• Bâillements

    « (…) Notre corps nous est difficile en ce sens que, dès qu’il ne reçoit pas d’ordres, il prend le commandement ; mais en revanche il est ainsi fait qu’il ne peut être disposé de deux manières en même temps ; il faut qu’une main soit ouverte ou fermée. Si vous ouvrez la main, vous laissez échapper toutes les pensées irritantes que vous teniez dans votre poing fermé. Et si vous haussez seulement les épaules, il faut que les soucis s’envolent, que vous serriez dans la cage thoracique. C’est de la même manière que vous ne pouvez à la fois avaler et tousser, et c’est ainsi que j’explique la vertu des pastilles.
    Pareillement vous vous guérirez du hoquet si vous arrivez à bâiller.
    Mais comment bâiller ?

    Bâillements  

    On y arrive très bien en mimant d’abord la chose, par étirements et bâillements simulés ; l’animal caché, le même qui vous donne le hoquet sans votre permission, sera mis ainsi dans la position de bâiller, et il bâillera. Puissant remède contre le hoquet, contre la toux et contre le souci. Mais où est le médecin qui ordonnera de bâiller tous les quarts d’heure ? »

    Alain, Propos sur le Bonheur, XVII – Gymnastique

     

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    Pendant les sessions de Yoga, j'entends souvent d'autres « bruits » que celui d'Ujjayi ou de mantras... Curieusement, au lieu de m'agacer, ces bâillements - car voici les responsables ! - me détendent, même si personnellement je bâille peu en cours. Il y a des spécialistes du bâillement ! Comme si celui-ci faisait partie intégrante des postures. Mais tout d'abord, voyons ce qu'est un « bâillement ».

    Introduction au bâillement

    d'après un article de [Passeport-santé]

    P Bâillements et Yoga

    Le lion bâille

     

    Le bâillement est un réflexe qui existe non seulement chez l’être humain, mais aussi chez tous les vertébrés.

    C’est un comportement bien connu et fréquent : un homme bâillerait en moyenne 250 000 fois au cours de sa vie (soit entre 5 et 10 fois par jour)

    Nous bâillons bien plus tôt que nous pourrions le croire puisque le fœtus le fait dès la 12e semaine de grossesse.

    Jusqu’au siècle dernier, on pensait que bâiller permettait l’oxygénation du cerveau, mais cette théorie a par la suite été écartée.

    • En fait, le bâillement serait déclenché par une augmentation de la température du cerveau [1], qui se produit souvent lorsque nous sommes fatigués, que nous nous ennuyons, qu’il fait chaud ou que nous sommes malades.
    • Bâiller a un effet thermorégulateur qui nous permet de retrouver de la vigilance.
    • Quand nous bâillons, nous faisons de l’apnée, certes une seconde à peine, et nous ne nous en rendons pas toujours compte. Cela correspond à l’instant entre l’inspiration et l’expiration, pendant lequel nous entendons d'ailleurs moins bien.

    ____________________

    [1] Gallup A. C., Gallup G. G., Jr. (2007). Yawning as a brain cooling mechanism: nasal breathing and forehead cooling diminish the incidence of contagious yawning. Evol. Psychol. 5, 92–101

    ____________________

    Concrètement, le fait de bâiller augmente le flux du sang artériel et permet un flux de sang plus frais au cerveau.

    Chez certaines espèces animales, le mâle dominant bâille plusieurs fois bruyamment avant de s’accoupler. Chez les macaques, on s’est aperçu que le mâle bâillait beaucoup avant et après un rapport sexuel ; castrés, ils ne bâillent presque plus.

    Chez l’humain, des études ont montré que des bâillements accompagnés d’étirements sont une expression de désir sexuel pour la femme, sans qu'on ait encore expliqué le lien qui existerait entre bâillement et sexualité.

    Curiosité, la girafe, qui dort très peu et de manière très sporadique, serait le seul vertébré terrestre à ne pas bâiller.

    Un bon bâilleur en fait bâiller sept

    Nous l'avons tous déjà expérimenté, lorsque quelqu’un bâille, nous bâillons. Bâillez-vous peut-être en lisant cet article ?!

    Le mimétisme du bâillement est propre aux primates même quand ils sont aveugles : quand un aveugle est face à une personne qui bâille, il bâille à son tour !

    Pour certains chercheurs, il s’agit donc d’empathie, la capacité à éprouver ce que ressent un autre individu, outre l’aspect visuel. Il a d’ailleurs été démontré qu’un de nos proches est plus susceptible de nous faire bâiller qu’un inconnu [2].

