médico-légale de l'empreinte supposée être celle du Christ sur le suaire (2) de Turin.

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    Christ en croix dans la basilique d'Issoudun

    Au niveau des membres supérieurs, la localisation des clous se situe nettement à la hauteur des poignets.

    En effet,

    « sur le dos de la main droite, dont le poignet est caché par la gauche,  pas de trace de plaie, sur le poignet gauche, qui passe devant l'autre, on voit au contraire, une plaie des plus nettes ,et que l'on peut étudier en détail. »

    « La plaie dorsale de la main gauche, la seule visible sur le Linceul, n'est certainement pas au niveau du métacarpe, ce qui serait le cas si le clou avait été planté dans la paume. Ceci apparaît au premier coup d’œil pour un anatomiste. (...) La plaie en est loin d'au moins toute la hauteur du métacarpe. Elle n'est pas non plus sur l'avant-bras. »

    Ce qui permet de dire que l'enclouage n'a pas été fait, comme on le croyait avant cette étude, au niveau de la paume des mains, c'est-à-dire entre les os du métacarpe. En effet, les artistes du Moyen-âge et de la Renaissance situaient les clous dans les paumes des mains, à l'exception de Rubens (un tableau à Amsterdam) et Van Dyck avec quatre tableaux, à Anvers, Bruges, Bruxelles et Naples (Jésus en croix, Musée National de Naples) ; à noter également une position anatomique correcte sur un crucifix en ivoire du XVIIIe siècle.

    Au niveau des pieds, à l'étude on constate que le pied droit ne pouvait que reposer sur le bois. Ce mode de croisement, pied gauche sur pied droit, est également contraire aux habitudes des artistes, qui font généralement l'inverse. (3)

    ____________________

    (1) « Jésus a été pendu à trois clous, un dans chaque avant-bras — et non dans la paume de la main, comme le répètent les peintres — et un plus long à travers les talons joints. » (Cf. Histoire du christianisme Tome I, p. 51, Éditions Desclée, 2000)

    (2) « Le corps a été séparé du Linceul de façon incompréhensible, sans traces ni arrachements des caillots. Certains pollens retrouvés sur le Linceul ne se trouveraient qu'en un seul endroit du monde, sur les bords de la mer Morte. » Le Zygophyllum dumosum ne pousserait qu'en Israël en particulier, en Syrie, Jordanie et Égypte. (Cf. Le saint suaire revisité Jean Lévêque et René Pugeat, p. 88, Éditions du Jubilé, 2003)

    (3) Cf. La Passion de Jésus-Christ selon le chirurgien Pierre Barbet, Éd. Paulines, 1977

    [...]

    Laissons Thérèse [de Lisieux] conclure elle-même avec ses mots :

    Je vois ce que j'ai cru. Je suis unie à Celui que j'ai aimé de toute ma puissance d'aimer.

    (Thérèse de Lisieux, Œuvres complètes, LT 245, Éditions du Cerf, 1992)

    Et, en parlant des sœurs novices dont elle avait la charge, dans son autobiographie demandée par la Supérieure du Carmel :

    Je suis un petit pinceau que Jésus a choisi pour peindre son image dans les âmes que vous m'avez confiées.

    (Ibid, Manuscrit C, 20 v)

    (La vérité sur la crucifixion de Jésus de Nazareth)

     

    • Contemplation

    La contemplation (theôria en grec est un déverbal de theôrô : je regarde, je contemple) est une application de l'esprit à voir et observer certaines réalités. Le terme a un sens particulier dans la religion et dans l'art. L'état contemplatif offrant dans le premier cas à l'âme une proximité avec Dieu et dans le second avec la nature.

    (Wikipédia)

    Aux yeux de certains catholiques, même fort dévots, la vie contemplative passe pour un raffinement de la vie spirituelle, voire pour une tendance de mysticisme outré. On assimile d’emblée la contemplation aux phénomènes extraordinaires de révélations et de visions extatiques et, féru de cette arbitraire identification, on s’en va raillant la prétention de ceux qui, dans leurs rapports avec Dieu, veulent aller au delà de l’observance matérielle de sa Loi et se soucier d’une intimité plus grande avec Celui qui est Père et Ami en même temps que Législateur et justicier.

    Il y a des mots, mal définis, qui trompent, sur leur essentielle signification, ceux même qui les emploient dans leur discours. Ainsi en est-il de la contemplation. Beaucoup voient en elle un hors-d’œuvre et pourtant ne laissent pas, personnellement, d’en user.

    Déjà, dans l’ordre naturel, on ne peut s’abstenir, quoi qu’on en veuille, d’être un contemplatif...

    (Salve Regina)

     

    L'équivalent de la notion de contemplation dans le Yoga hindou serait le samâdhi. Le samâdhi est la contemplation profonde. Mircea Eliade traduit par "enstase", pour opposer à l'extase, où l'âme sort, va à extérieur. Le mot samâdhi, dans le Râja-Yoga (voir aussi Kuṇḍalinī-Yoga), celui des Yoga Sūtra de Patañjali (IIe siècle av. J.-C. ?) signifie : état d'union avec le Dieu personnel ou d'absorption dans l'Absolu. Le samâdhi est le huitième, l'ultime des "huit membres" (ashtânga-yoga) du yoga classique (Kriyâ-Yoga, Râja-Yoga, Hatha-Yoga, voir YOGAS).

    (Wikipédia, op. cit.)

    « Le Yoga de Patanjali [Raja yoga] est destiné à des contemplatifs, des gens qui consacrent intégralement leur vie à la pratique du yoga. Ayant opéré un certain détachement, c’est-à-dire n’ayant plus aucun souci quant à leur existence matérielle et aucune implication dans la vie sociale, ils se sont dégagés de tous les liens, les devoirs et les obligations. C’est la voie contemplative et ce n’est pas possible pour tout le monde. » 

    (Tara Michael)

    Voir quelques articles de Yantra

     

     

    Alors que le but de la méditation est de transcender le mental pour découvrir sérénité et objectivité, le but de la contemplation est de solliciter le mental pour interpréter nos expérience depuis l'espace d'objectivité découvert dans la méditation.

    [...]

    L'obstacle majeur à une contemplation réussie et évolutive est de présumer que l'on sait déjà car "déjà savoir" est la position de l’ego et cela crée une barrière à la découverte de ce qui est plus profond et plus élevé. C'est pourquoi, dans un monde complexe où l'action juste est souvent difficile à discerner et à choisir, la contemplation ne peut être dissociée de l'espace, libre de l'ego, auquel nous donne accès la méditation.

    (Integral Vision - Méthodes intégrales >>> Méditation-Contemplation)

    Mise à jour, voir : Contemplation

     

     

     

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