    En effet, si notre cerveau se réchauffe et que nous perdons en vigilance, peut-être que cela concerne aussi les personnes autour de nous. Bâiller, et par là faire bâiller, permet de dire au groupe de rester vigilant [3].

    ____________________

    [2] Norscia I, Palagi E, Yawn contagion and empathy in Homo sapiens. PLoS One. 2011; 6(12):e28472

    [3] Gallup A. C., Gallup G. G., Jr. (2007). Yawning as a brain cooling mechanism: nasal breathing and forehead cooling diminish the incidence of contagious yawning. Evol. Psychol. 5, 92–101

    ____________________

    Il pourrait également s’agir d’un signal alertant qu’il est temps de dormir ou de manger, donc de synchroniser les activités du groupe.

    À savoir : ce mimétisme est propre aux primates. Les autres vertébrés bâillent, mais ne font pas bâiller les autres.

    Bâillements

    Les bébés bâillent beaucoup...

     

    Selon une étude menée par des chercheurs de la Duke University et publiée dans la revue PLoS ONE [4], nous serions moins sensibles au bâillement communicatif en prenant de l’âge.

    ____________________

    [4] Alex J. Bartholomew, Elizabeth T. Cirulli, Individual Variation in Contagious Yawning Susceptibility Is Highly Stable and Largely Unexplained by Empathy or Other Known Factors, PLoS ONE, Mars 2014.

    ____________________

    Ainsi, les moins de 25 ans sont plus réceptifs que les 26-50 ans, eux-mêmes plus réceptifs que les plus de 50 ans.

    • Si on ne sait pas vraiment pourquoi, cette étude suggère que la contagion du bâillement n’est donc pas seulement liée à l’empathie.

     

    Bâiller est bon pour la santé

    Généralement mal vu en public, bâiller aide pourtant notre corps à se relaxer.

    • Il est d'ailleurs recommandé de provoquer des bâillements au cours de la journée, à chaque fois que nous nous sentons trop stressés ou fatigués.
    • Une méthode qui n’a pas son pareil pour nous détendre et libérer les tensions.

    Le bâillement peut être un tic

    Bâiller fait donc du bien, qui libère des hormones créant une sensation de bien-être, voire de plaisir. À tel point que certaines personnes en deviennent accros et développent un véritable tic du bâillement.

     

    Ainsi, lorsque nous bâillons, nous nous détendons, mais aussi, comme je l'ai dit en intro, le fait d'entendre d'autres bâiller agit pareillement. La contagion du bâillement est visuelle mais aussi auditive ! Pourquoi ne pas l'introduire dans notre pratique de yoga ? C'est ce que nous allons aborder sans attendre...

    Le Grand Bâillement

    texte et croquis de [Espace mieux-être]

    Bénéfices

    « La plupart des personnes qui suivent mes * cours de yoga ont tendance à bâiller au bout de 20 minutes, une fois passée la période d'échauffement et de défoulement. Parfois l'élève est même gênée par ces bâillements intempestifs qui coupent toute concentration !!!

    Et pourtant… si l'on savait combien le bâillement est naturel et sain, combien il détend le plexus solaire, en rééquilibrant le système nerveux autonome, en activant le système hormonal, et le système immunitaire ! nous sommes bien loin de dire que c'est un signe d'ennui, ou d'envie de dormir.

    Par exemple, mon chien Temis, se réveille le matin, fait son petit salut au soleil, puis émet deux ou trois bâillements appuyés, après quoi il remue la queue de contentement en me regardant d'un œil alerte : « Alors on va promener ou on mange ? »

    Il s'agit d'un exercice fondamental entre les postures, et dans la journée, à pratiquer dès que le besoin se fait sentir de couper avec l'activité, parce que la concentration n'est plus suffisante, parce que le corps vous rappelle à l'ordre (tensions dans le dos, la nuque…) »

    * Tara Lepage-Goetelen

    Pratiquer le Grand Bâillement

    « À partir de la position allongée lombaires au sol (petit pois écrasé !), pieds légèrement écartés

    1. Bras allongés dans la direction des genoux, expirez les mains dos à dos et pressant fortement l'une contre l'autre, soulevez la tête en avant, creusez la poitrine, et efforcez-vous d'atteindre le creux de l'estomac avec le menton. Lorsque plus une goutte d'air ne sort, demeurez un moment vide.

    P Bâillements et Yoga

    2. Durant ce temps il parviendra aux poumons une nouvelle quantité de gaz, expirable par un dernier effort d'expulsion.

    3. Retournez alors vous allonger bras au ciel. Et l'inspiration se fera toute seule. Retenez l'air une ou deux secondes,

    4. Puis ramenez les bras le long du corps pour laisser les poumons se vider d'eux-mêmes. Si un bâillement naissant a du mal à se produire, remuez la mâchoire de côté et d'autre.

    Ce « Grand Bâillement » devrait toujours précéder le travail, l'étude, le repas, le sommeil, toute activité en bref… Bonne pratique ! »

     

     

    Bâiller, c'est ouvrir la bouche... Voici des utilisations surprenantes où le bâillement se fait outil, volontaire et en « pleine conscience » *, soit en ouvrant largement la bouche dans un but précis.

    * Voir Comment pratiquer la pleine conscience ?

    Bâiller au soleil

    • Si vous pratiquez votre yoga dehors ou devant la fenêtre ouverte le matin, profitez, quand vous avez terminé votre série, d'ouvrir grand la bouche en direction du soleil et de laisser ses rayons inonder vos palais, intérieur des joues, langue, gencives... jusqu'au fond de la gorge.
    • Vous pouvez aussi profiter d'une promenade pour « bâiller au soleil ».
    • Le soleil se charge d'assainir et de vivifier cette partie de votre anatomie fermée le reste du temps, pour peu que vous restiez jusqu'à ½ minute.
    • Évitez toutefois de forcer l'ouverture de vos mâchoires, pensez à respirer par le nez et fermez les yeux ! Sinon douleur aux maxillaires, grosse soif et maux d'yeux assurés !!!

     

    L'objectif de l'ensoleillement n'est pas de bronzer au maximum mais de laisser pénétrer les rayons du soleil dans le corps - pour régénérer le sang, les os... - et le fond de la gorge :

    • Prenez une bonne inspiration puis bloquez le souffle tandis que vous levez la tête et ouvrez la bouche en grand pour laisser entrer le plus possible les rayons du soleil.
    • Dès que l'expiration se fait sentir, replacez la tête droite, fermez la bouche et expirez.
    • Vous pouvez recommencer 3-4 fois l'exercice.
    • Faites attention à ne pas trop forcer sur l'ouverture de la bouche au risque de vous décrocher les mâchoires !
    • Cette pratique purifie les muqueuses de la bouche grâce à l'action des rayons du soleil.

    Voir Les 4 éléments : le Soleil

     

     

    Si vous voulez aller plus loin dans l'art du bâillement en yoga, voici un extrait très détaillé.

    Sur le bâillement en yoga

    [baillement.com]

    Présentation de l'auteur

    Nicole Bourgne est médecin et enseignante de yoga. Docteur en médecine en 1986, elle débute une carrière hospitalière puis exerce depuis 1990 en service interentreprises de santé au travail. 

    Initiée au yoga en 1970 par Patrick Tomatis, elle pratique régulièrement depuis 1997 avec Martine Mangold et termine en 2006 sa formation d'enseignante à l’École Alsacienne de Yoga de Strasbourg, dirigée par Colette Feuerstein.

    Affiliée à la Fédération Nationale des Enseignants de Yoga (FNEY)*, rattachée à l'Union Européenne de Yoga (UEY), elle commence à transmettre le yoga, selon l'enseignement de Nil Hahoutoff, en 2005.

    Le monde du Yoga, site de référence du yoga en France : www.lemondeduyoga.org
    École Alsacienne de Yoga : www.eayoga.org

    ____________________

    « Le bâillement une forme de yoga spontané ? (2006)

    Le yoga, de la racine sanscrite yuj, signifiant "unir en mettant sous le joug", est d'abord la discipline unifiant en l'homme les dualités, lui permettant ainsi de participer à la vie divine

    écrit Ysé Tardan-Masquelier, présidente de la FNEY (Le yoga, Encyclopédie des phénomènes spirituels, Plon/Mame, Paris 1995). 

    Alors que le yoga indien constitue, au sens propre du terme, une philosophie, une réalisation de la sagesse, en raison de son rapport direct et simple aux conceptions métaphysiques de la culture dans laquelle il est né. Le yoga occidental serait plutôt

    une démarche globale et expérimentale qui s'appuie sur un ensemble de techniques spécifiques et qui se réfère à la tradition de l'Inde. Il tend, par une prise de conscience progressive, à l'harmonisation des facultés corporelles, affectives, mentales et spirituelles de l'être humain.

    En résumé, les pratiquants du yoga recherchent une détente physique et psychique. 

    Pourquoi bâiller répond-il à cette aspiration ? 

    L'attention que l'on peut apporter à son propre bâillement permet de ressentir l'ample ouverture de bouche accompagnant la profonde inspiration, l'extension de la nuque faisant percevoir la mobilité vertébrale, comme un "décrassement articulaire". À l'acmé du bâillement, un bref moment de déconnexion du monde environnant a lieu et, à la phase suivante de récupération, se produit un sentiment de relâchement, de bien-être, comme si on avait écouté son corps avec plaisir. Ce bâillement "abouti" donne une impression d'aiguisement de la sensorialité et de la vigilance en même temps qu'une grande détente et un apaisement intérieur, ce que l'on recherche précisément dans la pratique du yoga. 

    L'inspiration puraka, véritable sur-inspiration active, d'abord abdominale puis thoracique, suivie d'une apnée à thorax plein, antar khumbaka, puis d'une expiration rechaka et enfin d'une apnée poumons vides, bahir khumbaka, correspondent aux temps ventilatoires du bâillement mais également à ceux d'un prânayâma, terme regroupant des techniques de contrôle respiratoire enseignées en yoga. La répétition de cette ventilation volontaire consciente et contrôlée suffit à déclencher un vrai bâillement involontaire comme l'avait déjà signalé R. Trautmann dans sa thèse en 1901

    Au cours d'une séance de yoga, les bâillements s'expriment spontanément, en rythmant le travail postural et respiratoire. Le maintien de postures toniques ou dynamiques inhibe le déclenchement des bâillements qui explosent ensuite lors des amples ventilations de décontraction qui les suivent. À noter aussi que certaines pratiques semblent favoriser la survenue de bâillements, soit pendant, pour la posture du « mourant » [cadavre] (shavâsana), soit juste après : il s'agit surtout de « l'éveil » (buddhi mudra prânayâma) [1], de la « chandelle » (sharvângâsana), du « repos en soi » (karnapîdâsana) [2], de « la charrue » (halâsana) ou le « fœtus lié » (baddha shira hasta supta garbhâsana) [3].

    ____________________

    [1] Cet exercice respiratoire proposé en début de séance permet d’ouvrir la région haute de la cage thoracique afin d’activer plus fortement la respiration claviculaire.

    • Il consiste à effectuer plusieurs mouvements de traction du genou sur le buste afin de contraindre la région abdominale pour faire monter l’air plus haut.
    • Ces respirations permettent d’ouvrir la région haute des poumons très peu utilisée dans les respirations quotidiennes et d’agir sur la conscience profonde (buddhi).

    Nirodha Yoga

    [2] ou posture fermée, posture de la douleur des oreilles ou « oreilles pressées » (variante de la charrue)

      Avec les genoux appliqués aux épaules, cette posture n’est réalisable que par les pratiquants qui sont morphologiquement constitués pour la réussir.
    • Prenez la posture de la Charrue Halâsana.
    • Fléchissez les genoux : placez le genou droit à côte de l’oreille droite et le genou gauche à côté de l’oreille gauche.
    • Les genoux doivent toucher le sol, pressés contres les oreilles.
    • Placez les mains dans le dos, doigts vers le haut ou tendez les bras (plus difficile) à l’arrière (doigts entrelacés ou pas)
    • Maintenez cette position autant que possible (30-60 secondes).
    • Respirez profondément.

     

    [3] La « posture du fœtus » garbhâsana est une posture de l'Enfant, bras repliés près de la tête, et posture de détente. baddha (lié) - shira(s) (tête) - hasta (main) - supta (immobile, sommeil). Voir L'enfant.

    Au cours d'une séance vous entendrez : on respire en vous !... C'est là une invitation à vous rendre parfaitement réceptif. Dans l’attitude du Fœtus, cette injonction prend son entière signification.

    Votre humilité est grande et vos besoins sont nuls. C'est la Mère, toujours présente qui respire en vous.

    Puissiez-vous le ressentir et vous en souvenir à tout jamais...

    Joseph Devondel (Yoga chapitre : Yoga pour les pratiquants du troisième âge)

    ____________________

    Bâillements

    Le chat pandicule

      Une pratique de relaxation comme Yoga-nidrâ * est également l'occasion de bâillements impérieux s'accompagnant généralement d'étirements des membres et du tronc, réalisant alors une pandiculation.

    ____________________

    * Nidrâ signifie « sommeil » ⇒ Yoga-nidrâ = « Yoga du sommeil ». Voir la FP Kurmâsana : la position de la Tortue

    ____________________

    Une enquête, réalisée auprès d'adhérents d'une association de yogi, révèle que, si 73% disent bâiller dans la vie habituelle, 93 % bâillent très souvent pendant une séance de yoga ; pour 75%, le yoga a modifié leur façon de ressentir leurs bâillements : lâcher-prise, détente, intériorisation, bien-être, vitalité sont les plus fréquemment cités. La réticence ou la gêne de bâiller au sein d'un groupe s'amenuise au fil des séances, et les bâillements deviennent libres et complets, sans être masqués par la main. 

    La conscience très fine portée au bâillement pendant une pratique de yoga, alliée à la connaissance des textes fondateurs du yoga, permet aux yogi d'appréhender une dimension plus subtile du bâillement. Cette approche suggère un lien probable entre le bâillement et le prâna (souffle et énergie vitale), dont une relation particulièrement avec le centre énergétique de la gorge ou vishuddi cakra [Vishuddha]. 

    Par ailleurs, cet éclairage ésotérique, propose que le bâillement abouti, vécu en pleine conscience, puisse permettre d'expérimenter, même de façon très furtive, les huit étapes constitutives de l'asthanga yoga de Patañjali [1] dont les 7 premières sont yâma et nyâma qui posent l'éthique de vie, âsana ou pratiques posturales, prânayâma [2] ou art du souffle, pratyahâra, qui procède du retrait des sens ou intériorisation, dhârana » ou concentration, dhyâna ou méditation, et être ainsi une porte vers l'étape ultime, samâdhi ou enstase, qui réalise l'état d'unité, accomplissement du râja yoga

    ____________________

    [1] Voir Les Yoga sūtras de Patañjali

    [2] Voir À propos de "Souffle" - Svara

    ____________________

    Ainsi, bâiller survient de façon privilégiée au cours de la pratique du yoga, qu'il rythme et soutient. Réciproquement, la pratique du yoga développe l'aptitude, enfin retrouvée, à bâiller librement et complètement. Elle facilite la conscience du bâillement ainsi que celle de ses effets tangibles et subtils. Une spirale de renforcement conscience / effets s'installe puis se déploie, de la périphérie vers le centre, pour permettre une évolution, une transformation de la personne. 

    Par ailleurs, bâiller, comportement régulateur de l'éveil/sommeil, de la faim/satiété, du désir/satisfaction (Walusinski) apparaît, à première vue, comme duel car survient, de façon paradoxale, en chacune de ces circonstances opposées. Au-delà de ce paradoxe de façade, parce qu'il permet la transition entre chacun de ces états, bâiller se révèle être l'union des paires d'opposés… 

    C'est pourquoi, bâiller peut se concevoir comme une forme spontanée de yoga ; non pas un autre yoga « quelconque » qui répondrait à une tentative de créer un effet de mode comme malheureusement il s'en développe régulièrement… Non, bâiller en conscience est simplement yoga par essence, dont il est lui-même le guru… 

    Le bâillement qui est un guide très sûr, est en même temps un guru qui donne une initiation très spéciale : celle de ne plus résister aux forces de la Nature, aux Forces créatrices, à l’Énergie créatrice qui, alors, entre à plein flots et revivifie tout l'être

    comme l'écrivait Noëlle Perez-Christiaens (Une thérapie naturelle : le bâillement, Chiron, Paris 1980) »


    Vous avez dû ressentir, quand vous bâillez, un léger bruit grondant au niveau de vos oreilles. Ce qui n'est pas sans rappeler ces manœuvres salutaires qui ré-équilibrent la pression entre oreille externe/moyenne. Éloignons-nous donc des bâillements pour les évoquer.

    Manœuvres d'équilibrage

    La manœuvre de Valsalva, du nom de son inventeur Antonio Maria Valsalva, est une manœuvre permettant d'équilibrer la pression entre l'oreille externe et l'oreille moyenne, par exemple lors d'une plongée sous-marine, un voyage en avion ou en TGV.

    Bâillements

    Elle est décrite pour la première fois dans De aure humana de Antonio Maria Valsalva, publié en 1704.

    Initialement, cette technique est utilisée pour évacuer du pus, chez certains patients, après avoir percé le tympan par paracentèse.

    Cette manœuvre consiste à rétablir de force l'équilibre entre la pression extérieure (pression de l'eau par exemple dans le cas d'un plongeur) et la pression intérieure de l'oreille moyenne en insufflant de l'air par le biais des trompes d'Eustache.

    • Elle est relativement traumatisante pour les tissus et notamment les tympans.

    Il est donc recommandé d'éviter de l'effectuer de manière trop fréquente ou trop violente, surtout si on ne la maîtrise pas correctement.

    • À noter que l'on risque un barotraumatisme important de l'oreille si l'on pratique la manœuvre de Valsalva pendant la remontée en plongée – il faudrait faire une manœuvre inverse, comme...

     

    La manœuvre de Toynbee

    • Se pincer le nez et, mâchoire fermée, effectuer un mouvement de déglutition tout en essayant d'inspirer par le nez afin de créer une dépression qui va attirer l'air au travers des trompes d'Eustache *.

    ____________________

    * Examen clinique de la fonction tubaire. « Il existe deux tests ou manœuvres pour examiner cliniquement la fonction d’équilibrage de pression de la trompe d’Eustache : la manœuvre de Valsalva et la manœuvre de Toynbee. La première se pratique en pinçant le nez et en poussant l’air dans l’arrière-gorge et l’arrière-nez, la bouche étant fermée. Cette manœuvre va pousser l’air dans la trompe d’Eustache pour faire bouger et bomber le tympan vers l’extérieur. Ce mouvement du tympan vers l’extérieur est observable facilement par otoscopie. Si le test est positif, cela veut dire que l’air passe par la trompe et que celle-ci est perméable. Cette manœuvre est active et non physiologique car elle force l’ouverture de la trompe. La manœuvre de Toynbee se pratique aussi le nez pincé. Elle consiste à avaler de la salive la bouche fermée. Cette fois-ci, l’air de la trompe d’Eustache et de l’oreille moyenne est aspiré dans l’arrière-nez, provoquant un mouvement du tympan vers l’intérieur, facilement observable par otoscopie. C’est une manœuvre plutôt passive qui se produit aussi durant la déglutition, mais de manière moins marquée. [...] »

    Dr Albert Mudry – Site Otologie

    ____________________

    • De plus, la légère surpression pulmonaire exercée avec cette méthode d'équilibrage peut, chez certains plongeurs, provoquer une ouverture du foramen ovale perméable.

    Ceci a pour conséquence que du sang encore saturé en azote retourne directement dans le système sanguin et augmente le risque d'accident de décompression.

     

    Méthode de Valsalva

    • Prendre sa respiration, se boucher le nez, fermer la bouche et faire monter la pression pulmonaire jusqu'à ce que les trompes d'Eustache s'ouvrent et que les tympans se rééquilibrent, produisant un petit claquement dans les oreilles.
    • L'idéal est de ne pas se pincer le nez (création d'une pression supplémentaire), mais d'appliquer la pulpe de l'index sur une narine et la pulpe du pouce sur l'autre.
    • Pendant la manœuvre, on peut faciliter l'ouverture des trompes d'Eustache en déglutissant (avalant sa salive) ou en mimant une déglutition.

    Cette méthode doit être utilisée de manière douce afin d'éviter les risques de coups de pistons qui seraient traumatisants pour l'oreille.

     

    Une variante de Valsalva

    • Moins traumatisante, elle consiste à effectuer un Valsalva avec un nez non pincé.
    • L’expiration nasale d’un coup sec vient alors non pas buter sur le vestibule narinaire mais au niveau de la chambre du masque de plongée qui recouvre le nez.

    Elle n’apporte pas les dangers du Valsalva et est facile à renouveler de nombreuses fois de façon itérative et douce. Cette technique a l’avantage de ne pas nécessiter la pince des doigts, ce qui est utile quand les mains sont occupées (comme pour les moniteurs, les photographes, certains scaphandriers), et cette manœuvre n’entraîne pas d’hyperpression thoracique, et réduit notablement les risques d’hyperpression tubo-tympanique. [...]

    GASM Toulouse (Groupe d'Activités Sous-Marine chasse sous-marine et apnée)

     

    Autres manœuvres

     

    ____________________

    Quelques docs où l'on bâille...

     

     

     

    Remontez

     

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  • Commentaires

    1
    Mardi 31 Janvier 2017 à 07:57
    Merci pour ce recueil de textes très intéressant et instructif. Oui, favoriser le baillement dans la vie et au cours de la pratique du yoga.... très efficace et maintenant je sais "scientifiquement" pourquoi. Merci ! Véronique
      • Mardi 31 Janvier 2017 à 11:33

        Merci à vous, Véronique de Yogabhaga ! wink2

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